Dossier de presse

Études, octobre 2017

Poèmes de l’Ermitage et Avertissements

 

 

« Ce matin, au bord de ce fleuve, je m’appuie sur ma canne, / D’innombrables fleurs de pêcher s’en allant au fil de l’eau. » […]

 

Yves Leclair

 

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Le Lorgnon mélancolique, 10 octobre 2017

Ryôkan

 

 

[…] Ermite, poète et moine japonais (de formation zen), Ryôkan, personnage aussi sensible et délicat que facétieux et farfelu, ne cessa de se débarrasser des demeures d’illusion pour mieux s’adonner, seulement muni d’un sac et d’un bol à aumônes, à la contemplation des paysages et des visages, au cours de ses retraites et pérégrinations. […] Voici, complétée de notes très éclairantes, une traduction des 181 Poèmes de l’Ermitage de Ryôkan par l’excellent et très érudit Alain-Louis Colas. Ces quatrains et distiques […] illustrent la vie simple, ouverte à la beauté de la nature et de l’humain, de cet hôte intranquille de l’existence. […]

 

Patrick Corneau

 

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24 heures, 6 octobre 2017

Un Français plonge dans la vie du « Gaston Gallimard suisse »

 

 

Le Vaudois Henry-Louis Mermod a joué, dans l’entre-deux-guerres, un rôle capital dans l’édition romande. L’auteur Amaury Nauroy fait revivre ces années fécondes […]

 

Caroline Rieder

 

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Le Figaro, 5 octobre 2017

Helvétiques

 

 

C’est un livre bien singulier, sous-titré « Récits ». À partir de la célèbre Ronde de nuit de Rembrandt, le jeune Amaury Nauroy a choisi pour son premier livre d’inviter dans sa propre ronde toute une foule de personnages, prétexte chamarré pour nous dire son amour de la poésie […]

 

Thierry Clermont

 

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Siteaudis.fr, 26 septembre 2017

Tal Coat, quatre articles...

 

 

[…] La reprise de quatre articles [de Georges Limbour] autour de Tal Coat — de sa peinture et de son atelier —, accompagnés de trois reproductions en couleurs, aide à découvrir un observateur exceptionnel, amoureux de la peinture de son temps, à qui le mot de Marcel Duchamp, « Ce sont les regardeurs qui font la peinture », s’applique parfaitement […]

 

Tristan Hordé

 

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Lexnews, septembre 2017

Shakespeare et son critique Brandès

 

 

Surprise et découverte ! Le tout premier ouvrage du philosophe russe Léon Chestov vient d’être publié […] aux éditions Le Bruit du temps, éditions audacieuses qui lui ont déjà consacré quelques très beaux titres […]

 

Philippe-Emmanuel Krautter

 

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Novo, n° 45, 27 juin 2017

Ne pas choisir parmi les livres de Jean-Luc Sarré

 

 

[…] Ils sont quelques-uns, les poètes, à s’être imprégnés de la lecture de Jean-Luc Sarré. Tous ne l’avouent pas mais pour qui sait lire, l’influence de cet auteur « demeuré dans l’ombre » comme le qualifie Jean Roudaut est grande. Une ombre portée depuis la haute solitude et qui ne revendique rien. Une ombre, comme celle saluée par les maîtres zen, et dont on sait, depuis Tanizaki, qu’elle possède la vertu, les nuances et la qualité des plus pures clartés.

 

Christophe Fourvel

 

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Georges Limbour, 20 juin 2017

Tal Coat sous l’œil de Limbour

 

 

L’œuvre de Pierre Tal Coat est à la fête cette année, du musée Quesnel-Morinières de Coutances à la galerie Christophe Gaillard à Paris, du Domaine de Kerguéhennec au CAP de Royan et à Cerisy-la-Salle où vient de s’achever le colloque Tal Coat, Regard sans frontières. Le musée Granet d’Aix-en Provence prendra le relais à l’automne. À cette occasion, les éditions Le Bruit du temps font paraître un petit volume contenant quatre textes de Georges Limbour sur Tal Coat, éclairés par une préface de l’historien d’art Pierre Brullé.

 

 

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Les Lettres françaises, juin 2017

Ryôkan, une chambre dans les bois

 

 

Poète relativement tardif par rapport à la grande époque de floraison du waka (poèmes japonais classiques de trente et une syllabes) et moine encore plus anachronique, Ryôkan (1758-1830) est une figure mythique de la littérature japonaise, ne fût-ce que par sa liaison intellectuelle et sentimentale, à la fin de sa vie, avec une jeune veuve qui avait pris le voile, de quarante ans sa cadette. […] Les deux recueils à présent traduits par Alain-Louis Colas […] donnent une image complète de ce nihiliste désabusé qui reprend les grands thèmes bouddhistes […]

 

René de Ceccatty

 

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Le Matricule des anges, mars 2017

Poèmes costumés suivi de Bât. B2

 

 

Deux livres (épuisés depuis un bail), côte à côte. Deux temps compris entre les années d’une fin de royaume, son agonie, ses langueurs (Poèmes costumés), et les paysages urbains de la cité phocéenne (Bât. B2). Deux vues, l’une, comme trempée dans les Mémoires de Saint-Simon, à celle, panoramique, qu’offre le bâtiment B2 sur un ciel croulant, près d’éclater dans les verts de pins ébouriffés... [...]

 

Emmanuel Laugier

 

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Revue des deux mondes, février-mars 2017

Poèmes

 

 

[...] Mieux qu’aucun autre de ses contemporains, Sôseki a su capter l’essence d’un Japon en pleine mutation tout en accordant un soin particulier à son esthétique immuable. [...] Cette recherche spirituelle s’accompagne d’une persévérance dans la solitude, d’une quête vers les hautes exigences du dépouillement : « Rejeter les livres pour ne regarder que les montagnes ! »

 

Charles Ficat

 

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Actualité juive, n° 1420, 19 janvier 2017

La couleur de la douleur

 

 

Comment faire parler un taiseux agoraphobe, peintre maudit qui peignait pour punir la toile comme on écorche une seconde peau et détruisait ses tableaux ? C’est ce à quoi s’est attelé, entre fiction et histoire vraie, l’écrivain et poète Ralph Dutli qui saisit Chaïm Soutine au seuil de la mort [...]

 

 

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Les Lettres françaises, n° 144, 12 janvier 2017

Poétique japonaise et filtre chinois

 

 

[...] Vingt jours avant de mourir, Sôseki écrivait dans ce chinois qui lui était propre et dont le traducteur explicite en notes les échos mystiques : « l’espace et la terre immenses ne sont que détachement. // Les indistinctes couleurs du soir, la lune sur les herbes ; / Les confuses voix de l’automne, le vent parmi les bois. // La vue, l’ouïe, je les oublie, le corps aussi, je le laisse. // J’ai tout le ciel pour chanter mon “Poème d’un blanc nuage”. »

 

René de Ceccatty

 

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Libération, 6 janvier 2017

Sôseki, le long de la Voie

 

 

Les « kanshi », poèmes en chinois classique du romancier japonais Natsume Sôseki [...] écrits tout au long de sa vie, entre 1883 et 1916, sont les traces d’un vagabondage physique et spirituel le long de la Voie. L’auteur de Je suis un chat et Botchan ne s’y occupe que de l’essentiel : « Suivre la Nature et quitter le moi. » [...] La singularité immédiatement sensible de ce recueil doit beaucoup à l’excellente traduction d’Alain-Louis Colas [...]. Et il y a, chose assez rare, une évidente alchimie, faite d’indépendance, entre les poèmes et le très riche appareil critique. Or, l’accès à cette tradition-là est de première importance. On ne dit pas assez combien, dans toutes ses composantes — concision, ellipse, littéralité, etc. —, elle a tout à voir avec la poésie contemporaine occidentale. [...]

 

Louise de Crisnay

 

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Le Matricule des anges, janvier 2016

Poèmes de Natsume Sôseki

 

 

Au Japon, dans les librairies ordinaires, Natsume Sôseki, l’auteur de Je suis un chat, n’est présent que par ses romans. Si j’ai découvert ses poèmes en chinois classique, dans les trois meilleures éditions, pas si anciennes (1966 et 1983), c’est grâce au quartier des bouquinistes de Kanda. [...] Ayant osé me lancer dans cette lecture, et dans la traduction, je me sentais tantôt accablé sous la charge, tantôt par l’espoir de réparer une injustice, stimulé aussi par le plaisir de constater que la face cachée de Sôseki [...] n’était pas moins intéressante que l’autre, et par l’envie de la révéler à des lecteurs qui seraient déconcertés par le contraste entre une œuvre imposante, largement traduite, et une œuvre aux dimensions modestes (207 poèmes), méconnue, mais dont le contenu assez spécial pouvait attirer l’attention. [...]

 

Alain-Louis Colas

 

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thierry-guinhut-litteratures.com, 28 déc. 2016

La destinée poétique de Sôseki, entre kanshi et haïku

 

 

[...] Peut-on parler de poésie autobiographique ? Il s’agit en tout cas, chez Sôseki, d’un parcours de vie, plus exactement intérieure, entre 1867 et 1916, depuis la période estudiantine, jusqu’à la période de Meian, aux visées plus philosophiques, en passant par celles de convalescence et picturale. [...] Ainsi va la libération intérieure de l’ermite, au gré des pas silencieux des mots, laissés au bon entendement de qui veut en écouter la pureté. [...]

 

Thierry Guinhut

 

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Cahier critique de poésie, n° 33-2, déc. 2016

Gilles Ortlieb : Dans les marges / Et tout le tremblement

 

 

[...] Deux petits livres qui disent l’estime et souvent la grande affection de G. Ortlieb pour des auteurs et pour des lieux – et les moments qui ont conduit à leur découverte. Des lieux autant que des auteurs qui font, eux aussi, « une sorte de clan » lié par une souterraine parenté : celle des œuvres fortes qui se dérobent « aux interprétations trop zélées… »

 

Étienne Faure

 

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Revue des deux mondes, déc. 2016-janv. 2017

Le Dernier Voyage de Soutine

 

 

Quel livre et quelle traduction ! Des vies comme celle que nous conte Ralph Dutli, on n’en revient pas. On sort du roman ébloui, sidéré par le voyage, par ces trois jours pendant lesquels Chaïm Soutine, à partir du 6 août 1943, tente de relier Chinon à Paris. [...] La France est occupée, la France est malade de son occupation tout comme Chaïm Soutine, le fugitif, est colonisé par l’ulcère qui le ronge et le tue à petit feu depuis de longues années. [...] Pourtant on ne trouve pas une once de mélancolie dans ce portrait car Dutli, grâce lui soit rendue, sait parfaitement accorder l’euphorie à la détresse de ces trois jours enfiévrés.

 

Bertrand Raison

 

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La Croix, 24 novembre 2016

Saint François d’Assise, miroir de Dieu

 

 

[...] Admirable portrait [...] Chesterton approche au plus près la personne et le visage du saint.

 

Patrick Kéchichian

 

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L’écho-magazine, 16 novembre 2016

Léon Chestov

 

 

« Suivre jusqu’au bout les destinées des individus, autrement dit poser des questions qui excluent d’avance la possibilité de réponses raisonnables quelconques », telle a été l’audace fondamentale de Léon Chestov et le sens de son œuvre. [...]

 

Jean Borel

 

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Valeurs actuelles, 10 novembre 2016

Chesterton, colosse paradoxal

 

 

[...] l’art et la foi ensemble de Chesterton ne pouvaient trouver plus beau sujet [...]

 

Philippe Barthelet

 

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Europe, n° 1051-1052, nov.-déc. 2016

« Une rédemptrice capacité d’observation »

 

 

[...] Si, comme nous le lisions dans Sous le crible, le réel est l’« éternel vainqueur aux points », sans doute peut-on dire de Gilles Ortlieb qu’il détache le réel de sa gangue, qu’il l’éloigne de ses bords protecteurs et rassurants pour l’ouvrir à une fragilité dont nous savons, au fond, combien elle lui est inhérente.

 

Jacques Lèbre

 

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Libération, 18 novembre 2016

Chaïm Soutine, une palette de douleurs

 

 

[...] Soutine délire. Le texte épouse ses torsions et ses hallucinations, rythmées par le ballottage du véhicule. [...] Le procédé nous imprègne de l’intranquillité de Soutine, et nous regardons Paris d’un œil neuf, de son œil à lui. [...]

 

Virginie Bloch-Lainé

 

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L’École des lettres, 11 novembre 2016

Couleurs et douleurs

 

 

[...] Si ce Dernier Voyage de Soutine frappe d’emblée, c’est parce que le style de l’écrivain rend la dimension tourmentée, intense de l’œuvre de Chaïm Soutine. [...] On ne saurait imaginer plus beau cortège.

 

Norbert Czarny

 

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Addict Culture, 10 novembre 2016

Le Dernier Voyage de Soutine

 

 

[...] Un roman fascinant, le premier de Ralph Dutli, poète suisse de langue allemande connu pour ses traductions d’Ossip Mandelstam et la biographie qu’il lui a consacrée. Le recours à la fiction pour partir à la rencontre de Chaim Soutine est particulièrement réussi. L’écriture chaleureuse, habitée du poète, auréole son personnage d'une belle lumière et rend palpable, intense, la force qui se dégage des toiles du peintre. [...]

 

Célina Weifert

 

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Études, novembre 2016

Saint François d’Assise

 

 

Petite merveille que ce livre, bien caché sous le tas de foin médiatique automnal. Sa belle et sobre jaquette qui tire sur les tons crus et doux de Giotto, reproduit la scène de saint François rendant ses vêtements à son père, sans aucun doute la meilleure façon d’illustrer cette hagiographie iconoclaste de Gilbert Keith Chesterton (1874-1936). [...] Les éditions Le Bruit du temps, qui avaient déjà proposé l’époustouflante biographie en vers du poète Robert Browning (L’Anneau et le livre, 2009), offrent ici un portrait décapant, à vif, de François d’Assise auquel il ôte les vêtements des clichés, dans une langue solaire que rend parfaitement la traduction d’Isabelle Rivière. [...]

 

Yves Leclair

 

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Cahier critique de poésie, n° 33, nov. 2016

Alaska

 

 

Longtemps prémédité puis retardé, le voyage en Alaska aura bien lieu. [...] Jean-Claude Caër [...] nous emmène à nouveau vers le nord. Mouvement et observation [...] entre mémoire et imaginaire [...] espace-temps différent « Tout en restant connectés » [...] ce magnifique recueil poursuit le fil progressivement déroulé [...]

 

Etienne Faure

 

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Cahier critique de poésie, n° 33, nov. 2016

La Chambre peinte

 

 

Comme le somptueux poème Alphabet (Ypsilon, 2014), le présent texte obéit à un modèle formel précis, « échiquier invisible » sur lequel Inger Christensen dispose et déplace, selon une suite arithmétique rigoureuse, tous les éléments représentés dans la Chambre des Époux peinte par Mantegna à Mantoue. [...] Les allers-retours entre la représentation picturale et le texte sont constants et, si la fresque de Mantegna recèle des mystères, ils paraissent ici démultipliés dans un jeu de miroirs. [...]

 

Mathilde Azzopardi

 

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Hippocampe, n° 28, octobre-novembre 2016

De la curiosité buissonnière

 

 

[...] La démarche de Gilles Ortlieb se rapproche [...] de l’esthétique japonaise du wabi-sabi, qui se traduit par un amour du vétuste, du désolé, de la dissymétrie, de la décrépitude et de l’altération par le temps, et qui procure un véritable plaisir sensuel et tangible, mais fugace. Ainsi, les pérégrinations recueillies dans ce livre, émaillées de poèmes-cartes postales à la Levet, constituent-elles autant de moments « où l’on n’est plus qu’une surface sensible, impressionnable, en mouvement, l’œil un sténopé et la mémoire une camera oscura, à la pénombre encombrée – le diapason de la perception » [...]

 

Thierry Gillybœuf

 

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Histoire & Liberté, n° 60, octobre 2016

Le Procès Eichmann et autres essais

 

 

Julius Margolin, arrêté en Pologne par l’armée soviétique en juin 1940, fut interné dans trois camps soviétiques. Relâché en juin 1945, il fut relégué dans un village de l’Altaï, puis rapatrié à Varsovie en mars 1946. En septembre 1946, il débarque à Haïfa. [...] Dans la vie très active qu’il mena jusqu’à sa mort, en 1971, ses réflexions tournent autour de quelques thèmes rassemblés dans ce recueil : les camps soviétiques et les camps nazis, dont il analyse lucidement les points communs et les dissemblances, les Juifs (soviétiques et ceux d’Israël), l’engagement des intellectuels. [...] Il faut lire ce recueil. Ayant écouté longuement Eichmann, Margolin avait vu que par son absence de compassion, « dernier degré de l’inhumanité », Eichmann lançait des défis « à nous autres, mous et sentimentaux » [...]

 

 Jeannine Verdès-Leroux

 

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Booquin, octobre 2016

Une épopée sur l’exil, la maladie, la fatalité de la mort

 

 

[...] Ralph Dutli, écrivain allemand, traducteur et spécialiste d’Ossip Mandelstam va choisir le surgissement, le vertige et l’hallucination pour évoquer les événements de l’existence de Soutine et produire ainsi sa plus remarquable et originale biographie. [...] Une épopée sur l’exil, la maladie, la fatalité de la mort, mais aussi sur l’art et la littérature. Extraordinairement riche, sensible, il rend hommage à ce peintre tombé dans l’oubli et révèle un auteur subtil.

 

Christine Larrouy

 

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Bigre Magazine, octobre 2016

Le Dernier Voyage de Soutine

 

 

[...] Un des livres les plus étranges et lumineux de la rentrée !

 

Charlotte Desmousseaux

 

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Télérama, 24 octobre 2016

Le Dernier Voyage de Soutine

 

 

[...] Dans ce roman, Ralph Dutli plonge dans les rêves et les cauchemars de l’artiste. Il suit les méandres de la vie d’un homme torturé et isolé parmi une humanité qui est assassinée. Ceci n’est pas une biographie mais une itinérance, majestueuse et poétique, dans les couleurs et les pensées d’un homme en quête de ce que lui seul pouvait comprendre.

 

Gilles Heuré

 

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Libfly.com, 17 octobre 2016

Le Dernier Voyage de Soutine

 

 

[...] Le Dernier Voyage de Soutine est un roman sur l’exil, la maladie, la mort, mais aussi sur l’art et la littérature. Immensément riche, poétique, il rend hommage à un peintre trop méconnu et il révèle un génial auteur, Ralph Dutli.

 

Anna Potocka

 

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Sitaudis.com, 17 octobre 2016

Le Dernier Voyage de Soutine

 

 

[...] Ce récit de Ralph Dutli traduit de l’allemand d’une main de maître — nouveau Bardo Thödol, « livre des morts », « livre du passage » —, ce récit psychopompe, qui délivre aussi un brillant cours d’hématologie, se livre en camaïeu bicolore : un vitrail en blanc — suaire des communiants, tablier des apprentis pâtissiers et lait crémeux enrichi à la poudre de bismuth dont il se délecta — et en rouges — Ses saints patrons ont nom : cinabre, carmin, sang-de-dragon, ocre rouge, rouge indien, rouge de mars, rouge pompéien, pourpre, amarante, rouge cerise, garance, rubis, incarnat. [...]

 

Jacques Barbaut

 

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Rehauts, n° 38, octobre 2016

Alaska

 

 

[...] Aussi, soudain nous comprenons : dans le flottement du voyage, les poèmes servent de lest.

 

Jacques Lèbre

 

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La Nouvelle Quinzaine littéraire, octobre 2016

La couleur et la douleur

 

 

Dans un exercice biographo-romanesque de haute volée, l’écrivain allemand Ralph Dutli nous plonge au cœur des derniers jours de la vie de Chaïm Soutine, l’un des grands peintres du XXe siècle. Un pari difficile que relève avec conviction ce récit fougueux, à la fois libre et précis. [...] Le Dernier Voyage de Soutine est un livre bouillonnant, empathique (saluons la belle traduction de Laure Bernardi), où l’arrière-plan historique et le travail du biographe se fondent en une proposition forte. [...]

 

Frédéric Fiolof

 

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Télérama, 12 octobre 2016

Saint François d’Assise

 

 

[...] Cette biographie du fondateur de l’ordre franciscain vaut le détour pour la langue à la fois onctueuse et tranchante de son auteur, G. K. Chesterton (1874-1936), restituée dans la belle traduction originelle d’Isabelle Rivière, soeur d’Alain-Fournier et épouse de Jacques Rivière. [...] Chesterton replace saint François d’Assise dans la lumière de son époque, le début du XIIIe siècle, où bouge « quelque chose de vivifiant bien que de glacé encore, comme un vent qui souffle entre les déchirures des montagnes ». [...]

 

Marine Landrot

 

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En attendant Nadeau, 11 octobre 2016

Une vie dans le rouge

 

 

[...] Ce que nous lisons est le récit de sa vie, récit désordonné, vécu dans la souffrance des derniers jours par le héros qui se rappelle : visages, lieux, toiles sont les véritables repères. L’écriture de Ralph Dutli suit le rythme chaotique du voyage clandestin, et rend celui, tourmenté, de la peinture de Soutine. Une écriture romanesque qui fait écho à celle du grand biographe de Mandelstam. [...]

 

Norbert Czarny

 

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L’OBS, n° 2709, 6 octobre 2016

Le corbillard de Soutine

 

 

[...] les volutes du passé et celles du délire se mêlent. L’écriture de Ralph Dutli, tout à la fois sobre et poétique, épouse merveilleusement les méandres de cette vie extraordinaire. Quel tableau ! [...]

 

Bernard Géniès

 

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L’Internaute, 5 octobre 2016

Le Dernier Voyage de Soutine, peintre à l’estomac

 

 

[...] Ce magnifique roman est une plongée dans la conscience d’un homme qui fuit les épanchements. Un déversement d’obsessions dans un maelström de mots. De la couleur comme de la lave, vert-orange-rouge, appliquée d’un geste plein de panique et de rage. Ralph Dutli est convaincu que le roman est une école de scepticisme. Mais il est aussi une façon de partager une expérience, une allégorie de notre destinée. Ici, le lecteur chemine avec un artiste majeur en route vers la mort et l’espérance, cette éternité colorée de la peinture. [...]

 

Frédéric Chef

 

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Le Patriote résistant, n° 911, septembre 2016

Une affaire d’idéal

 

 

[...] « ... “Lorsque j’ai reçu l’ordre d’agir contre les Juifs, je n’y étais pas préparé, j’étais comme un petit enfant… Je me suis mis à réfléchir… Et lorsque j’en ai compris la nécessité, j’ai accompli ma tâche avec tout le fanatisme que je pouvais escompter de moi-même en tant que vieux national-socialiste [...] ”. Vous l’avez bien dit ? — Je ne sais pas… Je n’en ai pas la moindre idée… Je ne m’en souviens plus… » [...] « ... Eichmann est un homme terrifiant [...]. Il est le messager d’un autre monde, un monde impitoyable ; bourreau d’hier, prisonnier d’aujourd’hui, et demain, de nouveau, un ennemi ressuscité et implacable. Nous pouvons le juger et le condamner, mais nous ne pouvons vaincre le mal ambiant tant que les hommes de ce type se multiplient et prospèrent dans le monde. » Propos prophétiques pour notre temps ! Il faut lire Jules Margolin qui fut un grand défenseur de son peuple, un humaniste épris de vérité et un adversaire absolu des camps soviétiques où il vécut cinq ans d’internement [...]. Son combat pour la vérité est toujours le nôtre aujourd’hui.

 

Franck Schwab

 

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Famille Chrétienne, n° 2019, septembre 2016

Chesterton sur tous les fronts

 

 

[...] Dans la même veine reparaît l’un de ses chefs-d’oeuvre, Saint François d’Assise, dans la traduction qu’en avait donnée Isabelle Rivière en 1925. Avec sa forte intuition, Chesterton permet au lecteur de saisir d’emblée ce qui caractérise la démarche franciscaine : la joie surnaturelle. [...]

 

Philippe Maxence

 

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Blog Le Lorgnon mélancolique, 27 septembre 2016

Le Dernier Voyage de Soutine

 

 

Je n’ai cessé ici de déplorer, dénoncer l’incroyable, l’incompréhensible amnésie dont souffre l’œuvre de Soutine (1893-1943) en France aujourd’hui – en dépit de quelques belles et mémorables expositions récentes. Certes, il y a d’honnêtes et sérieux travaux documentaires de type biographique sur cette vie chaotique, nimbée de tragique. [...] On attendait néanmoins un livre qui fasse flamboyer aux yeux de tous cette fusée dans le ciel de la peinture dite « rétinienne ». Il nous vient du monde alémanique avec Ralph Dutli qui a plusieurs cordes à son arc puisqu’il est poète, traducteur, romancier, biographe. [...] C’est avec le regard d’un poète – qu’il est lui-même aussi – qu’il fait revivre Chaïm Soutine, dans un extraordinaire roman Le Dernier Voyage de Soutine, paru fin août en France dans une belle et opportune traduction publiée par Le Bruit du temps [...]

 

Patrick Corneau

 

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Le Temps, 17 septembre 2016

Soutine, toute une vie en 24 heures

 

 

[...] Le Dernier Voyage de Soutine, du Suisse Ralph Dutli, commence quand le corbillard se met en branle, entre envol de pigeons et parfum de tilleul. Le lecteur ne sait pas encore, à ce stade, la puissance du kaléidoscope d’émotions, de couleurs, de visions qui va se déployer durant le lent cheminement. Il ne sait pas non plus que, bientôt, le fourgon mortuaire s’envolera et que Soutine, dans le délire de la fièvre et de la morphine combinées, verra sa vie défiler, du shtetl misérable de son enfance biélorusse aux années fastes parisiennes, quand Montparnasse était le cœur battant du marché de l’art. [...] Premier roman de Ralph Dutli, célébré comme traducteur et biographe d’Ossip Mandelstam, il est, sans conteste, l’une des plus éclatantes et l’une des plus marquantes réussites de cette rentrée littéraire 2016. [...]

 

Lisbeth Koutchoumoff

 

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La Liberté, 17 septembre 2016

Chaïm Soutine, dernier voyage

 

 

Beau défi que celui relevé par l’écrivain alémanique polyglotte. Redonner vie à la figure du peintre des paysages de guingois, des carcasses d’animaux et des gens simples [...] D’une grande justesse dans l’approche des personnages et des soubresauts de l’époque, le roman déroule le destin d’un peintre hors du commun, longtemps voué à l’obscurité. Celle-là même qu’il retrouve en bout de course dans la nuit de cette Citroën sillonnant les petites routes de France vers un salut improbable. [...] De bout en bout, le livre, en lice pour le prix Médicis étranger, capte et emporte le lecteur, dressant le portrait d’un homme certes torturé, mais animé par la quête du feu sacré. [...]

 

Alain Favager

 

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Le Matricule des anges, n° 176, septembre 2016

Les couleurs sont des douleurs

 

 

[...] Grâce à ce rien magique qu’est la littérature, un voyage vers la mort peut devenir une sorte d’allégorie de la vie humaine. Nous sommes le 6 août 1943 et l’ulcère dont Soutine souffre depuis des années vient de percer la paroi de son estomac. Libérés, les sucs gastriques envahissent la cavité abdominale. Il faut l’opérer d’urgence mais son « ange noir », Ma-Be, sa dernière compagne, « une de ces muses à moitié folles dont les surréalistes étaient friands », l’ex-femme de Max Ernst, refuse que la chose se fasse à Chinon où ils se cachent pour échapper à l’occupant allemand. Elle opte pour une clinique parisienne et imagine de le cacher dans un corbillard pour le conduire jusqu’à la capitale. Une errance interminable et épuisante durant laquelle Chaïm Soutine, « bercé de morphine cotonneuse », et en proie aux délires de la fièvre, se remémore des pans entiers de son existence. [...]

 

Richard Blin

 

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Le Télégramme, 2 septembre 2016

Et tout le tremblement

 

 

Chacun peut regarder, mais il n’est pas donné à tous d’y voir quelque chose et de dénicher du sens. Lucide, drôle, jamais complètement désenchanté, Ortlieb, homme du pas de côté et du chemin de traverse, y parvient à merveille. À partir de « presque rien », il tisse le filigrane sur lequel des mots funambules oscillent entre son monde et le Monde. D’une enseigne, d’un accident architectural, d’une triste chambre d’hôtel ou des petits noms de rue de Paris, il traduit le pathétique, le dérisoire ou simplement l’humanité d’une époque en errance. [...]

 

Jean-Luc Germain

 

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Georges Limbour, 31 août 2016

Le Dernier Voyage de Soutine de Ralph Dutli

 

 

Cette semaine, Le Monde des livres a sélectionné 4 livres de la rentrée littéraire, dont le roman de R. Dutli [...] Dès 1944, dans la revue qu’il dirige, Le Spectateur des arts, le critique Georges Limbour évoque le peintre Chaïm Soutine [...]. Plus tard, en 1946, on peut lire, dans le journal Paysage [...] « La galerie du Bac a également rangé Soutine parmi les expressionnistes. Je ne suis pas d’accord avec elle et trouve qu’il y a ici un abus de langage. Soutine est assurément un peintre totalement subjectif, qui a exprimé, par des déformations parfois voisines de celles du délire, sa vision passionnée et tourmentée de l’univers. Il nous a laissé les images bouleversées des choses en lui-même. » [...]

 

 

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L’Express, 26 août 2016

Rentrée littéraire : les peintres à l’honneur

 

 

[...] Soutine. Intéressant dispositif que celui imaginé par le poète et romancier Ralph Dutli pour raconter la vie de l’expressionniste Chaïm Soutine (1893-1943). Toute l’action de son livre Le Dernier Voyage de Soutine (Le Bruit du temps) se déroule dans un corbillard qui traverse la France occupée et le mène, bouillonnant de fièvre, à moitié inconscient, dans une clinique de la capitale où il doit en urgence être opéré. Là, allongé dans un véhicule cahotant, lui reviennent des pans entiers de son existence [...]. L’écriture est très belle, raffinée, précise. Elle met superbement en lumière ce peintre des paysages tourmentés qui, arrivé de Lituanie à Paris à la veille de la Grande Guerre, offrira à la France une oeuvre inoubliable. [...]

 

Estelle Lenartowicz

 

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Le Monde des livres, 25 août 2016

Ralph Dutli, haut en couleurs

 

 

L’écrivain suisse allemand, polyglotte et érudit, place le peintre Chaïm Soutine au centre de son premier roman. Au musée de l’Orangerie, à Paris, il évoque avec fougue l’artiste russe et ses dernières heures. [...] Mi-vrai mi-(ré)inventé, son livre est à la fois filmique, biographique, poétique et ultra-romanesque. Un régal où tout se mêle, histoire de l’art et histoire tout court, mots, images, délires, cauchemar, fièvre de peindre. Ce qui reste à la fin, c’est ce que ce Soutine appelait « l’unique solution ». « La religion » ou la drogue de la couleur. Tout ce qui pigmente et pimente la vie. [...]

 

Florence Noiville

 

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Le Figaro.fr, 23 août 2016

Le Dernier Voyage de Soutine

 

 

Caché dans le corbillard qui le conduit de Chinon à Paris pour y tenter l’opération qui seule peut le sauver de l’ulcère à l’estomac dont il souffre depuis des années, le peintre Chaïm Soutine, durant les 24 heures que va durer le trajet, se remémore, en un flux d’images parfois délirantes provoquées par la morphine, toute son existence. À demi fictif, à demi historique, le roman relate ainsi les divers épisodes de la vie de Soutine, depuis qu’il a choisi d’enfreindre l’interdit qui frappait les images dans le shtetl de son enfance : le rêve de devenir un grand peintre, poursuivi de Vilnius à Paris. [...]

 

 

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L’Internaute, août 2016

Gilles Ortlieb et tout le tremblement

 

 

Dans les années 1870, les peintres cherchaient à fixer la lumière et de fugitives impressions. Ne pas s’attarder sur le motif, éterniser quelques coups d’œil entre deux trains. Gilles Ortlieb n’est pas à proprement parler ce qu’on appelle un écrivain voyageur – pas de pérégrinations au très long cours –, il collectionne les paysages ici ou là – Psychiko, Episkopi en Grèce, Porto, Istanbul, Luxembourg, Paris, Dudelange… – pour nous adresser des cartes postales qui sont aussi des aquarelles exécutées avec toute la vivacité requise. Peu importe, donc, la destination : il s’agit de conférer au très proche des allures de pays lointain ou, à l’inverse, de convertir l’étranger au voisin. Toute ville, tout pays, toute rue suintent l’exotisme, c’est le regard qui opère la traduction en mots et en couleurs. [...]

 

Frédéric Chef

 

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La Liberté, 13 août 2016

Gilles Ortlieb, éclairer la pénombre des lettres

 

 

Gilles Ortlieb, dans un bel essai nommé Dans les marges, entreprend une noble tâche : celle de vouloir raviver des personnalités littéraires à la gloire silencieuse et de faire réentendre la voix des poètes injustement oubliés. [...] L’auteur structure son essai par les différents voyages géographiques ou littéraires qui l’ont amené à ces ombres pourtant rayonnantes et s’applique à poursuivre l’humble ambition d’Emmanuel Bove, l’un des poètes au sommaire : « ne revendiquer rien d’autre que le partage furtif de quelques destinées ». [...]

 

Matthieu Corpataux

 

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Tageblatt, n° 164, juillet-août 2016

Chemins de traverse
Nouvelles pérégrinations de Gilles Ortlieb

 

 

Et tout le tremblement et Dans les marges, deux titres parus chez Le Bruit du temps qui marquent le double retour de Gilles Ortlieb. La marche, la promenade, les pérégrinations, toujours et encore : inlassablement, Gilles Ortlieb nous emmène dans ses voyages à travers l’Europe et les livres. Si Dans les marges, le voyage est surtout littéraire, Et tout le tremblement nous fait parcourir le Portugal, la Lettonie, les îles grecques, Paris et Bruxelles, et d’autres lieux encore. [...]

 

Alexandra Fixmer

 

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Lire au lit, 6 juillet 2016

Flush : une biographie de Virginia Woolf

 

 

Dans une lettre datée du 23 février 1933 et adressée à une de ses amies, Virginia Woolf explique qu’elle est sortie épuisée de la rédaction de son ambitieux roman : Les Vagues et profondément touchée par la disparition de son ami l’écrivain biographe Lytton Strachey, auteur de Victoriens éminents. Elle souhaite lui adresser un dernier clin d’œil à travers un nouveau projet qui l’amuse beaucoup : écrire la biographie du chien de la poétesse Elizabeth Barrett Browning (1806-1861) dont elle lit la correspondance. [...]

 

Marie-Laure Vanier

 

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Le Monde des livres, 1er juillet 2016

Hier à Zante

 

Perspicace, opiniâtre, Gilles Ortlieb observe et prend des notes, dans ses carnets de route, prompt à débusquer l’étrangeté, de Lisbonne à Bruxelles, de Sedan à Artemida, en Attique. « Ces moments où l’on n’est plus qu’une surface sensible, impressionnable, en mouvement, l’œil sténopé et la mémoire une camera oscura, à la pénombre encombrée — le diapason de la perception. Mais voir peut-il suffire si l’on ne sait pas interpréter ? » [...]

 

Monique Petillon

 

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La Croix, 30 juin 2016

Procès et autres essais de Julius Margolin, conscience concentrationnaire

 

Ayant échappé à la Shoah et aux persécutions du Goulag, Julius Margolin s’impose, quarante-cinq ans après sa mort, en vigie des horreurs. [...]

 

Antoine Perraud

 

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En attendant Nadeau, 26 juin 2016

Les scélérats, les brutes et les salauds

 

Avec Le Procès Eichmann et autres essais, traduit du russe, édité et remarquablement présenté par Luba Jurgenson, les éditions Le Bruit du temps poursuivent leur travail de publication de l’œuvre de Julius Margolin (né à Pinsk en 1900, mort à Tel Aviv en 1971), après Voyage au pays des Ze-ka (2010) et Le livre du retour (2012). [...] Si le titre met en valeur le cœur du livre – la chronique du procès Eichmann que Margolin publia entre 16 avril et le 17 août 1961 dans le Novoïe Rousskoïe slovo, le journal des exilés russes à New York –, la présence dans le même recueil de textes ayant trait, entre autres, à sa participation comme témoin au procès pour diffamation que David Rousset avait intenté en 1950 au journal Les lettres françaises qui l’accusaient d’avoir inventé les camps soviétiques, permet de comprendre la singularité de son regard sur Eichmann, sur le déroulement du procès de Jérusalem et sa compréhension du nazisme. [...]

 

Martine Lebovici

 

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Times Literary Supplement, 15 juin 2016

Fertile Contradiction - The Perplexing and Absorbing Letters of Nicolas de Staël

 

With the exception of one written at the age of eleven, and three from the war years, Nicolas de Staël’s letters span two periods in the painter’s life: the three summers spent travelling in Holland, France and Spain as an art student in the 1930s, followed by sixteen months in Morocco and Algeria; and the ten years between the end of the Second World War and his death in 1955. The early ones, particularly the letters addressed to his foster parents while he was in North Africa and engrossed in Delacroix’s Journal, are more fulsome and outward-looking, and, in addition to telling us a good deal about his early tastes in painting (Rembrandt, Frans Hals, Velázquez, Titian, El Greco, Van Gogh) and his love of Moorish architecture, afford many of the incidental pleasures of any good travelogue – among which a long synaesthetic description of a visit to the cave paintings at Altamira (the damp, the dark, the iron door; the keys, the lamp, the brunt of the low, painted ceiling) and a mosaic of little asides on Berber civilization, the rise of Hitler’s Germany and the resurgence of Islam. The later ones, which make up the main body of the book, are more staccato in style and mostly concerned with his own career as a painter. [...]

 

Mark Hutchinson

 

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Le Matricule des anges, n° 174, juin 2016

Ce qui importe le plus

 

L’œuvre de Léon Chestov (1866-1938), en s’attachant à déconstruire et à bouleverser nos certitudes, souligne le vide qui bée sous nos pieds. Sa lecture est une mise à l’épreuve passionnante. « Le caractère essentiel de la vie est l’audace », écrivait Léon Chestov. Sur la balance de Job, huitième tome de ses Œuvres complètes réédité par Le Bruit du temps, est une captivante plongée au cœur de cette pensée singulière et inquiète. Dense et inquisiteur, ce volume se fait l’écho d’une philosophie hantée par l’incertitude, la mort et la littérature. [...]

 

Camille Cloarec

 

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Le Matricule des anges, n° 174, juin 2016

Les ambulations gratifiantes

 

Double parution pour un Gilles Ortlieb désormais consacré : de nouveaux itinéraires et des hommages littéraires renouvelés. [...] À travers les catalogues des maisons Obsidiane, Gallimard, Théodore Balmoral ou Finitude puis Le Bruit du temps à partir de 2014 et la réédition de Soldats et autres récits, Gilles Ortlieb semble avoir maintenu un programme « Search and describe » : chercher et décrire l’œuvre de ses pairs dans le recueil augmenté des articles rédigés Dans les marges des livres chers à son cœur et, dans le recueil de ses « départs », chercher et décrire ces moments où son regard se pose sur les paysages qui l’accueillent et lui fournissent la surprise, le songe, la réflexion, l’amusement Et tout le tremblement, ce qui met la littérature en marche. Sur les « sentiers insoupçonnables » de Porto à Zante (île ionienne) en passant par Naples et Zante (Lettonie), il y prend acte des beautés et mystères que lui offre le monde. [...]

 

Propos recueillis par Éric Dussert

 

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L’Ours, n° 459, juin 2016

Rousset, Margolin en toute vérité

 

Voici deux livres qui paraissent simultanément comme en écho à la rencontre de leurs deux auteurs à l’occasion du retentissant procès qu’intenta David Rousset contre Les Lettres françaises, hebdomadaire communiste dans lequel Pierre Daix (1922-2014) l’avait accusé d’avoir inventé les camps de concentration soviétiques. C’est le 9 décembre 1950 que Julius Margolin, qui vient de publier son témoignage, sur les camps soviétiques, y dépose. Après le Procès Kravchenko (janvier-mars 1949), c’est le second moment où les communistes français tentent d’imposer publiquement la négation de l’existence, ô combien réelle, des camps. Face à eux, David Rousset, donc. Un ancien militant trotskiste qui l’était encore lorsqu’il fut arrêté le 12 octobre 1943 par le Gestapo dans le cadre d’un travail d’incitation à la désertion de soldats allemands. [...]

 

Jean-Louis Panné

 

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En attendant Nadeau, n° 9, 4 mai 2016

Que veut Chestov ?

 

[...] Des pages passionnantes sur Dostoïevski, Gogol, Tolstoï, et le rapport de leurs œuvres avec ce qu’ils cherchent à exprimer d’eux-mêmes. De justes remarques sur l’autobiographie qui souvent exprime moins la vérité profonde de l’auteur que ce que la société attend, sinon « exige », de lui. [...] « Le vrai est loin, devant nous, derrière nous. Une seule voie y mène, et personne ne l’évitera. » Auprès de Chestov, on a le sentiment que le vrai est déjà là et qu’il nous sollicite, qu’il nous presse. Peut-on alors continuer, à cette lecture, peut-on continuer en faisant semblant de ne l’avoir pas lu, à « s’arranger pour le mieux » dans la vie et même la philosophie ? Jusqu’à quand ? [...] Ainsi, il faut lire et relire, toujours dans « Audaces et soumissions », le paragraphe XIV (« La mort et le sommeil ») : c’est le fléau de la balance. « Les vraies questions philosophiques », pour lui, se forgent dans les passions, au cœur même des passions [...] « Les vraies questions philosophiques » ne sont pas à laisser à la raison [...], tout juste bonne à servir son thé et ses vieux biscuits. Chestov repousse, établit, mesure sans relâche l’écart entre la parole d’un homme (surtout d’un philosophe) et la réalité de ce même homme. Il prend bonne note des trahisons. [...] L’indifférence n’est pas son principe. [...] Et pour voir et pour avancer, non pas selon le savoir et la surface des choses (« votre évidence n’est que votre cécité »), mais selon le ravissement (« raptus »), Chestov est un guide dans nos Enfers. Il multiplie les délivrances.

 

Christian Mouze

 

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Archéologia, n° 543, mai 2016

Voyage en archéologie

 

Publié deux ans après la mort de l’auteur, Le labyrinthe au bord de la mer vient d’être réédité (en version révisée). Et quel livre ! Cette « réflexion sur les valeurs poétiques et esthétiques de la civilisation antique et leur réception contemporaine » offre sept essais très différents et d’un genre pas vraiment défini, entre le récit de voyage, le précis d’architecture et le recueil de mythes et légendes – de celles et ceux qui, à l’image des hommes, qu’ils soient commanditaires ou ouvriers, ont fait naître ces monuments de l’Antiquité grecque et latine. [...]

 

 F. B.

 

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Le Matricule des anges, n° 172, avril 2016

Avancer en eaux profondes

 

Starlite Terrace, c’est le nom d’une résidence sur Ventura boulevard dans un quartier de Los Angeles. C’est là que s’écoulent les jours de quatre de ses habitants à la retraite — Rex, Moss, Gary et June. Chacun a eu une vie plus ou moins liée à l’industrie cinématographique d’Hollywood, à l’aune de son aura mythique. Du reste, les films — l’amour du cinéma — sont les passages intérieurs qui conduisent sur les terres de l’écrivain Patrick Roth [...] lui-même critique de cinéma et réalisateur [...] Le style singulier de Patrick Roth est là qui opère : les phrases élégantes portent comme un courant irrésistible tout en sinuant dans un rythme parfois alenti. [...] Les histoires, semble nous dire Roth, sont des signes, des épiphanies, et partant, des amarres dans les flots déchaînés du temps [...]

 

 Sophie Deltin

 

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Le Matricule des anges, n° 172, avril 2016

Alaska

 

C’est sur le territoire de l’Amérique russe, comme on appelait l’Alaska au XIXe siècle, que Jean-Claude Caër se rend. Le saut dans un temps pur d’altération s’apparente ici à un plongeon en apnée vers une autre rive, ou vers ces « îles de la frontière entre les mondes » [...]. Quelques rêveries ethnographiques, la lecture de Kipling et des voyages de Montaigne [...] « Quelques points lumineux / Clignotent rouge vert orange / Dans la nuit leurs reflets / Sur l’eau noire glacée / Quelques lieux fixes / Et le bourdonnement des usines... » ponctuent le temps vieux, juste avant qu’il ne fonde comme un sucre lent et n’emporte la couverture de glace bleu dur de la terre entière…

 

E. L.

 

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Initiales Magazine, n° 3, avril 2016

Howards End

 

Que tous ceux qui pleurent d’avance la fin de Downtown Abbey, qui ont déjà réservé pour leurs prochaines vacances un cottage dans le Derbyshire et connaissent par cœur l’œuvre complète de Jane Austen soient rassurés : il leur reste peut-être un chef-d’œuvre classique de la littérature anglaise à découvrir [...] Howards End de E. M. Forster, publié outre-Manche en 1910 et superbement réédité en 2015 par les éditions Le Bruit du temps [...] à la fois un grand roman de mœurs [...] et un grand roman social sur les rapports de classes, un portrait d’une Angleterre en pleine mutation, en pleine modernisation [...] l’un des plus grands romans du XXe siècle [...]

 

 Nicolas Seine

 

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Hippocampe, n° 25, mars-avril 2016

Plonger en soi-même

 

[...] À la fin des années cinquante, Lydia Tchoukovskaïa, fille d’un célèbre auteur pour la jeunesse, proche de toute l’intelligentsia de son temps, fort connues pour ses entretiens avec Anna Akhmatova, compagne de deux hommes déportés par le pouvoir stalinien, livre un récit fascinant de sa solitude, de la douleur qu’elle y éprouve intensément, et de l’impérieuse nécessité de « descendre dans les profondeurs ». La Plongée, livre admirable sur bien des plans, ordonne pour sa narratrice — double évident de l’auteur — le vertige de se retrouver, de faire l’expérience de qui l’on est au fond, vraiment. [...]

 

 Hugo Pradelle

 

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Télérama, 29 mars 2016

Starlite Terrace

 

Quatre gros chapitres zébrés de souvenirs de cinéma. Quatre personnages vieillissants hantés par Hollywood. Rescapés de Hollywood. [...] Avec leurs vies brisées, Rex, Moss, Gary et June pourraient être des héros de Frank Borzage ou de Todd Haynes. Eux-mêmes vivent de cinéma, ont calqué des pans entiers de leurs vies sur quelques séquences mythiques qu’ils évoquent à l’infini, réinventent au besoin. Comme si elles avaient décidé de leurs existences. Du rêve et de la réalité... Jusqu’à quel point est-on responsable du film chaotique de sa propre vie ? Qu’est-ce que certaines images, certaines situations y ont chahuté à jamais ? Les cinéphiles se réjouiront à la lecture de cet ouvrage mélancolique et sec à la fois, qui évoque, en scènes étonnamment visuelles et pleines de clins d’œil cinématographiques, des parcours dérisoires et grandioses sur fond de Sunset Boulevard. [...]

 

 Fabienne Pascaud

 

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Télérama, 25 mars 2016

Exposition Léon Chestov, un philosophe russe à découvrir

 

Léon Chestov, intellectuel russe peu connu, fut proche de Gide, Bataille ou Camus. Une exposition lui est consacrée à la mairie du 6earrondissement à Paris. À voir jusqu’au 9 avril 2016. [...]

 

Gilles Heuré

 

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La Gazette Nord-Pas de Calais, 15 mars 2016

Starlite Terrace

 

Ce roman choral entremêle les voix de quatre personnages – Rex, Moss, Gary et June – venus passer leur retraite dans la résidence de Starlite Terrace, construite autour d’une piscine, dans un quartier de Los Angeles, non loin de la grande usine à rêves d’Hollywood. [...] Magnifié par une écriture mélodique, ce roman magistral transcende le récit d’existences ordinaires en partition aux résonances infinies.

 

Patrick Beaumont

 

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Le Courrier des Balkans, 22 février 2016

Saxons de Roumanie : témoignage français sur la déportation de 1945

 

Mon ami Vassia, souvenirs du Donetz, de Jean Rounault, paraît à Paris en 1949, année au cours de laquelle la plupart des quelque 70 000 hommes et femmes déportés de Roumanie vers la Russie à titre d’« ethniques » allemands prennent le chemin du retour. Déporté lui-même en janvier 1945, son auteur a été libéré à la fin de la même année grâce à l’intervention de ses amis de l’Institut français de Bucarest. Tout aussi original qu’exemplaire, son témoignage porte sur cette période et, au-delà de la situation des déportés, traite de celle, autrement dramatique, des travailleurs en Russie soviétique. [...]

 

Nicolas Trifon

 

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En attendant Nadeau, 5 février 2016

Sauvons la colère de Léon Chestov

 

Trois essais de Léon Chestov portent sur la révolution russe. Ils sont rassemblés dans un volume publié par Le Bruit du temps. [...] En février 17, l’espérance en Russie était alors de grande mesure, le naufrage d’octobre fut de pareille envergure. C’est qu’avec les bolcheviks, note Chestov, « tout se fait sous l’ordre du verbe ; il s’agit seulement de se fier à lui hardiment. Et ils se sont fiés à lui. Les décrets pleuvent par milliers ». [...] La parole de Chestov, elle, [...] c’est la colère des prophètes. Elle réclame en toute chose la vérité et la justice : elle dénonce, elle poursuit ce qui les entrave et ce qui les caricature. La vérité, dans l’esprit de Chestov, est d’abord ce qui s’apprend pour ne pas être oublié. [...] « Il faut sauver la liberté », s’écrie Chestov. [...] Là où il y a lutte entre la vie et la mort, sous toutes leurs formes, là seulement est la liberté, et son inflorescence : la pensée. Léon Chestov, ce Job du vingtième siècle, à l’instar de son modèle biblique, n’est pas dans la plainte mais dans la protestation : il veut transmettre sa colère. Sauvons-la.

 

Christian Mouze

 

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Valeurs actuelles, 4 février 2016

La Plongée

 

[...] La narratrice passe un mois de l’hiver 1949 dans une maison de repos pour écrivains et tente, en secret, d’écrire le récit de la disparition de son mari, dont elle est sans nouvelles depuis les grandes purges de 1937. « Plongées » dans sa mémoire et dans ses hantises, dans celles de la Russie — les quelques pensionnaires et gens du personnel avec qui elle noue des liens fragiles, bientôt dénoués —, tandis que les calomnies de la propagande n’en finissent pas de profaner la langue commune et de faire se superposer, dans un même mensonge sanguinaire, 1949 à 1937. Ce roman, traduit par André Bloch et préfacé par Sophie Benech, brûle comme la neige où la narratrice cherche en vain la paix.

 

Ph. B.

 

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Libération, 23 janvier 2016

Les Stades immédiats de l’éros

 

« Mozart immortel ! À toi je dois tout, la perte de ma raison, le saisissement de mon âme, l’épouvante au plus profond de mon être ; à toi je dois de ne pas avoir parcouru la vie sans que rien fût capable de m’ébranler ; à toi je rends grâces de ne pas être mort sans avoir aimé... » Qu’on ne se laisse pas tromper par le lyrisme : Kierkegaard donne en réalité une stupéfiante interprétation du Don Giovanni de Mozart, en deux textes […] où étaient posées les bases de la philosophie de l’existence dont le penseur danois est le fondateur. […]

 

R. M.

 

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Valeurs actuelles, 21 janvier 2016

Ponge, pâturages, prairies

 

[...] Tombeau d’un poète par un autre poète, le grand soleil de Nîmes et le dénuement, la farouche fierté protestante et « de très grands, vieux et beaux arbres au-delà des hauts murs », et le cortège du roi psalmiste, de Malherbe et de Baudelaire — et puis encore Hölderlin, Goethe, et Dante, et Shakespeare, et saint Augustin : Philippe Jaccottet replace Francis Ponge dans « la société du génie » et ces pages, où il confronte, avec une piété tout amicale, la « méthode » de Ponge à la sienne, est une parfaite leçon de poésie — c’est-à-dire d’attention au monde.

 

Ph. B.

 

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Valeurs actuelles, 7 janvier 2016

Qu’est-ce que le bolchevisme ?

 

[...] C’est en 1920 que Léon Chestov écrivit l’article qui donne son titre à ce recueil, pour expliquer aux Français ce qu’était la révolution bolchevique qui l’avait chassé de Russie. Loin d’être l’empirisme matérialiste qu’il se vante d’être, le bolchevisme relève du plus vulgaire idéalisme : celui de la superstition incantatoire, qui suppose le refus et la haine du réel. Point commun du communisme et du nazisme, tel que Chestov en décrit la menace dans un autre article de 1934 : nul mieux que les « barbares d’aujourd’hui » ne savent comment se servir de la science et de la technique d’un monde qu’ils prétendent condamner. Ce recueil, postfacé par Jean-Louis Panné, est d’une actualité criante.

 

Ph. B.

 

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Le Matricule des anges, n° 169, janvier 2016

De la neige dans l’âme

 

[…] Militante des droits de l’homme, Lydia Tchoukovskaïa révéla dans La Plongée tout ce qu’elle avait de ferveur, d’esprit, de fermeté et de beauté, liant la légitimité du journal à la majesté d’images magnifiques et à la vérité des blessures d’une vie déchirée. […] Si elle s’autorise ironie et protestation de rigueur esthétique, Lydia Tchoukovskaïa, plus que le risque de dénonciation, c’est le bruit qui la dérange, et parfois les êtres lâches qu’elle se plaît cependant à décrire autant que la neige salvatrice qui paraît avec ses plongées son baume : « En observant sa démarche gracieuse, je me souvins qu’elle m’avait récemment empêché de travailler. Un jour que tout le monde était parti au cinéma et que régnait un silence sûr, qui, je le savais, durerait près de deux heures, je m’étais assise à ma table pour “plonger”, et tout à coup, au moment où venait de m’apparaître distinctement la journée que je voulais faire surgir du passé, des cliquetis de serrures dans le couloir avaient tout effacé. » Une haute idée de la dignité de l’Homme imprègne La Plongée et rend sa quête de vérité cardinale, redoublée encore par ce combat pour les mots, touchant et superbe, comme le miracle toujours renouvelé de la neige, belle et changeante, idéelle parfois, sublime toujours.

 

Éric Dussert

 

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L’Ours, n° 454, janvier 2016

Pasternak dans la nuit matérialiste

 

[…] De Pasternak, il est aussi question dans le roman de Lydia Tchoukovskaïa qui se déroule en Russie au moment de la campagne contre le cosmopolitisme. [...] Nous sommes introduits dans une maison pour écrivains où une femme dont le mari a disparu s’est fixée comme but d’achever un roman où elle entend dire la vérité sur les sombres années de la Grande Terreur. [...] Lydia Tchoukovskaïa parle de sa propre vie — son mari a été arrêté en 1937. [...] Avec avoir lu ce livre, on ne peut qu’être convaincu que la vraie littérature a le pouvoir magnifique de nous faire comprendre une époque et ses drames... et qu’elle offre au plus humble personnage la revanche de l’immortalité.

 

Jean-Louis Panné

 

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Hippocampe, n° 24, décembre 2015 - janvier 2016

De la poésie que cest la peine

 

[…] Les poèmes d’Henri Cole ne cessent d’explorer l’intersection entre l’extase et le domestique, en affrontant la vérité pour se confronter à lui-même et assembler le langage pour qu’il devienne poésie. […] Chez Henri Cole, la poésie semble toujours avancer sur la ligne de crête entre résilience et entéléchie, ce qui est le propre de la condition humaine et de la création artistique.

 

Thierry Gillybœuf

 

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Télérama, 18 décembre 2015

Qu’est-ce que le bolchevisme ?

 

[…] Léon Chestov (1866-1938), d’abord spécialiste des questions sociales, intellectuel qui marqua Georges Bataille ou Albert Camus, est un philosophe qui comprit très tôt ce qui se mettait en place avec le régime des bolcheviques. […] Ces textes de Chestov témoignent de la clairvoyance d’un philosophe ancré dans le réel de l’histoire.

 

Gilles Heuré

 

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Mediapart, 2 décembre 2015

La Plongée en eaux troubles de Tchoukovskaïa

 

[…] La Plongée, Lydia Tchoukovskaïa l’écrit « pour le tiroir » entre 1949 et 1957, sachant que son récit n’a aucune chance d’être publié en Union soviétique. […] Elle défendra Pasternak comme la narratrice de La Plongée, mais aussi Brodsky, Youri Daniel et bien d’autres. Elle sera exclue de l’Union des écrivains soviétiques en 1974, interdite de publication. Elle ne lâchera rien. Un roc. Elle vivra jusqu’à 89 ans, le temps de recevoir le prix Sakharov et un prix d’État en 1996, deux ans avant sa mort.

 

Jean-Pierre Thibaudat

 

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Terres de femmes, décembre 2015

La Chambre peinte, œuvre ouverte

 

Avec ce petit opus signé Inger Christensen, inutile de chercher à résoudre les multiples énigmes qui lient le récit — La Chambre peinte. Un récit de Mantoue — à la « plus belle chambre du monde ». Celle que le peintre Andrea Mantegna réalisa au XVe siècle pour son prince Ludovico de Mantoue, marquis de Gonzague. Inutile parce que l’énigme est au cœur même du projet d’Inger Christensen, qui démultiplie à loisir, comme les plumes majestueuses du paon, les imbrications de son récit en relation avec la fameuse « chambre peinte » […]

 

Angèle Paoli

 

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Terres de femmes, décembre 2015

Gérard Macé, Homère au royaume des morts a les yeux ouverts

 

Dans le titre, la surprise : Homère aveugle recouvrant, miracle, la vue. Trépassé, il voit. Révélation par cette affirmation insensée d’une perception possible de nouveau, celle qui fut ôtée au poète. S’agit-il de la capacité initiale à percevoir ce qui s’offre au champ visuel ou bien est-ce l’approche poétique (prophétique ?) du poète voyant ? […]

 

Isabelle Lévesque

 

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Libération, 28 novembre 2015

Poèmes sous la neige

 

Aux confins de la Russie finlandaise, dans une maison de repos pour écrivains, la romancière Lydia Tchoukovskaïa part à la rencontre de ses souvenirs de 1937. […]

 

Claire Devarrieux

 

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La Liberté, 28 novembre 2015

Retour à E. M. Forster

 

Poursuite, sous le label des élégantes éditions Le Bruit du temps, pilotées par Antoine Jaccottet, des romans du classique anglais Edward Morgan Forster (1879-1970). Après les romans « italiens », Monteriano et Avec vue sur l’Arno, après le chef-d’oeuvre du maître, Route des Indes, voici Howards End, le roman anglais. […]

 

Alain Favarger

 

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Le blog de Michel Crépu..., 29 octobre 2015

La dernière vision

 

Vous n’en pouvez plus de la « rentrée littéraire », cet écran de fumée qui empêche de lire les choses importantes. C’est normal, il n’y a pas de quoi en faire une montagne. Vous n’avez qu’à reculer de trois pas et soudain le vrai paysage vous apparaît. Oh, qu’est-ce que c’est que ce triangle rouge sur la couverture, là-bas, au fond du rayon document pour l’histoire ? Eh bien, c’est le petit livre de Léon Chestov : Qu’est-ce que le bolchevisme ? qui vient de paraître aux éditions Le Bruit du temps. […]

 

Michel Crépu

 

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Le Figaro, 22 octobre 2015

Le bolchevisme selon Léon Chestov

 

Jamais réédités depuis leur publication, voici les seuls textes politiques du philosophe Léon Chestov, l’auteur d’Athènes et Jérusalem. Ils ont trait au communisme russe et sont saisissants de lucidité. […] À Berlin comme à Moscou, c’est le « Tatar » qui triomphe, affirme Chestov, autrement dit l’adepte de la force comme canevas unique de l’Histoire.

 

P. F. P.

 

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Revue Aden, n° 14, octobre 2015

Histoire de mon pigeonnier

 

Voici un délice par l’un des plus extraordinaires conteurs russes, Isaac Babel (1894-1940). Histoire de mon pigeonnier, la première nouvelle de ce recueil inachevé, nous emmène dans son enfance à Odessa, dans la petite bourgeoisie juive émergeante tout juste échappée du shtetl, acharnée à l’étude malgré le numerus clausus, mais toujours en proie aux pogroms en 1905 […] On pourra prolonger le plaisir procuré par ce recueil de nouvelles avec ses œuvres complètes publiées par le même éditeur en 2011, et là aussi traduites par Sophie Benech.

 

Nicolas Planchais

 

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Bibliotheque-de-bordeaux, octobre 2015

Poésie (in)citation * 11 : Henri Cole

 

Lilas dans une coupe

 

Aujourd’hui mes lilas sont morts, flottant dans une coupe.

Toute la semaine, je les ai regardés s’éloigner,

leurs grappes éclaircies se gonflant en chœur d’une sorte de colère,

avant un bref retour en scène vers la fin,

comme secrètement embaumées.  […]

 

(Extrait de Henri Cole, Le Merle, le loup suivi de Toucher.)

 

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Livres Hebdo, 9 octobre 2015

Léon l’anarchiste

 

Albert Camus appréciait Léon Chestov (1866-1938). Chez le philosophe russe, il aimait la clarté de la langue et la limpidité de la pensée. On en aura la démonstration dans ces trois textes consacrés à la politique. […] À le lire, on comprend mieux l’histoire de la Russie. À la différence du Français qui se trouve charmant, de l’Anglais qui se croit organisé et de l’Allemand qui estime posséder la science, le Russe « ne sait rien et ne veut rien savoir, et c’est de là que découle sa foi en lui-même ».

 

L. L.

 

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Blog boire-la-tasse, 6 octobre 2015

Only connect

 

[…] L’une des grandes exaltations de la vie d’un lecteur aura été d’avoir reconnu, tenu, le beau. Il est ici, à portée de main. Forster le sensuel, l’intellectuel, le sage amant de la vie, nous donne en 2015 ce livre, Howards End (1910) dans la traduction de Mauron, qui est évidemment l’événement littéraire de la rentrée.  […]

 

Christophe Langlois

 

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Mediapart, 6 octobre 2015

Chestov et le Tatare

 

[…] « Grattez le Russe, vous trouverez un Tatare. » […] En 1934, dans un article paru en anglais pour une revue anglo-indienne de théologie (The Aryan Path) — que les éditions Le Bruit du temps permettent de lire en français pour la première fois —, le philosophe russe exilé à Paris Léon Chestov (1866-1938) reprenait le dicton. Pour en faire le meilleur usage, en le retournant contre ce qui justifie le coup de force et l’asservissement. […]

 

Antoine Perraud

 

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Cahier critique de poésie, 25 septembre 2015

Gérard Macé : Homère au royaume des morts a les yeux ouverts

 

[…] « Pourtant je vais mourir, mais la mort / ne mettra pas mon poids dans la balance » car le poète se sent « trop léger pour réparer les injustices et le chaos / né trop tard pour être offert en sacrifice ». Dès le début du livre, on parcourt les enfers grecs, cet espace de la désolation, de la solitude, pour ceux-là même qui y règnent, on se rappelle de belles légendes, mais d’une beauté fanée, l’enfant divin n’est désormais qu’un « vieil enfant » ressassant des souvenirs que personne ne comprendra plus. Le monde, le vrai monde voudrait-on dire, celui de la beauté et du sens, n’est plus que « restes » – mot répété qui dit bien l’état poignant du recueil qui les rassemble et leur donne leur dernier lustre avant une extinction, un silence, définitifs. […]

 

Sébastien Hoët

 

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La Croix, 10 septembre 2015

Lombre nécessaire à un trop radieux soleil

 

[…] Le propos de ce petit livre peut sembler marginal ou convenu : le souvenir que Philippe Jaccottet, après la mort de Francis Ponge au cours de l’été 1988, conserve de la personne et de l’œuvre de celui qui fut son ami. Une génération sépare ces deux grands noms de la poésie contemporaine (Ponge est né en 1899, Jaccottet en 1925). Mais une autre différence apparaît au fil de ces pages, qui ouvre, bien au-delà de l’anecdote et des considérations liées à la biographie des écrivains, une perspective infiniment plus large : sur la poésie, la littérature, l’existence enfin.  […]

 

Patrick Kéchichian

 

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La Nouvelle Quinzaine littéraire, juillet 2015

Woolf, essayiste à contre-courant

 

Il arrive que le hasard des parutions — des commandes, plutôt — fasse bien les choses. C’est le cas avec la sortie, presque simultanée, de deux sélections d’essais de Virginia Woolf. Gallimard, d’un côté, et Le Bruit du temps, de l’autre, proposent des textes, dont une partie au moins est « commune », dira-t-on, en songeant à ce goût prononcé de Woolf pour le « lecteur du commun ». Profondément complémentaires, ils le sont, en tout cas, dans le portrait qu’ils brossent de l’artiste en essayiste à contre-courant. […] Dans la sélection présentée par Cécile Wajsbrot transparaît en effet une forme d’hommage implicite à l’esprit de la maison d’édition où elle voit le jour, Le Bruit du temps. À la manière d’Ossip Mandelstam, désireux non de parler de soi, mais d’« épier les pas du siècle, le bruit et la germination du temps », Woolf s’y montre attentive à la marche des choses, s’imaginant guetteuse vigilante au milieu des orages annoncés. […]

 

Marc Porée

 

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Noto, n°2, juillet 2015

Nicolas de Staël ou la tentation du vide

 

Nicolas de Staël n’a jamais rien écrit, sinon une correspondance foisonnante, qui nous est livrée dans cette admirable édition critique assurée par Germain Viatte. […] De Staël écrit ses lettres comme il peint : avec vivacité et couleur. Car même si l’amour y occupe une place importante, la grande affaire de cette existence tourmentée, ce fut la peinture, de façon exclusive et inconditionnelle. […]

 

J. B.

 

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Recours au Poème, n°142, juillet 2015

Fil de lectures d’Éric Pistouley : Macé

 

[…] Cela fait longtemps que Gérard Macé scrute cet « autre royaume où tout est inversé ». Ce royaume qui est aussi celui des songes, ou bien ces interstices de néant entre les êtres, ou l’écart entre les mots et les choses ; tout ce qui nous montre les limites de notre territoire. Même en dehors du langage, à l’instar d’Homère, il va les yeux ouverts, cherche le mot juste. […]

 

Des enfants trisomiques ont joué Shakespeare

au bord de l’océan, mieux que les acteurs

habitués aux planches. Pour eux, être était un tel effort

que venger un père ajoutait à peine au fardeau.

Ne pas être, ils en faisaient chaque jour

l’expérience dans le regard des autres.

Traîner un cadavre en coulisse,

déclamer en dominant le bruit des vagues,

c’était prendre à témoin la nature

que le langage humain peut défier le néant.

 

 

Éric Pistouley

 

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La Liberté, 20-21 juin 2015

Face à Caspar David Friedrich

 

Sortie aux éditions Le Bruit du temps d’une pépite de l’écrivain hongrois Péter Nádas, connu pour ses pavés romanesques, Le Livre des mémoires ou Histoires parallèles, somme narrative et miroir des gouffres où l’histoire du XXe siècle a plongé l’Europe et la Hongrie en particulier. Le petit opus en question est le récit d’une confrontation de l’écrivain avec un tableau du peintre romantique allemand Caspar David Friedrich, grand amateur et observateur d’abîmes et de vides. […]

 

 Alain Favarger

 

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Libération, 20-21 juin 2015

Le Merle, le loup suivi de Toucher de Henri Cole

 

D’essence autobiographique, les poèmes de l’Américain Henri Cole commencent souvent par un geste anodin (beurrer une tartine, par exemple) et finissent toujours par rafler toutes les dimensions secrètes d’un instant. Les souvenirs, les lieux, les règnes, les registres se trouvent à touche-touche, comme dans un patchwork, les coutures en moins. Avec la simplicité désarmante de ce vers : « Mes lèvres malgré moi se mordillent, comme des créatures qui se différencient. » […]

 

L. d. C.

 

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La Revue de Belles-Lettres, 2015, 1

L’Âme bridée de Pierre Pachet

 

L’Âme bridée, essai sur la Chine aujourd’hui n’est l’œuvre ni d’un économiste, ni d’un politologue, ni d’un sinologue, mais d’un homme dont la pensée ne cesse de s’exercer en dehors des écoles, en s’éprouvant elle-même à partir du don reçu de ses parents, du passé étudié, de l’exigence d’être un individu conjuguée à l’obligation ressentie du souci du bien commun. Ce qui a rendu ce livre nécessaire à son auteur, c’est d’avoir aperçu face aux abondantes études économiques sur la Chine la rareté d’une réflexion proprement politique la concernant. […]

 

Pascale Roze

 

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Le Monde, 12 juin 2015

Objet poétique

 

« Comment fait-on pour traduire un poème ? Le traduire sans le détruire ?

— Comme on attrape un oiseau : en plein vol et sans arme.

— En plein vol ?

— Oui, en plein vol et à mains nues.

— Faut-il de la force ?

— Suffisamment pour ne pas le laisser échapper. Mais si on serre trop, son squelette fragile s’effrite dans la paume.

— Et ensuite, que se passe-t-il ? Une fois qu’on l’a attrapé ?

— Eh bien, il vole.

— À l’intérieur de la main ?

— Non, la main a disparu. Ce n’est plus le problème. Il vole comme il volait avant d’être saisi. »

Ce dialogue naît dans mon esprit au moment où je lis les poèmes de Zbigniew Herbert (1924-1998), réunis sous le titre Étude de l’objet, dans l’édition bilingue que propose Le Bruit du temps. Face à un bon poète je suis ébahie et tranquille, comme face à une belle femme, sûre de mon fait. Parfois, la beauté a quelque chose d’objectif, elle s’adosse à l’évidence. […]

 

Agnès Desarthe

 

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Blog thierry-guinhut-litteratures, 7 juin 2015

Péter Nádas, les histoires parallèles de la mémoire, ou la mélancolie des sirènes

 

Les « histoires parallèles » de Péter Nádas font chanter les sirènes de la mémoire et de la mélancolie. Un roman interminable, parmi une trilogie, fait se heurter des personnages pléthoriques, une pièce de théâtre aux vers homériques jette les sirènes d’Ulysse dans une mer pourrie. Seule une patience angélique paraît idoine pour glisser l’entendement du lecteur en ces chaos lentement structurés. À moins que de plus modestes portes s’ouvrent afin de tenter de l’apprivoiser. Peut-être est-ce ainsi qu’il faut lire cette Mélancolie, médusée devant un tableau de Caspar David Friedrich […]

 

Thierry Guinhut

 

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La République des livres, 2 juin 2015

Les amitiés solaires sont parfois ombrageuses

 

[…] on peut aussi juger la qualité d’une amitié aux limites qui bornent la critique de l’autre. Ce qui s’appelle critiquer. Sévère mais juste. Comme on peut l’être quand cela nous importe et nous touche et comme seuls devraient le mériter les amis. Aux autres, l’indifférence. Aux amis, la vérité. Toute la vérité ? C’est là que l’affaire devient délicate. Philippe Jaccottet y revient dans Ponge, pâturages, prairies […], miniature au toucher d’une finesse, d’une délicatesse, d’une sincérité et d’une subtilité qui déploient en ce peu de prose tout le nuancier du poète et du traducteur. Plusieurs textes, écrits et publiés entre 1988 et 2013, y sont réunis, qui avaient délibérément échappé à la « Pléiade Jaccottet ». La personne, la pensée et l’œuvre de Francis Ponge en sont l’objet. L’auteur était de ses rares amis présents à son enterrement le 10 août 1988. […]

 

Pierre Assouline

 

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Images de la poésie, 25 mai 2015

Étude de l’objet de Zbigniew Herbert

 

Il faut lire Zbigniew Herbert (1924-1998), poète polonais que le beau travail des éditions Le Bruit du temps s’attache à faire connaître au public français, notamment par cette édition de poche d’un recueil extrait des Œuvres poétiques complètes. Il faut le lire parce que la poésie française n’offre plus guère cette qualité où lui excelle et qui consiste en une alliance du trivial et du mythologique, de la simplicité de la langue et de sa profondeur, de l’audace de l’image poétique et de sa vérité sensible, de l’expérience douloureuse et des leçons qu’on en tire pour vivre et voir plus loin […]

 

 Laurent Albarracin

 

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Galerie-librairie Alain Paire, 23 mai 2015

Un nouveau livre de Philippe Jaccottet, Ponge, pâturages, prairies

 

Comme le recueil Ce peu de bruits, paru en 2008, commençait par un obituaire, le dernier livre de Philippe Jaccottet publié par Le Bruit du temps, Ponge, pâturages, prairies, s’ouvre sur l’évocation de l’enterrement de Francis Ponge à Nîmes, en 1988. Aussi pourrait-on croire à des pages nourries de mélancolie ou de tristesse, or il n’en est rien […]

 

Alain-Madeleine Perdrillat

 

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Poezibao, 1er mai 2015

Anthologie permanente : Henri Cole

[…]

Au loin

 

Si je ferme les yeux, je te revois devant moi

comme la lumière attire à elle la lumière. Debout

dans le lac, je crée avec mes bras un tourbillon,

laissant la force du repentir m’entraîner en son centre

au point de ne plus pouvoir me raccrocher à mes perceptions

ou à la conscience du moi, tels ces nuages de poussière

et d’hydrogène tout excités de former de nouveaux astres

pour éclairer l’arrière-cour. Si poignant est le cri du vide  

pour être comblé.

[…]

 

(Extrait de Henri Cole, Le Merle, le loup suivi de Toucher.)

 

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Le Monde des livres, 30 avril 2015

Chercheurs dabri

 

C’est une marine nocturne du peintre romantique Caspar David Friedrich (peinte vers 1830, et conservée dans un musée de Berlin). Terre et mer s’y reflètent sous une masse de nuages. Trois personnages naufragés, près d’un esquif échoué, au mât renversé, tentent d’allumer un feu. « Nous sommes des chercheurs d’abri », affirme l’écrivain hongrois Péter Nádas, né en 1942 et auteur d’un grand roman, Histoires parallèles (Plon, 2012). Pure merveille que cette méditation littéraire écrite en 1988 et tout juste traduite. […]

 

Monique Pétillon

 

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La Liberté, 18 avril 2015

Une autre Virginia Woolf

 

L’on connaît la romancière Virginia Woolf, statufiée comme telle dans les deux forts volumes Pléiade parus en 2012. Mais la récente accession de l’oeuvre de cette figure majeure des lettres anglaises, disparue en 1941, dans le domaine public, donne aux éditeurs l’occasion d’éclairer d’autres pans de sa production. […]

 

Thierry Raboud

 

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Le Matricule des anges, n°162, avril 2015

Soleil noir

 

C’est le carambolage des mondes dans la mémoire souterraine de la littérature que dévoile la poésie de Gérard Macé. La poésie, cette fille du songe et de la nuit qui se joue de toutes les frontières entre le dedans et le dehors ne peut être que le lieu d’une inquiétude lucide, d’un vertige dénudant. Après Promesse, tour et prestige (Gallimard, 2009) qui marquait son retour à la forme du poème, Gérard Macé, avec Homère au royaume des morts a les yeux ouverts, nous rappelle que les grands poèmes sont souvent des descentes aux enfers ou des Odyssées miniatures […]

 

Richard Blin

 

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Le Magazine littéraire, n°554, avril 2015

Parmi les auteurs contemporains, trois affinités électives

 

[...] Georges Limbour, le poète incarné. « Un pirate grimpant à des cordages », c’est ainsi que Leiris se représente Limbour. Pour l’auteur de La Règle du jeu, la cadence aérienne de son ami, son « esprit profondément libertaire » et indifférent à toute stratégie littéraire, et la « coulée » de son écriture se condensent dans l’image unique d’une « allure merveilleusement dégagée ». […]

 

Françoise Nicol

 

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Galerie-librairie Alain Paire, 5 avril 2015

Le Bruit du temps, éditeur-libraire

 

Pour atteindre à Paris le n° 66 de la rue du Cardinal-Lemoine, il faut en partant de Jussieu gravir doucement une pente qui n’a rien de redoutable. […] Juste en face des vitrines de la librairie du Bruit du temps, au n° 71, une plaque signale que Valéry Larbaud vécut dans ces parages, de 1919 à 1937 : c’était également l’adresse où il fut donné à James Joyce d’achever le manuscrit d’Ulysse. Dans pareil environnement, les amateurs de littérature ne sont pas frustrés. […]

 

Alain Paire

 

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Le Monde des livres, 13 mars 2015

Sur les ailes de Virginia Woolf

 

Deux recueils réunissant des essais de l’auteure britannique paraissent. Qu’ils traitent de littérature ou de vie quotidienne, on se sent, à les lire, plus vifs, plus intelligents. […]

 

Geneviève Brisac

 

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FloriLettres, mars 2015

Mon chemin vers Chaplin

 

« Qu’est-ce que j’aimais le plus en lui ? Le metteur en scène génial ? L’auteur, le compositeur et le producteur ? Ou bien était-ce ce personnage de vagabond, de gentleman, poet, dreameralways hopeful of romance, comme il s’était une fois caractérisé lui-même ? » Dans la famille de Patrick Roth on aimait à citer Charlie Chaplin, les aventures de Charlot soulevaient toujours l’enthousiasme. […]

 

Élisabeth Miso

 

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Livres Hebdo, 13 mars 2015

Vagues à l’âme

 

Un bel et bref essai de Péter Nádas sur la mélancolie. Un bon livre est un passage secret. Mélancolie fait partie de ces textes précieux et précis qui préfèrent l’intensité à l’exhaustivité. […]

 

L.L.

 

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Poezibao, 18 février 2015

Anthologie permanente : Gérard Macé

 

Vieux penseur

 

qui ne veux rien changer au langage,

tu pèses les choses et les astres, et même

les souvenirs sur des balances où le temps

met tout son poids. Vieux penseur sans visage,

tu nous parlais des vérités consolantes,

du travail et de la magie, de l’absente

de tout bouquet dont les pétales

étaient un emblème : le langage n’a

pas d’odeur, ni la fleur d’or de la mélancolie

[…]

 

Extrait de Gérard Macé, Homère au royaume des morts a les yeux ouverts.

 

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Libération, février 2015

Mon chemin vers Chaplin

 

À vingt-deux ans, l’écrivain allemand Patrick Roth décide de se rendre en Suisse pour approcher le manoir de Chaplin et, qui sait, peut-être Chaplin lui-même. Le pèlerinage a lieu le 1er janvier 1976, soit deux ans avant la mort de l’artiste. […]

 

V.B.-L.

 

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Blog thierry-guinhut-litteratures, 7 janvier 2015

Kamo no Chômei, le vieux sage du Japon : notes d’une cabane de moine et de l’éveil poétique

 

[…] Observateur autant que philosophe, Kamo no Chômei (1155-1216) fut à Kyoto secrétaire du « Bureau de la poésie », avant de se sentir le dégoût du monde et d’abandonner la vie publique pour la vie intérieure du bonze : il se contenta dès lors d’un ermitage dans les montagnes de Hino. L’idée était trop tentante pour Antoine Jaccottet, talentueux éditeur du Bruit du temps : il vient de réunir en un charmant coffret trois proses de Kamo no Chômei […]

 

Thierry Guinhut

 

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Le Matricule des anges, janvier 2015

Arbre de vie

 

Raconter pour sauver ? Dans le silence mortifère d’une Hongrie muselée par la dictature, le premier roman de Péter Nádas, réédité, visite l’enfance et ses racines menacées. […]

 

Valérie Nigdélian-Fabre

 

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Revue des deux mondes, janvier 2015

Récits de l’éveil du cœur

 

Un éditeur offre rarement la savoureuse expérience « d’entrer à nu » dans un livre, surtout lorsqu’il s’agit d’une œuvre non romanesque : en règle générale, les narrations commencent par une biographie accompagnée de notes instructives sur le fond et la forme. Ici, aucune préface ne prépare la rencontre avec l’univers d’un écrivain japonais des XIIe-XIIIe siècles ; l’immersion est immédiate, totale, vertigineuse. Jeté dans l’inconnu, l’esprit croit se perdre au milieu des villes et des montagnes nippones de l’époque féodale. […]

 

Aurélie Julia

 

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Le Temps, 21 décembre 2014

Nicolas de Staël, vivre pour peindre

 

Connu pour ses toiles sur le Parc des Princes, l’artiste a brûlé sa vie au feu de sa passion pour la peinture. Sa correspondance éclaire, « dans le rythme même du vécu », une existence toute d’absolu. […]

 

Lisbeth Koutchoumoff

 

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La Gazette, 9 décembre 2014

Nicolas de Staël

 

Cet ouvrage indispensable pour les afficionados du peintre donne à lire pour la première fois l’intégralité de ses lettres découvertes à ce jour. Sur la vie d’un artiste de cette importance, elles constituent un témoignage aussi passionnant que le sont, par exemple, les Lettres de Van Gogh. […]

 

Patrick Beaumont

 

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Télérama, 2 décembre 2014

Collection poche

 

Créées il y a six ans par Antoine Jaccottet, les éditions Le Bruit du temps sont demeurées depuis fidèles au « ce que je crois » exprimé dès l’origine par leur fondateur : se laisser guider par la « conviction que les “vrais livres”, ceux dont Ruskin dit qu’ils sont des “livres pour tous les temps”, ne meurent pas ». Ossip et Nadejda Mandelstam, Robert Browning (L’Anneau et le Livre), D.H. Lawrence, Isaac Babel, E.M. Forster sont quelques-uns des auteurs classiques qu’affiche le catalogue sans tache, exigeant et précis, de l’éditeur. Soixante titres au total, qui vont désormais venir nourrir peu à peu une nouvelle collection de poche, élégante, sobre, séduisante. […]

 

Nathalie Crom

 

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Hippocampe, novembre/décembre 2014

Intimités

 

[…] Et c’est d’une même énergie qu’irradient les lettres de Nicolas de Staël. S’y dévoilent à la fois une attitude face au monde, une évidence de ce qui anime aux tréfonds du corps et de l’esprit, une force extraordinaire de rupture. Le peintre devient peintre en rompant ce qui l’unit, il semble se diffracter pour ne se concentrer, n’être un, que dans le geste de peindre. Lire ses lettres, depuis celles de la jeunesse ou déjà affleure une inaltérable inquiétude de soi jusqu’à celles qui s’écrivent alors que le succès arrive enfin, revient à entrer dans un atelier du geste, dans une manufacture du beau. […]

 

Hugo Pradelle

 

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Revue des deux mondes, décembre 2014

Lettres 1926-1955

 

Staël écrivait comme il peignait, dans la liberté de sensations ardentes. La correspondance ici réunie rassemble des éléments déjà publiés chez plusieurs éditeurs, auxquels viennent s’ajouter plus de deux cents lettres inédites formant trois ensembles : les lettres à sa seconde femme, Françoise Chapouton, celles à son grand ami le collectionneur Jean Bauret et celles à Jeanne Polge, l’amour impossible et fatal de la fin de sa vie. […]

 

Édith de La Héronnière

 

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Revue des deux mondes, décembre 2014

L’Âme bridée

 

Fin juin 2011, Pierre Pachet se rend à Pékin pour un colloque universitaire. Le programme des rencontres l’attire peu mais le pays l’intrigue : la Chine compte parmi les espaces marqués par le communisme, un thème qui lui est cher. Après la Roumanie, l’Union soviétique et la Pologne, l’essayiste se penche sur le vaste territoire asiatique avec le même désir de comprendre comment des dictateurs s’arrogent le pouvoir et parviennent à assujettir les plus résistants. Une question, posée en filigranes, jalonne tout le texte : l’âme si malmenée des individus survit-elle sous le drapeau rouge ? […]

 

Aurélie Julia

 

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Beaux Arts magazine, décembre 2014

Au pied de la lettre

 

Publiée près de soixante après son suicide, la correspondance du peintre dévoile l’intimité d’un homme tourmenté qui connut la gloire et sa rançon, et maniait le verbe aussi bien que les pinceaux. […]

 

Daphné Bétard

 

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Le Monde des livres, 21 novembre 2014

Tissus palimpsestes

 

D'un genre à l'autre – poème, narration, essai, photographie –, Gérard Macé poursuit des interrogations sur les lieux et sur les signes. Dans un bref et lumineux essai, publié initialement en 1987 et aujourd'hui réédité en poche, il suit ce que Proust appelait le « leitmotiv Fortuny ». […]

 

Monique Petillon

 

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La Croix, 15-16 novembre 2014

Collection

 

Les lecteurs ayant rêvé que toutes les belles choses puissent être multipliées seront probablement comblés : les éditions Le Bruit du temps, menées par Antoine Jaccottet, dont on connaît les ouvrages superbes (par leur choix comme par leur esthétique), créent une nouvelle collection de livres au format de poche. […]

 

Sabine Audrerie

 

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Les Lettres françaises, 13 novembre 2014

Le meilleur de moi-même

 

En 1926, Nicolas de Staël a 12 ans et, en écrivant à ses parents adoptifs, desquels il est très proche, il a déjà le regard, la voix et le rythme de toutes les lettres qu’il écrira jusqu’à la fin de sa vie, et qui sont admirables. Ce sont des lettres d’un peintre, dont la peinture est formes, couleurs, passion. Et, d’emblée, l’écriture est juste, elle trace un dessin, l’œil est aigu, qu’il passe sur un défilé dans les rues de Bruxelles ou sur les paysages autour de Grenoble. […]

 

Silvia Baron Supervielle

 

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La Croix, 6 novembre 2014

Nicolas de Staël, l’incandescent

 

Correspondance. Riche de 200 inédits, cette nouvelle édition des lettres du peintre révèle sa dernière passion, qui le consuma jusqu'à son suicide. […]

 

Sabine Gignoux

 

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Le Clavier Cannibale, 6 novembre 2014

Une leçon de traduction inattendue

 

On trouve dans le recueil Histoire de mon pigeonnier, d’Isaac Babel, une nouvelle intitulée « Guy de Maupassant ». Il y est question d’un avocat qui possède une maison d’édition et décide de proposer une nouvelle édition des œuvres de Maupassant. Et c’est son épouse, la voluptueuse Raïssa, qui est chargé de tout traduire. Hélas, Raïssa n’est visiblement pas à la hauteur de la tâche, et c’est au jeune narrateur qu’il échoit de sauver les meubles. […]

 

Claro

 

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Télérama, 5 novembre 2014

Lettres 1926-1955

 

Quelques jours après le suicide de Nicolas de Staël […], l’écrivain et critique Guy Dumur, qui était son ami, écrivait dans Combat : « Son orgueil – qu’on lui avait tant de fois reproché – ne provenait pas de ce qu’il s’était choisi comme centre de l’univers pictural. Être lui-même (tel qu’il était, au centre de sa solitude) n’avait qu’une seule signification : être peintre. À cet orgueil et à cette solitude, Nicolas de Staël avait tout sacrifié. » Cet « être peintre », ce fut pour l’artiste une obsession, une évidence et un tourment, dont on déchiffre les symptômes, la véhémence, l’irrépressible nécessité dans à peu près toutes les lettres qui constituent l’ensemble admirable de sa correspondance. […]

 

Nathalie Crom

 

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Le Clavier Cannibale, 5 novembre 2014

Babel cantos (2)

 

Je vous ai parlé hier de Histoire de mon pigeonnier d’Isaac Babel, et j’en vois encore quelques-uns dans l’invisible agora des lecteurs qui ne l’ont pas acheté dans la foulée. Tss-tss. Fermez les yeux. Imaginez. Vous êtes page 109, puis une brise se lève, la page tourne d’elle-même, vous voilà page 110, quelque chose se produit, les contours de la page s’estompent lentement, des bruits vous assaillent, vos narines frétillent, ça y est, la magie Babel se produit, vous êtes à Tiflis au début du vingtième siècle, les douleurs de l’amour vous tenaillent, puis vous rencontrez Vera, et au petit matin, après une nuit où un certain secret vous a été dévoilé, vous décidez de ne pas aller travailler, vous vous rendez sur la place du marché, dans le bazar ancien, et là, grâce au talent de la traductrice Sophie Benech, le monde de Babel recommence, dans toute sa beauté douloureuse, son immense extase crépitante. […]

 

Claro

 

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Le Clavier Cannibale, 4 novembre 2014

Babel cantos (1)

 

Les éditions Le Bruit du temps, qui à chaque titre deviennent de plus en plus indispensables, créent leur propre format de poche, fidèle dans sa conception/confection au grand format. Si vous avez hésité au moment de la parution des Œuvres complètes d'Isaac Babel en 2011, alors c'est le moment de pénétrer dans Babel-land par ce petit volume intitulé Histoire de mon pigeonnier. […]

 

Claro

 

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Blog du Monde.fr, 29 octobre 2014

Dis-moi qui tu aimes et je te dirai qui tu es...

 

Confie-moi tes lettres et je saurai quel être vibre en toi... Connue en partie depuis 1968, enrichie de 200 inédits et finement éditée grâce aux excellentes éditions du Bruit du temps, l’indispensable correspondance de Nicolas de Staël nous entraîne très loin dans l’intimité et l’itinéraire de ce peintre immense. […]

 

Stéphane Guégan

 

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Libération, 15 octobre 2014

« Je ne suis unique que par ce bond que j’arrive à mettre sur la toile »

 

La correspondance de Nicolas de Staël […]. « Il y a des gens qui partent délibérément vers la lune parce qu’ils se savent incapables, et cela définitivement incapables, de savoir ce qui se passe chez eux. » C’est une définition de l’artiste en jeune homme dominé par ses forces, en romantique, main sur la palette et cœur sous la hache. C’est une définition de lui-même. On est en 1954, il a 40 ans et il lui reste quelques mois à vivre. Il peint comme toujours, comme jamais : de grandes plaques fixant les nus, bouteilles, bateaux, mer, musiciens, mouettes, tout ce bouquet droit qu’on ne sait pas encore final. […]

 

Philippe Lançon

 

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La Nouvelle Quinzaine littéraire, octobre 2014

« Le cerf blessé bondit plus haut »

 

Ce gros livre rassemble toutes les lettres de Nicolas de Staël connues à ce jour. ll y avait des publications séparées, notamment les Lettres de Nicolas de Staël à Pierre Lecuire, la Correspondance (1951-1954) avec René Char ; aussi dans le Catalogue raisonné de l'œuvre peint présenté par Françoise de Staël. De ces quelque six cents lettres, plus de deux cents sont inédites, dont celles à Jeanne Polge, son amour qui va précipiter (au sens chimique) le saut dans le vide à Antibes le 16 mars 1955. […]

 

Odile Hunoult

 

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Le Matricule des anges, octobre 2014

La douleur sous la couleur

 

« L’ellipsoïdal épervier » : c’est ainsi que René Char nommait le peintre Nicolas de Staël. La publication de l’ensemble des lettres de ce dernier nous le montre dans tous ses états et tous ses éclats. Aussi prenant et fascinant que les Lettres de Van Gogh. […]

 

Richard Blin

 

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La Nouvelle Quinzaine littéraire, octobre 2014

Avec les dissidents chinois

 

L’amitié, l’importance de l’amitié et de son bon usage sert à ce livre construit à partir d’une mosaïque d’impressions de voyage et de fragments documentés bien plus que de fil conducteur, c’est sa véritable raison d’être. Il s’ouvre en effet sur un paradoxal entretien post mortem avec Claude Lefort, et s’achève sur une scène émouvante où l’auteur évoque sobrement la fin du philosophe qui, dans les années étouffantes de notre jeunesse commune (1950-1970), où le pseudo-marxisme stalinien abrutissait l’intelligentsia française, ouvrit pour quelques-uns un sas vers la liberté de penser. […]

 

Maurice Mourier

 

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La Liberté, 27 septembre 2014

Nicolas de Staël, en quête d’absolu

 

[…] Peindre était pour lui une expérience intérieure, un corps-à-corps avec la matière et la lumière. Une tension portée à son comble, comme le montrent ses lettres aujourd’hui réunies dans un fort volume […] qui paraît aux éditions Le Bruit du temps avec un excellent appareil critique de Germain Viatte. […] De quoi affiner notre approche de la personnalité tourmentée de celui qui incarne au plus haut degré l’explosivité et la fulgurance en art. […]

 

Alain Favarger

 

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Philosophie Magazine, octobre 2014

Résistance chinoise

 

[...] Que devient l’âme des Chinois ? se demande Pachet. Une âme « bridée » par l’interdit de penser ; mais une âme capable [...] de faire vaciller la domination totalitaire. Pour Pachet, cette résistance fonde tous les espoirs.

 

Martin Legros

 

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Livres Hebdo, 12 septembre 2014

Ombres chinoises

 

Pierre Pachet analyse la situation de la Chine actuelle dont le régime politique s’emploie, selon lui, à réprimer l’âme. [...] Sa Chine est instinctive, spontanée, appréhendée au cours de deux voyages en 2011 et 2012 comme un « sociologue en vadrouille ». [...] À Paris comme chez les dissidents à Pékin, Pierre Pachet tente avec délicatesse de dessiner le visage des Chinois et celui de la Chine. [...] Politique et poétique.

 

L.L.

 

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Revue Lexnews, 8 septembre 2014

Nicolas de Staël, Lettres 1926-1955

 

L’ensemble des lettres du peintre Nicolas de Staël, dont nous fêtons le centenaire de la naissance, fait l’objet d’une belle parution par les éditions Le Bruit du temps. Il n’est pas exagéré de considérer ces écrits comme une part essentielle de l’artiste, parallèlement à son œuvre picturale, une part souvent secrète 200 lettres inédites s’ajoutent à celles qui étaient auparavant connues qui permettent grâce aux précieux commentaires de Germain Viatte de mieux approcher la personnalité d’un homme marqué très jeune par l’adversité. [...] À noter la belle postface de Thomas Augais « Peindre et écrire » qui permet de mieux entrer encore dans les rapports étroits entretenus par Nicolas de Staël avec l’écriture et la poésie.

 

 Philippe-Emmanuel Krautter

 

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La Liberté, 16 août 2014

D.H. Lawrence : l’éternel anticonformiste

 

Avec le cinquième et ultime volume des nouvelles complètes de l’auteur de L'Amant de Lady Chatterley, les éditions Le Bruit du temps achèvent un beau projet. La publication dans l’ordre chronologique, avec une traduction renouvelée due à Marc Amfreville, de l’ensemble des « short stories » de l’écrivain en suivant scrupuleusement la monumentale « Cambridge Edition », référence absolue sur le sujet avec son appareil critique et ses éclairantes notices. […]

 

Alain Favarger

 

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Art Press, juillet-août 2014

D.H. Lawrence : le risque de l’absolu

 

Tantôt oublié, tantôt redécouvert, David Herbert Lawrence (1885-1930) est un écrivain multiple et inassignable à un genre. C’est peu de dire qu’il brouille les conventions du romancier anglais « installé ». Voici La Vierge et le gitan, dernier tome des nouvelles complètes traduites au Bruit du temps. Son éditeur Antoine Jaccottet éclaire aujourd’hui cette œuvre d’une grande originalité. […]

 

Interview d'Antoine Jaccottet par Jean-Philippe Rossignol

 

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La Matricule des anges, juillet-août 2014

L’art, au soleil de Limbour

 

[…] Écrire en regard d’une œuvre ou à propos d’une toile relève toujours un peu de la gageure. Quel ton, quelle distance choisir qui s’accordent au silence singulier de la peinture ? Mais comme il n’est d’autres moyens que les mots pour rendre compte de la parole muette des peintres, le poète, parce qu’il explore la langue jusqu’aux confins du silence, est souvent est « nécessairement » disait Valéry — un critique de premier ordre. L’ensemble des écrits sur l’art de Georges Limbour (1900-1970) en apporte la preuve éclatante. […] Une poésie constamment présente au fil des émouvants portraits d’Apollinaire, de Max Ernst, de D.-H. Kahnweiler ou des visites des ateliers de Giacometti, Braque, Ubac, Germaine Richier, Picasso... […]

 

Richard Blin

 

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La Nouvelle Quinzaine littéraire, juillet 2014

La résistance de Zbigniew Herbert

 

[…] Dernier tome des œuvres poétiques publiées au Bruit du temps parallèlement à trois volumes d’essais, ce livre réunit les trois ultimes recueils : Élégie au départ, publié à Paris en 1990 par l’éditeur de l’émigration, puis, publiés en Pologne, Rovigo (1992) et Épilogue de la tempête (1998), qui donne le titre de l’ensemble. […] Une poésie sans apprêts, la force seule de ce qui est, soulignée par une traduction d’une somptueuse simplicité — celle-là même sans doute du texte original. Force et gravité s’enveloppent de pudeur, de légèreté. […]

 

Odile Hunoult

 

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Le Monde des Livres, 6 juin 2014

Cahier d’un retour sur soi

 

Le mot manque. Diariste, moraliste, aphoriste ou noteur ne sont pas assez précis, ou le sont trop. Il faudrait peut-être oser « carnettiste » pour décrire cette pratique […] de certains écrivains qui ne peuvent se retenir de formuler leurs pensées, leurs observations, leurs humeurs en quelques mots ou quelques phrases. [...] Ainsi en va-t-il de Jean-Luc Sarré, qui, régulièrement, entre deux recueils de poèmes, publie ses carnets : le quatrième volume aujourd’hui, Ainsi les jours. […]

 

Éric Chevillard

 

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Sitaudis.fr, 3 juin 2014

Ainsi les jours de Jean-Luc Sarré

 

Le Bruit du temps […] publie cette fois Ainsi les jours, jubilatoire nouvel opus de « notes et remarques ». Pas sûr que le qualificatif « jubilatoire » plairait au poète […], mais c’est le ressenti de quelques lecteurs qui ont déjà su apprécier, non sans sourire plus d’une fois, les pages attachantes et printanières (au sens fort) d’un moraliste qui ne donne jamais la leçon. […] Assurément, l’un des livres forts de 2014.

 

Jean-Marc Baillieu

 

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Revue des Deux Mondes, juin 2014

Au jour le jour 5. Carnets 2000-2005

 

Ce cinquième volume des carnets du poète Paul de Roux met fin à une oeuvre tissée dans la discrétion. Chaque morceau (comme on parle d’un morceau de musique), qu’il soit en prose ou en vers, recueille le suc du jour : observations, impressions et réflexions, enveloppées de mélancolie ou d’émerveillement. […]

 

Édith de La Héronnière

 

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Le Monde des Livres, 30 mai 2014

Lawrence par touches

 

Il ne sera pas dit que l’année pendant laquelle cette rubrique m’aura été confiée sera passée sans que je parle de l’objet de ma passion : David Herbert Lawrence. L’occasion m’en est offerte par Le Bruit du temps, qui réédite dans l’ordre chronologique, et dans une nouvelle et remarquable traduction de Marc Amfreville, l’intégralité de ses nouvelles. Le cinquième et dernier tome vient de paraître, qui porte le titre de la nouvelle la plus longue […], La Vierge et le Gitan, datée de 1926. […]

 

Catherine Millet

 

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La Liberté, 24 mai 2014

La poésie comme antidote

 

[…] C’est l’œuvre de ce dissident de l’intérieur, peu connu chez nous, que les éditions Le Bruit du temps nous incitent à découvrir depuis trois ans en une série de volumes élégants et bien documentés. Voici le troisième et dernier tome de la traduction intégrale des neuf recueils poétiques de l’écrivain décédé en 1998. Présentés en bilingue, et pour la plupart inédits en français, ces textes ouvrent à la quintessence de l’univers intérieur du poète. […]

 

Alain Favarger

 

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Cahiers Bernard Lazare, mars 2014

Anna Akhmatova, une poétique de la résistance

 

Sur Anna Akhmatova fut écrit après la mort de cette poétesse russe, en 1966, par son amie Nadejda Mandelstam, épouse du poète Ossip Mandelstam. L’histoire de ce témoignage qui faillit disparaître nous est contée dans la postface par Pavel Nerler à qui l’on doit d’avoir recueilli le seul tapuscrit non détruit par son auteur. Anna Andreyevna Gorenko (née à Bolchoï Fontan, près d’Odessa, en 1889), plus connue sous son nom de plume Anna Akhmatova, appartient à cette génération héroïque d’écrivains qui opposèrent à la Terreur stalinienne une poétique de la résistance et l’affirmation de la liberté individuelle au prix de leur propre vie. […]

 

Yvette Metral

 

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Encyclopaedia Universalis, 2014

Tache de soleil, ou d’ombre

 

Près de soixante ans après l’écriture des premiers carnets de La Semaison (1954), Philippe Jaccottet, poète, critique littéraire et traducteur, né à Moudon (Suisse) en 1925, a entrepris, avec Taches de soleil, ou d’ombre (Le Bruit du temps, 2013), de sauvegarder quelques anciennes notes parmi celles qu’il n’a cessé de consigner, au jour le jour, dans les « cahiers d’écolier » qu’il songe à détruire. Un premier choix avait donné lieu à trois volumes de « semaisons » […]

 

Yves Leclair

 

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Moderne, 8 février 2014

Georges Limbour

 

L’essentiel de Georges Limbour, et parfois le meilleur, nous avait échappé et nous ne le savions pas. Sa critique d’art reparaît enfin, méticuleusement réunie par Martine Picon et Françoise Nicol. […] Leur récompense et la nôtre, c’est ce beau volume sur papier crème, qu’on a bien en mains, et qui se lit comme le roman de la peinture moderne. […]

 

Stéphane Guégan

 

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ArtPress, n°408, février 2014

Georges Limbour : rendre visite aux tableaux

 

Parfois évoqués par les spécialistes de l'écrivain ou cités selon leurs besoins par quelques rares historiens de l'art, les écrits sur l'art de Georges Limbour (1900-1970) n'étaient pas tout à fait ignorés jusqu'à présent, mais presque. Leur publication intégrale, par les soins de Martine Colin-Picon et de Françoise Nicol, auteurs respectivement dans cet ouvrage d'une biographie synthétique riche d'informations et d'une préface fort éclairante, constitue donc une véritable révélation, permettant d'en prendre enfin la mesure. […]

 

Pierre Brullé

 

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Sitaudis, 15 janvier 2014

Spectateur des arts de Georges Limbour

 

On peut encore lire aisément quelques œuvres de Georges Limbour (1900-1970) rééditées en poche, des poèmes (Soleils bas, 1924) et deux romans, Les Vanilliers (1938) et La Pie voleuse (1939), mais les très nombreuses chroniques sur la peinture, moins souvent sur la sculpture, la tapisserie, la céramique, etc., restaient dispersées jusqu'à cette édition du Bruit du temps. […] Ce livre épais constitue une véritable histoire de la peinture en France de 1944 à 1969, une histoire fondée sur une connaissance approfondie des techniques mais rejetant un vocabulaire spécialisé. C'est que Limbour, qui rêvait de voir des tableaux dans certains lieux publics, voyait là une manière de faire partager à un grand nombre ce qu'était pour lui l'art, « la seule arme que l'homme eut à sa disposition pour résister à la mort ».

 

Tristan Hordé

 

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ActuaLitté, 7 janvier 2014

Sur Anna Akhmatova : récit-portrait d’une femme poète sous l’époque stalinienne

 

[…] Ce livre, on le pensait perdu, détruit par son auteur, mais une copie subsistait, retrouvée il y a quelques années. Si le texte a été publié, grâce aux belles éditions Le Bruit du temps, c’est parce que l’écriture très concrète, très physique de Nadejda Mandelstam dit beaucoup sur le temps et les individus. Elle rend ces grands poètes russes vivants, elle ne parle plus d’icônes, mais de personnes. Elle se transforme en un simple œil jeté sur ces monuments littéraires — elle parlera plus particulièrement de son mari poète, Ossip, et d’Anna Akhmatova — elle les rend tout à fait ordinaires, et c’est en les rendant humains que nous avons encore plus envie d’aller vers leurs œuvres. […]

 

Virginie Troussier

 

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La Russie d’Aujourd’hui, 3 janvier 2014

Sur Anna Akhmatova

 

On ne peut que se réjouir de la parution des souvenirs de Nadejda Mandelstam, Sur Anna Akhmatova, pour au moins trois raisons : d’abord parce que ce livre est un rescapé, sauvé par Natalia Chtempel voisine des Mandelstam à Voronej, comme ont été sauvés dans des mémoires anonymes les poèmes de Mandelstam et d’Akhmatova, dont l’admirable Requiem. Sans ce réseau inespéré de résistance que resterait-il de leur œuvre ? Parce qu’on se souvient aussi des mémoires de Nadejda Mandelstam, Contre tout espoir, de sa plume alerte, de son esprit caustique et de la voix incroyablement libre et moderne de l’octogénaire. Enfin, parce qu’Anna Akhmatova, poétesse immense, et son œuvre sont insuffisamment connues en France. […]

 

Christine Mestre

 

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La République des livres, 29 décembre 2013

En suivant G. Limbour, visiteur de tableaux

 

[…] En découvrant les écrits sur la peinture de Georges Limbour recueillis sous le titre Spectateur des arts, je suis allé directement à la fin vérifier que Daniel-Henry Kahnweiler y était bien mentionné. Le marchand historique des cubistes l’était, dans une quinzaine de pages différentes. C’est même lui qui ferme le bal, l’auteur lui rendant visite dans sa villégiature de week-end en 1969 dans « une maison où l’on rencontre des tableaux ». Je m’y suis donc engouffré en toute confiance, heureux de remettre mes pas dans les leurs, la galeriste et le critique. Quel voyage inoubliable quand le guide se double d’un poète ! Car Limbour possédait cette double qualité, plus rare qu’on ne le croit. Notre connaissance de l’art s’enrichit toujours autrement lorsqu’un poète et romancier nous fait accéder à sa part d’invisible, ce non-vu qui a partie liée avec le non-dit. On croirait que la dénomination d’« écrivain d’art » a été inventée pour lui […].

 

Pierre Assouline

 

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La Liberté, 28 décembre 2013

Inde-Angleterre, le couple impossible

 

E.M. Forster. Une belle réédition permet de redécouvrir le roman phare du Britannique. Une plongée dans les mystères du sous-continent entre parcours initiatique et choc des orgueils. […] Les séquences s'enchaînent en une suite très rythmée qui montre l'univers factice des colons, figés dans leurs habitudes et leurs privilèges. Le monde des Indiens dévoile ses complexités, ses rites, sa sensualité troublante, mais aussi ses divisions […]. Sans oublier le dialogue prémonitoire qui, à la fin de ce livre publié en 1924, annonce que l'Inde, suite à la prochaine guerre en Europe, acquerra son indépendance !

 

Alain Favarger

 

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Libération, cahier Livres, 19 décembre 2013

Dans l’atelier du critique d’art G. Limbour

 

Comment écrire sur l'art ? Comment jouer d'une flûte qui enchante les autres au point de les faire entrer dans le tableau, le dessin, le corps même de l'artiste, d'un œil précis, d'un cœur léger, comme s'ils y avaient toujours vécu ? De 1924 à 1969, à partir de 1944 surtout, l'écrivain Georges Limbour, l'auteur des Vanilliers et de La Pie voleuse, a possédé cet instrument et il ne cesse d'en jouer. […] Il y a des critiques d'art. Il y a des écrivains qui écrivent sur l'art. Lui, c'est un écrivain d'art. Sa phrase rythmée, vive, quasiment précieuse, ne tient pas en place. L'objet pictural l'oriente et la fixe avec plus de fermeté que dans ses fictions. Ses vrais personnages de romans, au fond, ce sont les peintres. […]

 

Philippe Lançon

 

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La Nouvelle Quinzaine littéraire, déc. 2013

« Je ne divorce pas des morts »

 

Cette parole tenue devant le procureur par une de ses amies, Nadejda Mandelstam (1899-1980) aurait pu la prononcer elle-même. C'est d'ailleurs ce qu'a fait toute sa vie, après la mort d'Ossip Mandelstam dans un camp d'Extrême-Orient (le 27 décembre 1938). Ses souvenirs vont désormais constituer le pendant de l'œuvre du poète. Le côté pile. Et quand il s'agit d'Anna Akhmatova, il s'agit d'une relation à trois. L'ombre de Mandelstam est l'encre des mots de Nadejda, l'écriture de celle-ci l'épithalame de leur union. […]

 

Christian Mouze

 

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Télérama, 11 décembre 2013

Le plus long des voyages

La réédition de ce roman d'une perspicacité psychologique inouïe offre l’occasion de redécouvrir la subtilité du très edwardien Forster.

 

[…] Du Plus long des voyages, Forster disait : « Il est le moins apprécié de mes cinq romans mais celui que je suis le plus heureux d'avoir écrit. » Le récit d'un mariage inconséquent, celui de l'idéaliste, immature et naïf Rickie avec la belle et dure Agnès, en est le fil rouge, mais le roman que Forster déploie autour de ce motif si ordinaire est d'une perspicacité psychologique, d'une profondeur méditative époustouflantes – à la hauteur ou presque d'un Henry James, dont Forster semble ici le digne cousin anglais.

 

Nathalie Crom

 

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Télérama, 4 décembre 2013

Sur Anna Akhmatova

L'amitié de deux écrivaines qui ont traversé la terreur stalinienne.

 

L'admirable poétesse et le couple Mandelstam ont traversé ensemble ce que Chalamov, dans une lettre à la même Nadejda, qualifiait de « haute épreuve morale » : la terreur stalinienne, la relégation intérieure, la mise au ban. Une ère dont le souvenir le plus intense, le plus prégnant demeuré en mémoire de Nadejda Mandelstam fut, note-t-elle au seuil de ces pages, la peur – un sentiment « plus fort que l'amour et la jalousie, plus fort que tous les sentiments qu'il nous a été donné d'éprouver ». […]

 

Nathalie Crom

 

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Revue des Deux Mondes, décembre 2013

Sur Anna Akhmatova

 

« Nous sommes tenus de taire ce que nous avons vécu. Et pourquoi donc devrais-je me taire ? » (Nadejda Mandelstam) ; « C'était le temps où les seuls sourires / Étaient les morts, heureux d'être en paix » (Anna Akhmatova) ; « De quoi te plains-tu, il n'y a que chez nous qu'on respecte la poésie : on tue même pour elle. Ça n'existe nulle part ailleurs » (Ossip Mandelstam). Deux femmes, un homme et une amitié qu'aucun événement tragique de l'histoire russe n'a interrompue. Par-delà la mort, ces « trois têtes pleines de courants d'air » continuent de se parler […].

 

Aurélie Julia

 

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Le Monde des Livres, 15 novembre 2013

La route d’E.M. Forster

 

Il ne publia que peu de livres. Edward Morgan Forster (1879-1970) est pourtant l'un des écrivains majeurs de l'Angleterre […]. Route des Indes – son dernier roman (1924), considéré comme son chef-d'œuvre et aujourd'hui réédité –, est aussi le livre qui le fit classer parmi les auteurs modernistes. […] Le Plus Long des voyages (1907), son deuxième roman, ne connut pas le même succès que les autres. C'est, a-t-il expliqué dans une introduction datée de 1960, « le moins apprécié de mes cinq romans mais celui que je suis le plus heureux d'avoir écrit ». […] À cette présence forte de la pensée, il faut ajouter « les élans d'un poète », comme l'écrivait Virginia Woolf de son ami Forster, « des bouffées de poésie lyrique ».

 

Christine Jordis

 

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Le Matricule des anges, nov.-déc. 2013

Malgré les ténèbres

 

Avec Sur Anna Akhmatova, Nadejda Mandelstam porte un regard pénétrant sur la création poétique sous des cieux contraires.

 

« Comment se fait-il que trois têtes en l'air pleines de courants d'air qui n'en faisaient qu'à leur guise, trois personnes incroyablement écervelées – A.A., O.M. et moi – aient pu préserver, sauvegarder et conserver toute leur vie cette triple union, cette amitié indesctructible ? » Le livre que Nadejda Mandelstam commence à écrire peu de temps après la mort de son amie survenue en 1966 (elle était née en 1889) donne quelques éléments de réponse. […]

 

Jean Laurenti

 

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Le Monde des Livres, 1er novembre 2013

Les vers fulgurants des catacombes

 

Présentée à Anna Akhmatova (1889-1966) par son époux, Ossip Mandestam, en 1924, Nadejda (1899-1980) partagea leur sort, banalement tragique en URSS : arrestations et disparitions de proches, trahisons, relégation, censure. […] Ces mots splendides d'humanité et de force nous reviennent aujourd'hui dans une édition impeccable. Un choc.

 

Philippe-Jean Catinchi

 

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La Croix, 30 octobre 2013

Les vers fulgurants des catacombes

 

Nadejda Mandelstam, au lendemain de la mort d’Anna Akhmatova en 1966, récapitulait leur amitié sous le signe de la poésie.Un inédit splendide, remonté de l’abîme soviétique. […] Ce livre restitue la force ensorcelante des mots face au pire : un tel souffle sur tant de souffrances ; tant de beauté sur de tels fumiers. […]

 

Antoine Perraud

 

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Le Télégramme, 23 octobre 2013

Denis Rigal décroche le prix Georges-Perros

 

L'écrivain et poète Denis Rigal a reçu à Saint-Malo le prix Georges-Perros pour son recueil de poésie Terrestres, paru en mars aux éditions Le Bruit du temps. […]

 

Guy Pellen

 

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Libération, cahier Livres, 17 octobre 2013

La grande dame et Nadejda Mandelstam

 

La différence entre la licence et la liberté, la première étant plus toxique qu'on ne croit, la relation directe entre la sexualité et la poésie, la nocivité des chefs charismatiques comme des responsables trop zélés : ce sont quelques-uns des thèmes que Nadejda Mandelstam (1899-1980) aborde dans Sur Anna Akhmatova, texte écrit juste après la mort de son amie, en 1966 […] que nous découvrons aujourd'hui : elle l'a détruit, mais avait confié une copie à une amie, qui elle-même l'a transmis. […]

 

Claire Devarrieux

 

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Le Spectacle du Monde, octobre 2013

D.H. Lawrence, dernières nouvelles

 

Ce quatrième recueil des nouvelles de D.H. Lawrence, publié par le Bruit du temps, met en scène le sacrifice de la femme occidentale sur l’autel de la civilisation, et le puissant retour du refoulé qui en résulte. Plus explosif que jamais… […] Composés dans les dernières années de la vie de l’écrivain, ces textes nous montrent qu’il n’existe aucune échappatoire pour l’homme et la femme, misérables créatures chassées du paradis terrestre, dépossédées de leur condition charnelle par l’irruption du mal. Rien qui puisse les sauver […].

 

Anne-Sophie Yoo

 

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Mardi ça fait désordre, 30 juillet 2013

« La chance d'avoir des bras, des cuisses et un visage bien vivants  »

 

David Herbert Lawrence, né en 1885, est mort en 1930. Depuis 2009 Le Bruit du temps réédite les nouvelles écrites par l’auteur de L 'Amant de Lady Chatterley. Aujourd’hui avec La femme qui s’enfuit paraît le tome 4 d’une œuvre prodigieuse. D. H. Lawrence, sans doute trop en avance sur son temps, sans doute brûlé dans nos esprits par l’éclat incandescent de son scandaleux chef-d’œuvre, aurait pu rester l’auteur ignoré que tout le monde croit avoir lu. À découvrir ses nouvelles, on comprend encore mieux qu’il soit resté si longtemps au purgatoire. […]

 

FB

 

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Lexnews, juillet 2013

Georges Séféris, Six nuits sur l’Acropole

 

C’est sous le signe de la lune que ces Six nuits sur l’Acropole rythment ce récit entre roman et poésie de Georges Séféris, prix Nobel de la littérature en 1963. Les dieux ne sont jamais loin en ce lieu élevé et pourtant les jeunes gens partagent des doutes et des inquiétudes que n’auraient peut-être pas reniés leurs augustes aînés…

 

Philippe-Emmanuel Krautter

 

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Notes du mont Royal, 18 juin 2013

Chômei : Notes de ma cabane de moine

 

Il s’agit du moine Kamo no Chômei, essayiste et poète japonais […]. « Kamo no Chômei ne se contente pas de noter, à la fortune du pinceau, des observations ou des pensées disparates : il veut philosopher… et son charmant écrit, si dénué de toute prétention, n’en devient pas moins un exposé magistral de la sagesse pessimiste. » Il n’existe pas moins de quatre traductions françaises de Notes de ma cabane de moine, mais s’il fallait n’en choisir qu’une seule, je choisirais celle du père Sauveur Candau.

 

Yoto Yotov

 

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La Quinzaine littéraire, n° 1085, 1-15 juin 2013

« Une série de petits chefs-d’œuvre »

 

Après les précédents volumes des nouvelles de D.H. Lawrence, Étreintes aux champs (2009), L’Officier prussien (2011) et Chère, ô chère Angleterre (2012), voici le quatrième, traduit encore par Marc Amfreville. Il se fonde toujours sur la Cambridge Edition of the Works of D. H. Lawrence, qui permet de disposer des meilleures sources et d’un appareil critique particulièrement fiable. […]

 

Alain Jumeau

 

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Études, n°418/6, juin 2013

Toujours la tempête

 

Storm still – « toujours la tempête » : reprenant au Roi Lear de Shakespeare cette didascalie lancinante, Peter Handke met en scène, dans un texte polyphonique étrange et déroutant, la tragédie des Slovènes de Carinthie, qui toujours refusèrent d’être un peuple tragique, prenant les armes pour lutter contre ce IIIe Reich qui voulait leur prendre leur langue, mais rattrapés par les antagonismes de la guerre froide. […]

 

Elsa Kammerer

 

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Poezibao, 24 mai 2013

Terrestres de Denis Rigal

 

Depuis Aval (Gallimard, 2006) les lecteurs de Denis Rigal ont eu largement et légitimement le temps de trouver le temps long. Mais l’abondance et la volubilité ne sont pas des « vertus » rigaliennes et voici qu’enfin notre impatience s’apaise avec la publication de Terrestres, son dernier recueil. […]

 

Henri Droguet

 

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Recours au Poème, mai 2013

Toucher terre de Vincent Pélissier

 

[…]  Nos géographies intérieures […] sont une part, la majeure part, de notre géographie complète, une géographie née de la rencontre entre le dedans et le dehors, oserais-je dire ici entre le haut et le bas. Elles sont un homme, vertical, tendu le long d’un fil à plomb reliant terre et ciel. Un homme qui touche terre, enraciné, la tête dans les étoiles. À moins que ce ne soit le contraire. Vincent Pélissier donne un livre de poète qui ne semble pas avoir l’apparence d’un livre de poèmes. Les apparences sont trompeuses.

 

Matthieu Baumier

 

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Libération, cahier Livres, 8 mai 2013

La fureur de vie de D.H. Lawrence

 

[…]  Les treize textes publiés, au minimum très bons, ont comme une absence supérieure de contrôle. On sent vivre les corps et on entend circuler les voix des vivants comme s’ils étaient morts : remontant du plus profond des personnages, elles électrocutent le récit. Il n’est pas exagéré d’écrire que, outre « La femme qui s’enfuit », il y a quatre chefs-d’œuvre : « Jimmy et la femme désespérée », « Le crack à bascule », « L’homme qui aimait les îles », « La belle dame ». On ne trouve pas les deux premiers dans d’autres éditions. […]

 

Philippe Lançon

 

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Le blog de l'École des lettres, 2 mai 2013

Des pages pour respirer

 

Les hommes sont las et ils voudraient avant tout respirer. C’est écrit en 1967, et Philippe Jaccottet dit ici un moment de crise. La page pourrait être écrite aujourd’hui, sans qu’on y change un mot. […] On trouve dans ce recueil la trace de ses lectures, des récits de rêves, de nombreuses descriptions de paysages. […] On sera davantage surpris par certaines notes, par des confidences, des propos plus personnels. On sait la pudeur et la réserve de Jaccottet. […]

 

Norbert Czarny

 

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remue.net, 23 avril 2013

Terrestres

 

[…] Terrestres, écrit au bord d’un monde au « centre vide, sur quoi tourne une absence », s’attache à déceler tout ce qui vibre, donne et perpétue la vie. […] Il touche à l’essentiel sans être sec, ne s’encombre pas d’adjectifs inutiles, ne néglige pas l’ironie (« la vache s’humanise / l’homme s’avachit »), module le rythme de son chant en l’adaptant aux différentes formes poétiques choisies et s’affirme toujours aussi percutant, incisif, précis.

 

Jacques Josse

 

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Le Temps, 20 avril 2013

Marcher avec Philippe Jaccottet, les arbres et les ciels changeants

 

Philippe Jaccottet a toujours pris des notes dans des carnets. Depuis le début de sa quête de poète, depuis les années 1950 et jusqu’à aujourd’hui. Dire, le plus justement possible, la profondeur du monde qui s’impose, fugacement, au regard mais s’échappe des mots. Dire la beauté et sa perte presque immédiate. Dire l’espoir aussi, ne pas laisser l’ombre tout envahir. Pour ce faire, il chemine sur une voie d’effacement. Anonyme, homme parmi les hommes, portant le même manteau de soucis que tout un chacun, il écrit au creux de la modestie. […]

 

Lisbeth Koutchoumoff

 

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La Croix, 17 avril 2013

Philippe Jaccottet, la poésie jour après jour

 

«Notes sauvegardées » d’un grand poète, Taches de soleil, ou d’ombre raconte le quotidien d’un homme dont la vie est tout entière tournée vers la recherche d’une juste distance avec le monde. « Je cherche les mots qui puissent résister à l’épreuve de cette pierre », écrit-il en janvier 1964. Ce journal est donc bien loin du dévidement d’une vie « intime » au sens où on peut l’entendre souvent. Et pourtant, la vraie intimité, celle qui rassemble les sources encore hésitantes de nos vies, se déploie magnifiquement dans ces taches de soleil, ou d’ombre. […]

 

Pascal Ruffenach

 

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Terres de femmes, avril 2013

Une énigme critique

 

Paris, Salon du Livre 2013. Dans le tumulte, la table des éditions du Bruit du temps étend son estran silencieux de volumes sable, parmi lesquels me font signe la couverture, la seule illustrée, ambrée d’un paysage en filigrane, et le titre, déchiffré de travers, d’un mince volume : Nature morte avec bride et mors.  […]

 

Claire Vajou

 

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Le nouvel Observateur, n° 2527, 11 avril 2013

Le très haut

 

À l'âge où d'autres entassent, Philippe Jaccottet se débarrasse de tout ce qui l'encombre. À 88 ans, le grand poète s'allège. […] Ces notes fugitives et pensées provisoires couvrent un demi-siècle (1952-2005) d'écriture, de lectures, de doutes, d'émerveillements dans les champs et les vergers, de voyages en Italie ou dans sa Suisse natale, d'adieux poignants, de rêves – il en donne de lumineuses relations – et de rencontres. Il rend ainsi visite, malgré les réserves que ses poèmes lui inspirent, à René Char, aux Busclats ; s'invite chez Francis Ponge, qui tient, en maillot de corps, des discours ultra-gaullistes ; et va écouter Jean tardieu lire ses textes graves et drôles avec Michael Lonsdale. […]

 

Jérôme Garcin

 

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L'Ours, n° 427, avril 2013

Un poète dans le “siècle chien-loup”

 

[…] Mandelstam n’avait pas le goût des (auto)biographies, lui qui disait : « Je n’ai pas envie de parler de moi, mais de tendre l’oreille pour écouter la germination et le bruit du temps. » Le livre de Dutli, s’il n’omet aucun détail de la vie du poète, est surtout une formidable introduction à son travail. Les nombreuses citations qui parsèment le livre nous permettent de mieux pénétrer une œuvre ardente.

 

Emmanuel Maurel

 

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Le Monde des Livres, 5 avril 2013

Carnets passés au tamis du temps

 

Le poète Philippe Jaccottet, 87 ans, a relu ses notes – un demi-siècle d'écrits – une dernière fois. Taches de soleil, ou d'ombre en rassemble les pépites.

 

Longtemps, Philippe Jaccottet s'est refusé à parler de ses proches dans ses livres. La publication de Taches de soleil, ou d'ombre, pages de carnets inédites de ce grand poète discret, soucieux d'effacement et de justesse, est un événement. […]

 

Monique Petillon

 

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La Liberté, 30 mars 2013

La tragédie de l'homme révolté

 

Réédition de Philosophie de la tragédie, paru en 1903, de Léon Chestov, qui détourne Dostoïevski et Nietzsche à ses propres fins, aimant ces deux « clairvoyants de l'abîme ». […] Ce qui intéresse le philosophe, c’est « le clairvoyant des abîmes », la voix souterraine et souveraine des Karamazov et de Zarathoustra, celle qui résonne dans les ténèbres lorsque les barrières de la réalité, des lois naturelles sont abolies et que s’ouvre à l’homme angoissé un monde inespéré marquant, selon la belle formule d’André Bédard, l’avènement d’une « Nuit libératrice ».

 

Thibaud Martinetti

 

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Ouest-France, n° 944, 23 mars 2013

L'âpre beauté des poèmes de Denis Rigal

 

Né en 1938, Denis Rigal a enseigné les littératures de langue anglaise à Brest. Il vient de sortir un nouveau recueil de poésie, Terrestres. Un homme plein de verve et d'humour. Entretien. […]

 

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Télérama, n° 3297, 20 mars 2013

Taches de soleil, ou d'ombre

 

Poète du frémissement, il rassemble un demi-siècle de notes éparses en un recueil où limpidité et gravité s'étreignent. Où la simplicité touche au sublime.

 

[…] Voilà ce que cherche Philippe Jaccottet, qu'il soit dans la position du lecteur ou dans celle du poète. La limpidité, la modestie, la précision, la justesse d'une parole qui ne pratique ni la grandiloquence, ni la ruse, ni l'esquive. Une parole non pas naïve ou ingénue, mais tout simplement loyale. […]

 

Nathalie Crom

 

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Livres Hebdo, n° 944, 8 mars 2013

Le bruissement du monde

 

Grand traducteur (Musil, Rilke, Ungaretti) et poète, Philippe Jaccottet est un passeur de mots, de sensations, de rêves. […]  Philippe Jaccottet parle de ses voyages, des paysages et surtout de son travail : suggérer ce qu'il y a derrière le mot, provoquer une image, saisir « ces moments qui font craquer les contours du temps ». Pour saisir le bruissement du monde. Le poète est celui qui révèle l'invisible, l'observateur qui montre ce que nous ne voyons plus. Il prend son temps, là où pour nous le temps n'est plus qu'une fuite. […]

 

Laurent Lemire

 

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L'Ours, n° 426, mars 2013

Pour faire le tour d'Isaac Babel

 

Toute l'œuvre de Babel publiée en Russie est aujourd'hui disponible en français. Comme l'édition russe actuelle, elle n'est pas « complète », plusieurs manuscrits ayant disparu lors de son arrestation. Les archives du NKVD/FSB ne les renfermant pas, peut-être gisent-ils dans les fonds de Staline ? […]

 

Sylvain Boulouque

 

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L'Express, n° 3216, 20 février 2013

Panthéon polonais

 

La traduction des poèmes et essais de Zbigniew Herbert révèle un auteur de premier plan. Injustement méconnu. Une voix d'une telle portée, un talent si immédiat et profond, voilà qui ne se rencontre pas tous les jours ! […]  En proposant l'intégralité de ses poèmes et de ses essais en français, les éditions Le Bruit du temps réparent cette injustice et révèlent un auteur majeur. […] En fait, avec son apparente simplicité, rendue par la traduction lumineuse de Brigitte Gautier, la poésie de Herbert ne se rattache à aucun courant connu. […]

 

Bertrand Dermoncourt

 

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Payot L'Hebdo, printemps 2013

Le coup de cœur de Payot :

Le Livre du retour

 

Postérieurs à l'œuvre majeure de Julius Margolin (1900-1971), Voyage au pays des Ze-Ka, qui décrit sa longue déportation au goulag, ces textes sont des souvenirs épars qui recouvrent une vie. On y trouve aussi bien des récits relatant son enfance ballottée entre différents shtetls de Pologne par un père dur et instable (il en garda un étrange attachement aux trains !) que son voyage de retour à Tel-Aviv après sa libération des camps. Magistralement écrite, c'est là la géographie de lieux de mémoire […] comme l'illustre en fin d'ouvrage la carte de ses périples à travers l'Europe. […]

 

Christian Mureu

 

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La Quinzaine littéraire, n° 1077, 1-15 février 2013

Une mise en scène de l'Histoire : le lent retour

de Peter Handke

 

On se souvient que Peter Handke a eu des mots et des démarches contestables et contestées durant les guerres qui ont ravagé l'ex-Yougoslavie, jusqu'au procès, puis aux obsèques de Slobodan Milosevic. Ses prises de position à contre-courant de l'opinion majoritaire ont provoqué, notamment en France, des scandales retentissants… Ce qui est dit reste dit. Mais en publiant Toujours la tempête en 2010, Peter Handke revient sur son terrain, celui de la littérature, pour dépasser ce qui fut une autre « tempête », médiatique celle-là, et recentrer son regard d'écrivain sur le petit pays auquel il se sent attaché par sa mère : la Carinthie autrichienne, où une minorité de langue slovène vit aux frontières de l'actuelle Slovénie. […]

 

Jean-Luc Tiesset

 

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Catholica, n° 118, hiver 2013

Un traité du désespoir parfait

 

De tous les penseurs russes que les bolcheviques chassèrent d'URSS au début des années 1920, Léon Chestov (1866-1938), dont on a récemment réédité Athènes et Jérusalem, est sans doute, avec Nicolas Berdiaev, le plus connu en France. À la différence de ce dernier, il fut en outre d'emblée bien traduit en français (par Boris de Schloezer), ce qui contribua bien sûr à le faire apprécier chez nous, et il marqua profondément un Benjamin Fondane, un Albert Camus, un Émile Cioran, un Yves Bonnefoy […] le lecteur d'Athènes et Jérusalem saura gré à l'auteur d'avoir su porter le désespoir à un degré de pureté tel qu'il peut ouvrir sur Dieu.

 

Bernard Marchadier

 

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Hippocampe, n° 8, janvier 2013

« Je prends un petit rien »

 

Qui était Isaac Babel, ce Juif odessite considéré comme l'un des plus grands écrivains russes du XXe siècle, auteur qui connut une gloire soudaine au début des années 1920 avec Cavalerie rouge, son livre le plus célèbre, mais également avec ses Récits d'Odessa ? […] Sophie Benech, qui place sa traduction remarquable « sous le signe de Maupassant et de Flaubert », a établi et présenté les œuvres en prose (nouvelles, pièces et scénarios, mais sans la correspondance). Elle se propose de « rendre le style de Babel », afin que le public français puisse redécouvrir l'envergure de cet écrivain majeur. […] C'est une chef-d'œuvre incontournable […].

 

Ariane Lüthi

 

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L'Ours, n° 424, janvier 2013

Vivre et raconter le goulag

 

Les éditions Le Bruit du temps, qui avaient réédité il y a deux ans le Voyage au pays des Ze-Ka (L'Ours, n°408), témoignage exceptionnel sur les camps soviétiques, poursuivent la publication des œuvres de Margolin. Son retour est marqué par son itinéraire entre Jérusalem et la Pologne, en 1939, puis son retour à Jérusalem sept ans plus tard. L'ouvrage permet de découvrir des pans ignorés de l'œuvre de Margolin. Ce docteur en philosophie avait une réelle ambition littéraire, comme en témoignent les huit chapitres autobiographiques publiés en fin de volume. Ces textes en outre apportent des informations complémentaires sur la vie dans la Pologne des années 1910-1930. […]

 

Sylvain Boulouque

 

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Le Matricule des anges, janvier 2013

Mémoire vive

 

Rescapé de son Voyage au pays des Ze-Ka, Julius Margolin revient à la vie ; il lui faut reprendre la route, vers l'Occident cette fois, et affronter une nouvelle épreuve : témoigner. […]Luba Jurgenson, cette fois encore, nous offre la possibilité de découvrir ce qui succéda à cette libération. Maîtresse d'œuvre de cette seconde résurrection éditoriale, elle traduit et présente, avec la précision et l'acuité qu'on lui connaît, un diptyque aux échos multiples et bouleversants. […]

 

Thierry Cecille

 

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Recours au Poème, janvier 2013

Corde de lumière

Les œuvres poétiques complètes de l’un des principaux poètes polonais contemporains, Zbigniew Herbert, cela fait événement. Le premier volume a paru il y a peu, et l’éditeur annonce un ensemble en trois volumes. Du reste, Herbert est l’auteur de 9 recueils de poèmes : Le Bruit du temps les édite de façon chronologique. Il y avait très peu de choses en français, si ce n’est l’extraordinaire Monsieur Cogito et quelques poèmes parus en anthologie. Mort en 1998, Herbert est une des figures de proue de la poésie polonaise du siècle passé. […]

Andrzej Taczynski

 

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Causeur, 29 décembre 2012

Philosophie en sous-sol

 

Avec Nietzsche et Dostoïevski, Léon Chestov ressuscite le tragique de l'existence. […] Avant la mort, l’homme libre doit donc se contenter de ses seuls outils sceptiques et pessimistes pour philosopher, c’est-à-dire questionner, et non répondre. « Nulle transformation ne pourra transformer la tragédie de la vie et il semble que le moment soit venu de ne plus nier la souffrance comme une réalité fictive dont on peut se débarrasser […] mais de l’accepter, de l’admettre, et peut-être enfin de la comprendre » conclut Chestov. Après tout, la philosophie n’est pas tant l’amour de la sagesse que la quête sans fin de chemins inexplorés.

 

Daoud Boughezaia

 

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Le Monde des Livres, 21 décembre 2012

L'impossible libération

 

[…] C'est un ensemble de textes, écrits juste après la guerre, où Margolin raconte les étapes qui l'ont mené de sa sortie du goulag à son retour chez lui à Tel-Aviv, la ville où il s'était installé dans les années 1930 et où il aurait vécu paisiblement s'il n'avait eu le malheur de se trouver en Pologne en 1939. Saisissants de réalisme, mais polis par un esprit d'une grande culture qui leur donne une hauteur peu commune, ces textes – que complètent en fin de volume quelques chapitres autobiographiques sur l'enfance de l'auteur – disent l'impossible libération d'un homme qui s'avouait « possédé à tout jamais par le fantôme du passé ».

 

Thomas Wieder

 

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Télérama, n° 3283, 15 décembre 2012

Le Livre du retour

 

Suite de Voyage au pays des ze-ka, dans lequel le philosophe juif polonais Julius Margolin (1900-1971) racontait son incarcération dans un camp de travail en URSS entre 1940 et 1945, ce nouveau livre inédit conte le long retour vers la liberté. […] Si la seconde partie du livre est composée de souvenirs d'enfance, ce livre, tendu par l'écriture magnifique de Margolin, témoigne d'une période où un homme tente de se reconstruire avec dignité.

 

Gilles Heuré

 

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Theoria, 9 décembre 2012

Léon Chestov, La Philosophie de la tragédie

 

Nous pouvons considérer Léon Chestov (1866-1938) comme l’un des philosophes les plus importants de l’école russe. Quoique croyant, ou bien par ce fait, sa philosophie s’exprimait d’abord par une recherche effrénée de l’expérience du désespoir, expérience première tout autant que dernière pour l’homme (l’homme vient en pleurs et, par un trajet parcouru d’efforts infinis et absurdes, meurt dans l’angoisse). […] L’effondement se signe alors comme la véritable entrée dans le monde et dans le temps, bien loin de l’éternité idéale. La pensée philosophique, c’est-à-dire la philosophie de la tragédie, ne fait que retrouver l’absurde de la vie, avant de reconnaître en elle-même sa beauté (n’est-ce pas de cette beauté dont se réclame toute tragédie ?), parce qu’elle est un passage effroyable, sublime, « atroce » et sans fin. La tragédie comme moment.

 

Benoît Hamon

 

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Études, décembre 2012

Ralph Dutli : Mandelstam, mon temps

 

[…] Le grand intérêt de cette biographie est qu’elle est liée aux vers, « témoins du souffle de leur maître ». Ralph Dutli explicite les poèmes et les proses, les replace dans leur contexte historique exact, montre les liens qu’a entretenus Mandelstam avec la révolution d’Octobre, avec ceux de son siècle, Blok, Goumilov, Khlebnikov, Maïakovski, Essénine, Anna Akhmatova et Marina Tsvetaeva, avec la tradition […]  Mandelstam ne voulut pas être « un contemporain », mais il ne put échapper, à cause de son don de parole, à la machine totalitaire : « Nous mourrons comme meurt la piétaille, / Mais nous ne chanterons ni le pillage, ni la corvée, ni le mensonge ! »

 

Jasmine Getz

 

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La Quinzaine littéraire, 1-15 décembre 2012

Retour vers l'Occident et vers l'enfance

 

Julius Margolin est pour beaucoup de lecteurs l'auteur de Voyage au pays des Ze-Ka, publié dans son intégralité en 2010, aux éditions Le Bruit du temps. Ce récit, qui avait fait scandale lors d’une première parution dans l’immédiat après-guerre, n'était pas le seul écrit de Margolin. L'histoire de son voyage entre l’Asie centrale et la Palestine et quelques scènes d’enfance font la matière du Livre du retour.

 

[…] Le Livre du retour, qui raconte le trajet entre Slavgorod, non loin d'Alma Ata, et la Méditerranée qu'il traverse à bord d'un rafiot nommé Héliopolis, a quelque chose d'alerte, de spontané. Margolin décrit son périple, mais aussi les rencontres qu'il fait, rapporte des anecdotes qui, comme tout ce qui concerne cette époque et les peuples qui vivaient en Europe alors, ont quelque chose d'extraordinaire. […] Le voyage sans retour, sans retard, par-delà les sept mers, vers l'Occident, est une renaissance pour l'homme, et pour l'écrivain qu'il deviendra.

 

Norbert Czarny

 

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Le Monde des Livres, 30 novembre 2012

Le cogito et le séquoia

 

Parmi les gageures, celle-ci se pose là, triomphalement : évoquer l'art et la manière d'un poète, rendre compte de sa poésie. Et donc, saisir avec d'autres mots que les siens des vérités, des secrets, des éclairs, des mystères, des souffles, des vertiges, entre autres impalpables phénomènes et aveuglantes illuminations que lui seul justement a su fixer, en les révélant ou en les suscitant. […] L'année dernière, Le Bruit du temps publiait Corde de lumière, le premier des trois volumes annoncés des Œuvres poétiques complètes du Polonais Zbigniew Herbert (1924-1998). Il s'agit d'une édition bilingue, les traductions de Brigitte Gautier sont placées en regard des textes originaux – en écho, serait-il plus juste de dire, tant elles semblent reconduire aussi le miracle du surgissement originel des poèmes et de leur inscription sur la page. J'ai déjà évoqué cette entreprise ici même, mais comme vous vous trouviez peut-être ailleurs, en ce qui vous concerne, j'y reviens aujourd'hui à l'occasion de la parution du tome II, Monsieur Cogito. […]

 

Éric Chevillard

 

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Galerie Alain Paire, 26 novembre 2012

Herbert : Nature morte avec bride et mors

 

Un livre étrange, dira-t-on, qui n'entre dans aucun genre – mêlant des notes de voyage, mais sans continuité, des articles d'histoire de l'art, mais sans prétention “scientifique”, et de brefs récits “apocryphes” où il est difficile de démêler la part historique de la part inventée (sauf bien sûr quand il s'agit du faux notoire de la lettre de Vermeer à Antoine van Leeuwenhoek). Avec cela, toutefois, une forte unité de lieu et de temps : la Hollande du XVIIe siècle. Et l'on comprend vite, dès le premier texte, que si l'auteur tient à son « inestimable guide Michelin », il tient bien davantage à la compagnie des vieux peintres qu'il aime […].

 

Alain Madeleine-Perdrillat

 

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Le Temps, 24 novembre 2012

Après le Goulag, l'épreuve du retour

 

Julius Margolin est l'auteur d'un des tout premiers récits sur les camps, republié intégralement en 2010. Sentant qu'elle avait affaire à un écrivain majeur, sa traductrice est tombée sur une autre mine d'écrits.

 

Tous les survivants des camps nazis ou soviétiques ont connu une ultime épreuve : le voyage du retour. Un voyage qui, à la manière d'Ulysse, peut durer des années. Alexandre Soljenitsyne par exemple, à sa libération du Goulag, connut quelques années d'« exil perpétuel » en Asie centrale (qui prirent fin à la mort de Staline). Rescapé d'Auschwitz, Primo Levi dut errer un an dans une Europe en ruine avant de regagner Turin. Julius Margolin, lui, a eu de la chance : son retour, de Slavgorod en Altaï jusqu'à Tel-Aviv en passant par Marseille, fut presque facile. Mais si le chemin de fer suit une ligne droite, son esprit reste prisonnier d'un dédale. […] Ici, il a peur que le souvenir s'évapore, il lutte pour ne pas oublier les autres, ceux qui sont restés. Il découvre ainsi les ruines de la Pologne et le génocide de son peuple. […].

 

Emmanuel Gehrig

 

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À sauts et à gambades, 18 novembre 2012

Proust, Chardin et Rembrandt

 

De fil en aiguille : l'écrivain

 

Proust journaliste, Proust chroniqueur d’art, des écrits qui ne furent jamais publiés de son vivant et que l’on retrouva dans ses papiers après sa mort. Une visite au Louvre de Marcel Proust avant la Recherche. Il est « un jeune homme de fortune modeste » dont le regard se laisse prendre […]. Un tout petit livre illustré des tableaux des deux peintres, avec une postface qui vient heureusement compléter la lecture.

 

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Libération, Livres, 15 novembre 2012

L'URSS de A à zek

 

Après son « voyage » en Sibérie, le retour de Julius Margolin dans un monde disparu.

 

[…] Voyage au pays des Ze-Ka, paru au Bruit du temps voilà deux ans, contait cette aventure au cœur gelé de l'espèce humaine. [Ici] Margolin tente de recoudre le tissu déchiré. Publiés ou non, les textes rassemblés par Luba Jurgenson racontent la suite de l'épopée, en 1946 – de même que La Trêve de Primo Levi prolongeait Si c'est un homme. C'est le moment douloureux où le déporté redevient homme en affrontant pêle-mêle la liberté, ses souvenirs et la disparition du monde qui fut le sien. C'est le moment où cet homme comprend qu'il doit, pour survivre, « crier plus fort que la vie » en devenant écrivain […].

 

Philippe Lançon

 

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Rue89, 13 novembre 2012

Handke et ses dialogues entre deux portes

 

Dans Une année dite au sortir de la nuit qui vient de paraître (éditions Le Bruit du temps), le très prolixe Peter Handke collectionne des bouts de phrases, des mini dialogues apportés « comme par le vent ». Toujours désarmants, souvent loufoques. Idéal pour lire entre deux portes, deux stations de métro, deux verres. […]

 

Jean-Pierre Thibaudat

 

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Le Temps, 10 novembre 2012

Peter Handke à la rencontre de ses ancêtres

 

Ils sont tous là : les grands-parents, assis sur leur banc; la mère, « jeune fille en fleur », qui porte avec fierté son ventre de femme enceinte. La sœur Ursula, amère et rebelle. Les frères, soldats en permission. Tous sont plus jeunes que « Moi ». Il les reconnaît pourtant, ces fantômes, tout comme il retrouve dans cette lande désolée le Jaunfeld de son enfance, dans le land de Carinthie, en Autriche. […]

 

Isabelle Rüf

 

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Le Clavier cannibale, 9 novembre 2012

Ulysse ou le train de la vie : Julius Margolin

 

En refermant Voyage au pays des Ze-Ka, on avait laissé l’admirable et lucide Margolin en chemin vers l’Altaï, après cinq années passées dans les camps sibériens. Tel Ulysse désireux de rallier Ithaque, Julius va découvrir que la route qui mène au foyer est longue et tortueuse – une découverte d’ailleurs sans surprise, car l’auteur sait déjà à quel point tout déplacement en Russie et en Europe est un chemin de croix, de fer et de glace, jonché d’embûches administratives et d’impossibilités pratiques. […]

 

Claro

 

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Le Monde des Livres, 9 novembre 2012

Peter Handke : le rêve éveillé

 

Le vent se lève ; nous sommes à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Paris. Peter Handke vient de rentrer de la forêt. Le portail de la maison sous les arbres est légèrement entrouvert. À près de 70 ans, Handke, l'éternel gamin, semble comme perdu dans la contemplation des cèpes, chanterelles et châtaignes qu'il a déposés sur la table du jardin. On hésite à entrer…

 

Christine Lecerf

 

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La Russie d'Aujourd'hui, 7 novembre 2012

Crier plus fort que la vie

 

Le lecteur français avait pu redécouvrir l’an dernier, grâce aux éditions Le Bruit du temps, le récit kafkaïen de l’arrestation et des années de Goulag de Julius Margolin, Voyage au pays des Ze-ka, livre étouffé lors de sa première publication en 1947, tant il contrariait l’air du temps. L’éditeur et la traductrice poursuivent leur travail. Luba Jurgenson a exhumé des textes inédits, Huit chapitres sur l’enfance et un volet Le Chemin vers l’Occident qui constituent Le Livre du retour. Nous retrouvons Julius Margolin là où nous l’avions laissé, à sa libération en 1945. En haillons, affamé, il arrive en relégation à Slavgorod dans l'Altaï…

 

Christine Mestre

 

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Huitième Secousse, novembre 2012

Terre pâle, sèche, brûlée

 

Quelques mots tout d’abord sur l’ouvrage lui-même, son contenu : huit essais parus sous le titre Mornings in Mexico en 1927, suivis de dix autres jamais réunis en français. […] Les premiers essais passés, attachés plus spécialement à la vie quotidienne de Lawrence parmi les Indiens, le texte s’ouvre à la dimension sacrée de civilisations dont on mesure soudain la richesse. […] Se défiant de toute interprétation extérieure, Lawrence ne brode pas, note ce qu’il voit. En cela, ces pages constituent un véritable document ethnographique – écriture en regard, comme de carnets, mais retravaillée du côté du poème, dans la langue, pour dire un lieu : « terre pâle, sèche, brûlée, qui s’effrite en une poussière de sable fin », inséparable de l’esprit qui l’habite. L’écriture, dont certains rythmes répondent à la transe exacte de l’instant, sert au mieux l’un et l’autre.

 

Pascal Commère

 

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La Quinzaine littéraire, 16-31 octobre 2012

Une parole sans alliage

 

[…]. « Il est un domaine de l'esprit humain où jamais encore on n'a pénétré en volontaire : les hommes n’y entrent qu'à leur corps défendant. Et c’est précisément le domaine de la tragédie. » […] Quels abîmes peut cacher une vie intellectuelle en apparence égale et autant que faire se peut tranquille ? Il n'y a pas que ces frémissements, ces secousses, ces ondes d'un tourment que Chestov capte et retient auprès de Dostoïevski, de Nietzsche, de Pascal… Ils sont aussi les miroirs, les échos de sa propre inquiétude. On sent comme une tragédie intime à l'origine de la pensée de Chestov, de même substance que les tragédies qu'il explore. […] Chestov n'expose pas de doctrine philosophique, il s'expose, il se heurte et se brise délibérément, dénudé, « aux murailles de l'éternité ». Il est toujours dans l'urgence. Il a faim et soif de vie. La vérité lui est à charge. Et ce paradoxe qu'il souligne : nous pouvons lire et reconnaître notre expérience dans les livres, mais nous ne pouvons lire notre expérience au cœur brûlant de celle-ci. Alors : « Comment agir vis-à-vis de la vie ? » […]

 

Christian Mouze

 

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artpress, n°393, octobre 2012

Cher, ô cher Lawrence

 

[…]. On trouve de tout chez Lawrence : des passions frémissantes, du sexe explicite ou retenu, donc encore plus troublant, de l'exotisme, de l'humour, du social, de l'analyse psychologique, et même des histoires de chiens et de petits lapins, comme dans le recueil présenté ici, qu'on peut mettre sans crainte entre les mains des enfants. […]  Les traductions des nouvelles et celles des essais ont été confiées à deux traducteurs différents, mais Marc Amfreville pour les premières et Jean-Baptiste de Seynes pour les seconds ont pareillement effectué un travail remarquable. La comparaison avec des traductions antérieures donne l'impression de ne pas avoir affaire au même récit ! […] on rencontre le grand D.H. Lawrence, celui qui écrira ce roman magnifiquement fou qu'est Le Serpent à plumes, celui qui élaborera une théorie de l'humain et de la sexualité qu'on mésinterprète en l'assimilant à un panthéisme, celui qui prend conscience d'une mémoire de l'espèce, telle qu'elle traverse les corps modernes.

 

Catherine Millet

 

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Lexnews, octobre 2012

Monteriano de E.M. Forster

 

Monteriano est un petit village toscan imaginé par E.M. Forter en s’inspirant de San Gimignano. Dans ce premier roman de l’auteur de Avec vue sur l’Arno, de Maurice ou encore de la Route des Indes, Forster évoque l’histoire d’une jeune veuve anglaise qui provoque le scandale en tombant amoureuse lors d’un voyage en Italie de Gino, un bel Italien sans argent et plus jeune qu’elle. Faisant fi des oppositions de sa belle famille pétrie de conventions sociales victoriennes, elle décide d’assumer cette vie nouvelle qui lui permet pour la première fois d’être une femme et d’exister pour elle-même. […].

 

Philippe-Emmanuel Krautter

 

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Mediapart, 14 septembre 2012

Bondy, Beaux Jours

 

Tout débute à la droite de la scène, dans la petite robe de maille vert pâle comme enfilée à même les aréoles et l'embonpoint par l'actrice Dörte Lyssewski pour Les Beaux Jours d'Aranjuez, texte de Peter Handke. Face à elle, Jens Harzer. Il est censé lui donner la réplique, mais c'est tout le talent d'Handke, et de Bondy, que de le faire de bout en bout divaguer. […] Il a, par avance, sa version de l'histoire, histoire de son couple et histoire de sa femme qu'il assaille de questions, c'était comment la première fois, c'était comment la débauche, et untel, un bon coup ? – litanie somme toute ordinaire des confessions sur l'oreiller. Pourtant, jamais la femme ne répondra tout à fait. Elle va botter en touche, non pas esquiver les questions, mais peut-être bien parler d'autre chose […]. C'est tout simple et c'est comme ça : c'est magistral.

 

Emma Reel

 

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Les Échos, 14 septembre 2012

Luc Bondy à l'Odéon, Acte I

 

[…] Un homme et une femme, un beau jour d'été. Des confidences. C'est elle qui commence. Ses premiers émois ? Sur une balançoire à dix ans. Un « élan » d'amour, qui la fera reine à jamais – d'un royaume impossible. Tous ses amours, ses expérience sexuelles ensuite ne seront que « vengeance » – pas contre les hommes, mais contre la perte de ce paradis simplement entrevu. L'homme lui aussi est roi d'un royaume disparu. Dans les forêts jouxtant le château d'Aranjuez – le nid d'amour de Don Carlos –, il a retrouvé les traces d'un passé héroïque : légumes et fruits sauvages – groseilles brillant comme des rubis dans les sous-bois. L'homme et la femme évoquent en parallèle leurs paradis perdus, s'éloignent et se rencontrent. Ils parlent de l'amour rare, de la vraie beauté qui se donne, de la barrière entre les sexes. C'est très beau, dérangeant, compliqué – on se perd parfois dans les brumes du désir, du temps qui se brouille. […]

 

Philippe Chevilley

 

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tartalacrem, 14 septembre 2012

Les Beaux Jours d'Aranjuez

 

[…] Le texte, qui explore les sorts et les ressorts de l’amour dans ses dimensions les plus politiques, les plus sociales et finalement les plus intimes, nous plonge dans une atmosphère dont l’auteur autrichien avait peu habitué son public : moins drôle, sans doute plus profond, la phrase y est moins décortiquée et retournée en tous sens. Peut-être plus compréhensible. Ce dialogue introspectif interroge la vie d’une femme, dont on apprendra finalement qu’elle s’appelle Soledad, de son rapport à l’amour, aux amours. Dans des descriptions lancinantes de beauté, elle rappelle à sa mémoire violentée et violente les paysages moraux qui firent d’elle ce qu’elle est. Voire ce pourquoi elle se trouve aujourd’hui en face de cet homme, Fernando. Qui l’aime ? Qui la désire, à n’en point douter. […]

 

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Première, 14 septembre 2012

Les Beaux Jours d'Aranjuez

 

[…] Les Beaux Jours d’Aranjuez est un plaisir des yeux et des oreilles, un plaisir des sens. La pièce de Peter Handke d’abord, est remarquable, on voudrait en retenir chaque phrase, en goûter tous les recoins, en attraper toutes les subtilités, les hors champs. On avance dans le dialogue avec l’impression de plus en plus prégnante que tout peut s’y dire, le désir surtout, loin des stéréotypes du langage, des codes établis de la communication. La langue de Handke saisit avec un mélange de rudesse et de grâce les choses de la vie. Ses évidences et ses tabous. […]

 

Marie Plantin

 

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toutelaculture.com, 14 septembre 2012

Un dialogue d'été qui laisse froid

 

[…] C’est l’été. Calme. Silencieux. Sons d’oiseaux et d’insectes au loin. Bruits du vent et d’orage. Frémissements. Rien n’est illustré de cette nature abondamment décrite, juste suggéré. Un dialogue. Une enquête. Une explication. Un homme et une femme mettent les pendules à l’heure tandis que le temps passe et file. Beaucoup de mystères, de suspense. On ne sait ce qui lie les personnages, ce qui les pousse à ce dévoilement, ce qui les libère et ce qui les astreint. Quelles sont les règles du jeu auxquelles ils se soumettent ? Lui pose les questions : « La première fois avec un homme, c’était comment ? » et revient continuellement à la charge. Elle répond, livre ses souvenirs intimes ou tente de se dérober. […]

 

Christophe Candoni

 

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Rideau !, 14 septembre 2012

À l'Odéon, Luc Bondy démarre au ralenti

 

[…] La pièce consiste en un dialogue entre une femme et un homme qui ont passé un pacte dont on ignore les règles, et qui fonctionne sur le jeu des questions/réponses. Lui interroge et elle répond. Lui s’intéresse surtout à sa découverte du désir et de l’amour physique. Au début, tout fonctionne bien, surtout quand la jeune femme confesse avoir ressenti ses premiers émois physiques sur une balançoire, à dix ans, lorsque les mouvements déclenchèrent en elle un « élan » où l’on reconnaît les signes intérieurs de l’extase, de la première jouissance. C’est conté avec grâce, pudeur, émotion. Réponse après réponse, la femme va ensuite confesser la difficulté de ses rapports avec les hommes, le choc permanent entre le féminin et le masculin, tandis que son compagnon de dialogue (et peut-être davantage) se met à évoquer le « royaume » d’Aranjuez comme une sorte de paradis perdu. […]

 

Jack Dion

 

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culturopoing.com, 14 septembre 2012

« Die Schönen Tage von Aranjuez »

 

Dans Die Schönen Tage von Aranjuez, l’auteur autrichien Peter Handke nous invite à suivre au gré d’un « monologue d’été », les réflexions de deux jeunes personnes, une femme et un homme, autour des thématiques de l’amour, des souvenirs, du regret, de la vengeance et de la révolution sexuelle. Entre les deux personnages se met alors en place une joute sensuelle qui, régie par des règles assez floues, étire au possible le langage jusqu’à l’épuiser […].

 

Alban Orsini

 

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Le Monde, 14 septembre 2012

Texte puissant, beauté du jeu :

un moment magique, trahi par le surtitrage

 

[…] Tout cela dit, revenons à l'essentiel, la partition, donc, d'une rare beauté, composée par l'auteur de L'Heure de la sensation vraie. Une partition, oui, plus qu'une pièce de théâtre. Un homme, une femme, un jour d'été. […] Ils sont là, dans ce temps suspendu, sans que l'on sache vraiment quel lien les unit, et dans un jeu étrange, qui a ses règles, avec leurs transgressions. L'homme demande : « La première fois, toi avec un homme, c'était comment ? » Ils sont là, dans la profusion du monde, sa vibration, qu'ils sont encore capables de percevoir : un faucon s'envole entre les arbres, des libellules « sans lac, sans eau visible », font entendre le crissement de leurs ailes. […] Tout Peter Handke est là, le temps et l'absence, la lumière et l'ombre, et la question de comment être au monde, lui appartenir, dans ce monde-ci où le vacarme a recouvert le bruissement des êtres et des choses. Quelles sont les possibilités de l'amour, de la beauté, dans un tel univers, où la guerre des sexes a été déclarée ? […]

 

Fabienne Darge

 

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L'Express, 12 septembre 2012

Les Beaux Jours d'Aranjuez : du grand art

 

On attendait l'arrivée de Luc Bondy, nouveau directeur du théâtre de l'Odéon, dans les claquements de cymbales, mais c'est dans le registre de la sonate qu'il prend possession des lieux et sur le mode du chabadabada. Peter Handke fournit le texte – allemand – et Bondy fait le reste avec deux comédiens merveilleux. Du grand art, l'air de rien, où s'exprime une tendresse comme attaquée déjà par la mort. Un événement.

 

Laurence Liban

 

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Valeurs actuelles, 30 août 2012

Monteriano de E.M. Forster

 

Dans cette ville imaginaire de Toscane, au début du vingtième siècle, des Anglais en quête de dépaysement touristique vont être rattrapés par la vérité de la vie. L'intrigue va se nouer autour de la naissance et de la mort, qu'ils provoquent, d'un enfant, celui d'une voyageuse anglaise qui s'était arrêtée là pour se mésallier, puis mourir. […] Forster prélude à ses chefs-d'œuvre, avec un mélange de satire et de gravité dont la justesse force l'admiration […].

 

Philippe Barthelet

 

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Le Magazine littéraire, août 2012

Peter Handke : parfaite énigme

 

Avez-vous déjà essayé de raconter un livre de Peter Handke ? […] Comme tout écrivain, Handke creuse dans la langue une langue étrangère. Il y va avec les mains, je l'imagine les ongles pleins de terre, entouré d'arbres, hiver, été. […] Évidemment, c'est une écriture musicale. Mais c'est aussi une croissance dans l'espace. Aranjuez, du dernier dialogue, est un jardin où poussent les mots, entre faim et soif inassouvies : « et chaque A et chaque O devient éternité ». L'énigme demeure, qui ne demande à être ni élucidée ni même nommée. Elle est écrite, constatée : rien ne se raconte mais le mystère est sous nos yeux, ouvert comme une corolle, fermé comme les « pétales des liserons ».

 

Marie Darrieussecq

 

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La Quinzaine littéraire, n°1064, 1 juillet 2012

D.H. Lawrence : loin des romans ?

 

Lawrence a laissé derrière lui un grand nombre de nouvelles, que Le Bruit du temps a entrepris de publier dans leur intégralité. Le présent volume est déjà le troisième des Nouvelles complètes […] La guerre occupe rarement le premier plan, mais elle fait partout sentir sa présence, sourde et oppressante. Lawrence s'emploie à en suggérer la violence pour tous ceux qui sont concernés par elle, de près ou de loin. Cela ne l'empêche nullement d'être fasciné par une autre forme de violence, celle du désir et notamment du désir féminin […].

Le deuxième volume, Matins mexicains, est le fruit de l'existence nomade de l'écrivain après la guerre. […] « Je pense que le Nouveau-Mexique fut pour moi la plus grande expérience que le monde visible m'ait donné de vivre. J'en ai assurément été changé pour toujours. » […]  « Cette religion animiste est la seule qui soit vivante ; la nôtre n'est plus qu'un cadavre. » […]

 

Alain Jumeau

 

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Stalker, 21 juin 2012

Mandelstam, mon temps, mon fauve

 

« C'étaient presque tous les manuscrits autographes des années 10 et 20, sur lesquels se voyaient de curieuses empreintes de semelles de bottes : les traces de la perquisition de mai 1934, lorsque les agents du Guépéou avaient jeté sur le sol les textes à leurs yeux sans intérêt et les avaient piétinés. Des empreintes de bottes sur des manuscrits : un symbole du destin de la poésie à l'époque soviétique. » […]  Abondamment illustrée, remarquablement détaillée, bien écrite et ne défendant jamais jusqu'à l'excès la personnalité d'Ossip Mandelstam […], la biographie de Ralph Dutli confirme ce que nous savons tous et qu'il n'est jamais inutile, toutes les fois que nous le pouvons, de répéter : le totalitarisme ne serait pas grand-chose, pas grand-chose de plus que le rêve fou de quelque dictateur, si se dressaient, face à sa gueule, une poignée seulement de personnes telles que Mandelstam mais aussi celle qui fut sa femme et la propagatrice la plus zélée de ses poèmes et de sa mémoire […].

 

Juan Asensio

 

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Les Inrockuptibles, 20 juin 2012

Voyage en Italie

 

Louée par Virginia Woolf, portée de nombreuses fois à l'écran, son œuvre jouit d'une notoriété discrète. Dans ce premier roman publié en 1905, E.M. Forster impose avec force les thèmes qui l'obsèdent : exotisme et passion amoureuse. Une précieuse redécouverte. […] Aujourd'hui, Forster fait figure d'écrivain négligé. Remis à la page par les nombreuses adaptations cinématographiques dont ses livres font l'objet, un flou persiste. Dans son excellente préface, Catherine Lanone note que Forster était comparé par ses camarades du Bloomsbury à un papillon voletant çà et là. Un être mobile, virevoltant, partagé entre l'ici et l'ailleurs. […]

 

Emily Barnett

 

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Le Nouvel Observateur, 20 juin 2012

Chez les Indiens hopis

 

On est entre 1922 et 1925. D.H. Lawrence (1885-1930), mémorable auteur de L'Amant de lady Chatterley, voyage au Mexique. Il en a tiré un chef-d'œuvre d'observation aiguë qui vaut tous les écrivains voyageurs à la noix. Il faut voir (il y a des photos, celles que voulait Lawrence de son vivant) ce grand échalas tuberculeux assister en costard cravatte aux danses rituelles des Indiens hopis du Nouveau-Mexique. Il y a du Artaud des Tarahumaras dans ce carnet de bord d'un Anglais calciné. […] On est un peu chez Bataille ici, mais un Bataille qui ne craindrait pas de coucher à la dure. Lawrence voit tout, épie tout, marcheur infatigable par les canyons et les villages perdus dans la poussière. […]

 

Michel Crépu

 

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La Croix, 20 juin 2012

D.H. Lawrence, les hommes et les dieux

 

Poursuivant l’édition des œuvres de D.H. Lawrence, Le Bruit du temps publie un recueil de nouvelles et un ensemble d’essais consacrés au Mexique et aux États-Unis, où affleure sa réflexion sur le divin et le sacré.

 

[…] Le Bruit du temps a entrepris de réunir un grand nombre de ses textes, inédits en français ou dispersés. Après les merveilleux Croquis étrusques, souvenirs de séjours en Toscane publiés après sa mort en 1932, Matins mexicains, dont l’édition originale fut antérieure (1927), rassemble les essais qu’il consacra à ses voyages au Mexique et dans ce sud-ouest des États-Unis à propos duquel il écrivait en 1928 : « Je pense que le Nouveau Mexique fut pour moi la plus grande expérience que le monde visible m’ait donné de vivre. J’en ai assurément été changé pour toujours. » […]

 

Francine de Martinoir

 

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Télérama, n°3257, 13 juin 2012

Matins mexicains et autres essais

 

[…] Des mois passés à Santa Fe et au Mexique, au cours des années 1922-1924, D.H. Lawrence — l'auteur futur de L'Amant de lady Chatterley (1928), à quoi on réduit trop souvent ses écrits — a rapporté des récits de voyage qui sont parmi les plus belles pages de son œuvre, rassemblés dans Matins mexicains. Aux huit textes initiaux qui constituent le recueil, cette nouvelle édition, superbement traduite, illustrée et commentée, joint des lettres et articles qui contribuent à éclairer la personnalité et la pensée de l'écrivain anglais. Qui soulignent l'extraordinaire acuité de son regard sur les paysages, les êtres, les rites. Qui exposent aussi l'importance de la révélation que constitua, pour lui, cette immersion mexicaine, par laquelle se trouva confirmé son sentiment d'une dévitalisation irréversible de la vieille civilisation européenne. […]

 

Nathalie Crom

 

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Libération, Cahier Livres, 7 juin 2012

D.H. Lawrence, le cactus anglais

 

Des mêlées de choc

 

Avec D.H. Lawrence, tout le monde met les doigts dans la prise : auteur, lecteur, personnage. Le courant est brutal, survolté. Il secoue le trio comme un vieux frisson sous la peau, comme les vipères dans la nature anglais […]. L'effort, la résistance, la soumission, la brusquerie, débordent sans cesse. La prose, comme la vie, gaspille son énergie. Résultat : on est aux antipodes du petit style sobre contemporain […]. Le troisième tome de ses nouvelles, retraduites et publiées par Le Bruit du temps dans l'ordre chronologique (deux autres volumes suivront jusqu'en 2015), est un corral de sentiments vivants, à vif. Lawrence rue dans nos lits et nos brancards. Sa violence vit dans les répétitions, les courts-circuits digressifs, cette manière qu'il a de nous prendre à partie et à témoin des pulsions, des passions, des interactions. […]

 

Philippe Lançon

 

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La Liberté, 26 mai 2012

Le couple menacé

Mort de la tuberculose à Vence en 1930, à l'âge de quarante-cinq ans, David Herbert Lawrence reste un écrivain fascinant. À la fois fin analyste des méandres de la psyché et chantre de la sensualité, en avance sur son temps quand il mettait en évidence le rôle majeur de la sexualité dans la destinée individuelle. […] Les éditions Le Bruit du temps, qui poursuivent la publication de l'intégralité des nouvelles de l'auteur, sur la base de la Cambridge Edition, en sortent un troisième tome. Il s'agit de Chère, ô chère Angleterre, un volume rassemblant les nouvelles écrites pendant la Grande Guerre et avant le départ définitif de Lawrence de son pays en 1922. On y retrouve le ton très direct de l'écrivain, hanté par les relations de couple, entre exaltation, tensions, peur de la perte de l'autre. […]

 

Alain Favarger

 

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Times Literary Supplement, 25 mai 2012

Vanishing points

 

André du Bouchet (1924-2001) remains an influential and somewhat intimidating figure in twentieth-century French poetry. A co-founder of the seminal review L'Éphémère (1966-72), along with Yves Bonnefoy, Jacques Dupin, Paul Celan and three other writers, du Bouchet wrote poems whose single words, fragmentary phrases, sudden long lines and occasional prose paragraphs are scattered all over the page. At first glance, such layouts promise abstruseness; but the poems often deal with the most rudimentary elements of nature. […]

 

John Taylor

 

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Le Grand Théâtre du monde, 17 mai 2012

Peter Handke, écrivain de langue française

 

Un petit livre à couverture ivoire, beau, simple, beau comme le titre du texte Les Beaux Jours d'Aranjuez. Beau comme le sous-titre, "Un dialogue d'été". Un petit livre façonné par une maison d'édition qui a le goût de la belle ouvrage, Le Bruit du temps. Un petit livre qui recèle un grand texte. Superbe. Sensible, profond, d'une écriture fascinante. Un livre écrit en français par l'écrivain autrichien qui vit une partie de l'année en France. […] c'est ce spectacle de très grand art qui ouvrira la première saison parisienne à l'Odéon de Luc Bondy.

 

Armelle Héliot

 

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Le Matricule des anges, n°133, mai 2012

Comme un présent tardif

 

Avec sa magistrale biographie d'Ossip Mandelstam (1891-1938) qui paraît aux éditions Le Bruit du temps, Ralph Dutli contourne la légende du poète et remonte aux sources intimes et historiques de l'œuvre.

 

[…] Mon temps, mon fauve, la biographie que coéditent Le Bruit du temps et La Dogana, est l'ouvrage le plus complet et le plus éclairant que l'on puisse lire sur Ossip Mandelstam. Une biographie qui est aussi une magistrale et lumineuse introduction à une œuvre poétique dont la matière irrigue en permanence le récit. L'auteur en est Ralph Dutli, essayiste et poète lui-même (Le Bruit du temps a publié son recueil Novalis au vignoble et autres poèmes), traducteur en allemand de l'œuvre intégrale de Mandelstam. […]

 

Jean Laurenti

 

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Études, n°416/5, mai 2012

Le tour de Babel

 

Isaac Babel, 1894-1940 – la Russie est un pays où l’Histoire marque chacun dans sa chair et où, après avoir vécu plusieurs vies, on meurt jeune. Qui plus est, Babel est sous le coup de ce qui s’apparente, au pays des Soviets, à une double malédiction : d’une part il est juif (toute sa vie il devra composer avec un antisémitisme plus ou moins officiel) et d’autre part c’est un écrivain. Un de ces écrivains, à l’instar de Mandelstam, de Chalamov, qui survit à l’oubli parce qu’il représente pour ses lecteurs beaucoup plus qu’un écrivain: un signe de reconnaissance. […] Cela passe à travers une langue extraordinairement inventive, sophistiquée jusqu’à l’incongruité, étonnamment bien rendue par Sophie Benech. Le style de Babel est reconnaissable entre tous (et même là, en français). Chaque phrase est respirée autant qu’écrite, et requiert naturellement d’être dite à haute voix. […]

 

Franck Adani

 

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La Russie d'Aujourd'hui, 18 avril 2012

Le courage des mots

 

« Je n'ai pas envie de parler de moi, mais d'épier les pas du siècle, le bruit et la germination du temps », écrit Ossip Mandelstam dans son premier texte en prose, Le Bruit du temps, publié par la maison d'édition qui s'est parée du nom et qui publie en même temps Mandelstam, mon temps, mon fauve : une biographie. Les deux ouvrages se répondent et font écho à l'indispensable et magnifique Contre tout espoir, premier tome des souvenirs de Nadejda Mandelstam, son épouse, que Gallimard ressort en poche. […]

 

Christine Mestre

 

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L'Express, n°3171, 11 avril 2012

Mandelstam l'insoumis

 

Le « plus grand poète russe du XXe siècle », selon Brodsky, paya de sa vie son génie visionnaire. Sa biographie est enfin traduite. Un événement.

 

Staline ? Un « corrupteur des âmes, l'équarrisseur des paysans », qui « rit dans sa moustache de gros cafard »… Il fallait être fou pour imaginer de tels vers du vivant du tyran ! Fou, ou poète. Ossip Mandelstam (1891-1938) n'entrait en rien dans les canons de l'écrivain soviétique officiel. […] Un visionnaire, réduit à la mendicité par un régime honni et qu'il fut le premier à critiquer, voyant poindre, dès les premières heures de la Révolution, le « joug de la violence et de la haine ». Sa lucidité caustique, il l'a payée au prix fort, faisant de son œuvre pleine d'espoir une lente marche vers la mort.

 

Bertrand Dermoncourt

 

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Remue.net, 10 avril 2012

Toucher terre de Vincent Pélissier

 

[…] L’auteur nous dit avoir eu « une maison sur un bord », une maison des confins, un poste en limite, une vigie frontalière, en bordure d’un village. C’est de là qu’il voit le monde, l’explore ou le quitte. « Je crois que notre appétit de lecture ne fut jamais aussi vaste que lorsque nous commençâmes de fouler les premières prairies. » C’est de là qu’il découvre « le foutoir, contre quoi lutte l’ordinaire géographie ». Dans une langue précise, soignée, sensible et imagée, Vincent Pélissier nous rappelle que le monde est un rêve, un patchwork onirique, que l’on en ait conscience ou non. Un rêve tapi derrière un feuillage ou logé dans un nom : Balbec, Florence, Cap-Vert. Et si d’un côté la raison isole et sépare, d’un autre l’imagination associe et contracte. […]

 

Pascal Gibourg

 

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Le Monde des Livres, 6 avril 2012

Le fruit de la passion Mandelstam

 

Ralph Dutli, Suisse allemand, éprouve depuis son adolescence une admiration sans faille pour le poète russe victime du stalinisme. Un enthousiasme couronné par une biographie remarquable.

 

Il dit : « Ce sont des jours, des milliers d'heures, que dis-je, des dizaines de milliers d'heures… » Ralph Dutli réfléchit. Comme s'il tentait d'évaluer ces moments innombrables qu'il a passés, depuis les années 1970, dans l'œuvre du grand poète russe Ossip Mandelstam (1891-1938). […]  Il n'a cessé d'ausculter son œuvre et d'être « occupé » par lui, comme on peut l'être par une passion amoureuse. Quelqu'un qui vous chuchote à l'oreille par-delà le temps et la mort, et dont il est impossible de se déprendre. « Au total, je lui aurai consacré plus de vingt-cinq ans de ma vie», dit-il, pensif. Vingt-cinq ans, soixante-treize mille heures… […]

 

Tombeau pour « un corps étranger »

 

Décembre 1938. Un camp de transit près de Vladivostok. Ossip Mandelstam a échangé son vieux manteau de cuir jaune contre deux morceaux de sucre. Le typhus rôde. Lors d'une séance d'épouillage, il doit se déshabiller dans une pièce glaciale. Il n'y survivra pas. Son corps est jeté nu, avec au pied un numéro de matricule, dans une fosse commune… […] Pas d'hagiographie ni de mythe héroïque. Dutli met surtout en avant la liberté intérieure inouïe qui fait que ce fou génial, même au goulag, sera perçu « comme un original, un corps étranger ». C'est peu dire qu'on est happé, fasciné, ému. Ce livre est un bijou.

Florence Noiville

 

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Les doigts dans la prose, 4 avril 2012

Qu'est-ce qu'un poète sans dents ?

 

À la lecture d’Auguste d’Anne Weber, paru en 2010 au Bruit du temps, je me suis surpris à interroger la puissance maxillaire du sublime, à gratter l’émail sur la gencive rose de la poésie. La prothèse, c’est la manière qu’a l’art de penser la vie. Car la dent creuse n’est jamais qu’une anomalie naturelle. C’est la couronne qui fait le poète : « À ce moment-là, il manque au père déjà presque toutes ses dents de devant, ce qui n’enlève rien à son assurance ni au caractère menaçant de son affirmation qui simplement n’est pas très bien articulée » (90). Un grand poète est un buste imposant sur une cheminée ; jamais à l’abri de la poussière ni d’une malveillance malencontreuse des écrivains de l’avenir. Cette histoire du fils obscur de Goethe est l’occasion de multiples courts-circuits dans les chronologies – en soi, un plaisir sans mélange. […]

 

David Marsac

 

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Indications, n°392, avril 2012

Les grands livres ne meurent pas

 

Rares sont les éditeurs qui envers et contre tout font le choix de ne publier que de la grande littérature. Le Bruit du temps est de ceux-là. Après seulement trois ans d'existence, cette maison d'édition peut déjà se targuer d'offrir aux lecteurs les plus exigeants un catalogue pointu où résonnent des noms prestigieux. Retour sur cette aventure littéraire avec son fondateur Antoine Jaccottet.

 

Propos recueillis par Stéphanie Michaux

 

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La Liberté, 31 mars 2012

Un poète contre l'ogre du Kremlin

 

Ossip Mandelstam. Dans une biographie très fouillée, Ralph Dutli retrace le parcours de celui qui osa se dresser contre Staline. Cascade de représailles et envoi fatal au goulag en 1938.

 

Dans les années 70, à l'époque où l'URSS semblait encore inébranlable, il est devenu en Occident une sorte d'icône de la dissidence et de la résistance au totalitarisme. […] Traducteur des œuvres complètes du poète en allemand (dix volumes au Amman Verlag de Zurich entre 1985 et 2000), Ralph Dutli est l'un des meilleurs connaisseurs de l'écrivain russe. Sa biographie, qui nous parvient aujourd'hui neuf ans après l'originale, est le fruit d'une longue fréquentation avec l'homme et une œuvre prenante par sa force et sa limpidité. […]

 

Alain Favarger

 

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Les Inrockuptibles, n°852, 28 mars-3 avril 2012

Prose combat

 

Une biographie captivante et fouillée retrace la vie accidentée d'Ossip Mandelstam, poète martyr et symbole de la résistance contre la terreur stalinienne.

 

Ils sont faits l'un pour l'autre. On ne compte plus les preuves de leur complicité tantôt secrète, tantôt éclatante : poésie et engagement. Au point d'en confondre les sortilèges. […] en 1921, l'éxécution, par les bolcheviques, de Nikolaï Goumiliov, poète et ami de Mandelstam, entame la mue du versificateur en combattant. Poète lyrique par essence, Ossip déclare pourtant : « Je ne peux plus me taire. » […] Ce « fauve littéraire » aura en effet vu jouer contre lui, sa tranquillité et sa survie, la limpidité de sa langue. […]

 

Emily Barnett

 

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Libération, Cahier Livres, 29 mars 2012

Mandelstam dans la cage de vers

 

Itinéraire d'un poète à travers les enfers staliniens

 

Pour la plupart d'entre nous, la mort n'est qu'un hasard de trop. Ce n'est pas celui que voit Ossip Mandelstam, l'un des grands poètes russes du siècle passé, l'un des grands poètes juifs de langue russe, né à Varsovie en 1891, lorsqu'il traverse l'Arménie à 39 ans […] Mais quand la mort d'un homme tel que Mandelstam rappelle le sens de sa vie, et quand cette vie résume son siècle et ce que peut signifier l'acte d'écrire, c'est que cet homme était, qu'il l'ait voulu ou non, un héros […] Énergique, épuisé, édenté, non publié, relégué loin de Moscou, traité d'écrivain bourgeois et archaïque, frappé d'«inutilisabilité » par les apparatchiks, réduit à la mendicité, il trotte de ville en ville, d'ami rare en ami rare, avec sa peur, sa faim, ses manuscrits, son incapacité au compromis, son allure de vieillard, son cœur malade, son mauvais caractère et sa femme Nadejda […].

 

Philippe Lançon

 

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La Croix, 22 mars 2012

Mandelstam, le sang d'un poète

Le 27 décembre 1938, mourait au fond de la Sibérie, dans l’enfer du Goulag stalinien, Ossip Mandelstam, l’un des plus grands poètes russes du XXe siècle. Il aura fallu l’écroulement de l’Empire soviétique pour qu’une édition – partielle – de ses œuvres soit réalisée dans son pays, mais rien n’aurait été possible auparavant sans le courage de Nadedja sa femme qui, en apprenant par cœur ses textes, en les faisant circuler clandestinement, leur permit d’échapper à la destruction. La très belle biographie de Ralph Dutli permet de suivre le parcours de l’écrivain et l’accueil de ses écrits dont très peu furent édités en URSS avant sa condamnation. […]

 

Francine de Martinoir

 

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Télérama, n°3245, 24 mars 2012

Mandelstam, mon temps, mon fauve

« Il n'y a que deux manières d'écrire : la première, en se passant d'autorisation, la seconde, en demandant une autorisation. » Cette phrase d'Ossip Mandelstam, placée en exergue de la biographie de Vassili Grossman, semble lier le destin de ces deux hommes de lettres, muselés et réprimés par le pouvoir soviétique. On connaissait déjà le parcours de Grossman (1905-1964), grâce notamment à la parution récente de ses œuvres et de ses Carnets de guerre. Mais la vie et l'œuvre de Mandelstam (1891-1938), bien que déjà racontées en partie par sa veuve Nadejda dans ses formidables recueils de souvenirs publiés dans les années 1970, se révèlent avec cette belle étude de Ralph Dutli, comme celles d'une comète littéraire singulière, presque hors du temps et, en même temps, irrémédiablement inscrite dans un contexte historique qui ne laissait aucune échappatoire à ses contemporains. […]

 

Gilles Heuré

 

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Le blog de l'École des lettres, 12 mars 2012

Ossip Mandelstam, poète contre

 

[…] Poète donc, toujours, envers et contre tout. La biographie que lui consacre Ralph Dutli, son traducteur vers l’allemand est la somme de vingt ans de travail, uniquement bâtie sur l’œuvre, sur le témoignage de Nadejda et quelques souvenirs de contemporains comme Ehrenbourg et Pasternak. Mais l’essentiel repose sur la connaissance intime que Dutli a des textes en prose et des poèmes. Chaque chapitre s’articule autour des écrits de Mandelstam cités par le biographe. Cela commence avec l’enfance et la jeunesse évoqués dans Le Bruit du temps, et se poursuit avec les divers recueils qui ponctuent l’existence d’Ossip, jusque ses Cahiers de Voronej, derniers textes qu’on a pu sauver. […]

Norbert Czarny

 

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Le Figaro littéraire, 8 mars 2012

Un poète brisé par Staline

Biographie. Un portrait saisissant d'Ossip Mandelstam, déporté en Sibérie pour des vers jugés séditieux.

 

[…] « Mandelstam fier et conscient de sa valeur, acerbe et combatif, sensuel, plein de joie de vivre et drôle ». C'est ce Mandelstam-là que Dutli fait revivre. […] Mais les oreilles de la Loubianka sont longues, qui entendent sa charge contre : « Le montagnard du Kremlin, / Le corrupteur des âmes, l'équarrisseur des paysans ». C'est le début de la fin. En 1934, il est condamné à la relégation dans le sud de la Russie. Tentatives de suicide, problèmes cardiaques : le poète est réduit à son ombre […] et envoyé dans un camp en Sibérie, près de Vladivostok. Deux jours après Noël, meurt d'épuisement celui qui avait prétendu « tendre l'oreille pour écouter la germination et le bruit du temps ». […] « Mon temps, mon fauve, qui pourra / Plonger au fond de tes prunelles ? / Qui de son sang recollera, / Les vertèbres de deux siècles ? »

Thierry Clermont

 

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Revue des deux mondes, mars 2012

Zbigniew Herbert

Dans la conversation avec lui-même à propos de l'écriture poétique, qui introduit le premier volume de ses œuvres, le grand poète polonais Zbigniew Herbert fait remarquer que son intention en écrivant un poème n'est pas de briller dans une langue raffinée dont il jouerait en virtuose, mais de montrer « la réalité d'une manière aussi pure et transparente que possible ». […] Ses poèmes brillent, cependant, d'une lumière tout intérieure entretenue, dirait-on, par un veilleur de nuit, un gardien aux aguets, attentif à chaque signe, à chaque mouvement et chaque strate de ce monde qui nous entoure et constitue le dense tissu humain de la réalité. […]

Édith de la Héronnière

 

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Valeurs actuelles, 23-29 février 2012

Notes de ma cabane de moine

« Au printemps, je vois les glycines en fleur ; elles s'étalent à l'ouest comme un nuage violet. En été, j'entends le chant des coucous ; et chaque fois j'ai l'impression de faire un pacte avec eux pour qu'ils me servent de guides au suprême passage de la montagne de la mort. » […]

Philippe Barthelet

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Indications, n°391, février 2012

Hemingway ou le pouls du monde

Les éditions parisiennes Le Bruit du temps, attentives à la petite musique des grands textes qui parle aux lecteurs par-delà les époques, publient le deuxième livre d'Ernest Hemingway, paru durant les années folles. On y trouve déjà le légendaire écrivain cherchant, dan un monde en désordre, la pulsation de la vie. […] Pas de fioritures, ni d'expressions toutes faites. Il évite le pittoresque, le superflu. Il n'évite pas le mot juste, fût-il inconvenant. Ne jamais détourner le regard. Question de dignité. Quoi ? Ce qui nous choque, dans la mort d'un homme, ce serait un… mot ? […]

 

Julie Matagne

 

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The Book Haven, 13 février 2012

Antoine Jaccottet's Le Bruit du temps :

Fresh air for French readers

 

Translation is the poor stepchild of literature – academics get more applause for producing their own books, not for translating the writing of others; for writers, it’s a distraction from their own work and not terribly well remunerated. Hence, a welter of books never appear on the international stage the way they deserve. So it’s cheering to see a venture like the Paris-based Le Bruit du temps, a publishing house crowded in one large room in one of the more picturesque neighborhoods in a city that has plenty of them. Founder and director Antoine Jaccottet has a desk in one corner; his collaborator, Cécile Meissonnier, has a desk on the other side. Pictures of Osip Mandelstam, Isaac Babel, and others are stuffed into the edges of a large mirror – they are the real masters here. The window next to it gives a clear view on a plaque indicates that James Joyce finished Ulysses across the street here, on rue du Cardinal Lemoine in the Latin Quarter. […]

 

Cynthia Haven

 

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Le Matricule des anges, n°130, février 2012

Petits traités d'aphasie lyrique

 

L'aphasie, nous dit Littré, est l'abolition du langage articulé malgré la persistance de la faculté d'expression, de la voix et de l'audition. Quelque chose ne peut pas se dire, qui se voit remplacé par un autre « objet », un galet, par exemple, « qui exalte / nos dons / d'aphasie lyrique ». Tout en paradoxe donc, ces petits traités, qui doivent beaucoup à cette zone frontalière où le langage tend vers sa limite et rejoint le monde muet. « La langue : la toiture. Écrire pour soulever la toiture. » […] « Les picotements que me procuraient / les languettes de cuivre / des piles usagées // c'est eux / page après page / que je cherche à retrouver / au contact d'un verbe / qui, / à lui seul, / peut court-circuiter / la différence des opposés. »

 

Richard Blin

 

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La Quinzaine littéraire, 1-15 février 2012

Chestov, une pensée vivante et violente

Devant les hommes et les dieux, sans se lasser, Léon Chestov répète son exigence : il faut qu'une chose, sous un même aspect, puisse à la fois être et n'être pas. C'est le cri de Job chassé, pourtant fidèle et honnête serviteur, et qui réclame à Élohim, contre toute raison humaine ou divine, contre toute attente raisonnable, son dû, c'est-à-dire toute sa richesse d'être, et qu'Élohim fasse ainsi que ce qui est ne soit pas. […]

 

Christian Mouze

 

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artpress, n°386, février 2012

Isaac Babel, l'étoile vagabonde

 

En cette époque trop souvent frileuse et assoiffée de rentabilité à court terme, signalons le formidable travail qu'effectuent les éditions Le Bruit du temps, consacrant leur énergie à faire vivre ou revivre des œuvres oubliées ou négligées de grands auteurs du monde entier […]. Derrière le rideau de l'oubli – ou de l'inculture –, une étoile immense scintille : Isaac Babel […] n'est pas un écrivain d'imagination, mais un de ceux qui vont sur le motif et mettent leur peau sur la table. Sa vie, intense, trop brève, prise dans les convulsions de l'histoire, fait, avec son sens aigu de l'observation, la matière de ses écrits.

 

Olivier Renault

 

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Le Matricule des anges, n°129, janvier 2012

Les hauts de Babel

Orfèvre de la forme brève, Isaac Babel (1894-1940) s'est très tôt engagé dans une oeuvre à laquelle la terreur stalinienne a brutalement mis un terme. Grâce aux éditions Le Bruit du temps, elle est désormais entièrement accessible en français.

 

L'édition des oeuvres complètes d'Isaac Babel, figure majeure des lettres russes du siècle dernier, est un acte qui ne manque pas de panache. […] Mais la livraison en un seul volume de l'intégralité de la production littéraire disponible de l'écrivain (intégrant son théâtre et ses scénarios de cinéma) dans une traduction nouvelle de Sophie Benech est un évènement qui devrait faire date. […] La présence de nombreux textes de Babel inédits en français, articles, entretiens, interventions permet de mieux saisir comment s'est forgé au cours de sa brève existence ce que l'on pourrait appeler son art prosaïque : le souci constant du style, l'amour de la prose. […]

 

Jean Laurenti

 

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Le Monde des Livres, 23 décembre 2011

Isaac Babel, le démystificateur

« Nous ressemblons à des mouches en septembre, tout dolents, comme si nous devions bientôt rendre l'âme. Nous sommes l'assemblée des chômeurs de Petrograd. » […] Je pourrais, au lieu de raconter en quelques lignes rapides et vagues le destin terrible d'Isaac Babel, son univers rocambolesque, entre cosaques rouges et blancs, ghetto, auberges juives et champs de bataille, avec un nourrisson qui braille, un tas d'infirmières résignées, des matrones infatigables entourées d'innombrables vieillards, je pourrais recopier quelques-unes de ces premières phrases qui me coupent le souffle. Laisser place à l'éclat aveuglant de son style. […] Comme il l'écrit à la fin de « Mes premiers honoraires » : « J'ai vu pour la première fois les choses qui m'entouraient comme elles étaient en réalité : apaisées et d'une beauté ineffable. »

 

Geneviève Brisac

 

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Stalker, 19 décembre 2011

Autour de Robert Browning

Il y a tout de même, encore, de petits éditeurs qui sont grands par les livres qu'ils éditent. L'un de ces petits éditeurs, Le Bruit du temps est, si j'en juge par son catalogue tout à fait remarquable et cohérent, l'un des meilleurs de France. […] ayant ainsi publié L'Anneau et le Livre de Robert Browning, un prodigieux ouvrage hélas méconnu des lecteurs français qui décrit un même fait divers par le biais de plusieurs témoins, Antoine Jacottet a eu l'intelligence de publier plusieurs ouvrages évoquant Browning, où l'auteur et son œuvre sont diffractés par de multiples prismes, qu'il s'agisse d'une biographie (Robert Browning) de Chesterton, d'une biographie encore, mais d'un genre spécial puisqu'elle est consacrée à l'épagneul d'Elizabeth Barrett Browning (Flush), des Sonnets portugais de cette dernière ou enfin de trois textes, dont une nouvelle précieuse et énigmatique, d'Henry James évoquant le merveilleux écrivain (Sur Robert Browning). […]

 

Juan Asensio

 

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Lire, décembre 2011-janvier 2012

Babel contre Goliath

C'est l'histoire d'un enfant d'Odessa qui connut dans son pays une gloire foudroyante, entra au purgatoire et fut réduit au silence avant d'être fusillé par les hommes du NKVD, en 1940. […] il se disait intoxiqué par la Russie. L'âme de cette terre ne cesse de vibrer dans ses livres, avec tous ses paradoxes, avec ses aspirations sublimes, sa folle démesure, ses excès diaboliques. Lire Babel, c'est entendre le tonnerre gronder dans les tréfonds de l'humanité. Il secoue les pages hallucinantes de Cavalerie rouge où l'on voit les cosaques du général Boudionny foncer dans les plaines tels des centaures abreuvés de sang. La sauvagerie sert d'étendard et c'est un office des ténèbres qu'orchestre Babel dans ce livre qui reste l'une des épopées les plus magistrales des lettres russes. […] À la gueule toujours ouverte de l'hydre stalinienne, il a résisté en s'exilant dans le fragile refuge de la langue russe, une langue qu'il ne cessa d'élaguer et de polir. […] Cette passion pour le style fut la seule arme de Babel, le cavalier rouge qui nous revient aujourd'hui sabre au clair, rescapé des enfers.

 

André Clavel

 

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Rue 89, 10 décembre 2011

Les œuvres complètes d'Isaac Babel, écrivain russe fulgurant

 

[…] Des petits récits (ou articles), autant de chroniques au rasoir, sèches par leur brièveté, mais incandescentes par leur rythme et la déflagration de leurs métaphores. Pas de romans interminables à la Tolstoï, pas d'exploration des sentiments aux mille circonvolutions à la Dostoïevski, pas de petite musique tchékhovienne. Babel, « c'est du brutal », comme diraient « les Tontons flingueurs ». De l'alcool concentré, du tranché vif. Babel est un écrivain qui sait allier l'immédiat du qui-vive au temps hors temps du légendaire. […]

 

J.-P. Thibaudat

 

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La Liberté, 3 décembre 2011

Redécouvrir Isaac Babel

Comme son mentor Maxime Gorki, Isaac Babel s'est rallié à la révolution d'Octobre. Un engagement qui l'a amené à suivre l'armée Rouge dans sa campagne de Pologne en 1920, au temps de la guerre civile.. […] De cet auteur souvent truculent, et finalement mal connu chez nous, les éditions Le Bruit du temps nous offrent un fort volume d'œuvres complètes [qui] devrait réveiller l'intérêt pour cet écrivain à l'ironie sensuelle, dont l'œuvre a été réhabilité après la mort de Staline.

 

Alain Favarger

 

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Le Nouvel Observateur, 1-7 décembre 2011

Coup de cœur : Retour de Babel

« Je suis intoxiqué par la Russie, je ne pense qu'à la Russie », déclarait Isaac Babel à un ami russe, en 1927. Écrivain juif né en 1894 à Odessa, cet élève de Gorki, dont les textes sont pour la première fois disponibles en France dans leur intégralité connue (beaucoup de manuscrits furent, semble-t-il, détruits par le NKVD au moment de son arrestation), et qu'on connaît surtout pour Cavalerie rouge, fut aussi bien l'un des pionniers du journalisme littéraire qu'un observateur hors pair, à la Maupassant, de la réalité russe dans les années 20. […]

 

Didier Jacob

 

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La Quinzaine littéraire, 1-15 décembre 2011

« Une flamme qui pense » : Zbigniew Herbert

C'est un événement à saluer : les éditions Le Bruit du temps (dirigées par Antoine Jaccottet) entreprennent de publier la traduction des œuvres complètes du grand Polonais Zbigniew Herbert. Voici, en partie donnée, en partie promise au lecteur, l'une des œuvres poétiques les plus rayonnantes et les plus représentatives de la seconde moitié du XXe siècle européen. La quasi-perfection de beaucoup des poèmes d'Herbert ne peut faire oublier le fond de violence historique sur lequel ils s'enlèvent et dont leur réalisation est, dans le moindre détail, indétachable. […]

 

Claude Mouchard

 

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La Quinzaine littéraire, 1-15 décembre 2011

Maupassant d'Odessa

« Tout chez Babel, exprimait la curiosité – son port de tête, sa bouche, son menton et surtout ses yeux. On ne voit pas souvent une aussi franche curiosité dans le regard d’un adulte. J’avais le sentiment que la principale force qui l’animait, c’était la curiosité effrénée avec laquelle il scrutait la vie et les gens. » Ainsi Nadiejda Mandelstam se rappelle-t-elle l’écrivain dont le visage apparaît en couverture de l’édition que lui consacrent les éditions Le bruit du temps. Sans être un inconnu, Isaac Babel est un auteur mal connu. Certes, on a lu en France ses Contes d’Odessa et Cavalerie rouge et ce, dès les années trente, chez Rieder, mais une certaine confusion régnait dans la publication et dans les traductions. Toutes choses auxquelles remédie cette édition des œuvres complètes. C’est le fruit du long travail de traduction mené par la seule Sophie Benech […].

 

Norbert Czarny

 

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Hippocampe, n°6, novembre 2011

dans l'air perdu : proses poétiques du présent

« Deux poètes, deux poésies : / celle qui s'élabore tandis que le héros reste muet, les mots du silence, celle qui emboîte la parole au héros. » […] Dix ans après le décès d'André du Bouchet, les éditions Le Bruit du temps publient ces deux magnifiques volumes de quelques trois cents pages chacun, et on y trouve aussi l'édition bilingue de Henry VIII de Shakespeare, traduit par André du Bouchet. […]

 

Ariane Lüthi

 

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Libération, Cahier Livres, 17 novembre 2011

Isaac Babel ou ceux que les Soviets suppriment

Isaac Babel est né à Odessa en 1894 et a été exécuté en 1940 : vu ce qu'est son œuvre et ce que furent les relations des autorités soviétiques avec les écrivains, il est étonnant qu'il ait survécu aussi longtemps. Babel n'a écrit aucun roman, du moins qui ait été conservé, et ces Œuvres complètes regroupent donc surtout ses nouvelles, qui ont fait sa gloire, mais aussi des scénarios, des pièces de théâtre, quelques articles pour la presse bolchevique et quelques interventions sur le métier d'écrivain. […] La langue de Babel est si originale, à la fois inventive, saugrenue et incorrecte selon la traductrice, qu'il a longtemps été considéré intraduisible […].

 

Mathieu Lindon

 

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L'Express, n°3149, 9 novembre 2011

Babel cavalier seul

Sous Staline, les écrivains mouraient deux fois : la première, face au peloton d'exécution (ou au goulag), la seconde, victimes de l'oubli. Isaac Babel (1894-1940), considéré comme l'un des plus grands écrivains russes du XXe siècle, gloire littéraire, au début des années 1920, pour Cavalerie Rouge – récit de la campagne de Pologne, qu'il suivit comme correspondant de guerre – et ses Récits d'Odessa, portés aux nues par Thomas Mann et par Hermann Hesse, n'a pas échappé à ce destin. Arrêté au petit matin du 15 mai 1939 par les hommes du NKVD, accusé d'espionnage (au profit de Malraux !) et de “trotskisme”, il dénonce sous la torture des amis proches, avant de se rétracter et d'être fusillé à l'âge de 45 ans. […]

 

Emmanuel Hecht

 

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Télérama, n°3226, 12-18 novembre 2011

L'événement

Arrêté en mai 1939, fusillé huit mois plus tard, Isaac Babel (1894-1940) subit, comme nombre d'écrivains soviétiques, la folie meurtrière du stalinisme. La réédition de l'intégrale de ses œuvres, superbement traduites par Sophie Benech, permet de redécouvrir un magnifique auteur réhabilité en 1954, un an après la mort de Staline. Plongé dans les turbulences du début du XXe siècle russe, Babel a su restituer les images dont il fut à la fois le témoin et l'acteur dans une série de textes où la violence et la cruauté voisinent avec des scènes de tous les jours. Ses récits éclatés, les tableaux qu'il dresse de son enfance à Odessa, les instantanés des rues pétersbourgeoises, les reportages qu'il effectua au sein de l'armée Rouge sont des documents historiques et de prodigieux morceaux d'épopée embellis par un sens inné de la poésie. […]

 

Gilles Heuré

 

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Livres Hebdo, n°884, 4 novembre 2011

Le tour de Babel

[…] Le Bruit du temps propose la première édition intégrale en français de l'œuvre d'Isaac Babel. Né en 1894 dans une famille juive d'Odessa, fusillé en 1940 à Moscou sur ordre de Staline et de Beria, son exécuteur des basses œuvres, l'écrivain est connu essentiellement pour son recueil Cavalerie rouge (paru en 1926 et en 1931, dans une édition augmentée) et ses Contes d'Odessa (1931). Il est aujourd'hui considéré par la critique comme le plus grand prosateur de la littérature russe dans la première moitié du XXe siècle. C'est un auteur d'une absolue singularité, qui mérite vraiment de sortir de son ghetto. […]

 

Jean-Claude Perrier

 

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Le Magazine littéraire, n°513, novembre 2011

Corde de lumière, de Zbigniew Herbert

Le hasard fait bien les choses : au moment où l’on célèbre le centenaire du grand poète polonais Czesaw Milosz, un éditeur exemplaire se lance dans la publication d’une traduction intégrale des poèmes de Zbigniew Herbert (1924-1998), autre très grand poète polonais, dont Milosz fut l’ami et qu’il traduisit en anglais. […] En se lançant seule dans une traduction intégrale, Brigitte Gautier comble une lacune et respecte la cohérence de l’œuvre, l’une des plus considérables de son temps. La traduction est magnifique. […] D’une extrême économie de moyens dans des poèmes en vers pourtant parfois assez longs, Herbert a aussi cultivé un type de poème en prose très court, souvent en forme de fable à l’ironie mordante, où s’exprime son sentiment tragique de la vie. La traduction de cette œuvre majeure est un événement à ne pas manquer.

 

Jean-Yves Masson

 

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La Liberté, 29 octobre 2011

Redonner une innocence au langage

Zbigniew Herbert. Figure majeure de la poésie polonaise de l'après-guerre, l'écrivain est ressuscité dans une belle édition pleine de ferveur et de sensualité. Une vraie découverte.

 

Né à Lvov en 1924 dans la partie orientale de la Pologne, annexée en 1945 par l'URSS, Zbigniew Herbert est un illustre inconnu pour la plupart des lecteurs francophones. Pourtant l'écrivain a passé plusieurs années d'exil en France, où quelques volumes isolés de son œuvre sont sortis. Or le poète, qui avait fait ses débuts en 1956 dans la Pologne du dégel avec son recueil phare, Corde de lumière, était plus apprécié de ses pairs à l'étranger, tels les nobélisés Joseph Brodsky ou Seamus Heaney, qu'au pays de Francis Ponge. C'est dire l'intérêt que représente l'entreprise, lancée par les éditions Le Bruit du temps, de publier en version bilingue les œuvres poétiques complètes de Zbigniew Herbert […].

 

Alain Favarger

 

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La Liberté, 29 octobre 2011

Retour magique à l'Antiquité

Exilé en Occident dès les années 1970, Zbigniew Herbert a beaucoup sillonné la France, mais aussi l'Italie, la Grèce, l'Angleterre ou les Pays-Bas. Fasciné par l'Antiquité, ce berceau de l'humanisme, il lui a consacré un bel essai, Le Labyrinthe au bord de la mer, publié de manière posthume en Pologne en 2000 et resté inédit jusqu'à aujourdh'ui en français. L'écrivain y évoque la civilisation minoenne, l'ombre inquiétante du Minotaure, la Grèce d'Homère ou le siècle de Périclès, mais aussi les mystères des Étrusques ou l'extraordinaire mur d'Hadrien marquant les limites de l'expansion romaine en Grande-Bretagne. Et ce livre procure un vrai enchantement, tant l'auteur a su sublimer son érudition par un récit subtil, entraînant […].

 

Alain Favarger

 

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Stalker, 29 octobre 2011

Le Timbre égyptien, d'Ossip Mandelstam

Le remarquable éditeur qu'est Antoine Jaccottet nous permet, une fois de plus, de découvrir ou redécouvrir un texte étonnant, déroutant à bien des égards, qui lui permet également d'honorer le nom même qui est le sien, Le Bruit du temps étant un des textes les plus connus d'Ossip (Émiliévitch) Mandelstam. Le Timbre égyptien a été écrit par le maître de l'acméisme, mort, à bout de résistance physique et psychique, durant le transfert ordonné par les autorités soviétiques dans un camp de travaux forcés de la Sibérie orientale, alors même qu'il était revenu en mai 1937 à Moscou, après trois années d'exil passées à Tcherdyn dans l'Oural, le pouvoir n'ayant visiblement pas toléré qu'un écrivain ose publier un poème satirique sur Staline. […]

 

Juan Asensio

 

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Le Monde des Livres, 21 octobre 2011

Tout droit vers la lumière

Donc il est entendu que nous ne lirons plus de poésie. […] J'aimerais vous demander pourtant de vous entraîner chez vous à prononcer correctement Zbigniew puis, cela acquis, vous inviter à réclamer d'une voix sûre à votre libraire Corde de lumière, premier volume (deux autres suivront) des oeuvres poétiques complètes du Polonais Zbigniew Herbert (1924-1998) dont les éditions Le Bruit du temps et Brigitte Gautier, sa traductrice, entreprennent aujourd'hui la publication. […] Le langage aussi s'y ressource et s'y retrempe. De là sans doute cette écriture claire, comme lavée de tout soupçon de mensonge, dont les frémissements délicats trahissent une musculature puissante, et qui va droit à la lumière, avec un instinct sûr, pour réconcilier l'homme et sa terre. Et, en effet, « que serait le monde / s'il n'était plein / de l'incessant va-et-vient du poète / parmi les pierres et les oiseaux » ?

 

Le feuilleton d'Éric Chevillard

 

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Cinquième Secousse, octobre 2011

Retour au Japon

Henri Cole, qui est né au Japon, y retourne à la mort de son père et s’y fond dans la nature, au pied des collines du nord de Kyoto. Celui qui, adolescent, avait vécu dans une cabane aménagée dans un arbre pour échapper aux déchirements familiaux, s’y affronte aux bêtes et aux choses – et à lui-même. […] Si, dans la contemplation, le moi brisé semble retrouver un instant l’unité, si la beauté semble parfois guérir l’âme « brouillée par la chair », ce répit n’est qu’une illusion.

 

Gérard Cartier

 

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Revue des études slaves, LXXXII/2, octobre 2011

Histoire d'une intelligence

 

Tous les Polonais cultivés et les spécialistes de culture polonaise connaissent l'œuvre inspirante du critique Stanislaw Brzozowski (né en 1878, en Pologne alors russe – 1911), qui, une fois installé en Galicie alors austro-hongroise puis à Florence, devint à la fois romancier et inventeur d'une critique littéraire « philosophique ». […] La confrontation avec les livres est ici décisive : cette transformation de la note de lecture en révélateur de l'intimité de la pensée révèle dans le genre littéraire du journal, au-delà du détail biographique et même de l'introspection, une dimension nouménale, qui participe donc à plein à la découverte bouleversante, durant cette « fin de siècle », du monologue intérieur et du flux de conscience. Quotidiennement cultivé, le journal est « recherche » (dans un sens proustien fort) du moment où sincérité et lucidité se conjuguent pour saisir le mouvement fragile, simple et profond de l'esprit vivant et permettre, comme le dit l'auteur, de « vivre dans ses propres pensées ».

Xavier Galmiche

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Études, n°415/4, octobre 2011

Aveuglante ou banale

 

Ce diptyque conçu à l’occasion du dixième anniversaire de la mort d’André du Bouchet, poète emblématique de la génération de l’après-guerre, permet d’appréhender par ses prémisses une œuvre réputée compacte, inattaquable. […] La biographie d’un poète, c’est sa poésie elle-même, c’est l’histoire de son rapport au langage. […] Et s’affermit, jour après jour, une voix, c’est-à-dire un lexique, balisé par un petit nombre d’éléments dont les possibilités de combinaison ou de collision sont infinies ; c’est-à-dire une manière : « Écrire et retrancher sont un seul et même mouvement » ; c’est-à-dire une forme, où le blanc de la page devient tout à la fois moteur, repaire, épreuve, incendie.

Frank Adani

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Livres Hebdo, n°879, 30 septembre 2011

Le flâneur de l'histoire

Le poète polonais Zbigniew Herbert nous propose un voyage en Crète et en Grèce.

 

Au cours d'histoire, Zbigniew Herbert (1924-1998) préférait l'histoire au long cours. Celle que l'on ressent quand on se promène, quand on se frotte à la poussière du temps, au contact des vieilles pierres, des ruines et des paysages. Le grand écrivain polonais, dont Le Bruit du temps publie en édition bilingue le premier volume des œuvres poétiques sous le titre Corde de lumière, fut aussi un essayiste de premier ordre, avec une façon bien personnelle d'évoquer le passé en cheminant entre les mythes et les drames. […]

Laurent Lemire

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Valeurs actuelles, 8 septembre 2011

D.H. Lawrence l'incendiaire

Trois livres remettent à l'honneur l'écrivain britannique, dont le génie rageur et prolixe traversa son époque avec brio.

 

[…] Convergence d'attention, Lawrence est encore à l'honneur au Bruit du temps : outre les magnifiques Croquis étrusques, il y a quelques mois, cette jeune maison d'édition a entrepris de publier ses nouvelles complètes, dont voici le deuxième volume, dans une traduction de Marc Amfreville. Une des nouvelles a pour titre « L'épine dans la chair », un titre qui, de l'aveu même de Lawrence, eût pu convenir à la plupart des autres du recueil. […]

Philippe Barthelet

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La république des livres, 10 août 2011

Les deux visages de Robert Browning

 

Pour l’instant, les librairies et le Poet’s Corner ont échappé au nouveau grand incendie de Londres. […] Nous y repensions l’autre jour sous ses voûtes en lisant le discours que Henry James y prononça un jour de mai 1912 pour la commémoration du centenaire de la naissance du grand poète victorien Robert Browning, dont les cendres reposent là. James, qui ne sortait plus, fit une exception. Son hommage au poète adulé fut d’une telle intensité et d’une si vive émotion que, de mémoire de chroniqueur, on n’entendit plus jamais dans la nef d’aussi longs applaudissements. L’éditeur de Sur Robert Browning (traduit de l’anglais par Jean Pavans, 132 pages, 12 euros, Le Bruit du temps) a été bien inspiré de le rappeler en liminaire de la nouvelle au centre du recueil, La Vie privée (The Private Life), à laquelle il a heureusement adjoint deux courts essais de l’écrivain consacrés au poète à vingt deux ans d’intervalle. C’est que la figure de Browning, l’homme et l’écrivain, fascinait véritablement Henry James. […]

 

Pierre Assouline

 

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La Dépêche, Grand-Sud Tarn, 6 août 2011

Terre médiane du poète américain Henri Cole

 

Claire Malroux est poète, depuis longtemps adoubé par ses pairs. En marge de son œuvre propre, elle n'a cessé de faire connaître les poètes de langue anglaise qui ont choisi, comme elle, l'écoute et l'humilité pour exprimer leur rapport au monde, aux autres, à eux-mêmes, à des secrets et à des mystères cachés. Emily Dickinson, le plus grand poète du XIXe siècle américain, lui doit une part de sa notoriété en France, et aussi quelques autres. On devine ce qui l'a intéressé dans Terre médiane, le dernier recueil d'Henri Cole dont le jury du prix Pulitzer avait souligné l'importance, l'écriture poétique qui, patiente, sans bruit, particulièrement sensible, se fait poreuse à des vibrations qui recréent dans leur lumière exacte tout un passé volontairement méprisé. […]

 

Jean Roques

 

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Le Matricule des anges, n°125, juillet-août 2011

Comme on respire

Sans psychologie et sans l'anecdote, André du Bouchet s'éprouve dans ses Carnets de jeunesse.

 

Dix ans après sa mort à 75 ans, une double parution vient saluer l’un de ceux à qui la poésie française du siècle passé doit ses plus signifiants aboutissements. […] « J'ai eu la surprise, dit Clément Layet à qui nous devons cette édition, de voir se dessiner un autre visage » de l’activité poétique de du Bouchet que celui retracé par les éditions précédentes. Un visage assumant mieux la répétition, l’imperfection, la lente maturation de ses idées, formulations et dispositions intérieures : « Cette image qui vient de sortir a mis exactement dix ans à mûrir. Je m'en contente pour la fin de la matinée. » […]

 

Marta Krol

 

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Poezibao, 29 juillet 2011

Aveuglante ou banale d'André du Bouchet

Il faut saluer à nouveau le travail des éditions Le Bruit du temps, et celui de Clément Layet. En même temps que le passionnant volume des carnets (1949-1955), Une lampe dans la lumière aride, paraît donc cet ouvrage qui reprend les essais sur la poésie (1949-1959). Les deux livres se complètent et bon nombre de préoccupations se retrouvent d’un volume l’autre, avec des optiques différentes […]. La construction du livre est nette : le premier tiers reprend les essais critiques publiés par du Bouchet entre 1949 et 1959. Quatre articles majeurs sur Reverdy, Hugo, Baudelaire, Pasternak, et une série d’études plus courtes sur Char, Ponge, Hölderlin, Joyce… Les deux derniers tiers du volume sont des inédits : carnets, ébauches, travaux préparatoires gravitant autour des textes publiés. […]

Antoine Emaz

 

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La Liberté, 9 juillet 2011

Et Ernest devint Hemingway

En 1924, Hemingway publie son deuxième livre. De nos jours est édité à 170 exemplaires par Three Mountains Press. Dix-huit chapitres comme autant de vignettes rédigées par le jeune journaliste, sous la férule d'Ezra Pound. Une exigence : trouver la phrase juste, ce qui déterminera tout l'œuvre d'Hemingway. Une ambition : faire entendre la violence de son temps : la guerre, la corrida comme métaphore pressentie, la rudesse des rapports humains. […]

 

Jacques Sterchi

 

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L'Express, 4 juillet 2011

Léon Chestov, l'inclassable

L'œuvre de Léon Chestov serait-elle encore plus rafraîchissante et libératrice aujourd'hui qu'elle ne le fut hier déjà ? Sans avoir pris une seule ride, elle continue, comme toute pensée prophétique, de poursuivre le questionnement de l'âme humaine jusqu'en ses derniers retranchements, avec une liberté et une lucidité que rien n'arrête. […]

 

Jean Borel

 

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Télérama, n°3207, 2 juillet 2011

André du Bouchet

[…] L'écriture d'André du Bouchet frappe par sa clarté tour à tour silencieuse et fracassante. Sa lucidité sur le paradoxe de sa double activité littéraire est frappante : « La critique marque invariablement un pouvoir, alors que la poésie dégage souvent une impuissance. » Tout n'est qu'appel à la curiosité, au recueillement, chez cet homme secrètement terrassé par l'angoisse et le doute. […]

 

Marine Landrot

 

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L'Express, 24 juin 2011

Les pointes sèches d'Ernest

Ernest Hemingway n'a jamais tant exprimé son idéal de concision que dans In Our Time/De nos jours, recueil de chapitres lilliputiens sur la Première Guerre mondiale, les corridas, l'exécution des ministres du roi Constantin de Grèce… publié en version bilingue. […]

 

Emmanuel Hecht

 

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Images de la poésie, 20 juin 2011

Lecture de Philippe Denis

Ce qui s'installe lentement pendant la lecture de la poésie de Philippe Denis est un étrange sentiment de gravité et de légèreté mêlées, d'attention perçante envers les choses et de détachement ironique, d'extrême concentration et de subtile dérision. […] Ceci explique la forme générale des textes qui tire du côté de la notation, de l'aphorisme, du fragment, comme si la brièveté indiquait que le premier mot et le dernier mot seront laissés au monde et non pas à l'autonomie d'un discours, et que l'injonction à faire note avait bien sa source dans les choses, dont le poème ne sera que l'écho répercuté. […]

 

Laurent Albarracin

 

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La Quinzaine littéraire, n°1040, 16-30 juin 2011

Chestov, l'indomptable

Le Pouvoir des clés est un ensemble d'essais écrits par Léon Chestov (1866-1938) pendant la Première Guerre mondiale, la Révolution et la guerre civile russe. Le livre paraît à Berlin en 1923. Il est publié en français, à Paris (où Chestov, depuis 1921, vit en exil), dans une traduction de Boris de Schloezer, chez Schiffrin (1928). C'est cette traduction qui est aujourd'hui, à juste titre, reprise. Moins des essais au sens classique et sage, que des coups de boutoir.

Chestov est un libre penseur non rationaliste, pour ne pas dire anti-rationaliste. Il lui faut chercher – et avec quelle rage et quelle obstination – ce qui est par-delà la raison, au-dessus de la raison, et d'abord réduire l'omniprésence de celle-ci, sa Toute-puissance. Et d'abord l'interpeller, lui faire perdre pied et lui faire perdre la main. La déposséder. La déposer. La défier. […]

 

Christian Mouze

 

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Europe, n°986-987, juin-juillet 2011

André du Bouchet

Ces Essais et ces Carnets parcourent une décennie cruciale dans l’art et la pensée d’André du Bouchet. En 1948, il a vingt-quatre ans et revient en France après huit années d’exil aux États-Unis. Air, son premier recueil, paraît en 1951. En 1961, une nouvelle parole est trouvée Dans la chaleur vacante. […] Apparition et disparition, échec et maîtrise sont aussi les conditions conjointes de l’image : entre ce sol et cet air, la poésie que lit et qu’écrit André du Bouchet veut restaurer la possibilité de parler. […] Dans une solitude croissante, dans une douleur qui se métamorphose, le sujet disparaît lentement. Il n’y a bientôt plus qu’un je commun, celui du phénomène et de la langue : le long éveil d’un « émissaire de la réalité » la plus immédiate. […]

 

François Tison

 

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Mediapart, 2 juin 2011

Hemingway, premiers écrits

L'un des tout premiers écrits d'Ernest Hemingway, jamais réimprimé depuis sa parution à 170 exemplaires en 1924, vient d'être réédité. Une succession de textes courts, sorte de mitraille littéraire où le jeune auteur se confronte sans détours aux secousses de la mort violente. Ernest Hemingway est mort il y a cinquante ans. Suicidé d'un coup de carabine. Juillet 1961. De la mort comme exécution, de ses déflagratioons sèches, il en est question dans ce livre que les éditions Le Bruit du temps publient ces jours-ci sous le titre De nos jours (In our time). […] À partir des prismes différents que constituent guerre et corrida, c'est toujours la mort, dans sa prosaïque brutalité, que rejoint le jeune écrivain. […] In our time s'apparente à une brève rafale, dont l'écho perdure longtemps dans le lointain de l'esprit. […]

 

Clément Sénéchal

 

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Le Matricule des anges, n°124, juin 2011

Le chaud et le froid

Réédition de deux volumes de proses d'Ernest Hemingway (1899-1961), situés aux deux extrémités de sa vie

Difficile d'imaginer deux livres plus opposés : Paris est une fête a été rédigé durant les dernières années de la vie d'Hemingway […] ; De nos jours, quant à lui, parut en 1924, et il s'agissait alors du deuxième livre du romancier américain. S'il fallait poursuivre cette logique du grand écart, on pourrait encore ajouter que le premier est entièrement tourné vers la littérature quand le second n'évoque guère que la mort. Fête pour l'un, cauchemar et requiem pour l'autre. […] De nos jours a un visage plus sombre, pour ne pas dire tragique. Austère même. C'est qu'Hemingway y saisit les atrocités d'une époque […].

 

Didier Garcia

 

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Le Magazine littéraire, n°509, juin 2011

Le poème à venir

Dix ans après sa mort, André du Bouchet (1924-2001) reste le poète le plus secret de sa génération. […] Reprises et ruptures sont la loi de son écriture qui fait l'épreuve de la perte, du vide, du manque (il ne fut pas pour rien un proche de Celan), tout en cherchant passionnément la plénitude – celle-ci dût-elle être éprouvée entre les mots, dans le blanc de la page, plus qu'en eux. […] André du Bouchet écrivait pour se rendre « digne du poème à venir » : c'est cette exigente humilité qui fait toute sa valeur.

 

Jean-Yves Masson

 

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Artpress, n°379, juin 2011

D.H. Lawrence, L'Officier prussien

« Puissance » est le mot employé par les contemporains de Lawrence pour qualifier sa littérature […]. Les nouvelles de ce recueil furent écrites quand Lawrence avait entre vingt-cinq et trente ans. La plupart campent de jeunes adultes suffoqués par leurs désirs et pétrifiés dans leur pudeur. Il s'en dégage un érotisme… puissant. Je recommande leur lecture aux hommes parce que l'évocation des figures féminines est d'une troublante perspicacité. Je la recommande aux femmes parce que la description des corps d'hommes est d'une tout aussi troublante beauté.

 

Catherine Millet

 

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Télérama, n°3201, 21 mai 2011

Fitzgerald et Hemingway

Woody Allen les regarde vivre dans son dernier film, Minuit à Paris, frères aimants, frères ennemis, immergés dans le décor et l'ambiance des années 1920, deux Américains à Paris dont on ne se lasse pas de s'entendre raconter dans le creux de l'oreille les frasques, les hauts faits et les états d'âme […] On ne peut qu'aimer, différemment mais avec le même élan, le désenchantement sans pesanteur, à fleur de peau, du magicien Fitzgerald, et la touche énergique et terriblement juste du bretteur Hemingway. Duquel paraît également, dans une édition bilingue, le très beau recueil De nos jours – des textes brefs, précis et frappants comme des eaux-fortes, variations sur le motif de la violence.

 

Nathalie Crom

 

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Poezibao, 19 mai 2011

Une lampe dans la lumière aride

d'André du Bouchet

 

Livre passionnant. […] Cette édition des carnets (1949-1955), établie par Clément Layet, […] est un vrai bonheur. Elle renouvelle notre saisie de l'œuvre, et plus particulièrement notre compréhension de l'élaboration de cette poésie. […] C'est parce que les carnets sont périphériques, effectivement, qu'ils importent tant. Ils ouvrent sur le dehors et le dedans de l'œuvre, et donnent de vraies clés ou expériences directes de ce qu'est écrire. […]

 

Antoine Emaz

 

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Nonfiction, 14 mai 2011

La profondeur des mots courants :

André du Bouchet

 

Saint-John Perse comparait la poésie à une lampe d'argile. Les textes d'André du Bouchet émettent cette même lumière diffuse. Ses essais sur la poésie française et les extraits de ses carnets relèvent de cette clarté. Les idées, les références, les sensations circulent de la note fragmentaire à l'essai organisé, révèlent la “forge” de cette poésie. […]

 

Emilio Sciarrino

 

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L'homme nouveau, n°1493, 7 mai 2011

Sacha et Julius

Sacha, c'est Alexandre Soljenitsyne et Julius, c'est Julius Margolin. Deux grands témoins du mal soviétique et deux géants de la littérature, l'un russe, l'autre polonais. Une remarquable biographie est consacrée au premier tandis que l'étonnant Voyage au pays des Ze-Ka du second est enfin disponible intégralement. […]

 

Benoît Maubrun

 

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Le Temps, 6 mai 2011

« J'écris aussi loin que possible de moi »

Hugo, Baudelaire, Reverdy, Char, Joyce et Pasternak lus par un de leur pair dans une série d’essais consacrés à la poésie, et des carnets, presque quotidiens, où l’on découvre un jeune poète en pleine maturation : deux ouvrages importants marquent le 10e anniversaire de la mort d’André du Bouchet. […]

 

John E. Jackson

 

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Le Monde Des Livres, 6 mai 2011

André du Bouchet, la terre pour poème

Considéré avec Yves Bonnefoy et Jacques Dupin comme un poète emblématique de la génération de l'après-guerre, André du Bouchet (1924-2001) incarne la poésie dans sa vivacité inquiète. À l'occasion du dixième anniversaire de sa disparition, les éditions Le Bruit du temps publient deux livres qui rassemblent une grande partie de ses œuvres de jeunesse. […] Contre la poésie qui parle trop fort et se trahit d'elle-même, contre l'emprise du verbe, l'œuvre de du Bouchet impose la force du silence et la vertu des mots. Une bouteille à la mer pour renouer les fils… Bref, une leçon de poésie qui passe entre les lignes.

 

Didier Cahen

 

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L'aventure des carnets inédits

Une lampe dans la lumière aride est un texte de toute beauté : 300 pages d'une fraîcheur singulière, animées par le mouvement de la marche qui accompagnait l'écriture d'André du Bouchet. […] Ces notations de sept années mêlent, dans une trame unique, poèmes, récits de rêves, proses réflexives, fragments. Une splendide publication posthume, que l'on doit à une conjonction d'enthousiasme et d'obstination – un éditeur, une équipe de chercheurs pour déchiffrer les textes. En tout premier lieu, il fallait quelqu'un pour “inventer", mettre au jour le trésor et ce fut Anne de Staël. […]

 

Monique Petillon

 

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Le Nouvel Observateur, 5 mai 2011

Hemingway est une fête

Au début des années 1920, le romancier américain débarque en France. Il voit Joyce et Scott Fitzgerald, s'amuse, picole, écrit. […] Rien de bien fameux, sans doute, d'aussi fameux en tout cas que De nos jours (court texte que republie, en édition bilingue, Le Bruit du temps, et où l'on peut apprécier le ton très « choses vues » que chérissait le Hemingway de cette époque). […]

 

Didier Jacob

 

 

Le Magazine littéraire, n°508, mai 2011

Quête nippone

La poésie américaine contemporaine est en France extraordinairement mal connue. […] C'est pourquoi il faut saluer la découverte en France de Henri Cole, un poète de 55 ans qui jouit aux États-Unis d'une renommée croissante. Né d'une mère française d'origine arménienne et d'un père américain, il a publié sept recueils : celui-ci est le cinquième. Henri Cole l'a écrit au Japon, son pays natal […]. Le but que poursuit son écriture sans hermétisme, mais très raffinée, est une réconciliation avec soi-même, avec ses souvenirs, par-delà les blessures d'une histoire douloureuse […]. Il faut remercier Claire Malroux, poète et traductrice à qui l'on doit déjà tant de découvertes marquantes, pour cette magnifique traduction.

 

Jean-Yves Masson

 

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À contretemps, n°40, mai 2011

L'archipel des hommes en trop

Comme celui de Jean Rounault, le livre de Julius Margolin était tombé dans l'oubli […] Cette résurgence est exceptionnelle puisqu'elle est fondée sur le rétablissement de l'intégralité du témoignage de l'ancien Zek. Voici son livre tel qu'il l'avait conçu. Le texte de 1949, publié avec le soutien de Boris Souvarine, accueilli chez Calmann-Lévy vraisemblablement par Manès Sperber, bien qu'amputé de deux chapitres et victime de nombreuses coupures, était déjà très impressionnant. La lecture des passages supprimés permet de constater que l'éditeur a été visiblement guidé par des soucis éditoriaux tels qu'on les concevait à l'époque. » […]

 

Jean-Louis Panné

 

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Libération, Cahier Livres, 28 avril 2011

André du Bouchet, lueurs du loup

La poésie n'est pas un art de vivre, c'est la vie même. Ça le fut pour André du Bouchet (1924-2001), d'un mouvement de ciseaux tragique, tranchant, absolu : pénétration dans la banalité, arrachement à cette banalité. […] Dix ans après sa mort, Le Bruit du temps publie ses carnets de 1949 à 1955, quand sa respiration se dépose sur les pages et va donner en 1961 son premier grand texte, Dans la chaleur vacante. L'éditeur publie aussi ses essais et ses notes sur la poésie (Char, Ponge, Hugo, Reverdy, Baudelaire, Maurice Scève, Rimbaud). La nature de l'image poétique, son mystère – voilà ce qu'il cherche à saisir : « L'homme est muet, c'est l'image qui parle. » L'ensemble est présenté et annoté avec précision par Clément Layet. C'est – ou ce devrait être – un peu plus qu'une lecture : à chaque ligne, une expérience. On lit du Bouchet comme on marche seul sur un chemin de pierres, comme on crie dans sa tête : pour éprouver que la phrase est l'instant, qui est l'éternité. […]

 

Philippe Lançon

 

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Le Temps, 12 mars 2011

L'Archipel du Goulag

Archipel du Goulag, Voyage au pays des Ze-ka : il semble que pour aborder certains territoires terrifiants de la violence collective au XXe siècle, il faille faire appel aux métaphores de l’Antiquité : le voyage d’Ulysse, l’Archipel grec. Car rendre compte du « bréviaire de la haine » ordinaire qui fit de millions de citoyens des empires totalitaires des crevards lentement réduits à la mort, et d’autres millions des meurtriers ordinaires, n’est pas tâche aisée. […] Dans son livre oublié et aujourd’hui ressuscité, le Dr Julius Margolin, citoyen polonais qui venait d’émigrer en Palestine juive, raconte son odyssée. Pour s’être retrouvé dans la ville biélorusse de Pinsk, qui changea de mains entre Polonais, Soviétiques, puis Allemands, pendant le « maudit hiver soviéto-nazi », Margolin connut les geôles soviétiques, les trains de la mort, les camps de l’extrême, d’abord ceux du Belomorkanal, construit par des esclaves du Goulag, puis d’autres dans la région d’Arkhangelsk, puis la relégation dans l’Altaï. Il survécut parce qu’il voulait témoigner. […]

Georges Nivat

 

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Secousse, n°3, mars 2011

Souffles dans la nuit

Il s’appelait Rainer Biemel. Issu d’une famille allemande de Transylvanie […] Rounault : c’est le nom qu’il choisit, en 1949, pour signer son livre Mon ami Vassia, souvenirs du Donetz. À l’heure où de nombreux intellectuels français se glorifiaient de leur stalinisme, il apporta un témoignage sans appel sur sa déportation à Makeevka, en Ukraine. Il y survécut pendant un an et fut libéré fin 1945. […] Fondé en partie sur des notes écrites sur le moment dans un carnet, le récit est remarquablement vivant et offre, du départ en train au retour, une succession de tableaux de la vie et de la survie au camp. Pas d’imprécations ni de condamnations, de ces gros traits manichéens qu’affectionne l’idéologie. Des faits, des croquis, des anecdotes et des portraits saisissants d’une humanité hébétée par la faim et le froid, abrutie par les brimades et la peur. […]

François Bordes

 

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La Quinzaine littéraire, n°1033, 1-15 mars 2011

Les débuts d'un grand écrivain

Ce recueil rassemble toutes les nouvelles (14) écrites entre 1907 et 1913, y compris Prélude (jamais rtévisé), qui fut le premier texte publié de l'écrivain débutant. Version française allégée d'une remarquable édition critique anglaise, il contient notices, chronologies, ainsi que des cartes d'Eastwood, ville natale de Lawrence, et de Croydon, où il vécut de 1908 à 1911.

Lawrence parcourt dans ces fictions brèves la gamme de ses livres à venir. […] Sensualité omniprésente des êtres qui se cherchent et ont le plus grand mal à trouver un équilibre toujours menacé […] : l'étreinte des corps n'est parfois qu'une façon « apaisante » d'éluder la question fondamentale de l'appartenance, de la possession, prélude, dans l'incompréhension et les appréciations divergentes, à une rupture définitive. […] C'est avec le même bonheur que les deux couples se forment dans Étreintes aux champs, l'accent étant mis ici sur l'intensité des émotions et la puissance des forces inconscientes qui régissent les comportements. […]

Claude Fierobe

 

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Le Matricule des anges, n°121, mars 2011

Regard d'un sage

En 1212, Kamo no Chômei, poète ermite témoin de son temps, composait un joyau de la poésie universelle.

 

Il n’est pas nécessaire d’avoir le goût des affaires humaines pour discerner les puissances des passions qu’elles mettent en œuvre. Du plus profond de leurs abris érémitiques, les poètes japonais médiévaux ont posé sur leurs contemporains et la nature humaine un regard de bonté et d’affliction mêlées, puisé à la source des arcanes du monde. Dans cette période troublée du Japon de la fin de l’époque de Heian (794-1185) où le pouvoir passait des vieilles familles aristocratiques aux guerriers (samouraïs) mais demeurait cloisonné et hiérarchisé, un lettré devait appartenir à un seigneur […].

Lucie Clair

 

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Lexnews, 1 février 2011

Kamo no Chômei

« Le monde est ainsi fait ; il est bien difficile d’y vivre et chacun sent la précarité de sa propre vie, de son habitation », écrit Kamo no Chômei dans un petit livret, et combien ces paroles semblent résonner en notre fragile XXI° siècle ! Nous sommes pourtant au XIII° siècle dans un Japon ravagé par les dissensions politiques et celui qui tient cette plume isolée au fond d’une cabane esseulée a cependant connu la vie de cour et ses vicissitudes… […] À noter que ce texte majeur de la littérature japonaise est accompagné en postface d’une étude particulièrement détaillée sur son contexte historique et littéraire rédigée par Jacqueline Pigeot.

Philippe-Emmanuel Krauter

 

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Le Matricule des anges, n°120, février 2011

Un homme au balcon

Henry James explore l'intimité d'une conscience : celle de Lewis Lambert Strether tentant de s'inventer une existence – entre l'impossible épicurisme et la mort prochaine. […] James déclare (dans la préface de 1909 pour l'édition en volume de ce roman qui parut, initialement, en 1903, dans la North American Review) : « Par bonheur, je me trouve en mesure de considérer cet ouvrage comme franchement le meilleur, dans l'ensemble, de tous ceux que j'ai produits. » Nous ne devons donc pas douter que nous ayons entre les mains une œuvre parfaitement concertée, construite et écrite avec un souci constant de la forme – ainsi qu'en témoignent les soixante-dix pages de notes préparatoires adressées dès 1900 à son éditeur et que nous trouvons ici dans le riche dossier qui accompagne cette nouvelle traduction ! […]

Thierry Cecille

 

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Philosophie Magazine, n°46, janvier 2011

Existentialisme russe

Léon Chestov est de retour. Les éditions Le Bruit du temps ont eu l'excellente idée de nous faire redécouvrir, sur un beau papier et avec un appareil critique impeccable, l'une des plus passionnantes œuvres philosophiques du XXe siècle. Né à Kiev en 1886, célèbre pour ses essais paradoxaux sur Shakespeare, Dostoïevski ou Tolstoï, Chestov émigre en France après la révolution de 1917. Le Pouvoir des clés, rédigé à cette période, est sa première grande synthèse. […]

Michel Eltchaninoff

 

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Haaretz, édition anglaise, 21 janvier 2011

A body broken, but free

Forty years after his death, philosopher and author Julius Margolin is getting the recognition he was denied in life, thanks to the recent unabridged publication of his magnum opus, documenting five grueling years in the Siberian gulag.

 

"This book will not have fulfilled its purpose unless it conveys the actual sense of the reality of the camps that exist today, as they existed yesterday and five years ago. These camps are the most important event of our reality, and we will not be able to understand the era that we are living in if we go on living without knowing how and why they appeared, grew and spread throughout the world," Julius Margolin wrote in the final chapter of his book Voyage au pays des Ze-Ka (Journey to the Land of the Ze-Ka), thus providing readers with the key to understanding the tragic story of his life. […]

Gaby Levin

 

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Le Monde, 21 janvier 2011

Henry James, vers le paroxysme

Six cents belles pages de roman. Et qui tiendraient – c'est souvent le cas chez James – sur une seule phrase : un Américain se rend à Paris pour convaincre son futur beau-fils de rentrer au bercail. Ces quelques mots peuvent sembler anodins mais, comme en musique, l'essentiel c'est ce qui en jaillit, le développement des harmoniques littéraires. Le voyage se transforme alors en une véritable aventure du moi, à travers des phrases qui ont elles-mêmes le goût et la forme des aventures complexes. […]

Hédi Kaddour

 

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Le Monde, 21 janvier 2011

Antoine Jaccottet aime les livres au long cours

La nouvelle traduction des Ambassadeurs, de Henry James, est l'un des deux derniers paris insensés d'Antoine Jaccottet, responsable du Bruit du temps – l'autre étant Voyage au pays des Ze-Ka, de Julius Margolin, l'un des plus puissants témoignages sur le goulag (Le Monde du 19 novembre). Les deux livres se ressemblent. Ce sont des pavés de plus de 700 pages, édités avec soin et "redécouverts" par Antoine Jaccottet, ex de la collection "Quarto", chez Gallimard, et fils du poète et traducteur Philippe Jaccottet. C'est la marque de fabrique de cet éditeur méticuleux qui a lancé sa maison il y a deux ans, avec un premier coup d'audace, en exhumant un best-seller britannique du XIXe siècle, L'Anneau et le Livre, de Robert Browning, présenté en édition bilingue. Soit 1 424 pages ! […]

Alain Beuve-Méry

 

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Histoire & Liberté, janvier 2011

Mon ami Vassia. Souvenirs du Donetz

Réédition riche et soignée d'un ouvrage publié en 1949 par les éditions Sulliver. Ce n'est pas tout à fait le récit d'une détention au goulag. Jean Rounault, de son vrai nom Rainer Biemel, un Allemand de Transylvanie, passionné par la France et par sa culture, fait ses études à Paris, fréquente divers intellectuels qui dénoncent conjointement Staline et Hitler, se réfugie en 1941 dans son pays d'origine pour échapper à la Gestapo puis est déporté onze mois, de janvier à décembre 1945, en URSS, aux marges du goulag, dans la petite ville minière ukrainienne de Makeevka, d'où l'en tirent les autorités françaises. […]

Pierre Rigoulot

 

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Revue des deux mondes, janvier 2011

Les lumières et le goulag

Le 25 novembre 1950, les juges de la 17e chambre correctionnelle de Paris eurent à juger d’une plainte en diffamation dont la nature expliquait pourquoi la foule se pressait aux portes de leur tribunal. David Rousset, ancien résistant et déporté, fondateur quelques mois plus tôt d’une Commission internationale contre le régime concentrationnaire, y poursuivait Pierre Daix qui, dans un article des Lettres françaises, l’avait traité de « falsificateur trotskyste », contestant ainsi l’authenticité des témoignages sur lesquels Rousset fondait sa dénonciation des camps de travail soviétiques. Deux ans après, on rejouait, à guichets fermés, le procès Kravtchenko. […] Le jour suivant, ce dernier témoin parut. C’était un homme grand, aux cheveux prématurément blanchis, aux épaisses lunettes rondes. Il s’exprima en russe d’une voix forte et pleine d’assurance. […] l’homme dont la parole vient de faire frissonner la salle et de pulvériser la défense, est Julius Margolin. […]

Frédéric Verger

 

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Metazin, 18 janvier 2011

A Gulag elfeledett zsidó krónikása

Un article sur Julius Margolin et le Voyage au pays des Ze-Ka paru en Hongrie.

 

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Le Clavier cannibale, 13 janvier 2011

Scènes de la condition inhumaine

Paru en octobre dernier aux éditions Le Bruit du temps, le livre de Julius Margolin, Voyage au pays des Ze-Ka, vient de loin, d'un cauchemar absurde, d'une vie interrompue, c'est le récit d'un homme qui voulut revoir son pays natal et fut pris dans les rets de la machine à broyer stalinienne. C'est un bloc de temps arraché, nié, cinq ans hors de la vie, en large de l'humain, des centaines d'heures volées à Julius Margolin […] .

Claro

 

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Haaretz, 8 janvier 2011

 

Un article sur le Voyage au pays des Ze-Ka paru en hébreu dans Haaretz.

 

Lire l'article en hébreu.

 

Le Matricule des anges, n°119, janvier 2011

L'arpenteur de l'extrême

 

De 1940 à 1945, Julius Margolin est déporté au Goulag, près d'Arkhangelsk : son récit, Voyage au pays des Ze-Ka, est une œuvre majeure de la littérature concentrationnaire, chronologiquement une des premières, littérairement une des plus riches.

« Résumons les faits. Le docteur Julius Margolin, journaliste indépendant, père de famille, citoyen polonais, résident en Palestine de façon permanente, un homme en bonne santé qui n'a rien à voir avec l'Union soviétique et n'a commis aucun délit contre ce pays, est retenu par l'armée Rouge sur le territoire polonais au moment où il s'apprête à regagner Tel-Aviv. Son passeport, son visa sont en règle. Après avoir vérifié son identité et constaté qu'il n'est ni espion, ni voleur, ni assassin, on aurait dû le laisser repartir chez lui. (…) Que se passe-t-il finalement ? Le docteur Margolin est retenu pendant neuf mois, puis arrêté et accusé absurdement d'avoir enfreint le régime des passeports, comme si la détention d'un passeport polonais par un citoyen polonais pouvait être une violation de la loi soviétique ; il est ensuite envoyé dans un camp de redressement par le travail pour une durée de cinq ans. Ceux qui le connaissent perdent sa trace. » […]

Thierry Cecille

 

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Le Matricule des anges, n°119, janvier 2011

Dernier souffle

 

Inconnu en langue française, Stanislas Brzozowski (1878-1911) est une personnalité fascinante de la littérature polonaise. Une sorte de héros conradien à découvrir à travers son Journal.

Rédigées la dernière année de sa vie, à Florence où il avait trouvé refuge, les Notes pour mémoire qui constituent le Journal de Stanislas Brzozowski sont l'avatar d'un projet de texte abandonné intitulé l'Histoire d'une intelligence. Malade de la tuberculose, se sachant condamné, il fait de ces pages le lieu d'accueil de son intransigeance intellectuelle, le témoin de sa traversée de la Grande Bibliothèque, et de sa quête de perfection. […] Un destin romanesque, une vie de souffrance, une sorte de voyage au bout de la nuit dont il reste trois romans, des essais, des travaux critiques et ce Journal dont la sensibilité littéraire et la qualité de la réflexion peuvent encore inspirer aujourd'hui.

Richard Blin

 

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Les Carnets d'Eucharis, 6 janvier 2011

Stanislas Brzozowski, Histoire d'une intelligence

 

Rédigé à la fin de sa vie, dans les années 1910-1911, le Journal de Stanislas Brzozowski, Histoire d’une intelligence, ne peut nous laisser indifférent, tant ces 244 pages publiées un siècle plus tard par les éditions Le Bruit du temps révèle une pensée à l’œuvre, faite de l’étoffe d’un esprit qui, aux dires de son auteur, « est toujours un banni, un hors la loi » (185). Esprit d’un écrivain non contaminé en ce siècle des « abrutissantes superstitions politiques », des « stérilités sociales », avec ce si peu d’aventuriers de la pensée (parmi eux, philosophes, poètes et autres lettrés), ces « grands seigneurs de la vie » que le XVIIIe siècle a prodigieusement produit. L’exigence de S. Brzozowski étant de ni comprendre ni révérer ce qui ne relève pas du courage intellectuel […].

Nathalie Riera

 

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Print Quarterly, XXVII, 4, décembre 2010

Callot extraordinaire

 

It could be a fox, but it would call it a dog, the kind of dog Callot liked, with the lion haircut, keeping a tight rein on a sort of dinosaur vomiting spears, halberds, arrows and guns at the hermit. Or it could be a pilgrim, yes, with the shell on the shoulder, the staff between the paws and the flask at the belt. It is that ‘fox-pilgrim’, that ‘renard-pèlerin’, as the Lorenese artist etched it in the Temptation of St Anthony (second version), who gives its mysterious title to the most unusual and astounding book that Paulette Choné has devoted to Jacques Callot. Strange the title, ambiguous the subtitle. Extraordinary also the writing, the style, the vocabulary of Choné, who gives the impression of creating her own language, graceful, pleasant, flowery, suggestive and therefore effective. […].

Maxime Préaud

 

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La Liberté Magazine, 30 décembre 2010

Cinq ans au goulag

 

Né en Biélorussie en 1900, Julius Margolin, une fois ses études de philosophie terminées à Berlin, s'installe en Palestine pour témoigner de son sionisme. En voyage en Pologne en 1939, il est emporté par la furie de la guerre. Arrêté par les Soviétiques, il passera cinq ans dans un goulag. Une survie miraculeuse dont il témoignera immédiatement dans un récit, enfin publié pour la première fois dans son intégralité. Pour Luba Jurgenson, qui présente l'ouvrage, ce témoignage d'un non-Soviétique apporte un éclairage différent […].

Jacques Sterchi

 

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Forward, 28 décembre 2010

Forgotten Witness to the Gulag

 

If a writer’s message is unwelcome, it may not be heeded for many years. January 21 marks the 40th anniversary of the death of the Polish Jewish author Yuli Borisovich Margolin at age 70. Margolin — whose first name is also transliterated as Julius or Yuly, and was also known as Yehudah in Israel — should be as familiar a name as Solzhenitsyn for bearing witness to the Soviet gulag system. Yet the first-ever complete edition of Margolin’s almost 800-page-long gulag memoir in any language only appeared last November from the small Paris literary press Les éditions Le Bruit du temps. […]

Benjamin Ivry

 

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Grazia, 24 décembre 2010

Le chef-d'œuvre d'Henry James ?

 

Lewis Lambert Strether, Américain oisif d'un certain âge, est envoyé en Europe par une riche amie. Sa mission : lui ramener son fils, prisonnier des charmes de la Ville lumière. Hélas, notre héros sera séduit à son tour par « ce grand spectacle humain », haut lieu de jouissance et de distractions. […] Comme à son habitude, l'écrivain explore le pouvoir de fascination de la vieille Europe sur la jeune Amérique. […] Et, au bout de cet épais voyage (704 pages), James s'impose comme le grand romancier moderne du regret et de la désillusion.

Emily Barnett

 

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La Croix, 23 décembre 2010

Henry James et les enchantements de Paris

 

C'est seulement après la Seconde Guerre mondiale et grâce à Robert Laffont que parurent en français les premières œuvres de Henry James, en particulier Les Ambassadeurs, dans la version de Georges Belmont aujourd’hui un peu datée. La très belle traduction de Jean Pavans permet enfin de saisir la subtilité de cet ouvrage que James considérait comme la meilleure de ses fictions, publiée en 1903 […]. Le Paris de ses personnages est contemporain de celui d’À la recherche du temps perdu, mais bien différent. […] Alors qu'À la recherche se termine par une révélation, celle du salut par l'écriture, le roman de James est l'histoire d'une conscience, de ses vicissitudes, de son échec final, le récit d'une de ces vies perdues pour lesquelles il est toujours trop tard.

Francine de Martinoir

 

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Le Temps, 18 décembre 2010

Un Européen au Goulag

 

Julius Margolin est sorti en 1945 du Goulag. Interné pour rien, il écrit immédiatement l’un des premiers et des plus vibrants témoignages sur les camps soviétiques. Son récit est réédité intégralement. «Lecteur, n’excuse pas les camps soviétiques parce qu’Auschwitz, Majdanek et Treblinka furent pires. Rappelle-toi que les usines de mort de Hitler n’existent plus [...]. Mais le 48e Carré, Krouglitsa et Kotlas fonctionnent toujours, et des hommes y périssent aujourd’hui comme ils y périssaient il y a cinq et dix ans.» Ainsi témoigne, en 1949, un homme au physique doux, aux petites lunettes rondes, mais à la voix ferme et résolue: Julius Margolin, qui sort de cinq ans d’enfer dans les camps soviétiques. Pour rien. Il est l’un des premiers à révéler leur existence et il œuvre à la libération des millions de zeks qui y croupissent encore pour des crimes inexistants. […]

Emmanuel Gehrig

 

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Books, n°18, décembre 2010-janvier 2011

Le premier Archipel du goulag

 

Il est presque inconnu en Russie et, pourtant, Julius Margolin, écrivain juif né en Biélorussie, fut le premier à témoigner de la réalité des camps de travail soviétiques. Bien avant Soljenitsyne et L'Archipel du goulag. […] Le livre ne paraît pas en Russie. « L'Union soviétique qui venait d'anéantir le monstre nazi dans une guerre sanglante était au sommet de sa gloire, explique Yevsey Zeldin dans le New Times de Moscou. La vérité sur les camps de travail forcé en URSS aurait rappelé à la population ce qu'elle savait sur les camps de la mort nazis. Un tel livre aurait créé un scandale. » […] À l'époque où Soljenitsyne était encore prisonnier, c'est lui qui révéla au monde la réalité du goulag : […] plusieurs millions de personnes étaient emprisonnées simultanément dans les camps. Mille à deux mille mouraient chaque jour. « En vrai philosophe, Margolin réfléchit aussi à l'essence du système soviétique et aux racines de sa stabilité économique et politique, au rôle des camps dans le système, à la propagande, à la nature humaine, et à beaucoup d'autres sujets » […]

 

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Le Canard enchaîné, 15 décembre 2010

Zaklioutchonny kanaloarmeets

 

En 1949 paraît en France La Condition inhumaine, d'un dénommé Jules Margoline. C'est un témoignage sur le goulag. Le tout premier. Il a été écrit par un homme qui y a passé cinq ans de sa vie […]. Il veut alerter le monde entier sur l'imposture communiste. Il sait qu'en URSS des multitudes continuent de vivre cet enfer auquel il a eu la chance d'échapper. C'est pour eux qu'il écrit, pour « ces millions d'êtres enterrés vivants ». […] Cet ouvrage reparaît aujourd'hui sous son vrai titre, avec le nom exact et non francisé de son auteur, et dans son intégralité (il avait été largement expurgé). Pourquoi le lire aujourd'hui ? Pourquoi ne pas faire du passé table rase ? Ces histoires de goulag, on connaît, non ?… Trois raisons, au moins […]

Jean-Luc Porquet

 

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Libération, Cahier Livres, 9 décembre 2010

Henry James ambassadeur de France

 

Les Ambassadeurs (1903), dont une nouvelle traduction vient de paraître, est, avec Les Ailes de la colombe et La Coupe d'or, un des trois gros romans de Henry James où l'intrigue consiste exclusivement à forcer ou à reconnaître un simple et ô combien compliqué changement de point de vue des personnages. Voici comment James lui-même, né américain en 1843 et mort anglais en 1916, résume ce roman français dans sa préface de 1909, sans goût apparent pour une publicité tapageuse : « Jamais aucune composition de cette sorte n'a pu jaillir directement d'une graine de suggestion tombée par hasard, et jamais aucune graine de cette sorte, s'enfouissant dans le foisonnement de sa croissance, n'a pu mieux se tapir dans la masse comme une particule indépendante. […] » Difficile après cela pour le lecteur d'imaginer qu'il va se retrouver dans un des plus émouvants romans de James et, surtout, dans un des plus passionnant […].

Mathieu Lindon

 

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TSF Jazz, le blog, 5 décembre 2010

Voyage au pays des Ze-Ka

 

Le livre paraît en 1949 avec un titre un peu racoleur, La Condition inhumaine, mais son auteur ne connaîtra jamais la notoriété d’André Malraux. Il faut dire qu’il a vraiment mal choisi son sujet, Julius Margolin, en évoquant l’enfer des camps soviétiques alors que l’URSS est encore toute nimbée, à l’époque, de sa glorieuse participation à l’éradication de l’hydre nazie. L’ouvrage est expurgé, en outre, de certains passages, avant de tomber dans l’oubli, comme son auteur, disparu en 1971, deux ans avant Soljenitsyne et son bien plus célèbre Archipel du Goulag….  Le voilà donc enfin réédité, dans sa version intégrale et sous son titre original, ce poignant Voyage au pays des Ze-Ka (ainsi appelait-on les détenus affectés au creusement du canal Baltique-mer Blanche) […]

Laurent Sapir

 

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L'Express, n°3100, 1-7 décembre 2010

Voyage au bout du goulag

Soixante ans après, le témoignage de Julius Margolin sur l'univers des camps soviétiques est republié dans son intégralité. Une œuvre littéraire capitale.

C'est une impression troublante que de tenir entre les mains un probable chef-d'œuvre. Sans se payer de mots, Voyage au pays des Ze-Ka, de Julius Margolin, récit-fleuve (plus de 700 pages) sur le goulag, mérite sa place aux côtés des écrits d'Alexandre Soljenitsyne, de Varlam Chalamov, de Vassili Grossman, ou du film d'Alexeï Guerman, Khroustaliov, ma voiture ! […] Assommé par le froid, la faim, l'épuisement et la violence – le régime quotidien de l'« immense prison des peuples appelée URSS » – Margolin échappe à l'anéantissement en appelant à la rescousse Shakespeare et Gogol. Comme si l'ultime arme face à la barbarue était la culture, vestige de la civilisation.

Emmanuel Hecht

 

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La Croix, 25 novembre 2010

La traversée du goulag

Julius Margolin (1900-1971), incarcéré en URSS de 1939 à 1945, rédigea dès sa libération un livre formidable, enfin publié dans son intégralité

Voilà exactement soixante ans, à l’orée de l’hiver 1950, David Rousset (1912-1997), revenu des camps nazis, auteur de L’Univers concentrationnaire, devenu pourfendeur du Goulag soviétique, traînait en justice l’hebdomadaire communiste Les Lettres françaises, qui l’avait traité de « trotskiste falsificateur ». Au cours de ce procès, qu’il devait gagner, il convoqua divers témoins, dont Jules Margoline, qui cloua le bec de l’avocat stalinien Joë Nordmann : « 500 000 juifs sont morts dans les camps soviétiques !» […]  Le livre bénéficie de surcroît du titre approprié, Voyage au pays des Ze-Ka, qui reprend le sigle z/k, ou zek, désignant à l’origine les « détenus du canal », c’est-à-dire affectés au creusement de l’ouvrage reliant la Baltique à la mer Blanche, avant de s’appliquer à tous les prisonniers du goulag, cet archipel de camps esclavagistes propre à l’URSS. Le récit reconquiert enfin sa cohérence et sa puissance, puisque l’édition de 1949, certes magnifiée par une traduction de Nina Berberova et Mina Journot, avait hélas escamoté un tiers du manuscrit, en particulier les passages les plus durs à propos du système soviétique. […]

Antoine Perraud

 

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Le Monde des Livres, 19 novembre 2010

Une voix dans la prison des peuples

Enfin publié dans son intégralité, le livre de Julius Margolin est l'un des plus puissants témoignages sur le goulag

Palais de justice de Paris, 17e chambre correctionnelle, 8 décembre 1950. Un homme s'avance à la barre des témoins. Il a 50 ans, de grosses lunettes rondes, une petite moustache grisonnante et débarque tout juste d'Israël. Son nom : Julius Margolin. Que vient faire ce docteur en philosophie, auteur d'une étude sur Pouchkine, d'une thèse sur « les fondements de la conscience rationnelle » et d'essais sur le sionisme, dans un tribunal parisien ? S'il est venu de Tel-Aviv, c'est en fait pour soutenir un autre homme, David Rousset, dont le procès est l'un des événements médiatiques de cette fin de l'année 1950. Ancien trotskiste déporté à Buchenwald, auteur de L'Univers concentrationnaire (Prix Renaudot, 1946), Rousset a publié dans Le Figaro littéraire, en novembre 1949, un appel aux rescapés des camps nazis, leur demandant de constituer une commission d'enquête sur les camps soviétiques. […]

Thomas Wieder

 

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Libération, 18 novembre 2010

Les morts-vivants de la mer Blanche

Récits du goulag de Julius Margolin

Il est absurde et incompréhensible qu'un livre de l'importance de Voyage au pays des Ze-Ka, paru pour la première fois en 1949 sous une forme largement caviardée, n'ait jusqu'ici jamais pu figurer à sa place dans les bibliothèques : aux côtés de Si c'est un homme de Primo Levi et des Récits de la Kolyma de Varlam Chalamov (entre autres, mais avant tout). Autrement dit, aux limites et au cœur de ce que la littérature peut révéler de l'espèce humaine. […]

Philippe Lançon

 

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Stalker, 14 novembre 2010

Croquis étrusques  de D.H. Lawrence

C’est à la fin du VIIe siècle avant la naissance du Christ qu’apparaît en Toscane une population que les Latins appelleront Tusci ou Etrusci, dont les origines continuent de rester énigmatiques. On suggère aujourd’hui que la culture étrusque est née d’un ancien substrat local qui s’est lentement modifié au cours des différentes vagues de population s’installant en Italie, tandis que l’hypothèse qui prévalait au début du siècle passé rejoignait le récit d’Hérodote, d’après lequel ce peuple serait venu par la mer de Lydie. […]

Juan Asensio

 

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Le Soir, 12 novembre 2010

Carpe Diem avec Henry James

Bien sûr, sur une île déserte, on lirait avec appétit un vieux livre de poche abandonné. Mais agréablement installé chez soi, on savoure l’immense plaisir qu’il y a à plonger dans un livre édité avec soin et esthétique. C’est le cas du roman Les Ambassadeurs, de l’Américain Henry James, retraduit par Jean Pavans. Typo agréable, reliure de qualité, la brique est imprimée sur beau papier crème et présente en jaquette le tableau L’homme au balcon de Gustave Caillebotte. […]

Lucie Cauwe

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Mediapart, 12 novembre 2010

L'œil était dans le Goulag

Dans un livre bouleversant, Voyage au pays des Ze-Ka (Le Bruit du temps), Julius Margolin (1900-1971), Juif polonais déporté au Goulag pendant la Seconde Guerre mondiale, relate son expérience concentrationnaire avec le regard d'un humaniste européen d'avant les catastrophes. Redécouverte fondamentale.

Antoine Perraud

 

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Télérama Radio, 10 novembre 2010

Clio en 5 ou 7

Cette semaine, Gilles Heuré nous parle des camps soviétiques, à l'occasion de la publication en intégralité du texte de Julius Margolin, Voyage au pays des Ze-Ka (éd. Le Bruit du temps). Cet intellectuel polonais y fait le récit de ses cinq années passées au goulag, où les Ze-Ka étaient les détenus des camps du canal Baltique-mer Blanche. Il décrit la politique des rendements au travail, les brimades et les relations entre prisonniers dans ces régions gelées.

Réalisation : Alice Gancel

 

Écouter Gilles Heuré.

 

Télérama, n°3174, 10 novembre 2010

Un philosophe au goulag

Le témoignage de Julius Margolin, rescapé des camps soviétiques. À la hauteur de Soljenitsyne et Chalamov.

NKVD, VOKHR : des sigles abstraits, désignant respectivement la police politique stalinienne et l'escorte militaire des prisonniers dans les camps soviétiques. Ze-Ka est aussi une abréviation administrative : c'est ainsi que l'on appellait les détenus des camps du canal Baltique-mer Blanche. Julius Margolin (1900-1971) fut un Ze-Ka dans le « 48e carré », au nord du lac Onega, en URSS. Il connut également les camps de Krouglitsa ou de Kotlas. Les noms importent peu , d'ailleurs, puisqu'ils n'indiquent que des lieux interdits, des cercles de néant où les hommes ne sont plus que des matricules, des fantômes aux organismes ruinés. […]

Gilles Heuré

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Europe, n°979-980, novembre-décembre 2010

Anne Weber, Auguste

[…] Auguste rapporte, en vers et en prose, l'histoire du fils de Goethe, mort en 1830, à l'âge de quarante ans, en Italie. Dès son enfance, le protagoniste est déchiré entre la grandeur de son père et la femme du peuple qu'est sa mère, Christiane Vulpius, « ouvrière en fleurs artificielles » méprisée par la bonne société de Weimar. Entouré de grands esprits, la vie d'Auguste est un grand écart permanent […] Encore que la pièce se compose de cinq actes, d'un prologue et d'un épilogue (tous deux en vers), l'auteur invente un nouveau genre. […] Mais c'est également la langue qui est magique : Anne Weber a le don de la légèreté tout en abordant des sujets sérieux. Son art de l'observation et de l'écoute lui permet de sentir ce qu'il y a d'étonnant, voire d'énigmatique dans la vie ordinaire, dans les mots et les choses qui se transforment en histoires insolites.

Ariane Lüthi

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Revue de l'Art, n°169, automne 2010

Paulette Choné – Renard-Pèlerin

Bien connue pour ses travaux sur le XVII° siècle lorrain, Paulette Choné livre dans cet ouvrage une esquisse légère et incisive sur la vie du célèbre graveur lorrain Jacques Callot et sur son temps, et pour cela, a choisi la forme de mémoires écrits par l'artiste lui-même. […] Quatre-vingt-sept chapitres d'importance inégale, en général assez courts, scandent ces mémoires. Indissociables, la vie et l'œuvre de l'artiste s'y dévoilent chronologiquement. […]  Certaines sont de véritables pièces d'anthologie. […] On l'aura compris, la parfaite connaissance que Paulette Choné a de l'art de Callot, de la vie et des arts en Lorraine, sa familiarité avec la littérature et les archives du temps lui permettent de faire revivre l'artiste de façon convaincante. […]

Véronique Meyer

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Poezibao, 29 octobre 2010

Rencontre autour de Jean-Luc Sarré

Hier soir, jeudi 28 octobre 2010, à Paris, la librairie Tschann, les éditions La Dogana et les éditions Le Bruit du temps invitaient les lecteurs à rencontrer Jean-Luc Sarré à l’occasion d’une double parution récente […]. Dans l’ambiance toujours très chaleureuse de la librairie Tschann, accueillis notamment par la libraire Muriel Bonicel, les auditeurs parmi lesquels on comptait un nombre impressionnant de poètes et d’écrivains, se sont regroupés autour de Jean-Luc Sarré, encadré de ses deux éditeurs, l’un, Florian Rodari portant un pull orangé, l’autre Antoine Jaccottet un pull vert. Belle harmonie colorée pour ce moment de rencontre. […]

Florence Trocmé

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Le Nouvel Observateur, n°2399, 27 octobre 2010

Le Paris de James

Au centre du grand roman « français » de Henry James se tient un personnage mélancolique. Ce Lambert Strether, venu du lointain Massachusetts, s'est chargé d'arracher un jeune étourdi au charme délétère de Paris : s'il ramène le fils au bercail, il aura la mère, et l'argent qui va avec. Derrière ce héros incertain on découvre vite la véritable héroïne : la ville, intensément littéraire, féminine, et assez sorcière pour « retourner » l'agent de la vertueuse Nouvelle-Angleterre ; il va, cet innocent ambassadeur, pactiser peu à peu avec les mœurs parisiennes, changer de camp, trahir la cause, tout perdre enfin. De cette merveilleuse histoire, où James voyait le sommet de son œuvre, voici, due à Jean Pavans, auquel tous les jamésiens doivent une prière du matin, une nouvelle traduction. Après celle de Georges Belmont, c'était un pari aventureux. Mais tenu : grâce à de menus, mais décisifs coups de force […].

Mona Ozouf

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Télérama, n°3172, 30 octobre 2010

Henry James, Les Ambassadeurs

En prononçant, en 1920, un avis négatif face à l'hypothèse de la traduction en français de nouvelles de Henry James et de leur possible parution dans la toute-puissante NRF, André Gide rendit à l'écrivain américain un service paradoxal : celui d'avoir considérablement retardé sa découverte et sa reconnaissance en France. […]  Les traductions de ses romans, de ses nouvelles, se sont multipliées depuis quelques décennies, mais autour de son œuvre demeure comme une opacité, comme une énigme à lever. Ce secret, tout ensemble magnifique et effrayant, est au cœur même de cette œuvre, en est le noyau, la respiration propre, mais tient aussi à ce caractère presque de nouveauté absolue qui persiste autour de l'écrivain. Aussi est-on à peine étonné de découvrir aujourd'hui, comme une authentique révélation, ce roman que James considérait comme son chef-d'œuvre, Les Ambassadeurs. […] Jean Pavans, l'actuel et inégalable traducteur de James, s'en est emparé […].

Nathalie Crom

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La Liberté, 30 octobre 2010

Le retour aux « Ambassadeurs »

[…] Les Ambassadeurs nous reviennent aujourd'hui dans une édition à la fois élégante et exhaustive, comprenant les notes préparatoires du livre, la préface de l'auteur à l'édition new-yorkaise de 1909, ainsi qu'une nouvelle traduction de Jean Pavans, le meilleur interprète français actuel de l'univers jamesien. L'occasion est donc unique de découvrir ou de relire ce grand livre, si caractéristique de l'approche des passions, toujours si minutieusement décortiquées par le maître […].

Alain Favarger

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Fortitou's Blog, 23 octobre 2010

CLVIII – Renard-Pèlerin

L’exercice qui consiste à se mettre dans la peau d’un personnage célèbre est, pour le moins, périlleux. C’est à la fois un acte fort, qui frise l’usurpation d’identité, et un acte fin, qui doit laisser apparaître les lignes directrices d’une vie sans tomber dans l’explication, et révéler ses contextes successifs sans basculer dans le documentaire. Quand Paulette Choné se glisse dans la peau de Jacques Callot, c’est réussi, et parfois éblouissant. […] elle voit à travers les yeux de Callot. Elle voit son œuvre comme elle dit ses espoirs ou ses ennuis. […] Cette vision est servie par une langue d’une belle venue, épicée de termes à peine archaïques qui en enrichissent la matière dans la masse, pas en surface. Sans doute fallait-il avoir une connaissance profonde de cette époque et une connaissance intime de l’œuvre – ce dont personne ne doute quand on connaît les travaux de Paulette Choné – pour oser écrire ça, pour oser dire et voir comme un graveur du dix-septième siècle.

Fortitou's Blog

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Les feuilles pas mortes, 23 octobre 2010

Dionysios Solomos, La Femme de Zante

Voici un texte particulièrement puissant et sans doute injustement méconnu. On aura sans doute déjà entendu le nom de son auteur, le poète ionien auteur de L'Hymne à la Liberté dont les premières strophes servent aujourd'hui de chant patriotique officiel à la Grèce. Mais ici il n'est point question de texte embaumé et suranné, digne des récits de la mythologie nationale hellénique, bien au contraire. […]

Attila

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La revue littéraire, n°49, octobre 2010

Virginia Woolf, Flush : une biographie

Publiée en 1933 et traduite en français en 1935, cette biographie originale d'un chien est enfin rééditée après avoir été longtemps épuisée. En février 1933, Virginia Woolf est fatiguée d'avoir écrit Les Vagues. Dans une lettre à son amie Lady Ottoline Morrell, elle se dit exténuée, étendue au jardin « pour lire des lettres d'amour des Browning, et la figure de leur chien [l']a fait rire au point où [elle] n'[a] pu résister à l'envie de leur faire une Vie. » C'est ainsi, en lisant la correspondance de la poétesse Elizabeth Barrett et de son futur mari Robert Browning, que l'idée vint à Virginia Woolf d'écrire la biographie romancée de leur épagneul, Flush. Quoique peu connu de nos jours, ce livre – heureuse fusion de faits avérés et de fantaisies – eut un énorme succès lors de sa parution. […]

Ariane Lüthi

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Europe, n°978, octobre 2010

Jean-Luc Sarré, Autoportrait au père absent

Le nom de l'éditeur pourrait aussi bien constituer le titre de ce bref recueil. Il désigne en tout cas le fonds auquel il s'alimente : « Le passé : une épave où foisonnent les images ; / inutile pourtant de plonger pour les piller / il suffit de savoir écouter la pénombre / et le bourdonnement du réfrigérateur ». Dans cet alexandrin, dont la cadence majestueuse contraste avec la trivialité de l'objet, se résume toute l'équivoque d'un propos dont l'intensité est inversement proportionnelle à la banalité des scènes qu'il met en œuvre. […]

Jean-Yves Debreuille

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Rehauts, n°26, automne-hiver 2010

Jean-Luc Sarré, Autoportrait au père absent

Un matin, tôt. La ville, Marseille en l'occurrence, s'éveille – une fauvette chante, la benne des éboueurs approche. Cette journée sera-t-elle inhabitable à force d'ennui (trop de journées s'écoulent ainsi privées d'elles-mêmes) ou bien l'ennui, doublé d'inquiétude, saura-t-il devenir attente, ouverture, accueil des plus petites choses de la quotidienneté ? Sorti ce matin-là pour braconner, l'auteur arpente rues et parcs, l'œil aux aguets. En traversant la pelouse […] / tu as surgi à mes côtés / pour m'emboîter le pas. Ainsi commence le livre. […]

Jean-Pierre Chevais

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Coopération, n°38, 21 septembre 2010

Jean-Luc Sarré, à l'instant

[…] Sarré est là où la vie guette… Et littéralement il nous emporte, dans cet autre livre, Autoportrait au père absent. Dans la musique de ces pages où remontent les présences. Où elles se conjuguent dans l'être du père, des lieux, des tremblements de l'histoire. Une merveille dans la foulée d'une phrase.

Jean-Dominique Humbert

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Archéologia, n°480, septembre 2010

Croquis étrusques

En septembre 1932 paraissait, en Angleterre et aux États-Unis, Sketches of Etruscan Places, le dernier ouvrage de D.H. Lawrence, mort deux ans auparavant de la tuberculose  L'auteur de L'Amant de Lady Chatterley était un amoureux de l'Italie. Il en admirait la beauté, se passionnait pour son histoire et il appréciait la vitalité et le naturel de ses habitants dont il considérait les excès avec la plus grande indulgence. C'est tout naturellement qu'il s'intéresse aux Étrusques qui ont fondé la première grande civilisation de la péninsule. […] [Jean-Baptiste de Seynes] nous offre une traduction remarquable qui respecte parfaitement, non seulement la précision de l'écriture de Lawrence, mais également la poésie du texte anglais. Ce travail magistral a été sublimé par l'éditeur qui a pris soin de respecter, non seulement le texte, mais également la forme que l'auteur voulait donner à son ouvrage. Ce beau livre est ainsi agrémenté des illustrations choisies par Lawrence […] .

Laurent Hugot

 

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Notes bibliographiques, 31 août 2010

Flush : une biographie

En 1933, Virginia Woolf découvre les lettres d'amour de la poétesse Elizabeth Barrett (1806-1861) et de Robert Browning. La romancière y découvre en même temps la figure du chien d'Elizabeth, Flush, qui, confie-t-elle à une amie, « m'a fait rire au point que je n'ai pu résister à l'envie de lui faire une Vie ». Pourquoi pas ? […]

A.-M. Darras

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Le Monde des Livres, 27 août 2010

Flush, cet abominable cocker rouge

Les chiens qui parlent n'ont jamais été ma tasse de thé. C'est pourquoi j'ai tant tardé à lire Flush, un livre consacré au destin véridique de l'épagneul d'Elizabeth Barrett et de Robert Browning, le célèbre couple romantique. […] ce qui devait être une blague et qui est devenu un livre trop sérieux, dont elle craint qu'on ne le trouve trop charmant, délicat, très féminin. Too late : les mots sont trop importants pour qu'on s'en serve avec désinvolture, dit-elle. Flush cesse d'être une plaisanterie, devient un manifeste pour les faibles et les sans-voix, une illustration d'une phrase de Robert Browning, « nul n'a jamais vécu sur cette terre sans avoir son propre point de vue ». […]

Geneviève Brisac

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Terres de femmes, 25 août 2010

D.H. Lawrence, Croquis étrusques

Dès le printemps 1926, lors d'un séjour en Ligurie, D.H. Lawrence envisage de se rendre sur les hauts lieux de l'histoire étrusque avec l'intention d'écrire sur ce sujet, qui le passionne de longue date. […] il ambitionne de « croquer » son voyage au jour le jour, sans prétention d'aboutir à une œuvre d'expert, scientifique, archéologue ou historien. Ce qui lui importe avant tout, au-delà des données historiques nombreuses qui nourrissent pourtant ses « croquis », c'est de rendre compte, par une observation minutieuse en même temps que très personnelle, des rencontres et découvertes que chaque visite occasionne, de noter aussi bien les menus faits de la vie courante que les réflexions plus graves qu'elles lui inspirent. À ces observations s'ajoutent les nombreuses descriptions archéologiques, tombes, fresques et objets funéraires qui sont la matière principale de l'ouvrage. […]

Angèle Paoli

 

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Plaisirs à cultiver, 8 août 2010

Flush  de Virginia Woolf

Lilly m'a offert, lors du Portrait of a lady swap, un livre de Virginia Woolf qui vient d'être réédité : Flush. Cet ouvrage est peu connu en France car il a longtemps été indisponible. […] La vie de Flush sera celle d'Elizabeth Barrett. […] Heureusement pour notre héros canin, la vie d'Elizabeth Barrett est l'une des plus romanesques de la littérature anglaise. […]

 

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Note de lecture du CNL, août 2010

D.H. Lawrence, Croquis étrusques

« Mais à présent les tombes, cap aux tombes ! » Dès la deuxième page de ces Croquis étrusques, le ton est donné. De trains en omnibus, de tortillards en charrettes, c’est avec un enthousiasme et une énergie inépuisables que D.H. Lawrence sillonne, en avril 1927, les sites étrusques de Campanie et de Toscane. Déjà très affaibli par la tuberculose qui l’emportera trois ans plus tard, l’écrivain parcourt sans relâche, deux semaines durant, les nécropoles de l’antique Étrurie en compagnie de son ami Earl Brewster. […] La très belle traduction du poète et essayiste Jean-Baptiste de Seynes, l’appareil critique soigné avec carte, le précis d’histoire étrusque, la notice détaillée de la genèse à la réception de l’œuvre empruntée à l’édition dite de Cambridge, et enfin une nouvelle iconographie établie à partir de meilleurs tirages des clichés de paysages choisis par Lawrence en font un véritable livre d’art sur lequel semble souffler « l’esprit dansant des Étrusques ».

Carole Vantroys

 

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Le Blog de Luce, 21 juillet 2010

Flush, un chien qui a du flair

Flush c'est un chien
c'est le chien de la poétesse Elizabeth Barrett Browning
c'est une biographie imaginaire
c'est un texte enchanteur, léger, joyeux,

qui met de bonne humeur. […]

À la lecture on découvre un bijou : des descriptions des bouges du Londres d'alors, un morceau d'anthologie ; la période où sa maîtresse tombe amoureuse de Robert Browning, une drôlerie ; les escapades nocturnes du chien en Italie, un régal ; et quand le chien meurt à la fin c'est très touchant et tellement humain.

 

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Gavroche, n°163, juillet-septembre 2010

Témoin du sort des ouvriers soviétiques

Publié pour la première fois en 1949 avec une présentation de Gabriel Marcel, ce récit relate l'arrestation à Bucarest, la déportation en URSS et la vie quotidienne dans le Donbass de son auteur.Celui-ci, de son vrai nom Rainer Biemel (1910-1987), était né à Brasov, en Roumanie. À partir de 1926, il fit ses études en France, au lycée de Toulouse, puis à la Sorbonne à Paris, avant de devenir journaliste et traducteur de Bernard Brentano, Ernst Gläser, Thomas Mann et Ignazio Silone. Réfugié en zone sud après la débâcle de juin 1940, il décida de revenir en Roumaine l'année suivante après avoir appris que son appartement parisien avait été perquisitionné par la Gestapo. En janvier 1945, il fut arrêté avec les quelques 60 000 Roumains de la minorité allemande et déporté en URSS durant une année. En une succession de chapitres courts et efficaces, on suit les différentes étapes, péripéties et rencontres de son année de déportation et le récit ne vaut pas que pour ses qualités littéraires, indéniables, mais aussi pour son témoignage rare. […]

Charles Jacquier

 

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Le Matricule des anges, n°115, juillet-août 2010

D.H. Lawrence : Beauté des profondeurs

Grand connaisseur de l'Italie, D.H. Lawrence (1885-1930) s'est passionné pour la civilisation étrusque où la vie s'épanouissait selon lui en harmonie avec la nature. Élégamment présentés, ses Croquis étrusques, œuvre restée inachevée, voient enfin le jour.

[…] L’Amant de Lady Chatterley, roman publié en 1928, est resté célèbre pour avoir suscité les foudres de la censure – il paraîtra d’abord en Italie, à compte d’auteur puis connaîtra une aventure éditoriale chaotique. Il constitue le dernier jalon d’une production littéraire foisonnante, constituée de nombreuses nouvelles, de romans, de recueils de poèmes, d’essais sur la psychanalyse, de récits de voyage. C’est à ce dernier genre qu’appartiennent ces Croquis étrusques. […] C’est bien en poète que Lawrence va s’imprégner des oeuvres d’art étrusque qu’il découvrira au cours du périple en Italie centrale (Latium, Ombrie, Toscane) qu’il effectuera en compagnie d’un ami, Earl Brewster, au printemps 1927, sur les traces de cette civilisation restée largement méconnue et mystérieuse et qui, depuis plusieurs années, exerce sur lui une grande fascination. […] Un petit livre d’art, qui porte aussi la méditation d’un écrivain sur la nature profonde et intemporelle de l’homme à partir des vestiges d’une civilisation disparue depuis plus de deux mille ans. Les tombes peintes de Tarquinia constituent la part la plus fascinante de ce voyage, qui repose avant tout sur le travail d’un regard. […]

Jean Laurenti

 

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Poezibao, 2 juillet 2010

Anthologie permanente : Jean-Luc Sarré

On les appelait langostas, […]
elles s'abattaient sur les jardins,
les glacis, dévastaient les semences,
d'autres encore, et en grand nombre,
épuisées par leur migration
jonchaient au printemps les trottoirs.
Aujourd'hui encore il arrive
que ces sauterelles me ferment les yeux
quand la chimie n'y parvient pas
et dans ma chute j'entends alors
le son de ta voix m'enseigner
ce que cet homme que nous croisons
apparemment ne maîtrise pas :
l'art de nouer une cravate. […]
J'étouffais, j'étouffe encore,
ne cesser de l'écrire c'est vivre
sous assistance respiratoire. […]

Extrait de Jean-Luc Sarré, Autoportrait au père absent.

 

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Terres de femmes, 29 juin 2010

Virginia Woolf / Sombrer dans le bleu

Dans une lettre du 30 avril 1926, Virginia Woolf écrit : « Hier j'ai fini la première partie de La Promenade au phare et j'ai commencé la seconde aujourd'hui. Je n'arrive pas à ce que je veux. J'en suis au passage le plus difficile, le plus abstrait. Je dois exprimer une maison vide ; pas de personnages humains, le passage du temps, tout cela sans yeux, sans traits, et rien à quoi se raccroche  ; eh bien je m'y précipite et tout aussitôt je noircis deux pages. » […] Achevé en mai 1926 et considéré par l'auteur de La Promenade au phare comme une nouvelle à part entière, le récit en neuf chapitres du Temps passe a été traduit pour la première fois en français par Charles Mauron, et publié dans le Cahier X daté « Hiver 1926 » de la revue Commerce (revue littéraire fondée en 1924 par la Princesse di Bassiano). Livre sur le vide, vacuité de l'espace et vacuité du temps, uniquement occupé du mouvement envahissant de la vague, Le temps passe s'ouvre sur les pages visionnaires du retour au chaos initial. Une chape d'obscurité tombe en cataracte sur le monde, l'envahit, le pénètre, s'insinue, s'infiltre par les moindres interstices, engloutit formes et objets, se focalise au cœur des choses. De cosmique, l'univers se miniaturise. Le tourbillon cataclysmique plonge, par resserrement de focale, de l'infiniment grand à l'infiniment petit, de l'extérieur vers l'intérieur, balayant tout sur son passage. […]

Angèle Paoli

 

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Le Soir, 25 juin 2010

Virginia Woolf a aussi été un chien

Hiver 1933. Virginia Woolf est fatiguée d'avoir écrit Les Vagues. Lisant les lettres d'amour qu'échangent la poétesse Elizabeth Barrett et Robert Browning, elle e l'idée d'écrire la biographie de leur chien. […] Publiée en 1933 et traduite en français en 1935, cette originale biographie d'un épagneul, tout en sensations, fut très appréciée à sa sortie mais tomba dans l'oubli. C'est un bonheur que les jeunes éditions Le Bruit du temps nous la redonnent, dans une formule soignée de surcroît. Car ce petit chef-d'œuvre dépasse naturellement le cadre de la vie du chien, même habité par Virginia Woolf. C'est aussi la figure de la femme en général […] et celle de la femme écrivain en particulier. Sans oublier l'amour. Flush est une petite merveille !

 

                                                                                                                   Lucie Cauwe

 

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Lilly et ses livres, 13 juin 2010

Flush : une biographie, Virginia Woolf

Cela faisait longtemps que je ne vous avait pas parlé de Virginia Woolf, et comme je suis certaine que cela vous manquait, j'ai décidé de me plonger dans un texte peu connu de l'auteur, mais exquis, qui vient d'être réédité, après avoir été longtemps indisponible en français. Il s'agit d'une biographie romancée de Flush, le chien de la poétesse Elizabeth Barrett, dont l'histoire d'amour avec Robert Browning est l'une des plus belles de l'histoire de la littérature. […]

 

                                                                                                                   Lillounette

 

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Lettre(s) de la magdelaine, 9 juin 2010

Choses lues : Lawrence, Croquis étrusques

C’est en poète que Jean-Baptiste de Seynes a traduit ce livre rare, par sa facture, son iconographie, son appareil critique, sa présentation impeccable en tous points aux éditions Le Bruit du temps. […] Et en route pour Cerveteri, Tarquinia, Vulci, Volterra, et pour finir le musée de Florence. L’énergie de Lawrence, sa manière d’écrit-parlé (très soigné) donne à ce périple au pays des morts une allure des plus vivantes “comme si les Étrusques tiraient leur vitalité de profondeurs inconnues” auxquelles l’auteur a manifestement le désir de nous réouvrir accès.

                                                                                                                   Ronald Klapka

 

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Télérama, n°3152, 12-18 juin 2010

D.H. Lawrence, Croquis étrusques

En 1927, trois ans avant sa mort, le romancier anglais D.H. Lawrence, déjà malade, sillonne les bords de la mer tyrrhénienne et les terres de Toscane à la recherche des Étrusques. Loin d'être un simple pèlerinage, ce « cap aux tombes » qu'il clame d'entrée de jeu devient, au fil des jours, un voyage plein de promesses. […] Ces carnets, dont cette nouvelle édition magnifiquement traduite fait la part belle aux illustrations, sont plus poétiques que politiques, mais on sent bien que Lawrence préfère l'ocre rouge des peintures étrusques au noir des chemises fascistes. Comment pourrait-il en être autrement de la part d'un homme qui salue avec un tel bonheur la vitalité des siècles insouciants ?

                                                                                                                   Gilles Heuré

 

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La République des Lettres, 5 juin 2010

Robert Browning : L'Anneau et le Livre

Robert Browning est mal connu en France. Son œuvre la plus souvent traduite est un conte rimé, que l'on destine aux enfants: Le joueur de pipeau d'Hamelin. Les dernières éditions françaises de Sordello et de Pippa Passes remontent respectivement, pour le poème, à 1952 et, pour la pièce, à 1954. The Ring and The Book, publié à Londres en 1868-1869, ne fut traduit par Georges Connes, de sa propre initiative, qu'en 1942-1943. Divers contretemps retardèrent jusqu'à 1959 la sortie chez Gallimard de son ouvrage, que Le Bruit du temps vient de remettre en circulation dans une édition bilingue. […] Lorsque cette traduction parut pour la première fois, Georges Perros alerta Jean Paulhan : « Je viens d'attaquer, à voix très haute, L'Anneau et le Livre. Foudre et silex, de quoi faire flamber la planète. Mais non ! Je commence à comprendre pourquoi Gide faisait si grand cas de ce monstre. »
Le mot n'est pas trop fort. La grande polyphonie de Robert Browning est une sanglante féerie décasyllabique.

                                                                                                                 Adrien Le Bihan

 

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Télérama, n°3151, 5-11 juin 2010

Virginia Woolf, Flush : une biographie

1933. Virginia Woolf vient d'achever Les Vagues, quelques mois après avoir fait paraître Orlando. C'est fatiguée, triste aussi de la disparition récente de son cher ami, l'écrivain et biographe Lytton Strachey, auteur des Victoriens éminents, qu'elle entreprend d'écrire ce texte, tout ensemble biographique et imaginaire, dont le sujet – on ne saurait dire l'objet… – est Flush, l'épagneul de la poétesse Elizabeth Browning (1806-1861). […] Au-delà du portrait biographique d'Elizabeth Browning qui se dessine en filigrane de celui de Flush, au-delà du miroir que cette aînée admirée constitue pour Virginia Woolf elle-même, voici que s'impose peu à peu la saisissante et troublante acuité des sensations et réflexions de l'attachant Flush. […] Les notes délicieusement drôles qu'elle a ajoutées au récit, la préface ironique de David Garnett reproduite dans cette réédition très soignée, contribuent à faire de ce Flush : une biographie un opus empreint d'une grâce hors du commun.

                                                                                                                   Nathalie Crom

 

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MaYaK, 29 mai 2010

Etruscan Places de D.H. Lawrence

En 2009, c’était le premier volume des nouvelles complètes, dans une traduction de la dernière édition critique publiée à Cambridge. Cette année, Le Bruit du temps publie l’un des plus beaux livres (à mon avis) de D.H. Lawrence, Etruscan Places. Dans une nouvelle traduction de Jean-Baptiste de Seynes (Croquis étrusques), avec préface, appareil critique, appendices historiques, carte et 52 reproductions NB et couleurs.

Etruscan Places, livre atypique : entre essai et récit de voyage, récit d’un cheminement dans le savoir, dans la compréhension sensible du mode d’être d’un peuple ancien… […]

Hugues Robaye

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Le Figaro littéraire, 27 mai 2010

Coup de cœur : Un bijou de Virginia Woolf

Le tout premier texte paru en France, en 1927, de la grande romancière est réédité.

En 1926, dans la foulée de Mrs Dalloway, Virginia Woolf s'attelle à un nouveau roman, Vers le phare (traduit antérieurement sous le titre La Promenade au phare), divisé en trois sections. À l'initiative de la prestigieuse revue Commerce dirigée par Larbaud, Valéry et Fargue, elle rédige une version écourtée, sous forme de nouvelle, de la partie centrale, baptisée Le temps passe. Ce texte oublié et réédité aujourd'hui offre de substantielles différences avec celui du roman définitif. […]

Thierry Clermont

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L'homme nouveau, n°1470, 22 mai 2010

Browning ou le génie poétique

Le poète anglais Robert Browning (1812-1889) incarne la plénitude du génie poétique. La réédition de son chef-d'œuvre L'Anneau et le Livre coïncide avec la publication du Browning de Chesterton et de l'étude qu'Henry James, son contemporain et ami, lui consacra. Une aubaine ! […]

Didier Rance

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Valeurs actuelles, 19 mai 2010

Auguste d'Anne Weber

Les Souffrances du jeune Werther ne sont rien à côté de celles d’Auguste von Goethe, le fils du grand poète. Dans cette parodie théâtrale parfaitement maîtrisée, Anne Weber raconte son calvaire. Méprisé par la bonne société de Weimar parce que rejeton d’une humble fleuriste, marié à une créature volage, Auguste fut surtout exploité par son père. Son ultime voyage à Pompéi évoque le sacrifice : « Les jambes repliées comme dans le giron maternel, les morts y sont couchés dans leur lit de lave depuis des milliers d’années. » Une mort dans l’âme à laquelle Auguste succombera peu après 40 ans. Hamlet à l’envers, il est celui qui aurait voulu être et ne fut pas... à cause du père. Et, s’il a tout du héros romantique, Auguste porte, hélas, bien son nom : “grandeur et décadence”. Un drame allemand tout en modernité.

Anne-Sophie Yoo

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Stalker, 16 mai 2010

Notes du Wadi Rum de Gabriel Levin

[…] Les textes de Gabriel Levin m'ont presque immédiatement plongé dans mon enfance, indissociablement liée et presque quasiment réduite dans mon souvenir à ce jour incroyable, que sans doute ma mémoire magnifie, où je fus saisi par la puissance de l'esprit de l'homme. Rares, bien rares sont, en fin de compte, les occasions de s'émerveiller […] De quelle puissance immémoriale Gabriel Levin, comme tant d'autres, s'est fait l'interprète lorsqu'il a contemplé, tentant d'en percer l'antique énigme, des signes étranges gravés sur les roches des déserts ou sur des tessons de poterie ? La lecture des deux seuls ouvrages de Gabriel Levin traduits en français m'a bien évidemment point donné de réponse, comment le pourrait-elle d'ailleurs ? mais les questions que cet ébranlement a provoquées dans l'esprit de l'écrivain sont l'essence même de la littérature, que Levin, avec beaucoup de modestie, a rendues évidentes. […] Il s'agit de tenter de découvrir les signes cachés, non perdus, moins par de patientes fouilles et méticuleuses recherches archéologiques que par une enquête littéraire, qui, après tout, est toujours une remontée du passé. […]

Juan Asensio

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Le Temps, 15 mai 2010

Un chien de classe

En Angleterre, l’histoire d’amour entre Elizabeth Barrett et Robert Browning, les deux grands poètes de l'époque victorienne, est aussi connue que celle qui coûta la vie à Roméo et Juliette. […] Pour résumer, après une correspondance échangée sans se connaître, les deux poètes se rencontrent pour la première fois chez le père d'Elizabeth qui garde sa fille en quasi-réclusion par souci de sa santé fragile et par tyrannie aussi. Les amoureux décident de se marier secrètement et de fuir en Italie. Ils vécurent heureux là-bas et écrivirent des chefs-d'œuvre, Sonnets portugais pour Elizabeth, L'Anneau et le Livre pour Robert, deux titres phares mais un peu oubliés que Le Bruit du temps rééditait l'an dernier. Fonctionnant par capilarité, la maison parisienne a tenu à adjoindre des textes d'Henry James sur Browning qu'il admirait tant ainsi qu'une biographie du poète [par Chesterton]. Paraît maintenant une petite perle comique et parodique de Virginia Woolf, toujours sur le couple Barrett-Browning mais d'un point de vue inattendu. Flush : une biographie relate la vie de l'épagneul d'Elizabeth. […]

Lisbeth Koutchoumoff

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Le Matricule des Anges, n°113, mai 2010

Dossier Jean-Luc Sarré

La vie buissonnière

Conscient jusqu'à la plus cruelle lucidité, de la finitude du monde, Jean-Luc Sarré a posé ses valises pas dans la marge de l'existence. Ses voyages immobiles le tiennent à la table d'écriture, face aux vitres de son appartement, en guetteur attentif du sensible. […]

Le guetteur de l'infime

En prose ou en vers, Jean-Luc Sarré traque l'expression juste d'une expérience du monde. Sans chercher à élargir l'horizon, mais au contraire en tenant dans les rets de la langue le proche, le familier, pour mieux concentrer en peu de mots le présent du verbe vivre. […]

Épiphanies du quotidien

S'il faut peu de choses pour que le passé surgisse dans l'instant, ce n'est pas sans réticence que le poète l'accueille. On s'attendait avec un tel titre, Autoportrait au père absent, à une poésie qui ferait face comme un miroir interrogé à travers le temps. C'est mal connaître Jean-Luc Sarré, pour qui le présent, dans sa fugacité, semble retenir seul son attention […]. Le poème accroche alors ses détails et ses couleurs, tourne comme une brise autour de ces surgissements du réel et rebondit, saisissant le prétexte d'un mot, vers l'évocation du père. […]

            Thierry Guichard

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Rehauts, n°25, printemps-été 2010

Ralph Dutli, Novalis au vignoble

L’eau (ce qui murmure, ce qui chante, parfois avec force dans les chutes) s’infiltre partout, dans la terre, dans les roches. Dans des grottes, en Dordogne, en Ariège, ailleurs, depuis des siècles et des siècles des gouttes résonnent dans une nuit peut-être semblable à la pulpe d’un raisin. L’eau peut devenir fleuve (le Neckar par exemple), ou bien lac, étang, mare. Mais ce n’est jamais que la surface visible d’un mouvement, d’une pulsion qui, à partir d’une source, irrigue. L’eau, donc, s’infiltre. Ou bien la lumière, à partir d’une autre source qui est peut-être aussi pulsion : il y a une déchirure dans l’apparence / d’où la lumière jaillit telle une lance / il y a une fissure une fissure dans tout / où la lumière déborde et bout.  […]

Jacques Lèbre

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Rêvalire, 29 avril 2010

Rêvalire a lu Le temps passe de Virginia Woolf

Le titre déjà, c’est tout Virginia Woolf, Time Passes, ce n’est pas un constat banalissime, c’est un état chez V.W. Le temps a beau passer, elle n’a de cesse de le décrire passant. […] Avec Virginia Woolf on apprend à sentir que l’on sent et que cela seul importe finalement. Que cela seul « reste ». Dans Le temps passe, c’est tout cela aussi. Une langue toujours au service des sens et des pensées suggérées, des assauts d’émotions, des variations d’humeur. Une vie tellement exacerbée par le bouleversement permanent du passé-présent confondus, pétris l’un de l’autre, qu’elle en devient parfois saturée comme peut l’être l’air d’été de parfums, après la pluie. Ou l’air marin d’embruns quand le vent vient de la mer. […] On est là, au présent. Et c’est une magie nostalgique qui étreint, aussi.

 

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La Liberté, 24 avril 2010

Un éditeur de qualité

Antoine Jaccottet a gagné son pari : les éditions Le Bruit du temps ont une année et enrichissent leur catalogue original de quelques perles, entre joyaux de la littérature anglaise et textes poétiques rares.

Vrai bonheur de lecture que Flush: une biographie de Virginia Woolf, portrait du chien de la poétesse Elisabeth Barrett Browning. Ironiquement, c'est bien sûr de la poétesse que parle Virginia Woolf en l'imaginant observée par son épagneul. Plaidoyer « pro domo » pour la femme écrivain et contre la réification de madame par monsieur… Longtemps resté introuvable, Le temps passe est la première version de la section centrale du roman La Promenade au phare, œuvre essentielle de la même Virginia Woolf. Publié en 1927 dans Commerce, la revue de Larbaud, revoici ce texte, émouvante évocation de la solitude où le temps efface peu à peu le bruit du monde... Peut-être la quintessence du génie en devenir de la romancière anglaise.
Découvertes en traduction que le recueil de poèmes Ostraca (1999) de Gabriel Levin, ainsi que trois récits réunis sous le titre Le Tunnel d'Ezéchias du même écrivain né à Paris en 1948, établi en Israël dès 1972. Deux livres complexes mais fulgurants au carrefour des civilisations hellénique, juive et arabe. À la recherche obsédante d'un sublime transparaissant à la frontière improbable de l'Orient.

Toujours aux mêmes éditions Le Bruit du temps, rappelons l'inénarrable faux drame d'Anne Weber, Auguste, évocation du fils de Goethe, à la fois rumination sur la stature écrasante du père et variations d'une folle liberté sur l'écriture dramatique, entre théâtre, roman et scénario.

Décidément, il s'agit là d'une jeune maison d'édition qui vous met d'humeur… très, très liseuse !

Jacques Sterchi

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My Boox, 25 avril 2010

Le cocker de Virginia Woolf est de retour…

Soixante-dix ans après la mort de l’écrivaine londonienne, les éditions Le Bruit du temps publient Flush, une biographie canine signée Virginia Woolf. Eté 1932, Virginia Woolf vient tout juste de publier Les Vagues quand lui vient à l’esprit l’idée de Flush, une biographie imaginaire et parodique dont le personnage central serait l’adorable cocker de son amie Elizabeth Barrett Browning. « J’étais si fatiguée que je m’étais étendue au jardin pour lire les lettres d’amour des Browning, et la figure de leur chien m’a fait rire au point que je n’ai pu résister à l’envie de faire une “Vie” » […]

 

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Rebuts de presse, 24 avril 2010

Au bruit du temps – Un entretien

Éditeur de Virginia Woolf (son Flush vient de paraître aux éditions Le Bruit du temps qu'il a fondées il y a un an), mais aussi de D. H. Lawrence, Robert Browning, Henry James, et quelques autres, Antoine Jaccottet parle de son projet éditorial, aussi ambitieux que passionnant.

Didier Jacob

 

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Le Nouvel Observateur, 22 avril 2010

Virginia Woolf, l'écrivain-chienne

Dans les années 30, Virginia Woolf consacra une biographie au chien de la poétesse anglaise Elizabeth Browning. Un bijou aujourd'hui réédité.
Vie de chien, c'est le cas de le dire. Comment Virginia Woolf a-t-elle conçu le farfelu projet d'écrire une biographie de Flush, le cocker de la poétesse Elizabeth Barrett Browning ? À 50 ans, elle vient de terminer son chef d'œuvre, Les Vagues. « J'étais si fatiguée que je m'étais étendue au jardin pour lire les lettres d'amour des Browning, et la figure de leur chien m'a fait rire au point que je n'ai pu résister à l'envie de faire une “Vie”. » Ouvrage de dame, donc. Sauf que le livre, introuvable depuis ses premiers aboiements en français, et qui gambade à nouveau comme au premier jour grâce à la perspicacité de l'éditeur Antoine Jaccottet (on lira ici bientôt un entretien avec l'éditeur), sera en Angleterre l'un des plus grands succès de Virginia, avec un tirage de 13000, épuisé quelques semaines après la sortie. […]

Didier Jacob

 

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Terres de femmes, 22 avril 2010

22 avril 1830 / Anne Weber, Auguste

Construite en cinq actes, avec prologue, épilogue, intermèdes et chœur, cette pièce de théâtre d'apparence classique s'en éloigne par le ton, délibérément leste et distancié, parfois même grinçant ou au contraire léger, familier ou enfantin, dans les intermèdes et les chansons. Mais aussi par les superpositions temporelles, anachronismes, anticipations et retours en arrière, mélanges des genres et des niveaux de langages, propres à la modernité. […] Auguste von Goethe est le personnage central de cette « mascarade » autour de laquelle gravitent toute la gent weimarienne de l'époque de Goethe. Depuis le grand Goethe lui-même, père d'Auguste, et les notables de Weimar – Charlotte von Stein ou Bettina von Arnim-Brentano, en passant par Schiller, ami de Goethe ou par l'écrivain romantique Jean Paul (Richter), à qui le chœur demande de « bien vouloir descendre sur terre un petit instant ». Mais aussi par l'entourage familier d'Auguste. La très roturière Christiane Vulpius, sa mère, épousée par Goethe bien des années après la naissance d'Auguste, Ottilie von Pogwisch, épouse volage d'Auguste, « qui s'éprend toutes les cinq minutes d'hommes différents, avec toujours la même passion étonnante », leurs deux fils, Walter et Wolfgang. Sans parler des domestiques, des soldats prussiens, des amis, des philosophes, des gens de théâtre. […] En faisant revivre Auguste, le temps d'une lecture ou le temps d'une mise en scène, Anne Weber restitue au fils de Goethe la part de destin et d'immortalité qui lui ont été confisqués. Elle le fait avec tendresse et humour. Et talent ! […]

Angèle Paoli

 

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Le Matricule des Anges, n°112, avril 2010

Désir de totalité

Grave et pleine, l'écriture de Gabriel Levin (né en 1948) rend un son d'airain. Illustration en deux livres.

Heureuse découverte pour le lecteur français que cet auteur qui rend hommage à ce qui fut et à ce qui est, faisant singulières des entités du monde que le peu de notre acuité abandonne à l'uniforme. Avant tout, des lieux : sites archéologiques, villages bédouins, baies rocheuses – que la forme du poème mime à l'instar d'« ombelles et asphodèles, / alimentant les syllabes / amoncelées de l'intérieur » – habités d'une présence humaine à laquelle sa plume, en poésie comme en prose, est infiniment sensible. […] La prose, fruit d'un périple dans le creux syro-jordanien des civilisations hébraïque, arabe et chrétienne, se donne d'emblée comme un compte-rendu documenté sur le plan historique, engagé en faveur des dépossédés (comme les Bédouins en Israël), et riche de beaux plans rapprochés sur un personnage et son environnement – plans où l'étranger garde sa place, sans vouloir comprendre, c'est-à-dire assimiler et digérer (à la façon d'un Depardon), la différence de l'autre. La poésie, elle aussi largement nourrie de ce voyage, charrie, en la représentant à son unique manière, la part de l'expérience intime. Manière de repenser, de mettre à distance, afin de pouvoir ensuite les faire siens, des fragments du vécu […].

            Marta Krol

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Lexnews, avril 2010

Gabriel Levin, Ostraca

L’Antiquité a livré, bien malgré eux, des trésors d’instantanéité à l’éternité. Ils portent le nom d’ostraca et ces fragments de calcaire blanc ou autres tessons de poterie ont porté jusqu’à notre époque des poésies et autres pensées parfois satiriques de leur temps. S’agit-il de la quête éternelle de la bouteille à la mer ou de l’improbable écho de l’explosion cosmique originelle ? La réponse du poète Gabriel Levin vivant à Jérusalem se veut plus discrète, presque diaphane ; le message de l’ostracon ne peut parvenir jusqu’à nous que si nous y prêtons une oreille discrète, presque oublieuse de capter une idée ou une humeur qui n’aurait jamais dû s’affranchir du temps qui les avait vues naître. Le poète ne se veut surtout pas archéologue pas plus qu’épigraphe. Sa rigueur sera celle du peintre rêvant de l’improbable lumière sacrificielle d’où tout serait né. Ces morceaux épars livrés presque honteusement par le sable et la terre requièrent l’humilité de celui qui observe les siècles passés tout autant que notre quotidien. […]

 

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Études, n°412/4, avril 2010

G.K. Chesterton : Robert Browning

La voix de Robert Browning, nous dit G.K. Chesterton de façon étonnament moderne, est « abrupte, imprécise, allusive et lacunaire ». Cette biographie du « plus grand poète de la joie », Robert Browning (1812-1889), fut d'abord publiée en 1903. G.K. Chesterton (1874-1936) n'était alors qu'un jeune écrivain peu connu, et l'éditeur, Macmillan, prenait un risque en demandant à un tel auteur de contribuer à sa série « Les hommes de lettres anglaises ». Contre toute attente, le livre rencontra un énorme succès. Cette biographie, ou monographie, comporte une dimension autobiographique, G.K. Chesterton y mettant beaucoup de lui-même ; le biographe, polémiste né, voyait sans doute dans l'immense combativité de R. Browning un reflet de la sienne. […] Irrésistible !
                                                                                                                     Adrian Grafe

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La Revue littéraire, n°45, avril 2010

Dionysios Solomos

On y entre comme dans une église abandonnée. On se tient d'abord sur le seuil, on observe à distance ce qui reste, levant et baissant la tête afin de saisir l'ensemble, puis les détails : on s'approche. […] Il en est ainsi de La Femme de Zante de Dionysios Solomos. On reste sur le seuil. L'histoire est là pourtant qui se raconte : un moine grec de Zante décrit ce qu'il a vu alors que Missolonghi est en péril. La ville grecque (chrétienne orthodoxe) est assiégée par les Turcs (musulmans), la population (les femmes – puisque les hommes sont au combat) subit la famine, doit se réfugier, mendier, pour sauver sa vie. Quelques-unes de ces femmes se trouvent alors à Zante, retirées, dans la pauvreté. La Femme de Zante décrit avec concision les faits, l'incertitude, le péril et la peur de ses existences menacées : un tableau vivant en une poignée de mots fulgurants. Mais elle s'attache surtout à décrire une femme, celle de Zante précisément, et non pas l'étrangère de Missolonghi ; celle qui assiège l'île, qui méchante parmi les méchants pactise encore avec eux et ne se repent jamais, mais finit par se pendre. […] C'est le suspens de ce texte, son mystère qui envahit le lecteur. Son caractère inachevé en est sans doute une des raisons. Il reste en tête une incertitude, un déchirement.[…] Solomos, avec La Femme de Zante, fait du lecteur le prophète, c'est celui-ci qui, pour finir, se retrouve aux prises avec cet oracle, à tenter peut-être vainement de déchiffrer son énigme.

Dorothée Piffard

 

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Terres de femmes, 28 mars 2010

Flush, « un simple caprice… »

Renouveler le genre littéraire de la biographie, le faire sortir du cadre et des contraintes qui sont ordinairement les siens n'est pas chose aisée. Pourtant, avec Flush : une biographie, Virginia Woolf régénère le genre et lui assigne une forme et un ton tout à fait inattendus. Le projet de la romancière, épuisée par les tensions que Les Vagues a laissées en elle, est de se détendre. L'occasion lui en est donnée avec la lecture de la correspondance amoureuse du couple Browning, correspondance dont elle se délecte. Elizabeth Barrett, poète, et Robert Browning, dramaturge et poète, échangent entre eux des lettres passionnées. Dans cette correspondance, Flush, « l'épagneul cocker doré » de Miss Barrett, occupe une place de choix. À lire ces lettres et à rire des réflexions que « l'épouvantable cocker » inspire à sa brillante maîtresse, Mrs Woolf se dit qu'elle écrirait bien le roman d'une Vie de chien. Ce sera Flush, « un simple caprice, une mince pellicule d'eau ». Pourtant une vie de cocker peu ordinaire. Doublée de la vie non moins ordinaire d'Elizabeth Barrett Browning. […] Flush ne pouvait rester plus longtemps inconnu des lecteurs français. […]

Angèle Paoli

 

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Libération, 25 mars 2010

Woolf a du chien

La romancière piste un cocker de poétesse

Deux livres de Virginia Woolf aux éditions Le Bruit du temps. Le premier – Le temps passe – est une variante de la section centrale de La Promenade au phare. Le second est une histoire de chien, Flush. Petits livres, ils ont apparemment tout pour être anodins. Mais très vite l'œil est capté, de phrase en phrase […]. Le temps passe, traduit par Charles Mauron en 1927 dans Commerce, c'est de la prose qui s'invente. Quant à Flush, publié en 1933, c'est bien sûr une biographie excentrique, celle du cocker d'Elizabeth Barrett Browning (« la plus célèbre poétesse d'Angleterre »). Et aussi un pastiche des Éminents Victoriens de Lytton Strachey, l'ami de Virginia qui venait de mourir en 1932. Mais voilà, un cocker, c'est d'abord un défi à l'écriture, celui que lancent les sensations – et avant tout les odeurs. […] Chien de poétesse, « où Mrs Browning voyait, Flush sentait ; il flairait quand elle eût écrit ». […] Dire la présence du monde, des phénomènes, dans leur « tel quel », au moment où nous les percevons, avant l'intervention du logos organisateur : « Pas une seule des sensations lui arrivant par myriades ne fut soumise à la déformation des mots. » […] Prose-poème, le livre de Flush est aussi un livre-monde. On y perçoit les ressacs violents et cachés de la société victorienne, la peur sociale, la dureté des pères et de la ruling class, l'exploitation des faibles, la présence du crime. […] Les servantes aussi ont part à la construction de la prose chez Virginia Woolf. Mrs McNab par exemple. Pour la rencontrer, il n'est que de revenir au premier livre, Le temps passe, quand, à près de 80 ans, elle entre en scène […]. À travers « le roulis de son corps et la lorgnade de son sourire », la servante fait passer « les syllabes brisées d'une révélation plus profonde qu'aucune de celles accordées aux veilleurs solitaires qui parcouraient la grève à minuit ». Et c'est peut-être cela, le message de Mrs McNab à sa romancière et à ses lecteurs, que le temps passe, et que le monde résiste dans les gestes du travail.

Hédi Kaddour

 

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La république des livres, 15 mars 2010

Comment Mrs Woolf faisait passer le temps

Le phénomène étonne toujours, il est pourtant moins rare qu’on le croit : certains livres étrangers, et pas seulement des textes de fiction, sont meilleurs une fois traduits en français. Comme si le tamis du passage d’une langue dans une autre avait eu une bienheureuse fonction épuratrice. C’est le cas des cette curiosité, à plus d’un titre, qu’est Le temps passe (Time Passes, traduit de l’anglais par Charles Mauron, 100 pages, 12 euros, Le Bruit du temps) de Virginia Woolf. Ne vous étonnez pas de ne pas le connaître, il était inconnu, du moins comme tel. Il s’agit en fait d’un chapitre de l’un de ses chefs-d’œuvre, La Promenade au phare (ou Vers le phrare, c’est selon), quelques dizaines de feuillets distraits de l’ensemble par l’auteur qui les destinait à la revue parisienne Commerce, laquelle lui avait commandée une nouvelle pour son numéro X de janvier 1927. […] Car à cette époque, Virginia Woolf était inconnue en France. Rien n’y avait encore paru sous sa signature. Charles Mauron, l’ambassadeur à Paris du groupe de Bloomsbury, s’en fit le héraut et traducteur avisé. On peut juger de son travail à l’aune du travail de temps puisque l’éditeur Antoine Jaccottet a eu l’heureuse idée de proposer une édition parfaitement bilingue, avec le texte en regard. Pour cette version “autonome”, l’auteur avait évacué la plupart des personnages afin de mieux en faire ressortir un seul, et surtout, de se consacrer à l'évocation des sensations. On y retrouve toute la riche palette lexicale et émotionnelle qui la singularise dans le paysage littéraire de son temps, avec une intelligence d’une acuité remarquable et une sensibilité sans pareille […].

Pierre Assouline

 

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Cahier critique de poésie, n°19, mars 2010

Livres

Quatre notes de lectures :

Christian Désagulier sur les Sonnets portugais d'Elizabeth Barrett Browning. Lire

Mathieu Nuss sur L'Anneau et le Livre de Robert Browning. Lire

Létitia Mouze sur Le Timbre égyptien d'Ossip Mandelstam. Lire

David Christoffel sur La Mer et le Miroir de W.H. Auden. Lire

 

 

Parutions.com, 23 février 2010

La 25ème heure

Se souvient-on de La 25ème heure ? Ce roman du Roumain Virgil Gheorghiu avait connu un regain de succès grâce au beau film interprété par Anthony Quinn. Cette vingt-cinquième heure, c’est celle où le monde bascule dans un fracas extraordinaire et épouvantable et où chacun se retrouve face à son destin. […] L’aventure de Rainer Samuel Biemel, devenu pour l’occasion, dans le camp n°1022, Jean Rounault, est bien celle du héros de La 25ème heure. […] Mon ami Vassia est un livre pudique, qui ne s’arrête pas sur les stigmates de l’enfer concentrationnaire. Au contraire, le témoignage de Jean Rounault est d’autant plus pénétrant qu’il enveloppe le lecteur dans une torpeur douceâtre d’où le voyeurisme est banni. Mais, surtout, c’est la frontière entre l’extérieur et le camp qui semble s’estomper, celles entre les déportés et le peuple soviétique. C’est à ce moment que le récit devient inquiétant. Une terrible menace plane sur toute une population, mélange de prisonniers, de suspects, de déracinés qui se retrouvent au fond de la mine ou à chercher pitance autour du marché du village. Et partout, le NKVD organise avec ses sentinelles, ses officiers et son administration, la vie de Makeevka. […] il faut lire l’excellente et importante postface que Jean-Louis Panné consacre à la genèse et à la réception de l’ouvrage. Le climat politique et intellectuel français n’était pas propice à parler des camps soviétiques. C’est un nouveau combat que mène alors Jean Rounault qui est ici rapporté avec un grand souci du détail et une remarquable finesse dans l’analyse.
                                                                                                                    Pascal Cauchy

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L'homme nouveau, n°1463, 13 février 2010

Mon ami Vassia

C'est un livre bouleversant que viennent de rééditer les éditions Le Bruit du temps, jeune maison qui se signale par la qualité de ses ouvrages et le sérieux de ses choix. Avec Mon ami Vassia, nous plongeons dans un petit pan de l'histoire de l'Union soviétique, finalement assez mal connu. […] Avec une écriture sans apprêt, parfaitement maîtrisée néanmoins, Jean Rounault livre le récit de la rafle qui l'a pris dans les mailles de son filet pour l'envoyer par le biais d'un wagon à bestiaux dans un camp de travail soviétique. […] Le titre de son livre est un bel hommage à ses compagnons d'infortune et notamment à Vassia, le prisonnier russe qui ne voit de solution à la situation que dans l'explosion d'une bombe qui emporterait tout. La bombe n'explosera pas et Jean Rounault reverra la Roumanie avant de prendre le chemin de la France. […] Accompagnant ce récit poignant, l'éditeur a eu la bonne idée de réaliser un dossier sur la Roumanie de l'époque et de retracer la vie de Rainer Biemel, le véritable nom de Jean Rounault. […]
                                                                                                               Philippe Maxence

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Lexnews, février 2010

Anne Weber, Auguste

Il portait un prénom qui augurait les grands espoirs que l’on plaçait en lui. Les lauriers et la gloire se tenaient proche du berceau où son père pouvait déjà se reconnaître. La figure titulaire de celui qui l’avait engendré devait lui donner cette protection encourageant sa croissance. Mais les géants ont une ombre et lorsque cette ombre porte sur leur progéniture rien ne pousse à leurs pieds. Il avait un nom, Goethe, il ne demandait qu’à assumer un prénom, ce fut Auguste. Que peut-il advenir de soi lorsque l’identité est à ce point prédestinée ? Est-il possible de voir la lumière pour vivre, aimer, croître et souffrir par soi-même ? […] Entrons dans une pièce que nous allons monter avec nos propres projections : nous mettrons en avant tel caractère avec tel éclairage. Nous accentuerons tel personnage plutôt qu’un autre. Ce théâtre de marionnettes est celui de notre vie, nous n’y entrerons pas sans en sortir indemne.

Philippe-Emmanuel Krautter

 

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Valeurs actuelles, 4 février 2010

Browning : la poésie rendue au monde

Un baobab, écrivait en 1923 Charles Du Bos de Robert Browning ; et, de L'Anneau et le Livre, « la première en date, et l'une des plus grandes, des œuvres contemporaines ». Écho à Chesterton qui parlait quant à lui du « grand poème épique du XIXe siècle », évidence, si l'on n'a pas peur des mots, un mal dont ne souffrit jamais Robert Browning. […] L'argument de l'œuvre, soit sa plus petite partie, est une anecdote criminelle de la fin du XVIIe siècle à Rome : le massacre, par un mari furieux qui s'estime doublement trompé, de sa jeune épouse arrachée à ses griffes par un clerc compatissant, et des (faux) parents de celle-ci, qui la lui ont vendue en la faisant passer pour une héritière. L'orchestration de Browning fait de ce sordide fait divers un poème à l'ampleur vertigineuse sur la destinée et les abîmes du cœur humain, où, selon le procédé qui lui est cher du monologue dramatique, il donne la parole successivement à tous les acteurs du drame, assassin, victimes et comparses, et jusqu'au pape qui juge le meurtrier. […] La fascination que Henry James éprouve pour Browning, fascination du disciple pour le maître, l'« admiration presque jalouse » dont parle l'éditeur commun, le lui fait voir comme un « justicier des torts infligés à ce qui est beau dans la vie ». C'est définir la plus haute mission du poète, par quoi il fait mieux que créer un monde : il le rachète. […]

Philippe Barthelet

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Le Matricule des Anges, n°110, février 2010

À l'ombre de Weimar

Écrivain de langue allemande et française, traductrice, Anne Weber publie simultanément un conte cruel et une magistrale tragédie d'outre-tombe, deux textes où affleurent sourires et émotions vives.

[…] Dans Tous mes vœux, dont je revendique la qualité romanesque, il y a un côté théâtral, des passages burlesques et d'autres empreints d'un certain lyrisme. Mais le livre où j'ai ressenti la plus grande liberté, où j'ai allègrement mélangé non seulement les genres mais les époques, c'est assurément Auguste. Je me souviens du sentiment de jubilation qui était le mien à partir du moment où j'ai trouvé la forme qui correspondait bien à ce que je voulais faire, à savoir évoquer la vie du fils de Goethe, mais non pas à la façon d'un biographe ni à travers un roman historique. J'ai choisi, après quelques tâtonnements, la forme du théâtre de marionnettes symbolique. À l'intérieur de ce cadre-là, tout devenait soudain possible. […] La vie d'Auguste est une vie minuscule. La majuscule va à Goethe. Mais, comme les personnages de Michon qui cherchent à s'extraire de leur boue d'origine, Auguste a une certaine grandeur ; grandeur qui vient du tragique qui est attaché à sa vie dès sa naissance. […]

            Propos recueillis par Jérôme Goude

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Le Matricule des Anges, n°110, février 2010

Esclave de Staline

En 1945, Jean Rounault est déporté vers les mines du Donetz, en Ukraine. Il y connaîtra l'angoisse, mais aussi la solidarité.

L'ancien adage le disait : chaque livre a son destin. Au lendemain de la Libération, des dizaines de témoignages sur la déportation parurent, répondirent à une curiosité vive mais éphémère, puis furent oubliés […]. Staline, le Petit père des peuples, le généralissime de l'Armée rouge libératrice, avait aussi ses propres camps – de la mort lente. En 1949, Les Lettres françaises (que dirige Aragon) s'affolent : voici qu'un ancien compagnon de route, antifasciste actif, relate son expérience de cette face cachée de l'empire soviétique, sous ce titre apparemment anodin, Mon ami Vassia. […] On ne peut que se réjouir – et féliciter l'éditeur, l'ouvrage proposant en outre un riche essai de Jean-Louis Panné et des annexes biographiques et historiques – de cette redécouverte : Mon ami Vassia est à la hauteur des œuvres célèbres de Chalamov ou d'Evguenia Guinzburg, ou de celles, tout aussi marquantes, de Gustaw Herling (Un monde à part) et de Karlo Stajner (7000 jours en Sibérie) […]

             Thierry Cecille

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Études, n°412/2, février 2010

Mon ami Vassia

Début 1945, le NKVD déporte la minorité allemande de Roumanie. Plus de 60 000 hommes et femmes sont raflés pour être envoyés dans les mines de charbon. Après un voyage de plusieurs jours dans un de ces trains de sinistre mémoire, Jean Rounault arrive au camp 1022 à Makeevka dans le Donbass, en Ukraine. Il s’agit d’une structure intermédiaire entre le camp du Goulag et l’usine soviétique ordinaire, qui mélange déportés et ouvriers, les uns et les autres maintenus dans un identique état de servitude. Le froid, la faim, les maladies, la brutalité de l’administration stalinienne l’apparentent au premier cercle de l’enfer concentrationnaire. Animé par la seule volonté de dire l’URSS « telle qu’elle est » et telle qu’il l’a vécue, J. Rounault nous fait éprouver un « certain climat humain » où « le sublime et l’horrible se mêlent étrangement dans le nitchevo qui signifie : tout est possible », restituant au quotidien les comportements et les pensées de l’ouvrier russe, incarné par le personnage de Vassia, l’ami qui lui a plus d’une fois sauvé la mise. Un aspect de ce témoignage, d’autant plus implacable qu’il est dénué de tout ressentiment, ressort particulièrement : le désespoir dans lequel survit un prolétariat sans illusion et absolument réfractaire à la propagande, un prolétariat réduit en esclavage au nom de la liberté : « La phrase de Staline : “L’homme, le capital le plus précieux”, doit être prise à la lettre. Elle n’indique point, au sens occidental des mots, une valorisation de l’individu ; elle se traduit au contraire comme l’affirmation que l’ouvrier russe est la propriété, la “chose” de Staline. »
                                                                                                                     Franck Adani

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La Liberté, 23 janvier 2010

Poètes de l'oxymore

Puisant aux sources de la mythologie (Antigone), la poésie du jeune Valaisan Arnaud Maret, Terres orphelines (Éd. Publibook), explore l'oxymore grinçant des bruits et des visions pour interroger l'accueil que peut réserver le monde au poète. Dehors, est-ce mieux ? Interrogation de celui qui note, inquiet, l'étrangeté du dedans. Belle inspiration poétique, exprimant des tonalités « lugubreusement joyeuses », et qui trouve un écho chez un poète plus aguerri, Ralph Dutli, dont les éditions Le Bruit du temps publient Novalis au vignoble et autres poèmes. Carnet d'épitaphes, épure de la marche, de l'espace, du temps avalé dans l'asthme poétique de la césure. À la fois « Babel soudain…» et solitude cachée des mots sous les mots, présence problématique du poète – «Voilà pourquoi je suis étendu dans l'air au-dessus de ton lit…» Ou comment, à l'aune de Novalis, se soûler en «ivrognes de syllabes».

Jacques Sterchi

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La Croix, 21 janvier 2010

Mon ami Vassia

Dans la préface à la première édition de ce livre, en 1949, Gabriel Marcel mettait en parallèle les souvenirs de Rainer Biemel (qui avait pris le nom de plume de Jean Rounault) et ceux de Viktor Kravtchenko. Intellectuel roumain issu de la minorité allemande de Transylvanie comme son ami Paul Celan, Biemel (1910-1987) fit une partie de ses études à Toulouse et à Paris. De retour dans son pays, il est arrêté en 1945 par le NKVD avec plus de 60000 ressortissants des minorités allemandes. Déporté un an en Ukraine, il écrit ce récit à son retour. Le précieux témoignage de Rainer Biemel sur les camps soviétiques est marqué, comme le souligne le préfacier, par une humanité profonde et une réelle « sympathie pour l'homme russe ».

Patrick Kéchichian

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Livres Hebdo, n°804, 15 janvier 2010

Goethe et fils

Anne Weber donne une voix à Auguste Goethe, fils unique du grand poète allemand.

[…] Fils de… sans envergure, depuis toujours oublié à l'ombre de son illustre ascendance et de l'histoire, Auguste né à Weimar où son père exerçait les fonctions de « conseiller privé » du duc de Saxe-Weimar et mort à Rome pendant un voyage en Italie en 1830 à l'âge de 40 ans, est donc le personnage que la romancière ranime dans cette « Tragédie bourgeoise pour marionnettes » […]. Anne Weber, sans se départir du timbre railleur qui fait sa voix, sert Auguste avec une bienveillance lucide, l'apostrophe avec une certaine tendresse, même, donnant à voir les côtés émouvants de ce garçon un peu falot, sous influence (celle évident, écrasante, de son père, mais aussi celle de sa mère Christiane Vulpius, ancienne ouvrière en fleurs artificielles, épousée tradivement, et celle de sa femme Ottilie von Pogwisch, issue de la vieille noblesse prussienne qui le trompera avec constance). […] Elle tire les fils de ce petit théâtre, ressuscitant des morts en leur offrant un porte-voix qu'ils n'ont jamais eu. […]

                                                  Véronique Rossignol

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L'Ours, n°394, janvier 2010

Notre ami Vassia

Le témoignage de Jean Rounault appartient à ces grands textes sur feue l'URSS qu'il convient d'avoir lu pour son empathie avec les Russes et la culture russe et pour la description qu'il offre du système soviétique au temps du stalinisme triomphant. La présente édition rassemblée, annotée et complétée par Jean-Louis Panné et Anne-Marie Biemel-Montarnal, la fille de Jean Rounault, offre au lecteur une très belle mise en perspective. […]

Sylvain Boulouque

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La Nef, 1 janvier 2010

Robert Browning

La littérature est aujourd'hui encore un domaine où la grâce est visible et palpable, débouchant parfois sur cette Joie dont parlais C.S. Lewis et qu'il définissait comme une sensation de désir insatisfait, mais dont l'insatisfaction même est plus désirable que tout sentiment de contentement. Ne le cachons pas, au risque de paraître un rien enflammé : j'ai éprouvé de cette joie en apprenant la parution, chez un éditeur alors inconnu, de la monographie de Chesterton sur Robert Browning. Un véritable rendez-vous de la littérature ! […] La lecture de ce petit bijou de la littérature, qui l'est par le sujet traité et par l'écriture de Chesterton, transporte le lecteur, page après page. […] Le Bruit du temps est un éditeur qui aime les livres – chose devenue si rare aujourd'hui qu'il faut bien le souligner – et qui a pris le risque d'offrir au public des trésors de la littérature, formant comme une constellation autour d'un même écrivain. Pour cet ouvrage, il a pris le soin de réaliser une nouvelle traduction qui se lit avec une réelle facilité. Au-delà du texte de Chestrton, il propose une introduction éclairante ainsi qu'un index qui permet de se promener aisément dans l'univers anglais de Browning […] Un livre parfait, indispensable à votre bibliothèque.

Philippe Maxence

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Le blog de l'histoire, 26 décembre 2009

Les Souvenirs du Donetz de Jean Rounault

Ce livre a été présenté à sa première parution aux éditions Sulliver en 1949 comme l’un des tout premiers témoignages sur les camps de travail en URSS. Rainer Biemel relate, à la manière d’un documentaire, comment, tour à tour mécano, lampiste, médecin, il parviendra à survivre dans les usines du Donetz.

C’est l’un des rares témoignages de ce type qui permet de découvrir le travail quotidien « libre » ou forcé à la périphérie du Goulag. […]

Jean-Marc Labat

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La Liberté, 19 décembre 2009

Nouvelle traduction pour D.H. Lawrence

Nouvelles. La traduction des nouvelles de David Herbert Lawrence laissait à désirer. Injustice réparée aux éditions Le Bruit du temps. Marc Amfreville traduit le premier tome des nouvelles complètes, les tâtonnements déjà décisifs de l'écrivain que l'on réduit trop souvent à son seul roman L'Amant de Lady Chaterley. Du monde de la mine aux affrontements homme-femme, il est toujours chez Lawrence une analyse surprenante de l'individu se pensant face au monde. Entreprise éditoriale prometteuse qui bénéficie ici d'une éclairante préface sur Lawrence. À suivre.

Jacques Sterchi

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Un nommé Chesterton, 19 décembre 2009

À propos du Browning de Chesterton

Cette splendide monographie consacrée au poète anglais Robert Browning et écrite par Chesterton en 1903 – il avait 29 ans – vient d’être rééditée, avec une nouvelle traduction, par les éditions Le Bruit du temps.
Cette édition est une parfaite réussite tant par les qualités de la traduction, limpide en même temps que dans le ton de l’auteur, que par celles de l’objet en lui-même. Enfin un éditeur qui réédite un texte en donnant un avertissement digne de ce nom et qui remet le livre dans son contexte et en donne les grandes lignes historiques.
Enfin un éditeur qui offre un index qui permet au lecteur français du XXIe siècle de ne pas patauger trop longtemps, au risque de se décourager dans les noms et les allusions d’une autre époque.
Enfin un éditeur qui n’hésite pas à consacrer du temps pour une infime partie de son lectorat en lui offrant le texte d’origine des vers cités par Chesterton et traduits en français.

 

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La Croix, 17 décembre 2009

Leçon de lecture de Browning par Chesterton

Lorsque deux esprits éminents se rencontrent…

C'est presque une gageure pour le critique… Quels arguments va-t-il trouver pour convaincre le lecteur français d'aujourd'hui de lire sans tarder la biographie du poète victorien Robert Browning (1812-1889) écrite par un autre anglais, G.K. Chesterton (1874-1936) ? […] Or, ce livre est une manière de chef-d'œuvre qui, dès les premières pages, met l'esprit du lecteur en éveil et en fête.

Le même éditeur, Le Bruit du temps, avait, pour inaugurer son catalogue au début de cette année, publié, en bilingue, le maître livre de Browning, L'Anneau et le Livre […] que Chesterton justement définissait comme « la grande épopée du XXe siècle » ou « la grande épopée de l'énorme importance des petites choses » […]. La timidité que l'on peut éprouver devant une telle œuvre – que l'auteur plaçait dans la lignée de L'Iliade et de La Divine Comédie – trouvera un excellent remède dans la biographie dont nous parlons […] un tableau aux vastes et belles proportions, admiratif et sans complaisance, des hypothèses audacieuses, des rapprochements inattendus, de féconds paradoxes, une foule d'analyses et des interrogations sur le pourquoi et le comment de la littérature… […]

Patrick Kéchichian

 

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Stalker, 14 décembre 2009

La Femme de Zante de Dionysios Solomos

[…] Accablé de lectures fort peu distrayantes dont il me fallait extraire l'essentiel (c'est ainsi que, dans la cave de la maison de mes parents, sommeillent des piles de feuilles volantes que je transforme peu à peu en fichiers électroniques), n'ayant pris de cette étude aucune note puisque son sujet me semblait bien trop resserré, je ne sais si l'auteur y évoquait l'étrange texte de Dionysios Solomos, La Femme de Zante, dont la rédaction fut plus ou moins contemporaine du second siège de Missolonghi qui eut lieu en avril 1826 par l'armée turque d'Ibrahim Pacha.
Ce livre se présente donc, du moins sous mon regard, dans son inquiétante étrangeté.
Très bellement commenté par son traducteur, Gilles Ortlieb, dans un petit livre aussi impeccable que tous ceux qu'édite Le Bruit du temps, ce texte déroutant fut inlassablement retravaillé par Solomos, et demeura inconnu jusqu'en 1927, date de sa toute première publication, qui n'éveilla guère d'analyses ni même de louanges, tant il embarrassait les lecteurs de métier, critiques et même écrivains admirant le poète.
Cette œuvre fulgurante évoque, sous la plume du grand poète grec qui chanta la mort de Lord Byron s'étant sacrifié pour que la Grèce triomphe de ses vieux ennemis, la vision apocalyptique du pope Dionysios, retiré dans la chapelle de Saint-Lypios sur l'île de Zante (Zakynthos) qui vit naître l'écrivain. […]

Juan Asensio

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La Quinzaine littéraire, n°1004, décembre 2009

Écrire et aimer : Jean Rounault

Voici un récit écrit en chapitres courts, chacun représentant une scène emblématique qu'on peut prendre comme accusation d'un état de choses. Mais ce n'est pas cela qui résulte au final de la lecture. Autre chose de plus fort et de plus beau.

 

[…] « Il me reste d'expliquer les circonstances de mon “voyage” en URSS. En janvier 1945, soixante mille citoyens roumains des deux sexes furent “requis pour le travail” en Union soviétique. À la suite d'un malentendu, je fus du nombre. J'aurais tort de me plaindre. Grâce à une erreur de la NKVD j'ai pu participer à la vie quotidienne des citoyens soviétiques. C'est là pour un “Occidental” un véritable privilège, car, comme chacun sait, n'obtient pas qui veut un visa pour l'URSS. » […] « Je voudrais savoir pouquoi, dans le pays de Lénine, on ne donne rien à manger […]. Je ne me souviens pas d'avoir vu quelque part un mendiant aussi misérable que ces ouvriers en loques. »

Et là éclate tout le talent de Rounault. Simplicité et précision de l'écriture. D'où découle toujours la vérité. À moins que ce ne soit un mouvement inverse : netteté et vérité d'un regard et d'une conscience, d'où viennent la simplicité et la précision de l'écriture. C'est en effet un style cursif et incisif où chaque mot touche des profondeurs. Témoigner et restaurer la vérité. Il y a l'horreur, la folie, la mort, le sublime, la gaieté, l'ironie, la bienveillance, l'indulgence, le possible dans l'impossible : le tout lié, à l'inexplicable façon russe. Et d'emblée un élan de sympathie, un homme sans autre demande que de toujours rencontrer d'autres hommes, sans autre gratitude que d'avoir pu les rencontrer et partager leur maigre pain et leur faim, et cette nourriture plus substantielle et cette faim plus nourrissante : une pensée libre. Mon ami Vassia. […]

               Christian Mouze

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La Liberté, 28 novembre 2009

Je me souviens… plus ou moins

Témoins de l'infamie. Surprenant témoignage que celui de Jean Rounault, Mon ami Vassia, souvenirs du Donetz, paru en 1949 après sa détention dans le camp soviétique de Makeevka. De son vrai nom Rainer Biemel, ce fin lettré roumain, traducteur de Kafka et de Thomas Mann, antifasciste, eut le malheur de porter un nom allemand. Les Soviétiques l'arrêtèrent en janvier 1945 et le déportèrent dans un wagon à bestiaux jusqu'au « Donetz », le camp de concentration « made in URSS ». […] Sans doute le premier du genre, ce récit documente l'absurdité et la méchanceté banale envers tous ceux dont le seul crime aura souvent consisté à douter du sacro-saint système. Ça n'a l'air de rien, mais ce témoignage du quotidien glace le sang au fil des pages, tant l'individu calibré par Staline n'a aucune existence, aucune matière et encore moins d'intérêt. Sans doute l'un des meilleurs livres à relire pour comprendre en quoi nazisme et stalinisme sont pareils en leur déshumanité. […]

Jacques Sterchi

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Un nommé Chesterton, 25 novembre 2009

Sur le site Fabula, la recherche en littérature, Laurent Folliot consacre un long article à la publication dans une édition bilingue de L’Anneau et le Livre de Robert Browning aux éditions Le Bruit du temps. […]. C'est l'occasion de signaler que le même éditeur, poursuivant un travail remarquable, publie également la biogaphie de Chesterton sur Browning, dans une édition de grande qualité. C'est un véritable événement qu'il faut saluer et sur lequel nous reviendrons évidemment. L'éditeur a choisi – à raison selon nous – de demander une nouvelle traduction, en y ajoutant l'index qui était présent dans l'édition anglaise et qui avait été omis dans l'édition Gallimard. L'éditeur a aussi ajouté les textes anglais et les références des vers cités par Chesterton. Sans les erreurs de Chesterton qui avait la mauvaise habitude de citer de mémoire… On trouvera une présentation de cette étude de Chesterton sur le site de l'éditeur. Allez-y et surtout procurez-vous le livre. Un grand moment de bonheur et de littérature.

 

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The Times Literary Supplement, 20 novembre 2009

A harmless occupation

A crime passionnel of wartime and a sustained exercise in the neglected art of comprehension

 

[…] Georges Connes (1890-1974) had begun his translation in the dark years of 1942-3 ; he was in the Resistance, and remarks that his task enabled him to give a bland, disarmingly dotty reply to the recurring question “What are you doing ?” – “I'm translating The Ring and the Book.” A harmless occupation during the Occupation […]. Welcoming General de Gaulle to Dijon was no more than an “interesting episode” in his life ; it is by translating The Ring and the Book that he has “really touched something great”. […] [Conne's] preface to the 1959 volume […] is reprinted, along with his Étude documentaire, in the magnificent new edition from Le Bruit du temps, learnedly, judiciously and wittily introduced by Marc Porée (Professor of English at the Sorbonne Nouvelle), and with a brief and moving memoir by Pierre Connes, the translator's son, who remembers escaping from his homework and hiding under the kitchen table while his father read aloud to his mother the latest instalment of l'affaire Franceschini. The translation is printed facing the English original ; when I first learnt this I wondered whether readers would need a mechanical aid sumply to lift the book, since Browning's poem by itself is twice the length of Paradise Lost ; but the volume, for all its bulk, is beautifully produced, shapely and usable. The openings fall naturally at every point, the pages are thin but don't crumple as you turn them, and the typography is sharp and clear. I stress these material features not simply because they are important in themselves but because they honour the materiality which is so central a theme in the poem. […]

                                                 Daniel Karlin

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Dernières nouvelles d'Alsace, 15 novembre 2009

Die Poesie ist selbst Weinberg…

[…] Im Ammann Verlag, in dem er eine zehnbändige Ossip-Mandelstam-Gesamtausgabe herausgab und eine viel beachtete Mandelstam-Biographie veröffentlichte (« Meine Zeit, mein Tier », 2003) erschienen unter anderem seine Essays über Poesie mit dem kennzeichnenden Titel « Nichts als Wunder » (2007). Dort war auch der Gedichtband « Novalis im Weinberg » erschienen (2005), aus dem Ralph Dutli eine Textauswahl in die zweisprachige Anthologie « Novalis au vignoble et autres poèmes » übernahm, die im Herbst dieses Jahres bei « Le Bruit du temps » herauskam. […]

Emma Guntz

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Les Lettres françaises, 7 novembre 2009

Le mystérieux Jacques Callot

Quoi de plus difficile que de conjuguer l'histoire de l'art et la fiction ? En la matière, peu de romans, après Balzac et Zola, sont parvenus à ne pas tomber dans les pièges du genre. […] On peut y ajouter le Renard-Pèlerin de Paulette Choné. Elle a eu l'ambition de faire une « biographie apocryphe ». On découvre le jeune Jacques Callot élève de Jacques Bellange, décorateur du duc de Lorraine, immense graveur et dessinateur d'une folle originalité. Il se rend ensuite à Rome en 1608 pour étudier auprès des Flamands exilés puis s'installe à Florence […]. L'auteur s'est efforcé, dans une langue superbe, de pénétrer la pensée du grand créateur à l'âme tourmentée qui a désiré restituer le monde troublé et violent où il a vécu, avec ses conflits armés, ses chasses aux sorcières, ses cruautés sans nom et sa pauvreté : pour lui, dit l'écrivain, « le monde est à écrire ». Ce monde nous est parvenu dans toute son horreur et toute sa beauté grâce au magistral exercice d'écrire auquel s'est livré Paulette Choné. […]

Georges Férou

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Livres Hebdo, n°796, 6 novembre 2009

Du bruit pour Lawrence

Antoine Jaccottet publie une intégrale des nouvelles de D.H. Lawrence.

Après Ossip Mandelstam, David Herbert Lawrence est le deuxième maître emblématique des jeunes éditions Le Bruit du temps, créées par Antoine Jaccottet. Lorsqu'il travaillait chez « Quarto », Antoine Jaccottet avait déjà piloté un volume consacré à Femmes amoureuses de D.H. Lawrence. Aussi était-il logique que, sitôt installé à son compte, il exprimât derechef sa « passion » pour l'auteur de L'Amant de Lady Chatterley, arbre qui cache la forêt d'une œuvre considérable et encore mal connue en France.

Le 27 novembre, Le Bruit du temps publiera donc Étreintes aux champs et autres nouvelles, tome I d'une intégrale des nouvelles de Lawrence. Une première ici, où les nouvelles composées par l'écrivain anglais, une centaine, sont « très éparpillées entre différents éditeurs, explique Antoine Jaccottet, et souvent fort mal traduites ». Ainsi, selon les spécialistes, des Nouvelles complètes en deux volumes, parus en 1986-1988 dans les « Classiques Garnier » et aujourd'hui épuisés. La nouvelle version reprend, pour l'essentiel et dans un ordre chronologique, l'édition scientifique de référence, celle de la monumentale Cambridge Edition of the Works of D.H. Lawrence, quarante volumes parus jusqu'à présent, depuis 1981, aux Cambridge University Press. La traduction a été confiée à Marc Amfreville. Antoine Jaccottet signale qu'il publiera également ses Croquis étrusques au printemps 2010. Étreintes aux champs et autres nouvelles rassemble les nouvelles écrites par Lawrence entre 1907 et 1913, et qu'il n'a pas lui-même reprises dans son premier recueil publié, L'Officier prussien et autres nouvelles, qui constitue le tome II de l'entreprise, à paraître en 2010. Six volumes sont prévus jusqu'en 2015.

                                                  Jean-Claude Perrier

 

L'Alamblog, 4 novembre 2009

Dionysios Solomos

Fable mythologique ou malédiction moderne, La Femme de Zante est un curieux poème grec de l'Hellène Dionysios Solomos disparu en 1857, poète national aussi respecté de son vivant que peu publié. Lui accorder le rang de héraut du peuple aura fait partie, selon Gilles Ortlieb, de sa propre malédiction. Un vrai « type » de poète. Et ce type a laissé à sa mort cette étrange Femme de Zante toute d'imprécation et de bile dont les versions sont aussi nombreuses que possible.

On comprend donc que cette publication en français est une gageure, d'autant que le poème, parfois sous-titré Le Songe prophétique du moine Dionysios, était resté inachevé, ou plus exactement fut conclu par son auteur longtemps après sa rédaction dans une tonalité très différente qui le rend in fine un tantinet plus mystérieux qu'il n'est déjà. Alors ?

Alors, La Femme de Zante ne manque pas de sel. Nous avons eu plaisir à faire sa connaissance, bien éberlué de découvrir sa terrible figure et nous remercions Gilles Ortlieb de son entremise et son éditeur de son audacieux amour des lettres.

Le Préfet maritime

 

Pages d'écriture, n°74, novembre 2009

La Femme de Zante de Dionysios Solomos

Étrange figure que ce Solomos, adulé de ses compatriotes, statufié en père fondateur de la poésie grecque moderne, mais qui laissa la plupart de ses œuvres inachevées. La plus étrange est assurément celle-ci, écrite autour de 1830, remaniée plusieurs fois, jamais terminée elle non plus et publiée un siècle plus tard.

Nous sommes au temps de la guerre d'indépendance contre les Turcs. La figure centrale est une mystérieuse femme, traître à sa patrie, dont la laideur morale est figurée par celle de son corps. Un narrateur, un moine, dit tantôt ce qu'il a vu, tantôt ce qui se passera plus tard, nous décrivant le siège de Missolonghi par les Turcs dans un style d'Apocalypse. Ce qui rappelle un autre texte de la même époque, Visions et miracles du vieux général Makriyànnis devenu à moitié fou, mêlant faits réels et hallucinés. Sacrés Grecs. Un vent de folie parcourt aussi cette Femme de Zante, un vent dont l'amertume, la véhémence noire sont en partie apaisées par la noblesse d'une langue pourtant simple et rude, entre prose, vers et verset, que Gilles Ortlieb traduit avec l'élégante précision qu'on lui connaît. Le même Ortlieb signe une belle et substantielle préface, indispensable pour approcher cette œuvre venue de si loin — bien que la distance entre elle et nous, sidérale, ne fasse que renforcer finalement son charme étrange.

Et puisque nous en sommes à saluer les éditeurs, coup de chapeau à celui de cette Femme de Zante, Antoine Jaccottet, dont on connaît le flair, l'audace réfléchie, la rigueur. Et longue vie à ses éditions, Le Bruit du temps.

Michel Volkovitch

 

La Liberté, 24 octobre 2009

Dionysios Solomos : Curiosité à la grecque

Paru au XIXe siècle, sous la plume d'un mystérieux écrivain grec, Dionysios Solomos, promu poète national, La Femme de Zante est une énigme formelle : est-ce une fable misogyne, un flamboyant poème en prose sur la tentation du Mal, une métaphore politique de l'occupation britannique d'alors ? Qu'importe : ce texte étrange est narré par un moine égaré, luttant contre le Malin incarné, peut-être, par une femme, la femme de Zante. Un petit bijou décadent tant la sécheresse théologique y alterne avec des visions extatiques et cadavériques d'une force peu commune. Un livre qui, malgré sa brièveté, ne cesse d'accélérer jusqu'à l'hallucination finale à vous faire frissonner…

Jacques Sterchi

 

L'Écho des Vosges, 23 octobre 2009

Deux Lorraines écrivain(e)s

Renard-Pèlerin de l'universitaire P. Choné se présente comme les « mémoires de Jacques Callot écrits par lui-même ». Le titre est tiré d'un dessin du maître de l'eau-forte qui troque le poinçon pour la plume au soir de sa trop courte vie. Cet « écrivain français » a réalisé « plus de 1500 gravures, au moins autant de dessins », précise l'auteur dans sa postface. Né et mort à Nancy (1592-1635), Callot a bien sûr voyagé : en Suisse, à Rome, à Florence, dans les Pays-Bas et à Paris. On le suit aussi dans sa Lorraine indépendante et tant convoitée par la France voisine : Bainville (« notre maison des champs ») et la vallée du Madon, le comté de Vaudémont, de Houdemont (aux « coteaux couverts de vergers et de vignes ») à Saint-Mihel… On rencontre sa famille, le duc Charles III, Israël Henrriet, Bellange, Deruet, Pierre Woeriot, « le bon voyageur de Neufchâteau », et d'autres amis. Il est question bien sûr de ses œuvres et techniques, de la peste et des misères de la guerre. Tout est vrai ou vraisemblable dans ce « livre de déraison » rédigé pour sa « Mie ». On apprécie les affirmations (« Le monde est à écrire », « Le paysage tutoie le piéton »…) de celui qui éprouve « la douceur d'être vivant ». Quant à la langue prêtée à Jacques Callot, elle suggère habilement la personnalité de l'artiste subtil pour lequel tout est dans le renard-regard. Du grand art.

                                                 Marcel Cordier

 

Rehauts, n°24, automne-hiver 2009

Ossip Mandelstam : Le Timbre égyptien

Est-ce parce que le présent était instable et sans abri que Mandelstam eut recours à Gogol via Dostoïevski pour écrire Le Timbre égyptien, c'est-à-dire à la tradition comme nous le signale Ralph Dutli (le préfacier) et comme nous l'explique plus en détail Clarence Brown (le postfacier) ? Quoi qu'il en soit, cette trame empruntée à la tradition s'avère déchirée, pratiquement en lambeaux comme si la tradition telle quelle était inutilisable dans et pour les temps présents. Le décor temporel du Timbre égyptien est l'année 1917 : Des mencheviks partisants de la défense nationale vont de maison en maison, organisant le service de nuit sous les portes cochères. La vie est terrible et belle ! La tradition, pour tout dire, est complètement cassée. […]

Jacques Lèbre

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Froggy's Delight, octobre 2009

Ossip Mandelstam : Le Timbre égyptien

Il est terrible de penser que notre vie est un roman,

sans intrigue et sans héros, fait de vide et de verre,

du chaud balbutiement des seules digressions

et du délire de l'influenza pétersbourgeoise.

L'Aurore aux doigts de rose a cassé ses crayons de couleur.

Ils gisent aujourd'hui comme de jeunes oiseaux,

avec des becs beants et vides.

Cependant, tout absolument me semble contenir

les arrhes de mon délire favori en prose.

Si l'on souhaitait mettre ces quelques phrases en forme de sonnet en exergue de la chronique ci-dessous consacrée au poète et essayiste Ossip Mandelstam, c'est qu'elles nous semblent receler à elles seules l'essence même de son écriture, sa richesse, sa beauté jaillissante, sa complexité lumineuse aussi. […]

Myriam Aze

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Livres Hebdo, n°793, 16 octobre 2009

Le premier témoin

Dès 1949, Biemel-Rounault dénonçait le stalinisme et ses camps.

En 1949, paraissait aux édition Sulliver, à Paris, Mon ami Vassia, signé Jean Rounault. Préfacé par le philosophe catholique Gabriel Marcel, qui félicitait l'auteur pour sa « rigueur », et sa « contribution inappréciable » pour « percer à jour le mensonge et les camouflages » du stalinisme, ce livre était un document accablant sur le régime soviétique […]. Rounault maîtrisait parfaitement son sujet : il venait de passer un an dans un camp à Makeevka, dans la région du Donbass (ou Donetz), en Ukraine ! Non pas un goulag, mais un camp de travail où les conditions de vie étaient si exécrables que peu de prisonniers survivaient. […] Mon ami Vassia sommeillait depuis sa réédition chez Plon, en 1952. C'est une excellente initiative de le ressusciter aujourd'hui, dans une jeune maison d'édition créée sous l'égide d'Ossip Mandelstam. Le texte est suivi d'un dossier dû à l'historien Jean-Louis Panné, coauteur du Livre noir du communisme et éditeur de Jan Karski, ainsi que du témoignage d'Anne-Marie Biemel sur son père. Tous deux insistent sur son absence de manichéisme, son amour d'un peuple russe de nouveau victime de la pire des tyrannies. Et l'histoire, bien sûr, lui a rendu justice.

                                                  Jean-Claude Perrier

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I Kathimerini (Grèce), 14 octobre 2009

La Femme de Zante en français, 2e tentative

Traduire en langue étrangère la prose poétique de Dionysios Solomos, La Femme de Zante, voilà une tâche particulièrement ardue, dont vient pourtant de s’acquitter Gilles Ortlieb, philhellène et traducteur.
L’élégante édition bilingue de l’un des textes les plus difficiles de la langue grecque est le fait des éditions Le Bruit du temps, nouvellement fondées et dirigées par Antoine Jaccottet, fils du grand poète et traducteur Philippe Jaccottet. Il s’agit là de la deuxième tentative de transposition en français du texte de Solomos, après celle de l’helléniste Octave Merlier, publiée tardivement par la Société d’édition des Belles Lettres en 1987. […]

              Spyros Giannaras

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Lexnews, août 2009

Dionysios Solomos, La Femme de Zante

La Femme de Zante est un récit bien étrange sous la plume du poète « national » grec Dionysios Solomos (1798-1857). Celui qui fut l’auteur du fameux Hymne à la liberté, et dont les huit premiers vers deviendront l’hymne national grec après sa mort, composa un texte surprenant à mi-chemin entre vision apocalyptique et révélation oraculaire. S’il manque peut-être à ce texte la dimension mystique de l’Apocalypse de saint Jean auquel on le compare parfois, l’aspect augural qui l’inspire lui confère cependant cette évocation d’un monde tourmenté qui annonce le pire. Dionysos Solomos a conçu une narration mettant en avant un personnage mystérieux, cette femme qui réunit des qualifications contraires, jeune et vieille, que l’on écoute et que l’on fuit. Le narrateur lui-même, un moine portant le même prénom que l’auteur, ne saurait avoir un jugement tranché : il la craint, c’est évident, il en a peur, c’est une certitude, mais quelque chose d’ineffable le retient de la condamner à tout prix. […] Cette belle édition illustrée offre avec cette traduction de Gilles Ortlieb (traducteur de Cavafy, Séféris, Mitsakis…) un texte original de cette œuvre particulière dans la création du poète. […]

 

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Le Figaro, hors-série, octobre 2009

Chardin et Rembrandt par Marcel Proust

On connaît les pages de La Recherche sur le maître de Delft. On sait moins qu'à 24 ans le jeune Proust rédigeait un article qui resterait inachevé, comparant le génie de Chardin (qui rend une poire aussi vivante qu'une femme) à celui de Rembrandt (qui dépasse les choses pour éclairer les âmes). Les éditions Le Bruit du temps ont eu la belle idée de publier cette ébauche en un très joli petit livre présenté par Alain Madeleine-Perdrillat.

              Vincent Tremolet de Villers

 

Le Matricule des Anges, n°107, octobre 2009

Les affinités électives

Bâti comme une chambre d'échos, Le Bruit du temps, fondé par Antoine Jaccottet, s'affranchit des genres établis pour offrir une première ou seconde vie à des œuvres – toujours contemporaines.

De sa voix douce, l'homme parle de défi, de passion, de patience. Et se réjouit de l'accueil réservé à sa maison d'édition, lancée en mars dernier. […]

J'aime cette phrase souvent citée d'André du Bouchet : « j'écris aussi loin que possible de moi ». Cela ne signifie pas du tout, dans mon esprit, que « le monde soit fait pour aboutir à un livre » comme l'a écrit Mallarmé, c'est plutôt, à mon sens, que le livre, lorsque l'alchimie a eu lieu, a le pouvoir de rendre le monde extraordinairement présent. Comme le dit Pierre Oster, la littérature est une « machine à indiquer l'univers ». […]

Je ne suis pas un arbitre du goût. Je ne défends pas une sorte de classicisme figé. Je ne suis ni un bibliophile, ni un rat de bibliothèque. Je ne veux pas que la maison d'édition soit assise sur un patrimoine… Browning, Auden ou Mandelstam, ce sont des œuvres tellement inventives. […]

Il n'échappera à personne que le respect pour la chose littéraire se perd. Mais c'est moins un refus qu'une affirmation que nous défendons : il est encore possible de s'intéresser à des livres exigeants – qui demandent du temps. Je crois à la résistance de petits bastions de lecteurs.

              Propos recueillis par Philippe Savary

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RiLi, n°13, septembre-octobre 2009

Browning, poète nécromant

En 1869, Robert Browning, alors au sommet de sa gloire, publie The Ring and the Book, épopée en vers blancs contant un sordide assassinat dans la Rome des années 1690. Laurent Folliot revient ici, à l'occasion de la publication de la traduction qu'en a proposé Georges Connes, sur cette œuvre poétique hors norme qui, par son style, sa construction, mais aussi sa précision documentaire – Browning s'appuyait sur les minutes du procès – tient une place unique dans la littérature britannique.

     

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Revue des deux mondes, septembre 2009

Le Timbre égyptien, Ossip Mandelstam

Le Timbre égyptien est un récit écrit par Mandelstam en 1927-1928, une période où l'écrivain, considéré comme un paria par la critique soviétique, a renoncé à la poésie. Le contexte transparaît de manière obsédante dans ce texte placé pourtant sous le signe du jeu et de la fantaisie. Au centre du récit, Parnok, personnage gogolien et chaplinesque, gêneur inquiet, toujours en mouvement, détesté des femmes et des enfants. […] Le texte est accompagné de notes, d'une préface de Ralph Dutli et d'une postface de Clarence Brown, dont on saluera les éclaircissements historiques, aussi utiles que passionnants.

              Pierre Lecœur

 

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Ouest France, 3 septembre 2009

Mémoires de Jacques Callot

Elle aurait pu écrire la biographie de Jacques Callot. Mais l'auteure, Paulette Choné, spécialiste d'histoire de l'art des XVIe et XVIIe siècles, professeur à l'université de Bourgogne, a préféré laisser le soin à l'illustre graveur lorrain (1592-1635) de se raconter lui-même. Elle l'imagine donc rédigeant ses mémoires, seul, à la veille de mourir. L'éditeur, Antoine Jaccottet, souligne « le tour de force particulièrement réussi » par Paulette Choné. C'est, en effet, admirablement écrit et on entre, d'emblée, de plain-pied dans ce récit.

 

 

Le Matricule des Anges, n°106, septembre 2009

Le noir et l'éclat

En imaginant les Mémoires de Jacques Callot, Paulette Choné donne aux ombres d'une vie vouée à la gravure, une transparence quasi sonore.

Célébré par Hoffmann, par Aloysius Bertrand ou par Alberto Giacometti, fascin&ea