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Dans son dernier roman, qui paraît en France chez Gallimard, Herta Müller, prix Nobel de littérature 2009, s'inspire de l'expérience vécue par sa mère, Allemande de Roumanie originaire du Banat, qui, comme Jean Rounault, fut déportée dans un camp de travail en Ukraine de 1945 à 1950.

 

 

À lire aussi, le témoignage de

Julius Margolin, Voyage au pays des Ze-Ka


Mon ami Vassia
Souvenirs du Donetz
Jean Rounault   

Paulette Choné, Renard Pélerin

Ce livre a été présenté à sa première parution aux éditions Sulliver en 1949 comme l'un des tout premiers témoignages sur les camps de travail en URSS. Rainer Biemel relate, à la manière d’un documentaire, comment, tour à tour mécano, lampiste, médecin, il parviendra à survivre dans les usines du Donetz. Devenu Rouno (déformation de « Renault ») pour ses camarades russes, il décrit les relations qu’il a pu nouer avec eux, conscient qu’il leur devait sa survie. Son livre est né de la promesse qu’il leur a faite de témoigner sur leur condition de prolétaires ordinaires soumis à un système à la fois inique et absurde. C’est l’un des rares témoignages de ce type qui permet de découvrir le travail quotidien « libre » ou forcé à la périphérie du Goulag.
Revenu en France en 1948, Rounault s’acquitte de sa promesse et trouve un écho chez des syndicalistes ou des libertaires, et plus généralement du côté des militants non inféodés au stalinisme qui pèse alors sur le monde ouvrier français. Gabriel Marcel, qui préface le livre, souligne la rigueur avec laquelle l’auteur s’est astreint à relater sa « terrible et fascinante expérience ».
L’originalité de ce témoignage, ce qui le rend passionnant et émouvant aujourd’hui encore, c’est qu’au milieu de ce régime de famine et de terreur, Rounault a acquis une connaissance intime des hommes dont il partageait la vie. De son ami Vassia, il a appris que l’on peut préserver ce qu’il y a de plus précieux : la liberté de pensée. « Né en 1920, il n’a connu que la Russie soviétique. Sa liberté intérieure, il ne la doit qu’à lui-même. C’est pourquoi ce livre porte son nom. »

Ce livre est le premier d’une série (un volume par an) qui, sous l’égide d’une citation de Marc Bloch – « ce sont les hommes que l’histoire veut saisir » – conduit Le Bruit du temps à s’aventurer hors de son champ littéraire habituel. Il s’agit de redonner vie à des livres de témoignage qui, parce qu’ils sont le récit rigoureux d’une expérience vécue, participent, au même titre que la littérature, à la défense d’une parole authentique et humaine.


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Nouvelle édition, suivie d'un dossier établi par A.-M. Biemel-Montarnal et J.-L. Panné

Format : 135 x 205
480 pages • 24,40 euros


ISBN : 978-2-35873-009-9
Mise en vente : 23 octobre 2009