Dossier de presse
Gavroche, n°163, juillet-septembre 2010 Témoin du sort des ouvriers soviétiques Publié pour la première fois en 1949 avec une présentation de Gabriel Marcel, ce récit relate l'arrestation à Bucarest, la déportation en URSS et la vie quotidienne dans le Donbass de son auteur.Celui-ci, de son vrai nom Rainer Biemel (1910-1987), était né à Brasov, en Roumanie. À partir de 1926, il fit ses études en France, au lycée de Toulouse, puis à la Sorbonne à Paris, avant de devenir journaliste et traducteur de Bernard Brentano, Ernst Gläser, Thomas Mann et Ignazio Silone. Réfugié en zone sud après la débâcle de juin 1940, il décida de revenir en Roumaine l'année suivante après avoir appris que son appartement parisien avait été perquisitionné par la Gestapo. En janvier 1945, il fut arrêté avec les quelques 60 000 Roumains de la minorité allemande et déporté en URSS durant une année. En une succession de chapitres courts et efficaces, on suit les différentes étapes, péripéties et rencontres de son année de déportation et le récit ne vaut pas que pour ses qualités littéraires, indéniables, mais aussi pour son témoignage rare. […] Charles Jacquier
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Le Matricule des anges, n°115, juillet-août 2010 D.H. Lawrence : Beauté des profondeurs Grand connaisseur de l'Italie, D.H. Lawrence (1885-1930) s'est passionné pour la civilisation étrusque où la vie s'épanouissait selon lui en harmonie avec la nature. Élégamment présentés, ses Croquis étrusques, œuvre restée inachevée, voient enfin le jour. […] L’Amant de Lady Chatterley, roman publié en 1928, est resté célèbre pour avoir suscité les foudres de la censure – il paraîtra d’abord en Italie, à compte d’auteur puis connaîtra une aventure éditoriale chaotique. Il constitue le dernier jalon d’une production littéraire foisonnante, constituée de nombreuses nouvelles, de romans, de recueils de poèmes, d’essais sur la psychanalyse, de récits de voyage. C’est à ce dernier genre qu’appartiennent ces Croquis étrusques. […] C’est bien en poète que Lawrence va s’imprégner des oeuvres d’art étrusque qu’il découvrira au cours du périple en Italie centrale (Latium, Ombrie, Toscane) qu’il effectuera en compagnie d’un ami, Earl Brewster, au printemps 1927, sur les traces de cette civilisation restée largement méconnue et mystérieuse et qui, depuis plusieurs années, exerce sur lui une grande fascination. […] Un petit livre d’art, qui porte aussi la méditation d’un écrivain sur la nature profonde et intemporelle de l’homme à partir des vestiges d’une civilisation disparue depuis plus de deux mille ans. Les tombes peintes de Tarquinia constituent la part la plus fascinante de ce voyage, qui repose avant tout sur le travail d’un regard. […] Jean Laurenti
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Poezibao, 2 juillet 2010 Anthologie permanente : Jean-Luc Sarré On les appelait langostas, […]
Extrait de Jean-Luc Sarré, Autoportrait au père absent.
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Terres de femmes, 29 juin 2010 Virginia Woolf / Sombrer dans le bleu Dans une lettre du 30 avril 1926, Virginia Woolf écrit : « Hier j'ai fini la première partie de La Promenade au phare et j'ai commencé la seconde aujourd'hui. Je n'arrive pas à ce que je veux. J'en suis au passage le plus difficile, le plus abstrait. Je dois exprimer une maison vide ; pas de personnages humains, le passage du temps, tout cela sans yeux, sans traits, et rien à quoi se raccroche ; eh bien je m'y précipite et tout aussitôt je noircis deux pages. » […] Achevé en mai 1926 et considéré par l'auteur de La Promenade au phare comme une nouvelle à part entière, le récit en neuf chapitres du Temps passe a été traduit pour la première fois en français par Charles Mauron, et publié dans le Cahier X daté « Hiver 1926 » de la revue Commerce (revue littéraire fondée en 1924 par la Princesse di Bassiano). Livre sur le vide, vacuité de l'espace et vacuité du temps, uniquement occupé du mouvement envahissant de la vague, Le temps passe s'ouvre sur les pages visionnaires du retour au chaos initial. Une chape d'obscurité tombe en cataracte sur le monde, l'envahit, le pénètre, s'insinue, s'infiltre par les moindres interstices, engloutit formes et objets, se focalise au cœur des choses. De cosmique, l'univers se miniaturise. Le tourbillon cataclysmique plonge, par resserrement de focale, de l'infiniment grand à l'infiniment petit, de l'extérieur vers l'intérieur, balayant tout sur son passage. […] Angèle Paoli
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Le Soir, 25 juin 2010 Virginia Woolf a aussi été un chien Hiver 1933. Virginia Woolf est fatiguée d'avoir écrit Les Vagues. Lisant les lettres d'amour qu'échangent la poétesse Elizabeth Barrett et Robert Browning, elle e l'idée d'écrire la biographie de leur chien. […] Publiée en 1933 et traduite en français en 1935, cette originale biographie d'un épagneul, tout en sensations, fut très appréciée à sa sortie mais tomba dans l'oubli. C'est un bonheur que les jeunes éditions Le Bruit du temps nous la redonnent, dans une formule soignée de surcroît. Car ce petit chef-d'œuvre dépasse naturellement le cadre de la vie du chien, même habité par Virginia Woolf. C'est aussi la figure de la femme en général […] et celle de la femme écrivain en particulier. Sans oublier l'amour. Flush est une petite merveille !
Lucie Cauwe
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Lilly et ses livres, 13 juin 2010 Flush : une biographie, Virginia Woolf Cela faisait longtemps que je ne vous avait pas parlé de Virginia Woolf, et comme je suis certaine que cela vous manquait, j'ai décidé de me plonger dans un texte peu connu de l'auteur, mais exquis, qui vient d'être réédité, après avoir été longtemps indisponible en français. Il s'agit d'une biographie romancée de Flush, le chien de la poétesse Elizabeth Barrett, dont l'histoire d'amour avec Robert Browning est l'une des plus belles de l'histoire de la littérature. […]
Lillounette
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Lettre(s) de la magdelaine, 9 juin 2010 Choses lues : Lawrence, Croquis étrusques C’est en poète que Jean-Baptiste de Seynes a traduit ce livre rare, par sa facture, son iconographie, son appareil critique, sa présentation impeccable en tous points aux éditions Le Bruit du temps. […] Et en route pour Cerveteri, Tarquinia, Vulci, Volterra, et pour finir le musée de Florence. L’énergie de Lawrence, sa manière d’écrit-parlé (très soigné) donne à ce périple au pays des morts une allure des plus vivantes “comme si les Étrusques tiraient leur vitalité de profondeurs inconnues” auxquelles l’auteur a manifestement le désir de nous réouvrir accès. Ronald Klapka
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Télérama, n°3152, 12-18 juin 2010 D.H. Lawrence, Croquis étrusques En 1927, trois ans avant sa mort, le romancier anglais D.H. Lawrence, déjà malade, sillonne les bords de la mer tyrrhénienne et les terres de Toscane à la recherche des Étrusques. Loin d'être un simple pèlerinage, ce « cap aux tombes » qu'il clame d'entrée de jeu devient, au fil des jours, un voyage plein de promesses. […] Ces carnets, dont cette nouvelle édition magnifiquement traduite fait la part belle aux illustrations, sont plus poétiques que politiques, mais on sent bien que Lawrence préfère l'ocre rouge des peintures étrusques au noir des chemises fascistes. Comment pourrait-il en être autrement de la part d'un homme qui salue avec un tel bonheur la vitalité des siècles insouciants ? Gilles Heuré
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La République des Lettres, 5 juin 2010 Robert Browning : L'Anneau et le Livre Robert Browning est mal connu en France. Son œuvre la plus souvent traduite est un conte rimé, que l'on destine aux enfants: Le joueur de pipeau d'Hamelin. Les dernières éditions françaises de Sordello et de Pippa Passes remontent respectivement, pour le poème, à 1952 et, pour la pièce, à 1954. The Ring and The Book, publié à Londres en 1868-1869, ne fut traduit par Georges Connes, de sa propre initiative, qu'en 1942-1943. Divers contretemps retardèrent jusqu'à 1959 la sortie chez Gallimard de son ouvrage, que Le Bruit du temps vient de remettre en circulation dans une édition bilingue. […] Lorsque cette traduction parut pour la première fois, Georges Perros alerta Jean Paulhan : « Je viens d'attaquer, à voix très haute, L'Anneau et le Livre. Foudre et silex, de quoi faire flamber la planète. Mais non ! Je commence à comprendre pourquoi Gide faisait si grand cas de ce monstre. » Adrien Le Bihan
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Télérama, n°3151, 5-11 juin 2010 Virginia Woolf, Flush : une biographie 1933. Virginia Woolf vient d'achever Les Vagues, quelques mois après avoir fait paraître Orlando. C'est fatiguée, triste aussi de la disparition récente de son cher ami, l'écrivain et biographe Lytton Strachey, auteur des Victoriens éminents, qu'elle entreprend d'écrire ce texte, tout ensemble biographique et imaginaire, dont le sujet – on ne saurait dire l'objet… – est Flush, l'épagneul de la poétesse Elizabeth Browning (1806-1861). […] Au-delà du portrait biographique d'Elizabeth Browning qui se dessine en filigrane de celui de Flush, au-delà du miroir que cette aînée admirée constitue pour Virginia Woolf elle-même, voici que s'impose peu à peu la saisissante et troublante acuité des sensations et réflexions de l'attachant Flush. […] Les notes délicieusement drôles qu'elle a ajoutées au récit, la préface ironique de David Garnett reproduite dans cette réédition très soignée, contribuent à faire de ce Flush : une biographie un opus empreint d'une grâce hors du commun. Nathalie Crom
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MaYaK, 29 mai 2010 Etruscan Places de D.H. Lawrence En 2009, c’était le premier volume des nouvelles complètes, dans une traduction de la dernière édition critique publiée à Cambridge. Cette année, Le Bruit du temps publie l’un des plus beaux livres (à mon avis) de D.H. Lawrence, Etruscan Places. Dans une nouvelle traduction de Jean-Baptiste de Seynes (Croquis étrusques), avec préface, appareil critique, appendices historiques, carte et 52 reproductions NB et couleurs. Etruscan Places, livre atypique : entre essai et récit de voyage, récit d’un cheminement dans le savoir, dans la compréhension sensible du mode d’être d’un peuple ancien… […] Hugues Robaye
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Le Figaro littéraire, 27 mai 2010 Coup de cœur : Un bijou de Virginia Woolf Le tout premier texte paru en France, en 1927, de la grande romancière est réédité. En 1926, dans la foulée de Mrs Dalloway, Virginia Woolf s'attelle à un nouveau roman, Vers le phare (traduit antérieurement sous le titre La Promenade au phare), divisé en trois sections. À l'initiative de la prestigieuse revue Commerce dirigée par Larbaud, Valéry et Fargue, elle rédige une version écourtée, sous forme de nouvelle, de la partie centrale, baptisée Le temps passe. Ce texte oublié et réédité aujourd'hui offre de substantielles différences avec celui du roman définitif. […] Thierry Clermont
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L'homme nouveau, n°1470, 22 mai 2010 Browning ou le génie poétique Le poète anglais Robert Browning (1812-1889) incarne la plénitude du génie poétique. La réédition de son chef-d'œuvre L'Anneau et le Livre coïncide avec la publication du Browning de Chesterton et de l'étude qu'Henry James, son contemporain et ami, lui consacra. Une aubaine ! […] Didier Rance
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Valeurs actuelles, 19 mai 2010 Auguste d'Anne Weber Les Souffrances du jeune Werther ne sont rien à côté de celles d’Auguste von Goethe, le fils du grand poète. Dans cette parodie théâtrale parfaitement maîtrisée, Anne Weber raconte son calvaire. Méprisé par la bonne société de Weimar parce que rejeton d’une humble fleuriste, marié à une créature volage, Auguste fut surtout exploité par son père. Son ultime voyage à Pompéi évoque le sacrifice : « Les jambes repliées comme dans le giron maternel, les morts y sont couchés dans leur lit de lave depuis des milliers d’années. » Une mort dans l’âme à laquelle Auguste succombera peu après 40 ans. Hamlet à l’envers, il est celui qui aurait voulu être et ne fut pas... à cause du père. Et, s’il a tout du héros romantique, Auguste porte, hélas, bien son nom : “grandeur et décadence”. Un drame allemand tout en modernité. Anne-Sophie Yoo
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Stalker, 16 mai 2010 Notes du Wadi Rum de Gabriel Levin […] Les textes de Gabriel Levin m'ont presque immédiatement plongé dans mon enfance, indissociablement liée et presque quasiment réduite dans mon souvenir à ce jour incroyable, que sans doute ma mémoire magnifie, où je fus saisi par la puissance de l'esprit de l'homme. Rares, bien rares sont, en fin de compte, les occasions de s'émerveiller […] De quelle puissance immémoriale Gabriel Levin, comme tant d'autres, s'est fait l'interprète lorsqu'il a contemplé, tentant d'en percer l'antique énigme, des signes étranges gravés sur les roches des déserts ou sur des tessons de poterie ? La lecture des deux seuls ouvrages de Gabriel Levin traduits en français m'a bien évidemment point donné de réponse, comment le pourrait-elle d'ailleurs ? mais les questions que cet ébranlement a provoquées dans l'esprit de l'écrivain sont l'essence même de la littérature, que Levin, avec beaucoup de modestie, a rendues évidentes. […] Il s'agit de tenter de découvrir les signes cachés, non perdus, moins par de patientes fouilles et méticuleuses recherches archéologiques que par une enquête littéraire, qui, après tout, est toujours une remontée du passé. […] Juan Asensio Lire des extraits de l'article.
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Le Temps, 15 mai 2010 Un chien de classe En Angleterre, l’histoire d’amour entre Elizabeth Barrett et Robert Browning, les deux grands poètes de l'époque victorienne, est aussi connue que celle qui coûta la vie à Roméo et Juliette. […] Pour résumer, après une correspondance échangée sans se connaître, les deux poètes se rencontrent pour la première fois chez le père d'Elizabeth qui garde sa fille en quasi-réclusion par souci de sa santé fragile et par tyrannie aussi. Les amoureux décident de se marier secrètement et de fuir en Italie. Ils vécurent heureux là-bas et écrivirent des chefs-d'œuvre, Sonnets portugais pour Elizabeth, L'Anneau et le Livre pour Robert, deux titres phares mais un peu oubliés que Le Bruit du temps rééditait l'an dernier. Fonctionnant par capilarité, la maison parisienne a tenu à adjoindre des textes d'Henry James sur Browning qu'il admirait tant ainsi qu'une biographie du poète [par Chesterton]. Paraît maintenant une petite perle comique et parodique de Virginia Woolf, toujours sur le couple Barrett-Browning mais d'un point de vue inattendu. Flush : une biographie relate la vie de l'épagneul d'Elizabeth. […] Lisbeth Koutchoumoff
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Le Matricule des Anges, n°113, mai 2010 Dossier Jean-Luc Sarré La vie buissonnière Conscient jusqu'à la plus cruelle lucidité, de la finitude du monde, Jean-Luc Sarré a posé ses valises pas dans la marge de l'existence. Ses voyages immobiles le tiennent à la table d'écriture, face aux vitres de son appartement, en guetteur attentif du sensible. […] Le guetteur de l'infime En prose ou en vers, Jean-Luc Sarré traque l'expression juste d'une expérience du monde. Sans chercher à élargir l'horizon, mais au contraire en tenant dans les rets de la langue le proche, le familier, pour mieux concentrer en peu de mots le présent du verbe vivre. […] Épiphanies du quotidien S'il faut peu de choses pour que le passé surgisse dans l'instant, ce n'est pas sans réticence que le poète l'accueille. On s'attendait avec un tel titre, Autoportrait au père absent, à une poésie qui ferait face comme un miroir interrogé à travers le temps. C'est mal connaître Jean-Luc Sarré, pour qui le présent, dans sa fugacité, semble retenir seul son attention […]. Le poème accroche alors ses détails et ses couleurs, tourne comme une brise autour de ces surgissements du réel et rebondit, saisissant le prétexte d'un mot, vers l'évocation du père. […] Thierry Guichard Lire des extraits du dossier.
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Rehauts, n°25, printemps-été 2010 Ralph Dutli, Novalis au vignoble L’eau (ce qui murmure, ce qui chante, parfois avec force dans les chutes) s’infiltre partout, dans la terre, dans les roches. Dans des grottes, en Dordogne, en Ariège, ailleurs, depuis des siècles et des siècles des gouttes résonnent dans une nuit peut-être semblable à la pulpe d’un raisin. L’eau peut devenir fleuve (le Neckar par exemple), ou bien lac, étang, mare. Mais ce n’est jamais que la surface visible d’un mouvement, d’une pulsion qui, à partir d’une source, irrigue. L’eau, donc, s’infiltre. Ou bien la lumière, à partir d’une autre source qui est peut-être aussi pulsion : il y a une déchirure dans l’apparence / d’où la lumière jaillit telle une lance / il y a une fissure une fissure dans tout / où la lumière déborde et bout. […] Jacques Lèbre
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Rêvalire, 29 avril 2010 Rêvalire a lu Le temps passe de Virginia Woolf Le titre déjà, c’est tout Virginia Woolf, Time Passes, ce n’est pas un constat banalissime, c’est un état chez V.W. Le temps a beau passer, elle n’a de cesse de le décrire passant. […] Avec Virginia Woolf on apprend à sentir que l’on sent et que cela seul importe finalement. Que cela seul « reste ». Dans Le temps passe, c’est tout cela aussi. Une langue toujours au service des sens et des pensées suggérées, des assauts d’émotions, des variations d’humeur. Une vie tellement exacerbée par le bouleversement permanent du passé-présent confondus, pétris l’un de l’autre, qu’elle en devient parfois saturée comme peut l’être l’air d’été de parfums, après la pluie. Ou l’air marin d’embruns quand le vent vient de la mer. […] On est là, au présent. Et c’est une magie nostalgique qui étreint, aussi.
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La Liberté, 24 avril 2010 Un éditeur de qualité Antoine Jaccottet a gagné son pari : les éditions Le Bruit du temps ont une année et enrichissent leur catalogue original de quelques perles, entre joyaux de la littérature anglaise et textes poétiques rares. Vrai bonheur de lecture que Flush: une biographie de Virginia Woolf, portrait du chien de la poétesse Elisabeth Barrett Browning. Ironiquement, c'est bien sûr de la poétesse que parle Virginia Woolf en l'imaginant observée par son épagneul. Plaidoyer « pro domo » pour la femme écrivain et contre la réification de madame par monsieur… Longtemps resté introuvable, Le temps passe est la première version de la section centrale du roman La Promenade au phare, œuvre essentielle de la même Virginia Woolf. Publié en 1927 dans Commerce, la revue de Larbaud, revoici ce texte, émouvante évocation de la solitude où le temps efface peu à peu le bruit du monde... Peut-être la quintessence du génie en devenir de la romancière anglaise. Toujours aux mêmes éditions Le Bruit du temps, rappelons l'inénarrable faux drame d'Anne Weber, Auguste, évocation du fils de Goethe, à la fois rumination sur la stature écrasante du père et variations d'une folle liberté sur l'écriture dramatique, entre théâtre, roman et scénario. Décidément, il s'agit là d'une jeune maison d'édition qui vous met d'humeur… très, très liseuse ! Jacques Sterchi
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My Boox, 25 avril 2010 Le cocker de Virginia Woolf est de retour… Soixante-dix ans après la mort de l’écrivaine londonienne, les éditions Le Bruit du temps publient Flush, une biographie canine signée Virginia Woolf. Eté 1932, Virginia Woolf vient tout juste de publier Les Vagues quand lui vient à l’esprit l’idée de Flush, une biographie imaginaire et parodique dont le personnage central serait l’adorable cocker de son amie Elizabeth Barrett Browning. « J’étais si fatiguée que je m’étais étendue au jardin pour lire les lettres d’amour des Browning, et la figure de leur chien m’a fait rire au point que je n’ai pu résister à l’envie de faire une “Vie” » […]
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Rebuts de presse, 24 avril 2010 Au bruit du temps – Un entretien Éditeur de Virginia Woolf (son Flush vient de paraître aux éditions Le Bruit du temps qu'il a fondées il y a un an), mais aussi de D. H. Lawrence, Robert Browning, Henry James, et quelques autres, Antoine Jaccottet parle de son projet éditorial, aussi ambitieux que passionnant. Didier Jacob
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Le Nouvel Observateur, 22 avril 2010 Virginia Woolf, l'écrivain-chienne Dans les années 30, Virginia Woolf consacra une biographie au chien de la poétesse anglaise Elizabeth Browning. Un bijou aujourd'hui réédité. Didier Jacob
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Terres de femmes, 22 avril 2010 22 avril 1830 / Anne Weber, Auguste Construite en cinq actes, avec prologue, épilogue, intermèdes et chœur, cette pièce de théâtre d'apparence classique s'en éloigne par le ton, délibérément leste et distancié, parfois même grinçant ou au contraire léger, familier ou enfantin, dans les intermèdes et les chansons. Mais aussi par les superpositions temporelles, anachronismes, anticipations et retours en arrière, mélanges des genres et des niveaux de langages, propres à la modernité. […] Auguste von Goethe est le personnage central de cette « mascarade » autour de laquelle gravitent toute la gent weimarienne de l'époque de Goethe. Depuis le grand Goethe lui-même, père d'Auguste, et les notables de Weimar – Charlotte von Stein ou Bettina von Arnim-Brentano, en passant par Schiller, ami de Goethe ou par l'écrivain romantique Jean Paul (Richter), à qui le chœur demande de « bien vouloir descendre sur terre un petit instant ». Mais aussi par l'entourage familier d'Auguste. La très roturière Christiane Vulpius, sa mère, épousée par Goethe bien des années après la naissance d'Auguste, Ottilie von Pogwisch, épouse volage d'Auguste, « qui s'éprend toutes les cinq minutes d'hommes différents, avec toujours la même passion étonnante », leurs deux fils, Walter et Wolfgang. Sans parler des domestiques, des soldats prussiens, des amis, des philosophes, des gens de théâtre. […] En faisant revivre Auguste, le temps d'une lecture ou le temps d'une mise en scène, Anne Weber restitue au fils de Goethe la part de destin et d'immortalité qui lui ont été confisqués. Elle le fait avec tendresse et humour. Et talent ! […] Angèle Paoli
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Le Matricule des Anges, n°112, avril 2010 Désir de totalité Grave et pleine, l'écriture de Gabriel Levin (né en 1948) rend un son d'airain. Illustration en deux livres. Heureuse découverte pour le lecteur français que cet auteur qui rend hommage à ce qui fut et à ce qui est, faisant singulières des entités du monde que le peu de notre acuité abandonne à l'uniforme. Avant tout, des lieux : sites archéologiques, villages bédouins, baies rocheuses – que la forme du poème mime à l'instar d'« ombelles et asphodèles, / alimentant les syllabes / amoncelées de l'intérieur » – habités d'une présence humaine à laquelle sa plume, en poésie comme en prose, est infiniment sensible. […] La prose, fruit d'un périple dans le creux syro-jordanien des civilisations hébraïque, arabe et chrétienne, se donne d'emblée comme un compte-rendu documenté sur le plan historique, engagé en faveur des dépossédés (comme les Bédouins en Israël), et riche de beaux plans rapprochés sur un personnage et son environnement – plans où l'étranger garde sa place, sans vouloir comprendre, c'est-à-dire assimiler et digérer (à la façon d'un Depardon), la différence de l'autre. La poésie, elle aussi largement nourrie de ce voyage, charrie, en la représentant à son unique manière, la part de l'expérience intime. Manière de repenser, de mettre à distance, afin de pouvoir ensuite les faire siens, des fragments du vécu […]. Marta Krol
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Lexnews, avril 2010 Gabriel Levin, Ostraca L’Antiquité a livré, bien malgré eux, des trésors d’instantanéité à l’éternité. Ils portent le nom d’ostraca et ces fragments de calcaire blanc ou autres tessons de poterie ont porté jusqu’à notre époque des poésies et autres pensées parfois satiriques de leur temps. S’agit-il de la quête éternelle de la bouteille à la mer ou de l’improbable écho de l’explosion cosmique originelle ? La réponse du poète Gabriel Levin vivant à Jérusalem se veut plus discrète, presque diaphane ; le message de l’ostracon ne peut parvenir jusqu’à nous que si nous y prêtons une oreille discrète, presque oublieuse de capter une idée ou une humeur qui n’aurait jamais dû s’affranchir du temps qui les avait vues naître. Le poète ne se veut surtout pas archéologue pas plus qu’épigraphe. Sa rigueur sera celle du peintre rêvant de l’improbable lumière sacrificielle d’où tout serait né. Ces morceaux épars livrés presque honteusement par le sable et la terre requièrent l’humilité de celui qui observe les siècles passés tout autant que notre quotidien. […]
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Études, n°412/4, avril 2010 G.K. Chesterton : Robert Browning La voix de Robert Browning, nous dit G.K. Chesterton de façon étonnament moderne, est « abrupte, imprécise, allusive et lacunaire ». Cette biographie du « plus grand poète de la joie », Robert Browning (1812-1889), fut d'abord publiée en 1903. G.K. Chesterton (1874-1936) n'était alors qu'un jeune écrivain peu connu, et l'éditeur, Macmillan, prenait un risque en demandant à un tel auteur de contribuer à sa série « Les hommes de lettres anglaises ». Contre toute attente, le livre rencontra un énorme succès. Cette biographie, ou monographie, comporte une dimension autobiographique, G.K. Chesterton y mettant beaucoup de lui-même ; le biographe, polémiste né, voyait sans doute dans l'immense combativité de R. Browning un reflet de la sienne. […] Irrésistible !
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La Revue littéraire, n°45, avril 2010 Dionysios Solomos On y entre comme dans une église abandonnée. On se tient d'abord sur le seuil, on observe à distance ce qui reste, levant et baissant la tête afin de saisir l'ensemble, puis les détails : on s'approche. […] Il en est ainsi de La Femme de Zante de Dionysios Solomos. On reste sur le seuil. L'histoire est là pourtant qui se raconte : un moine grec de Zante décrit ce qu'il a vu alors que Missolonghi est en péril. La ville grecque (chrétienne orthodoxe) est assiégée par les Turcs (musulmans), la population (les femmes – puisque les hommes sont au combat) subit la famine, doit se réfugier, mendier, pour sauver sa vie. Quelques-unes de ces femmes se trouvent alors à Zante, retirées, dans la pauvreté. La Femme de Zante décrit avec concision les faits, l'incertitude, le péril et la peur de ses existences menacées : un tableau vivant en une poignée de mots fulgurants. Mais elle s'attache surtout à décrire une femme, celle de Zante précisément, et non pas l'étrangère de Missolonghi ; celle qui assiège l'île, qui méchante parmi les méchants pactise encore avec eux et ne se repent jamais, mais finit par se pendre. […] C'est le suspens de ce texte, son mystère qui envahit le lecteur. Son caractère inachevé en est sans doute une des raisons. Il reste en tête une incertitude, un déchirement.[…] Solomos, avec La Femme de Zante, fait du lecteur le prophète, c'est celui-ci qui, pour finir, se retrouve aux prises avec cet oracle, à tenter peut-être vainement de déchiffrer son énigme. Dorothée Piffard
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Terres de femmes, 28 mars 2010 Flush, « un simple caprice… » Renouveler le genre littéraire de la biographie, le faire sortir du cadre et des contraintes qui sont ordinairement les siens n'est pas chose aisée. Pourtant, avec Flush : une biographie, Virginia Woolf régénère le genre et lui assigne une forme et un ton tout à fait inattendus. Le projet de la romancière, épuisée par les tensions que Les Vagues a laissées en elle, est de se détendre. L'occasion lui en est donnée avec la lecture de la correspondance amoureuse du couple Browning, correspondance dont elle se délecte. Elizabeth Barrett, poète, et Robert Browning, dramaturge et poète, échangent entre eux des lettres passionnées. Dans cette correspondance, Flush, « l'épagneul cocker doré » de Miss Barrett, occupe une place de choix. À lire ces lettres et à rire des réflexions que « l'épouvantable cocker » inspire à sa brillante maîtresse, Mrs Woolf se dit qu'elle écrirait bien le roman d'une Vie de chien. Ce sera Flush, « un simple caprice, une mince pellicule d'eau ». Pourtant une vie de cocker peu ordinaire. Doublée de la vie non moins ordinaire d'Elizabeth Barrett Browning. […] Flush ne pouvait rester plus longtemps inconnu des lecteurs français. […] Angèle Paoli
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Libération, 25 mars 2010 Woolf a du chien La romancière piste un cocker de poétesse Deux livres de Virginia Woolf aux éditions Le Bruit du temps. Le premier – Le temps passe – est une variante de la section centrale de La Promenade au phare. Le second est une histoire de chien, Flush. Petits livres, ils ont apparemment tout pour être anodins. Mais très vite l'œil est capté, de phrase en phrase […]. Le temps passe, traduit par Charles Mauron en 1927 dans Commerce, c'est de la prose qui s'invente. Quant à Flush, publié en 1933, c'est bien sûr une biographie excentrique, celle du cocker d'Elizabeth Barrett Browning (« la plus célèbre poétesse d'Angleterre »). Et aussi un pastiche des Éminents Victoriens de Lytton Strachey, l'ami de Virginia qui venait de mourir en 1932. Mais voilà, un cocker, c'est d'abord un défi à l'écriture, celui que lancent les sensations – et avant tout les odeurs. […] Chien de poétesse, « où Mrs Browning voyait, Flush sentait ; il flairait quand elle eût écrit ». […] Dire la présence du monde, des phénomènes, dans leur « tel quel », au moment où nous les percevons, avant l'intervention du logos organisateur : « Pas une seule des sensations lui arrivant par myriades ne fut soumise à la déformation des mots. » […] Prose-poème, le livre de Flush est aussi un livre-monde. On y perçoit les ressacs violents et cachés de la société victorienne, la peur sociale, la dureté des pères et de la ruling class, l'exploitation des faibles, la présence du crime. […] Les servantes aussi ont part à la construction de la prose chez Virginia Woolf. Mrs McNab par exemple. Pour la rencontrer, il n'est que de revenir au premier livre, Le temps passe, quand, à près de 80 ans, elle entre en scène […]. À travers « le roulis de son corps et la lorgnade de son sourire », la servante fait passer « les syllabes brisées d'une révélation plus profonde qu'aucune de celles accordées aux veilleurs solitaires qui parcouraient la grève à minuit ». Et c'est peut-être cela, le message de Mrs McNab à sa romancière et à ses lecteurs, que le temps passe, et que le monde résiste dans les gestes du travail. Hédi Kaddour
Lire les extraits de l'article concernant Le temps passe. Lire les extraits de l'article concernant Flush.
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La république des livres, 15 mars 2010 Comment Mrs Woolf faisait passer le temps Le phénomène étonne toujours, il est pourtant moins rare qu’on le croit : certains livres étrangers, et pas seulement des textes de fiction, sont meilleurs une fois traduits en français. Comme si le tamis du passage d’une langue dans une autre avait eu une bienheureuse fonction épuratrice. C’est le cas des cette curiosité, à plus d’un titre, qu’est Le temps passe (Time Passes, traduit de l’anglais par Charles Mauron, 100 pages, 12 euros, Le Bruit du temps) de Virginia Woolf. Ne vous étonnez pas de ne pas le connaître, il était inconnu, du moins comme tel. Il s’agit en fait d’un chapitre de l’un de ses chefs-d’œuvre, La Promenade au phare (ou Vers le phrare, c’est selon), quelques dizaines de feuillets distraits de l’ensemble par l’auteur qui les destinait à la revue parisienne Commerce, laquelle lui avait commandée une nouvelle pour son numéro X de janvier 1927. […] Car à cette époque, Virginia Woolf était inconnue en France. Rien n’y avait encore paru sous sa signature. Charles Mauron, l’ambassadeur à Paris du groupe de Bloomsbury, s’en fit le héraut et traducteur avisé. On peut juger de son travail à l’aune du travail de temps puisque l’éditeur Antoine Jaccottet a eu l’heureuse idée de proposer une édition parfaitement bilingue, avec le texte en regard. Pour cette version “autonome”, l’auteur avait évacué la plupart des personnages afin de mieux en faire ressortir un seul, et surtout, de se consacrer à l'évocation des sensations. On y retrouve toute la riche palette lexicale et émotionnelle qui la singularise dans le paysage littéraire de son temps, avec une intelligence d’une acuité remarquable et une sensibilité sans pareille […]. Pierre Assouline
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Cahier critique de poésie, n°19, mars 2010 Livres Quatre notes de lectures : Christian Désagulier sur les Sonnets portugais d'Elizabeth Barrett Browning. Lire Mathieu Nuss sur L'Anneau et le Livre de Robert Browning. Lire Létitia Mouze sur Le Timbre égyptien d'Ossip Mandelstam. Lire David Christoffel sur La Mer et le Miroir de W.H. Auden. Lire
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Parutions.com, 23 février 2010 La 25ème heure Se souvient-on de La 25ème heure ? Ce roman du Roumain Virgil Gheorghiu avait connu un regain de succès grâce au beau film interprété par Anthony Quinn. Cette vingt-cinquième heure, c’est celle où le monde bascule dans un fracas extraordinaire et épouvantable et où chacun se retrouve face à son destin. […] L’aventure de Rainer Samuel Biemel, devenu pour l’occasion, dans le camp n°1022, Jean Rounault, est bien celle du héros de La 25ème heure. […] Mon ami Vassia est un livre pudique, qui ne s’arrête pas sur les stigmates de l’enfer concentrationnaire. Au contraire, le témoignage de Jean Rounault est d’autant plus pénétrant qu’il enveloppe le lecteur dans une torpeur douceâtre d’où le voyeurisme est banni. Mais, surtout, c’est la frontière entre l’extérieur et le camp qui semble s’estomper, celles entre les déportés et le peuple soviétique. C’est à ce moment que le récit devient inquiétant. Une terrible menace plane sur toute une population, mélange de prisonniers, de suspects, de déracinés qui se retrouvent au fond de la mine ou à chercher pitance autour du marché du village. Et partout, le NKVD organise avec ses sentinelles, ses officiers et son administration, la vie de Makeevka. […] il faut lire l’excellente et importante postface que Jean-Louis Panné consacre à la genèse et à la réception de l’ouvrage. Le climat politique et intellectuel français n’était pas propice à parler des camps soviétiques. C’est un nouveau combat que mène alors Jean Rounault qui est ici rapporté avec un grand souci du détail et une remarquable finesse dans l’analyse.
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L'homme nouveau, n°1463, 13 février 2010 Mon ami Vassia C'est un livre bouleversant que viennent de rééditer les éditions Le Bruit du temps, jeune maison qui se signale par la qualité de ses ouvrages et le sérieux de ses choix. Avec Mon ami Vassia, nous plongeons dans un petit pan de l'histoire de l'Union soviétique, finalement assez mal connu. […] Avec une écriture sans apprêt, parfaitement maîtrisée néanmoins, Jean Rounault livre le récit de la rafle qui l'a pris dans les mailles de son filet pour l'envoyer par le biais d'un wagon à bestiaux dans un camp de travail soviétique. […] Le titre de son livre est un bel hommage à ses compagnons d'infortune et notamment à Vassia, le prisonnier russe qui ne voit de solution à la situation que dans l'explosion d'une bombe qui emporterait tout. La bombe n'explosera pas et Jean Rounault reverra la Roumanie avant de prendre le chemin de la France. […] Accompagnant ce récit poignant, l'éditeur a eu la bonne idée de réaliser un dossier sur la Roumanie de l'époque et de retracer la vie de Rainer Biemel, le véritable nom de Jean Rounault. […]
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Lexnews, février 2010 Anne Weber, Auguste Il portait un prénom qui augurait les grands espoirs que l’on plaçait en lui. Les lauriers et la gloire se tenaient proche du berceau où son père pouvait déjà se reconnaître. La figure titulaire de celui qui l’avait engendré devait lui donner cette protection encourageant sa croissance. Mais les géants ont une ombre et lorsque cette ombre porte sur leur progéniture rien ne pousse à leurs pieds. Il avait un nom, Goethe, il ne demandait qu’à assumer un prénom, ce fut Auguste. Que peut-il advenir de soi lorsque l’identité est à ce point prédestinée ? Est-il possible de voir la lumière pour vivre, aimer, croître et souffrir par soi-même ? […] Entrons dans une pièce que nous allons monter avec nos propres projections : nous mettrons en avant tel caractère avec tel éclairage. Nous accentuerons tel personnage plutôt qu’un autre. Ce théâtre de marionnettes est celui de notre vie, nous n’y entrerons pas sans en sortir indemne. Philippe-Emmanuel Krautter
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Valeurs actuelles, 4 février 2010 Browning : la poésie rendue au monde Un baobab, écrivait en 1923 Charles Du Bos de Robert Browning ; et, de L'Anneau et le Livre, « la première en date, et l'une des plus grandes, des œuvres contemporaines ». Écho à Chesterton qui parlait quant à lui du « grand poème épique du XIXe siècle », évidence, si l'on n'a pas peur des mots, un mal dont ne souffrit jamais Robert Browning. […] L'argument de l'œuvre, soit sa plus petite partie, est une anecdote criminelle de la fin du XVIIe siècle à Rome : le massacre, par un mari furieux qui s'estime doublement trompé, de sa jeune épouse arrachée à ses griffes par un clerc compatissant, et des (faux) parents de celle-ci, qui la lui ont vendue en la faisant passer pour une héritière. L'orchestration de Browning fait de ce sordide fait divers un poème à l'ampleur vertigineuse sur la destinée et les abîmes du cœur humain, où, selon le procédé qui lui est cher du monologue dramatique, il donne la parole successivement à tous les acteurs du drame, assassin, victimes et comparses, et jusqu'au pape qui juge le meurtrier. […] La fascination que Henry James éprouve pour Browning, fascination du disciple pour le maître, l'« admiration presque jalouse » dont parle l'éditeur commun, le lui fait voir comme un « justicier des torts infligés à ce qui est beau dans la vie ». C'est définir la plus haute mission du poète, par quoi il fait mieux que créer un monde : il le rachète. […] Philippe Barthelet
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Le Matricule des Anges, n°110, février 2010 À l'ombre de Weimar Écrivain de langue allemande et française, traductrice, Anne Weber publie simultanément un conte cruel et une magistrale tragédie d'outre-tombe, deux textes où affleurent sourires et émotions vives. […] Dans Tous mes vœux, dont je revendique la qualité romanesque, il y a un côté théâtral, des passages burlesques et d'autres empreints d'un certain lyrisme. Mais le livre où j'ai ressenti la plus grande liberté, où j'ai allègrement mélangé non seulement les genres mais les époques, c'est assurément Auguste. Je me souviens du sentiment de jubilation qui était le mien à partir du moment où j'ai trouvé la forme qui correspondait bien à ce que je voulais faire, à savoir évoquer la vie du fils de Goethe, mais non pas à la façon d'un biographe ni à travers un roman historique. J'ai choisi, après quelques tâtonnements, la forme du théâtre de marionnettes symbolique. À l'intérieur de ce cadre-là, tout devenait soudain possible. […] La vie d'Auguste est une vie minuscule. La majuscule va à Goethe. Mais, comme les personnages de Michon qui cherchent à s'extraire de leur boue d'origine, Auguste a une certaine grandeur ; grandeur qui vient du tragique qui est attaché à sa vie dès sa naissance. […] Propos recueillis par Jérôme Goude
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Le Matricule des Anges, n°110, février 2010 Esclave de Staline En 1945, Jean Rounault est déporté vers les mines du Donetz, en Ukraine. Il y connaîtra l'angoisse, mais aussi la solidarité. L'ancien adage le disait : chaque livre a son destin. Au lendemain de la Libération, des dizaines de témoignages sur la déportation parurent, répondirent à une curiosité vive mais éphémère, puis furent oubliés […]. Staline, le Petit père des peuples, le généralissime de l'Armée rouge libératrice, avait aussi ses propres camps – de la mort lente. En 1949, Les Lettres françaises (que dirige Aragon) s'affolent : voici qu'un ancien compagnon de route, antifasciste actif, relate son expérience de cette face cachée de l'empire soviétique, sous ce titre apparemment anodin, Mon ami Vassia. […] On ne peut que se réjouir – et féliciter l'éditeur, l'ouvrage proposant en outre un riche essai de Jean-Louis Panné et des annexes biographiques et historiques – de cette redécouverte : Mon ami Vassia est à la hauteur des œuvres célèbres de Chalamov ou d'Evguenia Guinzburg, ou de celles, tout aussi marquantes, de Gustaw Herling (Un monde à part) et de Karlo Stajner (7000 jours en Sibérie) […] Thierry Cecille
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Études, n°412/2, février 2010 Mon ami Vassia Début 1945, le NKVD déporte la minorité allemande de Roumanie. Plus de 60 000 hommes et femmes sont raflés pour être envoyés dans les mines de charbon. Après un voyage de plusieurs jours dans un de ces trains de sinistre mémoire, Jean Rounault arrive au camp 1022 à Makeevka dans le Donbass, en Ukraine. Il s’agit d’une structure intermédiaire entre le camp du Goulag et l’usine soviétique ordinaire, qui mélange déportés et ouvriers, les uns et les autres maintenus dans un identique état de servitude. Le froid, la faim, les maladies, la brutalité de l’administration stalinienne l’apparentent au premier cercle de l’enfer concentrationnaire. Animé par la seule volonté de dire l’URSS « telle qu’elle est » et telle qu’il l’a vécue, J. Rounault nous fait éprouver un « certain climat humain » où « le sublime et l’horrible se mêlent étrangement dans le nitchevo qui signifie : tout est possible », restituant au quotidien les comportements et les pensées de l’ouvrier russe, incarné par le personnage de Vassia, l’ami qui lui a plus d’une fois sauvé la mise. Un aspect de ce témoignage, d’autant plus implacable qu’il est dénué de tout ressentiment, ressort particulièrement : le désespoir dans lequel survit un prolétariat sans illusion et absolument réfractaire à la propagande, un prolétariat réduit en esclavage au nom de la liberté : « La phrase de Staline : “L’homme, le capital le plus précieux”, doit être prise à la lettre. Elle n’indique point, au sens occidental des mots, une valorisation de l’individu ; elle se traduit au contraire comme l’affirmation que l’ouvrier russe est la propriété, la “chose” de Staline. »
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La Liberté, 23 janvier 2010 Poètes de l'oxymore Puisant aux sources de la mythologie (Antigone), la poésie du jeune Valaisan Arnaud Maret, Terres orphelines (Éd. Publibook), explore l'oxymore grinçant des bruits et des visions pour interroger l'accueil que peut réserver le monde au poète. Dehors, est-ce mieux ? Interrogation de celui qui note, inquiet, l'étrangeté du dedans. Belle inspiration poétique, exprimant des tonalités « lugubreusement joyeuses », et qui trouve un écho chez un poète plus aguerri, Ralph Dutli, dont les éditions Le Bruit du temps publient Novalis au vignoble et autres poèmes. Carnet d'épitaphes, épure de la marche, de l'espace, du temps avalé dans l'asthme poétique de la césure. À la fois « Babel soudain…» et solitude cachée des mots sous les mots, présence problématique du poète – «Voilà pourquoi je suis étendu dans l'air au-dessus de ton lit…» Ou comment, à l'aune de Novalis, se soûler en «ivrognes de syllabes». Jacques Sterchi
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La Croix, 21 janvier 2010 Mon ami Vassia Dans la préface à la première édition de ce livre, en 1949, Gabriel Marcel mettait en parallèle les souvenirs de Rainer Biemel (qui avait pris le nom de plume de Jean Rounault) et ceux de Viktor Kravtchenko. Intellectuel roumain issu de la minorité allemande de Transylvanie comme son ami Paul Celan, Biemel (1910-1987) fit une partie de ses études à Toulouse et à Paris. De retour dans son pays, il est arrêté en 1945 par le NKVD avec plus de 60000 ressortissants des minorités allemandes. Déporté un an en Ukraine, il écrit ce récit à son retour. Le précieux témoignage de Rainer Biemel sur les camps soviétiques est marqué, comme le souligne le préfacier, par une humanité profonde et une réelle « sympathie pour l'homme russe ». Patrick Kéchichian
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Livres Hebdo, n°804, 15 janvier 2010 Goethe et fils Anne Weber donne une voix à Auguste Goethe, fils unique du grand poète allemand. […] Fils de… sans envergure, depuis toujours oublié à l'ombre de son illustre ascendance et de l'histoire, Auguste né à Weimar où son père exerçait les fonctions de « conseiller privé » du duc de Saxe-Weimar et mort à Rome pendant un voyage en Italie en 1830 à l'âge de 40 ans, est donc le personnage que la romancière ranime dans cette « Tragédie bourgeoise pour marionnettes » […]. Anne Weber, sans se départir du timbre railleur qui fait sa voix, sert Auguste avec une bienveillance lucide, l'apostrophe avec une certaine tendresse, même, donnant à voir les côtés émouvants de ce garçon un peu falot, sous influence (celle évident, écrasante, de son père, mais aussi celle de sa mère Christiane Vulpius, ancienne ouvrière en fleurs artificielles, épousée tradivement, et celle de sa femme Ottilie von Pogwisch, issue de la vieille noblesse prussienne qui le trompera avec constance). […] Elle tire les fils de ce petit théâtre, ressuscitant des morts en leur offrant un porte-voix qu'ils n'ont jamais eu. […]
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L'Ours, n°394, janvier 2010 Notre ami Vassia Le témoignage de Jean Rounault appartient à ces grands textes sur feue l'URSS qu'il convient d'avoir lu pour son empathie avec les Russes et la culture russe et pour la description qu'il offre du système soviétique au temps du stalinisme triomphant. La présente édition rassemblée, annotée et complétée par Jean-Louis Panné et Anne-Marie Biemel-Montarnal, la fille de Jean Rounault, offre au lecteur une très belle mise en perspective. […] Sylvain Boulouque
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La Nef, 1 janvier 2010 Robert Browning La littérature est aujourd'hui encore un domaine où la grâce est visible et palpable, débouchant parfois sur cette Joie dont parlais C.S. Lewis et qu'il définissait comme une sensation de désir insatisfait, mais dont l'insatisfaction même est plus désirable que tout sentiment de contentement. Ne le cachons pas, au risque de paraître un rien enflammé : j'ai éprouvé de cette joie en apprenant la parution, chez un éditeur alors inconnu, de la monographie de Chesterton sur Robert Browning. Un véritable rendez-vous de la littérature ! […] La lecture de ce petit bijou de la littérature, qui l'est par le sujet traité et par l'écriture de Chesterton, transporte le lecteur, page après page. […] Le Bruit du temps est un éditeur qui aime les livres – chose devenue si rare aujourd'hui qu'il faut bien le souligner – et qui a pris le risque d'offrir au public des trésors de la littérature, formant comme une constellation autour d'un même écrivain. Pour cet ouvrage, il a pris le soin de réaliser une nouvelle traduction qui se lit avec une réelle facilité. Au-delà du texte de Chestrton, il propose une introduction éclairante ainsi qu'un index qui permet de se promener aisément dans l'univers anglais de Browning […] Un livre parfait, indispensable à votre bibliothèque. Philippe Maxence
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Le blog de l'histoire, 26 décembre 2009 Les Souvenirs du Donetz de Jean Rounault Ce livre a été présenté à sa première parution aux éditions Sulliver en 1949 comme l’un des tout premiers témoignages sur les camps de travail en URSS. Rainer Biemel relate, à la manière d’un documentaire, comment, tour à tour mécano, lampiste, médecin, il parviendra à survivre dans les usines du Donetz. C’est l’un des rares témoignages de ce type qui permet de découvrir le travail quotidien « libre » ou forcé à la périphérie du Goulag. […] Jean-Marc Labat
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La Liberté, 19 décembre 2009 Nouvelle traduction pour D.H. Lawrence Nouvelles. La traduction des nouvelles de David Herbert Lawrence laissait à désirer. Injustice réparée aux éditions Le Bruit du temps. Marc Amfreville traduit le premier tome des nouvelles complètes, les tâtonnements déjà décisifs de l'écrivain que l'on réduit trop souvent à son seul roman L'Amant de Lady Chaterley. Du monde de la mine aux affrontements homme-femme, il est toujours chez Lawrence une analyse surprenante de l'individu se pensant face au monde. Entreprise éditoriale prometteuse qui bénéficie ici d'une éclairante préface sur Lawrence. À suivre. Jacques Sterchi
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Un nommé Chesterton, 19 décembre 2009 À propos du Browning de Chesterton Cette splendide monographie consacrée au poète anglais Robert Browning et écrite par Chesterton en 1903 – il avait 29 ans – vient d’être rééditée, avec une nouvelle traduction, par les éditions Le Bruit du temps.
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La Croix, 17 décembre 2009 Leçon de lecture de Browning par Chesterton Lorsque deux esprits éminents se rencontrent… C'est presque une gageure pour le critique… Quels arguments va-t-il trouver pour convaincre le lecteur français d'aujourd'hui de lire sans tarder la biographie du poète victorien Robert Browning (1812-1889) écrite par un autre anglais, G.K. Chesterton (1874-1936) ? […] Or, ce livre est une manière de chef-d'œuvre qui, dès les premières pages, met l'esprit du lecteur en éveil et en fête. Le même éditeur, Le Bruit du temps, avait, pour inaugurer son catalogue au début de cette année, publié, en bilingue, le maître livre de Browning, L'Anneau et le Livre […] que Chesterton justement définissait comme « la grande épopée du XXe siècle » ou « la grande épopée de l'énorme importance des petites choses » […]. La timidité que l'on peut éprouver devant une telle œuvre – que l'auteur plaçait dans la lignée de L'Iliade et de La Divine Comédie – trouvera un excellent remède dans la biographie dont nous parlons […] un tableau aux vastes et belles proportions, admiratif et sans complaisance, des hypothèses audacieuses, des rapprochements inattendus, de féconds paradoxes, une foule d'analyses et des interrogations sur le pourquoi et le comment de la littérature… […] Patrick Kéchichian
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Stalker, 14 décembre 2009 La Femme de Zante de Dionysios Solomos […] Accablé de lectures fort peu distrayantes dont il me fallait extraire l'essentiel (c'est ainsi que, dans la cave de la maison de mes parents, sommeillent des piles de feuilles volantes que je transforme peu à peu en fichiers électroniques), n'ayant pris de cette étude aucune note puisque son sujet me semblait bien trop resserré, je ne sais si l'auteur y évoquait l'étrange texte de Dionysios Solomos, La Femme de Zante, dont la rédaction fut plus ou moins contemporaine du second siège de Missolonghi qui eut lieu en avril 1826 par l'armée turque d'Ibrahim Pacha. Juan Asensio
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La Quinzaine littéraire, n°1004, décembre 2009 Écrire et aimer : Jean Rounault Voici un récit écrit en chapitres courts, chacun représentant une scène emblématique qu'on peut prendre comme accusation d'un état de choses. Mais ce n'est pas cela qui résulte au final de la lecture. Autre chose de plus fort et de plus beau.
[…] « Il me reste d'expliquer les circonstances de mon “voyage” en URSS. En janvier 1945, soixante mille citoyens roumains des deux sexes furent “requis pour le travail” en Union soviétique. À la suite d'un malentendu, je fus du nombre. J'aurais tort de me plaindre. Grâce à une erreur de la NKVD j'ai pu participer à la vie quotidienne des citoyens soviétiques. C'est là pour un “Occidental” un véritable privilège, car, comme chacun sait, n'obtient pas qui veut un visa pour l'URSS. » […] « Je voudrais savoir pouquoi, dans le pays de Lénine, on ne donne rien à manger […]. Je ne me souviens pas d'avoir vu quelque part un mendiant aussi misérable que ces ouvriers en loques. » Et là éclate tout le talent de Rounault. Simplicité et précision de l'écriture. D'où découle toujours la vérité. À moins que ce ne soit un mouvement inverse : netteté et vérité d'un regard et d'une conscience, d'où viennent la simplicité et la précision de l'écriture. C'est en effet un style cursif et incisif où chaque mot touche des profondeurs. Témoigner et restaurer la vérité. Il y a l'horreur, la folie, la mort, le sublime, la gaieté, l'ironie, la bienveillance, l'indulgence, le possible dans l'impossible : le tout lié, à l'inexplicable façon russe. Et d'emblée un élan de sympathie, un homme sans autre demande que de toujours rencontrer d'autres hommes, sans autre gratitude que d'avoir pu les rencontrer et partager leur maigre pain et leur faim, et cette nourriture plus substantielle et cette faim plus nourrissante : une pensée libre. Mon ami Vassia. […] Christian Mouze
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La Liberté, 28 novembre 2009 Je me souviens… plus ou moins Témoins de l'infamie. Surprenant témoignage que celui de Jean Rounault, Mon ami Vassia, souvenirs du Donetz, paru en 1949 après sa détention dans le camp soviétique de Makeevka. De son vrai nom Rainer Biemel, ce fin lettré roumain, traducteur de Kafka et de Thomas Mann, antifasciste, eut le malheur de porter un nom allemand. Les Soviétiques l'arrêtèrent en janvier 1945 et le déportèrent dans un wagon à bestiaux jusqu'au « Donetz », le camp de concentration « made in URSS ». […] Sans doute le premier du genre, ce récit documente l'absurdité et la méchanceté banale envers tous ceux dont le seul crime aura souvent consisté à douter du sacro-saint système. Ça n'a l'air de rien, mais ce témoignage du quotidien glace le sang au fil des pages, tant l'individu calibré par Staline n'a aucune existence, aucune matière et encore moins d'intérêt. Sans doute l'un des meilleurs livres à relire pour comprendre en quoi nazisme et stalinisme sont pareils en leur déshumanité. […] Jacques Sterchi
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Un nommé Chesterton, 25 novembre 2009
Sur le site Fabula, la recherche en littérature, Laurent Folliot consacre un long article à la publication dans une édition bilingue de L’Anneau et le Livre de Robert Browning aux éditions Le Bruit du temps. […]. C'est l'occasion de signaler que le même éditeur, poursuivant un travail remarquable, publie également la biogaphie de Chesterton sur Browning, dans une édition de grande qualité. C'est un véritable événement qu'il faut saluer et sur lequel nous reviendrons évidemment. L'éditeur a choisi – à raison selon nous – de demander une nouvelle traduction, en y ajoutant l'index qui était présent dans l'édition anglaise et qui avait été omis dans l'édition Gallimard. L'éditeur a aussi ajouté les textes anglais et les références des vers cités par Chesterton. Sans les erreurs de Chesterton qui avait la mauvaise habitude de citer de mémoire… On trouvera une présentation de cette étude de Chesterton sur le site de l'éditeur. Allez-y et surtout procurez-vous le livre. Un grand moment de bonheur et de littérature.
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The Times Literary Supplement, 20 novembre 2009 A harmless occupation A crime passionnel of wartime and a sustained exercise in the neglected art of comprehension
[…] Georges Connes (1890-1974) had begun his translation in the dark years of 1942-3 ; he was in the Resistance, and remarks that his task enabled him to give a bland, disarmingly dotty reply to the recurring question “What are you doing ?” – “I'm translating The Ring and the Book.” A harmless occupation during the Occupation […]. Welcoming General de Gaulle to Dijon was no more than an “interesting episode” in his life ; it is by translating The Ring and the Book that he has “really touched something great”. […] [Conne's] preface to the 1959 volume […] is reprinted, along with his Étude documentaire, in the magnificent new edition from Le Bruit du temps, learnedly, judiciously and wittily introduced by Marc Porée (Professor of English at the Sorbonne Nouvelle), and with a brief and moving memoir by Pierre Connes, the translator's son, who remembers escaping from his homework and hiding under the kitchen table while his father read aloud to his mother the latest instalment of l'affaire Franceschini. The translation is printed facing the English original ; when I first learnt this I wondered whether readers would need a mechanical aid sumply to lift the book, since Browning's poem by itself is twice the length of Paradise Lost ; but the volume, for all its bulk, is beautifully produced, shapely and usable. The openings fall naturally at every point, the pages are thin but don't crumple as you turn them, and the typography is sharp and clear. I stress these material features not simply because they are important in themselves but because they honour the materiality which is so central a theme in the poem. […]
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Dernières nouvelles d'Alsace, 15 novembre 2009 Die Poesie ist selbst Weinberg… […] Im Ammann Verlag, in dem er eine zehnbändige Ossip-Mandelstam-Gesamtausgabe herausgab und eine viel beachtete Mandelstam-Biographie veröffentlichte (« Meine Zeit, mein Tier », 2003) erschienen unter anderem seine Essays über Poesie mit dem kennzeichnenden Titel « Nichts als Wunder » (2007). Dort war auch der Gedichtband « Novalis im Weinberg » erschienen (2005), aus dem Ralph Dutli eine Textauswahl in die zweisprachige Anthologie « Novalis au vignoble et autres poèmes » übernahm, die im Herbst dieses Jahres bei « Le Bruit du temps » herauskam. […] Emma Guntz
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Les Lettres françaises, 7 novembre 2009 Le mystérieux Jacques Callot Quoi de plus difficile que de conjuguer l'histoire de l'art et la fiction ? En la matière, peu de romans, après Balzac et Zola, sont parvenus à ne pas tomber dans les pièges du genre. […] On peut y ajouter le Renard-Pèlerin de Paulette Choné. Elle a eu l'ambition de faire une « biographie apocryphe ». On découvre le jeune Jacques Callot élève de Jacques Bellange, décorateur du duc de Lorraine, immense graveur et dessinateur d'une folle originalité. Il se rend ensuite à Rome en 1608 pour étudier auprès des Flamands exilés puis s'installe à Florence […]. L'auteur s'est efforcé, dans une langue superbe, de pénétrer la pensée du grand créateur à l'âme tourmentée qui a désiré restituer le monde troublé et violent où il a vécu, avec ses conflits armés, ses chasses aux sorcières, ses cruautés sans nom et sa pauvreté : pour lui, dit l'écrivain, « le monde est à écrire ». Ce monde nous est parvenu dans toute son horreur et toute sa beauté grâce au magistral exercice d'écrire auquel s'est livré Paulette Choné. […] Georges Férou
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Livres Hebdo, n°796, 6 novembre 2009 Du bruit pour Lawrence Antoine Jaccottet publie une intégrale des nouvelles de D.H. Lawrence. Après Ossip Mandelstam, David Herbert Lawrence est le deuxième maître emblématique des jeunes éditions Le Bruit du temps, créées par Antoine Jaccottet. Lorsqu'il travaillait chez « Quarto », Antoine Jaccottet avait déjà piloté un volume consacré à Femmes amoureuses de D.H. Lawrence. Aussi était-il logique que, sitôt installé à son compte, il exprimât derechef sa « passion » pour l'auteur de L'Amant de Lady Chatterley, arbre qui cache la forêt d'une œuvre considérable et encore mal connue en France. Le 27 novembre, Le Bruit du temps publiera donc Étreintes aux champs et autres nouvelles, tome I d'une intégrale des nouvelles de Lawrence. Une première ici, où les nouvelles composées par l'écrivain anglais, une centaine, sont « très éparpillées entre différents éditeurs, explique Antoine Jaccottet, et souvent fort mal traduites ». Ainsi, selon les spécialistes, des Nouvelles complètes en deux volumes, parus en 1986-1988 dans les « Classiques Garnier » et aujourd'hui épuisés. La nouvelle version reprend, pour l'essentiel et dans un ordre chronologique, l'édition scientifique de référence, celle de la monumentale Cambridge Edition of the Works of D.H. Lawrence, quarante volumes parus jusqu'à présent, depuis 1981, aux Cambridge University Press. La traduction a été confiée à Marc Amfreville. Antoine Jaccottet signale qu'il publiera également ses Croquis étrusques au printemps 2010. Étreintes aux champs et autres nouvelles rassemble les nouvelles écrites par Lawrence entre 1907 et 1913, et qu'il n'a pas lui-même reprises dans son premier recueil publié, L'Officier prussien et autres nouvelles, qui constitue le tome II de l'entreprise, à paraître en 2010. Six volumes sont prévus jusqu'en 2015.
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L'Alamblog, 4 novembre 2009 Dionysios Solomos Fable mythologique ou malédiction moderne, La Femme de Zante est un curieux poème grec de l'Hellène Dionysios Solomos disparu en 1857, poète national aussi respecté de son vivant que peu publié. Lui accorder le rang de héraut du peuple aura fait partie, selon Gilles Ortlieb, de sa propre malédiction. Un vrai « type » de poète. Et ce type a laissé à sa mort cette étrange Femme de Zante toute d'imprécation et de bile dont les versions sont aussi nombreuses que possible. On comprend donc que cette publication en français est une gageure, d'autant que le poème, parfois sous-titré Le Songe prophétique du moine Dionysios, était resté inachevé, ou plus exactement fut conclu par son auteur longtemps après sa rédaction dans une tonalité très différente qui le rend in fine un tantinet plus mystérieux qu'il n'est déjà. Alors ? Alors, La Femme de Zante ne manque pas de sel. Nous avons eu plaisir à faire sa connaissance, bien éberlué de découvrir sa terrible figure et nous remercions Gilles Ortlieb de son entremise et son éditeur de son audacieux amour des lettres. Le Préfet maritime
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Pages d'écriture, n°74, novembre 2009 La Femme de Zante de Dionysios Solomos Étrange figure que ce Solomos, adulé de ses compatriotes, statufié en père fondateur de la poésie grecque moderne, mais qui laissa la plupart de ses œuvres inachevées. La plus étrange est assurément celle-ci, écrite autour de 1830, remaniée plusieurs fois, jamais terminée elle non plus et publiée un siècle plus tard. Nous sommes au temps de la guerre d'indépendance contre les Turcs. La figure centrale est une mystérieuse femme, traître à sa patrie, dont la laideur morale est figurée par celle de son corps. Un narrateur, un moine, dit tantôt ce qu'il a vu, tantôt ce qui se passera plus tard, nous décrivant le siège de Missolonghi par les Turcs dans un style d'Apocalypse. Ce qui rappelle un autre texte de la même époque, Visions et miracles du vieux général Makriyànnis devenu à moitié fou, mêlant faits réels et hallucinés. Sacrés Grecs. Un vent de folie parcourt aussi cette Femme de Zante, un vent dont l'amertume, la véhémence noire sont en partie apaisées par la noblesse d'une langue pourtant simple et rude, entre prose, vers et verset, que Gilles Ortlieb traduit avec l'élégante précision qu'on lui connaît. Le même Ortlieb signe une belle et substantielle préface, indispensable pour approcher cette œuvre venue de si loin — bien que la distance entre elle et nous, sidérale, ne fasse que renforcer finalement son charme étrange. Et puisque nous en sommes à saluer les éditeurs, coup de chapeau à celui de cette Femme de Zante, Antoine Jaccottet, dont on connaît le flair, l'audace réfléchie, la rigueur. Et longue vie à ses éditions, Le Bruit du temps. Michel Volkovitch
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La Liberté, 24 octobre 2009 Dionysios Solomos : Curiosité à la grecque Paru au XIXe siècle, sous la plume d'un mystérieux écrivain grec, Dionysios Solomos, promu poète national, La Femme de Zante est une énigme formelle : est-ce une fable misogyne, un flamboyant poème en prose sur la tentation du Mal, une métaphore politique de l'occupation britannique d'alors ? Qu'importe : ce texte étrange est narré par un moine égaré, luttant contre le Malin incarné, peut-être, par une femme, la femme de Zante. Un petit bijou décadent tant la sécheresse théologique y alterne avec des visions extatiques et cadavériques d'une force peu commune. Un livre qui, malgré sa brièveté, ne cesse d'accélérer jusqu'à l'hallucination finale à vous faire frissonner… Jacques Sterchi
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L'Écho des Vosges, 23 octobre 2009 Deux Lorraines écrivain(e)s Renard-Pèlerin de l'universitaire P. Choné se présente comme les « mémoires de Jacques Callot écrits par lui-même ». Le titre est tiré d'un dessin du maître de l'eau-forte qui troque le poinçon pour la plume au soir de sa trop courte vie. Cet « écrivain français » a réalisé « plus de 1500 gravures, au moins autant de dessins », précise l'auteur dans sa postface. Né et mort à Nancy (1592-1635), Callot a bien sûr voyagé : en Suisse, à Rome, à Florence, dans les Pays-Bas et à Paris. On le suit aussi dans sa Lorraine indépendante et tant convoitée par la France voisine : Bainville (« notre maison des champs ») et la vallée du Madon, le comté de Vaudémont, de Houdemont (aux « coteaux couverts de vergers et de vignes ») à Saint-Mihel… On rencontre sa famille, le duc Charles III, Israël Henrriet, Bellange, Deruet, Pierre Woeriot, « le bon voyageur de Neufchâteau », et d'autres amis. Il est question bien sûr de ses œuvres et techniques, de la peste et des misères de la guerre. Tout est vrai ou vraisemblable dans ce « livre de déraison » rédigé pour sa « Mie ». On apprécie les affirmations (« Le monde est à écrire », « Le paysage tutoie le piéton »…) de celui qui éprouve « la douceur d'être vivant ». Quant à la langue prêtée à Jacques Callot, elle suggère habilement la personnalité de l'artiste subtil pour lequel tout est dans le renard-regard. Du grand art.
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Rehauts, n°24, automne-hiver 2009 Ossip Mandelstam : Le Timbre égyptien Est-ce parce que le présent était instable et sans abri que Mandelstam eut recours à Gogol via Dostoïevski pour écrire Le Timbre égyptien, c'est-à-dire à la tradition comme nous le signale Ralph Dutli (le préfacier) et comme nous l'explique plus en détail Clarence Brown (le postfacier) ? Quoi qu'il en soit, cette trame empruntée à la tradition s'avère déchirée, pratiquement en lambeaux comme si la tradition telle quelle était inutilisable dans et pour les temps présents. Le décor temporel du Timbre égyptien est l'année 1917 : Des mencheviks partisants de la défense nationale vont de maison en maison, organisant le service de nuit sous les portes cochères. La vie est terrible et belle ! La tradition, pour tout dire, est complètement cassée. […] Jacques Lèbre
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Froggy's Delight, octobre 2009 Ossip Mandelstam : Le Timbre égyptien Il est terrible de penser que notre vie est un roman, sans intrigue et sans héros, fait de vide et de verre, du chaud balbutiement des seules digressions et du délire de l'influenza pétersbourgeoise. L'Aurore aux doigts de rose a cassé ses crayons de couleur. Ils gisent aujourd'hui comme de jeunes oiseaux, avec des becs beants et vides. Cependant, tout absolument me semble contenir les arrhes de mon délire favori en prose. Si l'on souhaitait mettre ces quelques phrases en forme de sonnet en exergue de la chronique ci-dessous consacrée au poète et essayiste Ossip Mandelstam, c'est qu'elles nous semblent receler à elles seules l'essence même de son écriture, sa richesse, sa beauté jaillissante, sa complexité lumineuse aussi. […] Myriam Aze
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Livres Hebdo, n°793, 16 octobre 2009 Le premier témoin Dès 1949, Biemel-Rounault dénonçait le stalinisme et ses camps. En 1949, paraissait aux édition Sulliver, à Paris, Mon ami Vassia, signé Jean Rounault. Préfacé par le philosophe catholique Gabriel Marcel, qui félicitait l'auteur pour sa « rigueur », et sa « contribution inappréciable » pour « percer à jour le mensonge et les camouflages » du stalinisme, ce livre était un document accablant sur le régime soviétique […]. Rounault maîtrisait parfaitement son sujet : il venait de passer un an dans un camp à Makeevka, dans la région du Donbass (ou Donetz), en Ukraine ! Non pas un goulag, mais un camp de travail où les conditions de vie étaient si exécrables que peu de prisonniers survivaient. […] Mon ami Vassia sommeillait depuis sa réédition chez Plon, en 1952. C'est une excellente initiative de le ressusciter aujourd'hui, dans une jeune maison d'édition créée sous l'égide d'Ossip Mandelstam. Le texte est suivi d'un dossier dû à l'historien Jean-Louis Panné, coauteur du Livre noir du communisme et éditeur de Jan Karski, ainsi que du témoignage d'Anne-Marie Biemel sur son père. Tous deux insistent sur son absence de manichéisme, son amour d'un peuple russe de nouveau victime de la pire des tyrannies. Et l'histoire, bien sûr, lui a rendu justice.
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I Kathimerini (Grèce), 14 octobre 2009 La Femme de Zante en français, 2e tentative Traduire en langue étrangère la prose poétique de Dionysios Solomos, La Femme de Zante, voilà une tâche particulièrement ardue, dont vient pourtant de s’acquitter Gilles Ortlieb, philhellène et traducteur. Spyros Giannaras
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Lexnews, août 2009 Dionysios Solomos, La Femme de Zante La Femme de Zante est un récit bien étrange sous la plume du poète « national » grec Dionysios Solomos (1798-1857). Celui qui fut l’auteur du fameux Hymne à la liberté, et dont les huit premiers vers deviendront l’hymne national grec après sa mort, composa un texte surprenant à mi-chemin entre vision apocalyptique et révélation oraculaire. S’il manque peut-être à ce texte la dimension mystique de l’Apocalypse de saint Jean auquel on le compare parfois, l’aspect augural qui l’inspire lui confère cependant cette évocation d’un monde tourmenté qui annonce le pire. Dionysos Solomos a conçu une narration mettant en avant un personnage mystérieux, cette femme qui réunit des qualifications contraires, jeune et vieille, que l’on écoute et que l’on fuit. Le narrateur lui-même, un moine portant le même prénom que l’auteur, ne saurait avoir un jugement tranché : il la craint, c’est évident, il en a peur, c’est une certitude, mais quelque chose d’ineffable le retient de la condamner à tout prix. […] Cette belle édition illustrée offre avec cette traduction de Gilles Ortlieb (traducteur de Cavafy, Séféris, Mitsakis…) un texte original de cette œuvre particulière dans la création du poète. […]
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Le Figaro, hors-série, octobre 2009 Chardin et Rembrandt par Marcel Proust On connaît les pages de La Recherche sur le maître de Delft. On sait moins qu'à 24 ans le jeune Proust rédigeait un article qui resterait inachevé, comparant le génie de Chardin (qui rend une poire aussi vivante qu'une femme) à celui de Rembrandt (qui dépasse les choses pour éclairer les âmes). Les éditions Le Bruit du temps ont eu la belle idée de publier cette ébauche en un très joli petit livre présenté par Alain Madeleine-Perdrillat. Vincent Tremolet de Villers
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Le Matricule des Anges, n°107, octobre 2009 Les affinités électives Bâti comme une chambre d'échos, Le Bruit du temps, fondé par Antoine Jaccottet, s'affranchit des genres établis pour offrir une première ou seconde vie à des œuvres – toujours contemporaines. De sa voix douce, l'homme parle de défi, de passion, de patience. Et se réjouit de l'accueil réservé à sa maison d'édition, lancée en mars dernier. […] J'aime cette phrase souvent citée d'André du Bouchet : « j'écris aussi loin que possible de moi ». Cela ne signifie pas du tout, dans mon esprit, que « le monde soit fait pour aboutir à un livre » comme l'a écrit Mallarmé, c'est plutôt, à mon sens, que le livre, lorsque l'alchimie a eu lieu, a le pouvoir de rendre le monde extraordinairement présent. Comme le dit Pierre Oster, la littérature est une « machine à indiquer l'univers ». […] Je ne suis pas un arbitre du goût. Je ne défends pas une sorte de classicisme figé. Je ne suis ni un bibliophile, ni un rat de bibliothèque. Je ne veux pas que la maison d'édition soit assise sur un patrimoine… Browning, Auden ou Mandelstam, ce sont des œuvres tellement inventives. […] Il n'échappera à personne que le respect pour la chose littéraire se perd. Mais c'est moins un refus qu'une affirmation que nous défendons : il est encore possible de s'intéresser à des livres exigeants – qui demandent du temps. Je crois à la résistance de petits bastions de lecteurs. Propos recueillis par Philippe Savary
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RiLi, n°13, septembre-octobre 2009 Browning, poète nécromant En 1869, Robert Browning, alors au sommet de sa gloire, publie The Ring and the Book, épopée en vers blancs contant un sordide assassinat dans la Rome des années 1690. Laurent Folliot revient ici, à l'occasion de la publication de la traduction qu'en a proposé Georges Connes, sur cette œuvre poétique hors norme qui, par son style, sa construction, mais aussi sa précision documentaire – Browning s'appuyait sur les minutes du procès – tient une place unique dans la littérature britannique.
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Revue des deux mondes, septembre 2009 Le Timbre égyptien, Ossip Mandelstam Le Timbre égyptien est un récit écrit par Mandelstam en 1927-1928, une période où l'écrivain, considéré comme un paria par la critique soviétique, a renoncé à la poésie. Le contexte transparaît de manière obsédante dans ce texte placé pourtant sous le signe du jeu et de la fantaisie. Au centre du récit, Parnok, personnage gogolien et chaplinesque, gêneur inquiet, toujours en mouvement, détesté des femmes et des enfants. […] Le texte est accompagné de notes, d'une préface de Ralph Dutli et d'une postface de Clarence Brown, dont on saluera les éclaircissements historiques, aussi utiles que passionnants. Pierre Lecœur
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Ouest France, 3 septembre 2009 Mémoires de Jacques Callot Elle aurait pu écrire la biographie de Jacques Callot. Mais l'auteure, Paulette Choné, spécialiste d'histoire de l'art des XVIe et XVIIe siècles, professeur à l'université de Bourgogne, a préféré laisser le soin à l'illustre graveur lorrain (1592-1635) de se raconter lui-même. Elle l'imagine donc rédigeant ses mémoires, seul, à la veille de mourir. L'éditeur, Antoine Jaccottet, souligne « le tour de force particulièrement réussi » par Paulette Choné. C'est, en effet, admirablement écrit et on entre, d'emblée, de plain-pied dans ce récit.
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Le Matricule des Anges, n°106, septembre 2009 Le noir et l'éclat En imaginant les Mémoires de Jacques Callot, Paulette Choné donne aux ombres d'une vie vouée à la gravure, une transparence quasi sonore. Célébré par Hoffmann, par Aloysius Bertrand ou par Alberto Giacometti, fasciné par le « grand vide » dans lequel il fait gesticuler, s'exterminer et s'abolir ses personnages, le graveur Jacques Callot – né en 1592 à Nancy – est de ces maîtres à l'art aussi immédiatement pénétrable qu'indéfiniment mystérieux. Auteur, en dépit d'une vie plutôt brève (il meurt à 43 ans), de plus de 1500 gravures et d'au moins autant de dessins, sa vie releva longtemps du légendaire, et l'image d'un Callot picaresque perdure encore. Mais plutôt que d'écrire sa biographie, Paulette Choné – philosophe et spécialiste de l'histoire de l'art des XVIe et XVIIe siècles – a préféré le laisser se raconter lui-même. Elle l'imagine donc, seul, à la veille de mourir, s'adressant à l'aimée et se souvenant. À la première personne, et en 87 séquences, ces Mémoires apocryphes se présentent comme une succession de souvenirs datés, localisés et revécus avec émotion. […] Surprendre ce qui surgit, suivre son coup d'œil comme son caprice et sa fantaisie – « Ma pointe me fait souvent penser à l'instrument au moyen duquel on élargit la blessure pour y porter remède » –, c'est l'esprit même de ce qui habite l'âme et la main de Callot que nous fait partager Paulette Choné. Avec sensibilité et un sens étonnant de l'empathie. Richard Blin
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Valeurs actuelles, 13 août 2009 Renard-Pèlerin de Paulette Choné Dans un texte inspiré, Henri Focillon (1881-1943), bourguignon et grand historien de l’art, voyait en Jacques Callot, graveur et peintre lorrain du début du XVIIe siècle, « un écrivain français » qui « tient sa pointe comme une plume à écrire ». Mais en dehors de l’œuvre gravé de Callot, il ne reste que quatre lettres. Une lacune qui a incité l’auteur, la meilleure spécialiste actuelle du grand dessinateur, à rédiger ces mémoires apocryphes. Lorsque les universitaires se lancent dans le roman historique, le pire est à craindre. Disons tout net que Paulette Choné a réalisé un chef-d’œuvre. Non seulement elle ne verse ni dans l’anachronisme ni dans le pastiche, mais elle a conçu ces mémoires comme l’art de Callot, un art parfaitement maîtrisé et méthodique. Coule une musique originale, à nulle autre semblable, que l’on conserve en tête, longtemps après avoir quitté ces pages. Frédéric Valloire
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Lexnews, août 2009 W.H. Auden, La Mer et le Miroir Les échos des tempêtes terrifiantes longtemps perdurent après le silence revenu. Le miroir de Wystan Hugh Auden (1907-1973) renvoie cette image incessante de nos échouages et de nos doutes soulevés par les flots déchaînés. Bruno Bayen dans son introduction à l’œuvre rappelle que Shakespeare invitait le public à interroger l’issue de la pièce qui se concluait en forme d’ouverture. W.H. Auden a relevé ce défi en écrivant ce « commentaire », le mot est faible, de la célèbre Tempête du grand poète et dramaturge britannique. La préface de ce long épilogue rédigée par Auden ose cette question : « Oh quelle autorité donne sa surprise à l’existence ? » à laquelle quelques lignes plus loin une réponse sans réponses tente : « Le monde en fait que nous aimons est une étoffe sans substance : Par-delà le mur tout le reste est silence ; Le silence mûrit, Et mûrir, c’est tout. ». […] Il faut découvrir cette écriture si bien rendue par la belle traduction de Bruno Bayen et Pierre Pachet et les heureux maîtrisant la langue de Shakespeare auront tout à loisir le plaisir de lire le texte original. […]
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La Liberté, 25 juillet 2009 Les sonnets d'Elizabeth Publiés en 1850, tour à tour admirés et oubliés, les Sonnets portugais d'Elizabeth Barrett Browning méritent d'être redécouverts. Poétesse respectée de son vivant, Elizabeth souffre pourtant de maladie. Sa vie de recluse obsédée par la mort d'un frère bien-aimé va être illuminée par la cour que lui fait le poète Robert Browning, de six ans son cadet, et qu'elle finira par épouser. […] Et il est vrai qu'Elizabeth écrit ici, entre doute et sensualité retrouvée, tout le miracle de sa vie : se laisser emporter par l'amour. Jacques Sterchi
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Valeurs actuelles, n°3791, 23-29 juillet 2009 La Mer et le Miroir de W.H. Auden Ce petit livre mêlant poèmes et prose se présente comme un codicille à La Tempête : ni plus ni moins, avec une souveraine simplicité qui impose comme une évidence ou presque cet écho d'Auden à Shakespeare. C’est peu dire qu’Auden risquait gros, et il est d’autant plus admirable qu’il ait su trouver sa tonalité particulière, qui fait de cet écho une œuvre originale, où Caliban, le double récusé de l’auteur, vient parler au public à sa place, lire dans ses pensées à sa façon de mauvais génie, démasquer moins les illusions que le régime de leur nécessité et dialoguer avec son double, Ariel, son antithèse, l’elfe dont la perfection rêvée n’existe que par le désir de sa souffrance à lui, l’hôte pénible de la Terre. Auden nous donne ici son testament artistique, sous la forme d’un manifeste de l’art théâtral. Philippe Barthelet
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La Liberté, 18 juillet 2009 Jacques Callot se raconte Au début du XVIIe siècle, l'un des plus grands graveurs de tous les temps va imposer son art en Europe. Mais si son œuvre a été décortiqué et analysé depuis belle lurette, on ne sait pas grand-chose de la vie de Jacques Callot. Ou plutôt on ne savait pas grand-chose puisque Paulette Choné s'est attelée à un curieux mais remarquable exercice : écrire les mémoires apocryphes de l'artiste. Ainsi Renard-Pèlerin (un titre énigmatique mais qui est rapidement expliqué…) parcourt-il toute la vie de Callot, depuis une fondamentale vision onirique jusqu'aux considérations bouleversantes d'un Callot vieillissant sur la guerre, en passant par l'Italie, les cours des puissants, etc. […] Comme si l'homme Jacques Callot était dissimulé, par petits coups de burin, dans ses œuvres. […] Résultat : un récit brillant, savant, à la langue goûteuse, dans lequel il faut se laisser emmener comme dans une gravure. Jacques Sterchi
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La république des livres, 14 juillet 2009 Louons maintenant un nouvel éditeur Il s'est lancé il y a quelques mois, avec une ambition égale à son exigence littéraire, sous la houlette d'Antoine Jaccottet, à l'enseigne « Le Bruit du temps », nom qui n'est pas sans rappeler Ce peu de bruits d'un poète qui ne lui est pas étranger. Ni l'air du temps, ni l'esprit du temps, mais un zeitgeist qui aurait fait un pas de côté. Des livres particulièrement soignés à tous points de vue, comme on prend soin non d'un malade mais d'un bien-portant que l'on ne voudrait pas voir tomber malade. Qualité du papier, finesse de la typographie, générosité de la mise en page, élégance de la maquette… À croire qu'il a juré de provoquer la faillite des livres électroniques. […] Pierre Assouline
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La Croix, 2 juillet 2009 La Mer et le Miroir de W.H. Auden Publié en 1944 à New York, The Sea and the Mirror est un commentaire de La Tempête, dernière pièce de Shakespeare. Il est ici traduit pour la première fois dans son intégralité. Prospero dans l'épilogue de la pièce de Shakespeare s'adresse au public… « Plus d'art enchanteur, d'esprits qui opèrent. » Auden reprend le propos de son illustre aîné et fait parler tour à tour Prospero, les « seconds rôles », Caliban (un long discours en prose), Ariel enfin. Sous la plume d'Auden, la glose se fait elle-même poème dramatique. Et surtout étonnant art poétique, méditation grandiose sur les rapports de la vie et de l'art, sur le Mal et la « riche incohérence d'une nature tout en failles et en incidents asymétriques ». Patrick Kéchichian
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Lexnews, juillet 2009 Marcel Proust, Chardin et Rembrandt Voici un bien joli petit livre consacré à un texte de Marcel Proust agréablement illustré par les peintures de Chardin et de Rembrandt, à moins que cela ne soit l’inverse ! Le propos du célèbre écrivain, amoureux des arts, est en effet de s’adresser à un jeune homme de fortune modeste qui peut tout aussi bien être Proust lui-même, plus jeune, ou nous-mêmes ses lecteurs… Son propos est d’interroger notre rapport à l’art, non point à l’image d’un critique d’art, mais plutôt comme le ferait un poète ou un esthète émerveillé par la beauté, élevée ou moins noble. […] Notre quotidien est là, empli de beauté et nous ne le savons pas ! […] La postface d’Alain Madeleine-Pedrillat vient à point nommé compléter la lecture de ce texte […]. Pour lui, les grands chefs-d’œuvre et les grands discours ne suffisent pas à remplacer « l’incessant travail de recréation que la beauté requiert » et qui sera particulièrement mis en lumière par le génie de Proust quelques années plus tard lors de la rédaction de la Recherche.
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Est Magazine, 21 juin 2009 Sous les traits de Jacques Callot Paulette Choné imagine les mémoires du célèbre graveur lorrain. Une prouesse. À la quarante-troisième année de son âge, alors que « la mort remue familièrement ses os dans mon lit », Jacques Callot se raconte. Le dessinateur et graveur lorrain, né en 1592, disparu en 1635, cauchemarde. La nuit, lui vient en songe l'un des animaux qu'il aimait croquer : le renard-pèlerin. C'est sous ce panache roux que Paulette Choné, qui a été la commissaire de la grande exposition Callot de 1992, publie les mémoires de l'artiste, célèbre pour ses eaux-fortes sur la Guerre de Trente Ans dont « L'Arbre aux pendus ». Un pari d'autant plus osé (et réussi) qu'elle éclaire le personnage d'une lumière joyeuse, contrairement à l'idée que l'on s'en fait à travers ses œuvres les plus connues. Universitaire, familière de l'époque, Paulette Choné reconstruit l'itinéraire du Nancéien de sa ville natale à Florence, Paris et retour, comme s'il s'agissait d'un feuilleton, en 87 épisodes brefs et très enlevés. Elle s'en explique. […] Michel Vagner
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Le Monde des Livres, 19 juin 2009 Sonnets portugais d'Elizabeth Barrett Browning C'est une histoire d'amour légendaire, qui a inspiré des romanciers, et même des cinéastes hollywoodiens. Celle d'Elizabeth Barrett, poétesse très admirée, vivant malade et recluse à Londres, et qui, après un mariage secret avec Robert Browning, fuit en Italie un père tyrannique. « Si tu dois m'aimer, que ce ne soit pour rien / D'autre que l'amour même », écrit-elle dans l'un des quarante-quatre love sonnets composés en vingt mois, jusqu'à leur mariage, en 1846. Ces poèmes témoignent, sous une forme accomplie (inspirée de Pétrarque), d'un bouleversement intérieur et d'une passion frémissante. Rilke, qui apprit l'anglais pour les traduire, les rapproche des célèbres Lettres portugaises. Claire Malroux, s'appuyant sur le texte du carnet manuscrit, fait entendre dans sa traduction le mouvement de la « parole animée » qu'admirait tant Charles du Bos dans ce « rubis poétique ». Elle cite, dans sa préface, Virginia Woolf qui, saluant l'audace de « Mrs. Browning » – cette « iconoclaste consciente, qu'il s'agisse d'art ou d'amour » – soulignait le caractère novateur de sa poésie. Monique Petillon
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Europe, n°962-963, juin-juillet 2009 Ossip Mandelstam : Le Timbre égyptien Les jeunes éditions Le Bruit du temps nous proposent un volume d'une modernité inoxydable, Le Timbre égyptien, seul récit en prose de Mandelstam. Il s'agit de la reprise, avec les légères modifications qui s'imposaient, de la traduction parue en 1930 dans la prestigieuse revue Commerce, deux ans après l'édition originale. Elle est servie à l'époque par Georges Limbour, proche des surréalistes comme de l'univers onirique du poète, et par D.S. Mirsky, fils d'un ministre de l'Intérieur de Nicolas II, qui connaît tous les membres de la génération exceptionnelle de poètes russes que le siècle XXe sacrifiera. […] Ralph Dutli offre une préface inédite et son regard de spécialiste, et l'on trouvera en postface la reproduction d'un chapitre du grand livre de Clarence Brown : The Prose of Mandelstam. […] La pensée reste tranchante comme le patin. Elle est prête à glisser sur l'époque en train de geler. La ville s'écrie (se crie) sur un jeu d'épreuves humides, non un papyrus desséché. Elle respire toujours le caractère vivace de la culture. À lire cette nouvelle édition française du Timbre égyptien, le désir se ravive : que le Temps fasse le plus de bruit possible. Jean-Luc Despax
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Le Matricule des Anges, n°104, juin 2009 Convulsive alchimie Devenu introuvable, le grand œuvre de Robert Browning (1812-1889), L'Anneau et le Livre, est enfin réédité. Ou comment transformer la boue en or. Traversée du temps, de la mer houleuse des hérédités fatidiques comme de la fausse innocence du mal et de ses enchaînements sauvages, il y a de l'épopée, désublimisée mais flamboyante, dans L'Anneau et le Livre […]. Ce que Browning met en scène, en voix plutôt, c'est la relativité des perceptions qu'une même réalité engendre, le tourbillon des conceptions du monde et des visions qu'un même événement peut susciter. […] Penser autrement qu'en conformité avec ce qui se pense […] c'est aussi montrer qu'on ne peut se contenter de voir l'insupportable du monde avec les moyens de la raison, mais qu'il est urgent de l'appréhender en tenant compte des insuffisances et des infirmités de cette raison. Browning s'y emploie en faisant non pas chanter mais s'affronter nos démons et nos anges. […] Le juger, l'agir, le dire, la quête d'une vérité […] telle est la partition qu'orchestre Robert Browning, en mettant les corps etn état de retentir de tout ce qu'ils ont à dire. Car rien n'est plus théâral que la musique de ses mots, comme si Browning ne les multipliait qu'à seule fin d'en jouir. […] Richard Blin
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Le Matricule des Anges, n°104, juin 2009 Sonnets portugais […] Cet ensemble est une anatomie précise et détaillée de l'amour d'une femme pour un homme. Anatomie, où la pudeur cède la place à l'exigence de la vérité sur soi, et où le souci narcissique de livrer un autoportrait flatteur se voit éliminé par la volonté de saisir l'essence du sentiment. […] Cependant, cette analyse non convenue de la passion dépasse les clichés attendus en la matière, notamment celui de l'amour-fusion. Elle intègre toute la complexité du sentiment, à travers des éléments surprenants […]. La tendance à l'abstraction et au raccourci, des irrégularités ponctuelles et calculées (rimes imparfaites, assonances) de la prosodie, un sourcilleux souci de la musicalité, tout comme l'impatiente liberté de l'esprit qui l'orchestre, expliquent l'admiration pour cet auteur d'une Emily Dickinson, dont deux poèmes dédiés à E. Barrett Browning se trouvent en fin de volume, pour ainsi matérialiser la modernité indéniable de cette écriture. Marta Krol
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La Quinzaine littéraire, n°993, 1er-15 juin 2009 W.H. Auden brode sur La Tempête […] Anticipant sur les constructions ludiques du postmodernisme, Auden nous propose une suite à la pièce, un supplément, une réécriture, une mise à distance, une parodie, bref ce que l'on pourrait décrire comme une « broderie » poétique et critique autour de La Tempête. Pourquoi avoir choisi cette pièce pour réfléchir sur l'illusion dramatique et la magie de la création ? Parce que ces thèmes-là sont au cœur même de La Tempête, la dernière pièce de Shakespeare, qui est très connue, souvent jouée, et que l'on considère comme son « testament ». Elle a, de plus, une valeur particulière pour Auden [qui] voit dans La Mer et le Miroir « mon ars poetica, tout comme je crois que La Tempête est celui de Shakespeare ». […] La mer y joue un rôle essentiel, comme chez Shakespeare : elle engloutit les personnages naufragés pour les faire renaître, et finalement faciliter leur retour au pays, après leurs épreuves. Quant au miroir, c'est d'abord le miroir magique qui crée l'illusion théâtrale et donne une image déformée de la vie. Ces deux métaphores entretiennent des rapports complexes tout au long du drame, où Auden réussit cette gageure de révéler les illusions du théâtre tout en exaltant la magie de l'art. Alain Jumeau
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La Quinzaine littéraire, n°993, 1er-15 juin 2009 Henry James sur Robert Browning Ce nouveau livre nous renseigne sur le poète, et plus encore sur le romancier et ses sentiments à l'égard du poète. La Note de l'éditeur, qui ne comporte que quatre pages, mais constitue une mine d'informations, nous rappelle que toute sa vie, James a été fasciné par la figure de Browning, dont il a découvert l'œuvre très tôt. Tout commence donc par l'admiration d'un jeune homme venue du Nouveau Monde, et passionné de littérature, pour un poète anglais prestigieux, d'une génération son aîné. Browning représente pour lui un modèle de réussite. Mais c'est aussi un modèle esthétique, puisqu'il lui empruntera, pour ses romans et ses nouvelles, certaines techniques, comme la multiplication des points de vue sur les mêmes événements et leur caractère « inconclusif », que l'on peut observer dans L'Anneau et le Livre précisément. […] Avec le recul du temps, la différence de génération s'estompe, et maintenant ces deux grands créateurs apparaissent comme des pairs qui ont su, chacun dans son domaine propre, ouvrir les portes de la modernité. Alain Jumeau
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Lexnews, mai 2009 Paulette Choné, Renard-Pèlerin Jacques Callot (1592-1635) fut un maître incontesté de la gravure et de l’eau-forte dans le premier tiers du XVIIe siècle. […] Renard-Pèlerin, nous laissons au lecteur le soin de découvrir la signification de ce titre mystérieux, est le récit de [s]es Mémoires qui ouvrent les portes de l’univers de l’artiste, mais également de l’observateur averti qu’il fut toujours. Nous accompagnons ainsi l’artiste, chronologiquement et à l’image d’un journal, dans la progression de son art et de son époque. Et là, la magie opère ! […] Car c’est l’effet extraordinaire de ces mémoires proposées par Paulette Choné que de nous faire oublier sa part de responsabilité dans ce récit et d’être persuadé que par sa plume, c’est le célèbre artiste qui s’exprime encore dans ces pages inoubliables. Le Renard-Pèlerin est un livre intense qui laisse cette étrange impression d’une présence ayant traversé les siècles et dont il est difficile de se défaire après lecture…
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Le Figaro littéraire, 21 mai 2009 Proust au musée
PROUST avait écrit sur la peinture longtemps avant d’évoquer Botticelli, Vermeer de Delft, Giotto, Renoir dans La Recherche. C’était en 1895 ; il avait vingt-quatre ans, et s’apprêtait à composer Jean Santeuil. Il rédigea deux petites études sur Rembrandt et surtout Chardin. Ces textes inachevés, écrits dans la fièvre, retrouvés après sa mort et restés longtemps inédits, plus tard inclus dans son Contre Sainte-Beuve, annoncent le grand œuvre que l’on sait. […] Toutes les œuvres citées par l’auteur sont reproduites en couleurs : La Raie, Le Buffet, Le Bon Samaritain (alors attribué à Rembrandt), Philosophe en méditation… Thierry Clermont
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Télérama, n°3096, 13 mai 2009 La maison de Jaccottet Lancer une maison d'édition exigeante, Le Bruit du temps, en période de récession : le pari pas si fou d'un traducteur […] « J'aime les séries et les constellations, explique Antoine Jaccottet, les livres qui conduisent les uns aux autres. Mandelstam mène à Isaac Babel, Browning à Henry James, etc. Quant à la question de savoir pourquoi il faut retraduire certains textes… La traduction est un art, mais pas une science. » […] « La cohérence d'une maison d'édition apparaît peu à peu, même si elle n'est pas perceptible tout de suite. Il faut se laisser guider par ses passions. » […] « Mon rêve, c'est que cette maison d'édition fonctionne bien et que, dans quelque temps, on fasse le portrait de mes auteurs plutôt que le mien… » Gilles Heuré
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Télérama, n°3096, 13 mai 2009 Livres : Robert Browning, L'Anneau et le Livre En 1860, chez un bouquiniste de Florence, le poète Robert Browning découvre un petit livre qui contient les minutes d'un procès portant sur un crime commis en 1697 : reconnu coupable du meurtre de son épouse et des parents de celle-ci, le comte Guido Franceschini fut exécuté un an plus tard, avec ses complices. […] Les faits bruts, l'imagination du poète les transforme en or pur, reconstituant « les cœurs qui palpitaient fort » et « la vérité de la vie humaine ». […] Tout ensemble roman policier et fleuve poétique, L'Anneau et le Livre envoûte, grâce à l'inspiration fabuleuse et rusée de Robert Browning, poète enjambant les siècles, secret complice de Sherlock Holmes et de Merlin. Gilles Heuré
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Les Lettres françaises, 9 mai 2009 L'écrivain et son double Les éditions Le Bruit du temps ouvrent leur catalogue avec une nouvelle de Mandelstam publiée en 1930 dans la revue Commerce et depuis lors complètement oubliée. Le nom Le Bruit du temps étant emprunté à un poème de Mandelstam, cet hommage allait de soi. Marianne Lioust Lire l'article.La littérature dans son essence même Entretien avec Antoine Jaccottet réalisé par Jean-Louis Panné.
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Le Magazine littéraire, n°486, mai 2009 Le Cahier critique • Domaine étranger Gide, Hofmannsthal ou Borges admirèrent avec ferveur L'Anneau et le Livre (1868-1869), mais les lecteurs français sont longtemps restés à la porte de ce texte. La toute jeune maison d'édition Le Bruit du temps débute par un coup d'éclat : rééditer, en la corrigeant autant que nécessaire (c'est-à-dire peu) l'unique traduction parue chez Gallimard en 1959, due à l'excellent angliciste Georges Connes. Cette première édition n'avait été tirée qu'à un petit nombre d'exemplaires et s'arrachait il y a quelques mois encore à plus de 400 euros. Inutile de la chercher désormais : la nouvelle édition est bien meilleure ! Elle est bilingue, contrairement à l'édition originale, et accompagnée d'une magnifique préface de Marc Porée, l'un des meilleurs connaisseurs de la poésie anglaise ; l'impression sur papier ivoire, la typographie d'un goût parfait, la reliure idéalement maniable, en font de plus un enchantement pour l'œil. […] Jean-Yves Masson
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Le Clavier cannibale de Claro, 24 avril 2009 Le problème de James En même temps qu'elles rééditent l'immense L'Anneau et le Livre, de Robert Browning, les éditions Le Bruit du temps ont eu la pertinente idée de publier, en un petit volume, trois textes de Henry James portant tous les trois, mais par trois angles d'attaque, selon trois modes de tir complémentaires, comme par trois meurtrières placées à des hauteur du temps et de l'esprit différentes, sur la cible Browning. […] Claro
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Libération, 16 avril 2009 Browning en vers et en droit
Feuilleton : Fallait-il condamner le comte Franceschini, qui assassina sa femme en 1698 ? Réponse du poète britannique Robert Browning dans L'Anneau et le Livre. Infinis trésors de vérité
Hommage : Une « splendeur » saluée par Henry James.
Deux articles de Mathieu Lindon
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La Quinzaine littéraire, n°990, 16-30 avril 2009 Le chef-d'œuvre de Robert Browning L'Anneau et le Livre se présente comme une œuvre monumentale de 21 116 vers répartis en douze livres. En termes quantitatifs, cela représente environ dix pièces de Shakespeare, ou encore le double de l'épopée de Milton, Le Paradis perdu. Il s'agit en fait d'une épopée moderne – d'une œuvre d'une importance capitale pour le XIXe siècle, puisque dès le mois de mars 1869, un critique de la prestigieuse revue The Athenaeum donne le ton en parlant de « l'opus magnum de cette génération, le suprême chef-d'œuvre poétique de notre époque, le plus précieux et le plus profond des trésors spirituels que l'Angleterre ait produits depuis le temps de Shakespeare ». […] Alain Jumeau
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Le Clavier cannibale de Claro, 8 avril 2009 Quand des cœurs palpitaient fort... […] Mars 2009: Le Bruit du temps publie une édition magnifique de L'Anneau et le Livre, signant ainsi et l'acte de naissance d'une maison d'édition exigeante et le retour en grâce d'un texte qui devrait – enfin – trouver non pas sa place – ce serait trop peu – mais une brûlante demeure sur notre table de chevet, non loin des draps défaits. Browning eut le courage d'aller ravir Elizabeth – ayons la passion de lire ce qui survécut au deuil de leur amour. Et maintenant, éteignez votre ordinateur et filez en librairie. Vous savez ce qu'il vous reste à faire. Claro
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Le Matricule des Anges, n°102, avril 2009 Fracture russe En 1928, soit neuf ans après la première révolution bolchevique, paraît en Russie Le Timbre égyptien. […] Composé de phrases aussi compactes et explosives que des grenades, Le Timbre égyptien nous restitue le martèlement halluciné et kaléidoscopique de perceptions, de l'égarement de Parnok à travers la ville à des réflexions elliptiques sur le métier véritable de l'écrivain confronté au devenir de la Russie d'alors. […] Mais cet anti-héroïsme, héritier de Gogol, Mandelstam le retourne contre lui […] : seule l'audace et l'intransigeance que se donne l'écrivain est épreuve de vérité. […]. Emmanuel Laugier
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Le Monde des Livres, 27 mars 2009 Malgré la crise, des éditeurs se lancent [Antoine Jaccottet] a placé sa maison sous les auspices du poète britannique Robert Browning. L'Anneau et le Livre, écrit en vers, fut un best-seller dans l'Angleterre du XIXe siècle, admiré par Henry James, André Gide […]. Pari fou assurément, « mais l'accueil que j'ai reçu des libraires me confirme qu'il y a de la place pour des petites maisons comme la mienne », dit l'éditeur. Il publiera des textes plus courts, d'Ossip Mandelstam, Isaac Babel, D.H. Lawrence ou Henry James, et ne dépassera pas dix titres par an. Avant de se lancer, il a choisi un diffuseur adapté à sa production, Les Belles Lettres. Alain Beuve-Méry
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La Croix, 26 mars 2009 Une journée dans la vie de Parnok Récemment republié, ce texte poétique retraçant une errance dans les rues de Saint-Pétersbourg, est émaillé de souvenirs familiaux du poète russe. Écrit en 1927-1928, après une période de silence, ce très beau texte est le seul narratif du grand poète. En 1922, dans La Fin du roman, il mettait l'accent sur la dislocation produite par l'actualité sur les formes de la fiction. La narration, ici est brisée, pulvérisée en digressions et, confidences de l'auteur, les métaphores et images tourbillonnent, évoquant une apocalypse proche. « C'était l'été Kerensky et le gouvernement de nouilles tenait ses séances. » Pétersbourg entre deux révolutions, février, octobre […]. Francine de Martinoir
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Presse édition, mars 2009 Questions à Antoine Jaccottet Vous venez de créer votre propre maison d'édition, Le Bruit du temps. Quel en est le concept fondateur ? • Quelles sont les difficultés que doivent affronter aujourd'hui les petits éditeurs indépendants ? • Quel type de communication et de marketing allez-vous mettre en place pour faire connaître vos auteurs et votre label ? • Vos projets en 2009 ?
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Lexnews, mars 2009 Interview d'Antoine Jaccottet Antoine Jaccottet a longtemps travaillé aux éditions Gallimard jusqu'à l'année dernière en étant éditeur à la collection Quarto. Il a décidé de franchir le pas et de créer librement les livres dont il avait toujours rêvé. Libéré de certaines contraintes économiques, c'est un plaisir personnel que l'éditeur souhaite faire partager au plus grand nombre. L'acte de naissance des éditions Le Bruit du temps est scellé sous le signe d'une amitié…
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La Croix, 5 mars 2009 Antoine Jaccottet et les « grands oubliés » Le fils du poète Philippe Jaccottet publie ce mois-ci les premiers titres de sa maison d'édition, Le Bruit du temps, où il fait la part belle aux méconnus. Par l'emprunt qu'elle fait au grand poète russe Ossip Mandelstam – mort dans un goulag de Staline, il est l'auteur d'un ouvrage intitulé Le Bruit du temps –, cette maison d'édition toute neuve déclare son niveau d'exigence. […] « Il y a des liens entre les ouvrages que je publie : un livre en appelle un autre, comme une constellation. » Si ce nouvel éditeur entend ne pas se limiter à la poésie, celle-ci incarne à ses yeux la quintessence de la production littéraire : « Il suffit de se retourner : Rimbaud, Baudelaire, Char, Eluard… de qui se souvient-on surtout quand le temps a passé, sinon des poètes ? » G. W.
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Livres Hebdo, 20 février 2009 Gros Plan : Antoine Jaccottet Après un long préambule vagabond qui l'amène d'Oxford à « Quarto », le fils du poète Philippe Jaccottet crée sa maison, Le Bruit du temps, pour publier « des livres pour tous les temps ». Lorsqu'il a installé Le Bruit du temps dans une jolie cour de la rue du Cardinal-Lemoine (« bureaux trouvés par miracle ! »), Antoine Jaccottet s'est aperçu que, de l'autre côté de la rue, avait vécu Valery Larbaud. Lequel avait publié dans sa revue Commerce, en 1930, Le Timbre égyptien, seule œuvre de fiction du grand poète russe Ossip Mandelstam, qui comprend une prose autobiographique intitulée… Le Bruit du temps. Ce ne pouvait être un hasard. Autre miracle, un imprimeur de qualité, Chirat, travaille juste en face du Bruit du temps. Voilà une maison née sous d'heureux auspices […].
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Le Figaro littéraire, 12 février 2009 Le bruit du temps
Antoine Jaccottet, fils du poète, crée sa maison d’édition, Le Bruit du temps, en hommage à Ossip Mandelstam. Objectif : «Donner aux œuvres momentanément tombées dans l’oubli ou négligées par les modes une nouvelle existence matérielle.» Premiers titres prévus pour mars : Le Timbre égyptien, de Mandelstam, et L’Anneau et le Livre, de Robert Browning. Suivront, entre autres, La Mer et le Miroir, de W.H. Auden, Chardin et Rembrandt, de Proust, et les nouvelles complètes de D.H. Lawrence en cinq volumes.
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L’Express, 12-18 février 2009 Jaccottet fait du bruit
Fils du poète Philippe Jaccottet, l’éditeur Antoine Jaccottet, 54 ans, a quitté Gallimard pour se mettre à son compte. Sa maison d’édition, sous un nom emprunté à l’écrivain russe Ossip Mandelstam, Le Bruit du temps, publiera une douzaine de titres par an. Au programme : des textes introuvables, tels que L’Anneau et le Livre, de Robert Browning, et des auteurs contemporains. |










